Joseph Haïm Sitruk, né Joseph Sitruk le 16 octobre 1944 à Tunis et mort le 25 septembre 2016 – 22 Elloul 57 76, à Neuilly-sur-Seine, fut grand-rabbin de France pendant trois mandats consécutifs, de juin 1987 à décembre 2008.

Issu du judaïsme séfarade, il a été pendant ses mandats le guide spirituel de la communauté juive d’Europe la plus nombreuse. Le 22 juin 2008, Gilles Bernheim est élu pour lui succéder le 1er janvier 2009. Conformément à une tradition juive, le prénom Haïm (signifiant « vie ») a été ajouté à son nom en 2001 dans l’espoir d’une guérison après l’accident vasculaire cérébral dont il est victime.

Né en 1944 à Tunis de Jacques Isaac Sitruk et Emma Portuguais, Joseph Sitruk découvre le judaïsme lors de son passage aux Éclaireuses et éclaireurs israélites de France (EI) qu’il fréquente à Nice à partir de février 1959. Il y apprend l’hébreu, fait ses premiers pas dans l’exploration de la tradition juive et connaît sa première expérience de prise de responsabilité au service de la communauté juive. C’est également aux EI qu’il rencontre celle qui deviendra plus tard sa femme, Danielle.

Constatant ses capacités de leader et son envie de judaïsme, le rabbin de Nice Saül Naouri l’encourage à devenir rabbin. Il choisit alors d’entrer au Séminaire israélite de France en 1964, accompagné de deux autres EI niçois : les futurs rabbins Bismuth et Hassoun. Ils logent la première année à l’école Gilbert Bloch d’Orsay, créée après la guerre par Robert Gamzon et vivier de futurs cadres communautaires. Pendant ses études rabbiniques, il poursuit son engagement scout en assumant la formation des cadres au niveau national.

En 1969, il part passer quelques mois en Israël afin d’étudier à la yechiva Cheerit Yossef à Be’er Ya’akov dirigée par le rav Nissim Toledano qui devient son maître. En Israël, il est plus sensible à l’approche cartésienne du judaïsme lituanien qu’à celle du judaïsme hassidique. Il rentre en France en 1970 pour y devenir rabbin à Strasbourg à partir d’avril 1970.

Il est d’abord aumônier de la jeunesse, avant de devenir l’adjoint du grand-rabbin de Strasbourg, Max Warchawski.

En 1975, le rabbin Joseph Sitruk succède à Israël Salzer au poste de grand-rabbin de Marseille. Il contribue au développement et à la réforme de cette communauté, mouvement initié quelques années auparavant par des personnalités comme Simon Zouaghi ou Nessim Chamla. Le consistoire phocéen s’occupe davantage des questions sociales ou religieuses. On voit alors apparaitre épiceries, centres communautaires, écoles, centres sociaux.

Il est élu en 1987 pour occuper la charge de grand-rabbin de France. Il est ensuite réélu pour deux autres mandats de 7 ans chacun. Il est notamment à l’initiative des différents Yom Hatorah (au Bourget et au parc floral de Paris), événements qui ont réuni des milliers de personnes.

Présent à Carpentras le 13 mai 1990 pour l’affaire de la profanation du cimetière juif, il veut marquer un avant et un après Carpentras.

Dans les années 1990, il crée à Neuilly-sur-Seine où il habite, hors le Consistoire central, le centre Alef, centre communautaire strict quant à la halakha qui correspond mieux à sa conception du judaïsme que la synagogue consistoriale de Neuilly. Ce centre est, depuis 2009, dirigé par le rabbin Ariel Gay, gendre du grand rabbin Sitruk.

Ami de Jacques Chirac, il lui rend visite en 2001 lors de l’accident vasculaire cérébral (AVC) du chef de l’État7. Il a lui-même été victime d’un AVC cette année-là, à la suite de quoi le prénom Haïm (signifiant « vie ») a été ajouté à son nom dans l’espoir d’une guérison, conformément à une tradition juive.

En 2007, il est élevé au rang de commandeur de la Légion d’honneur.

Début février 2008, il annonce son intention de briguer un quatrième mandat de grand-rabbin de France, alors que le grand-rabbin Gilles Bernheim se déclare aussi candidat9. Le 22 juin, ce dernier est élu pour lui succéder. Le mandat de sept ans de Bernheim prend effet le 1er janvier 2009.

Il meurt le 25 septembre 2016 à Neuilly-sur-Seine et est enterré le lendemain au cimetière du mont des Oliviers à Jérusalem.

Famille
De son mariage avec Danielle sont issus neuf enfants : Rebecca, Yacov, Hanel, Elie, Sarah, Ephraim, Esther, Isaac et Myriam.

Il est également l’oncle des comédiens Olivier Sitruk et Jules Sitruk.