Sortie d'Egypte le jour ou la nuit ? - Likoutei sihot - Volume 3 - Hossafot Pessa'h - Parag 9-11
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Pessa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3
9. "Les Sages disent: Les mots ’les jours de ta vie’ correspondent à ce monde. L’expression ’tous les jours de ta vie’ introduit la période du Machia’h."
On trouve, à ce sujet, deux interprétations:
A) On peut penser que les Sages ajoutent un point de plus à l’opinion de Ben Zoma, de sorte que, selon l’unanimité des avis, il est nécessaire de mentionner la sortie d’Egypte, la nuit. C’est, en particulier, l’avis du Zéba’h Pessa’h, du Chneï Lou’hot Ha Berit et du Tsyoun Le Néfech ’Haya.
B) On peut également considérer que les Sages s’opposent à Ben Zoma et considèrent qu’il n’y a pas lieu de mentionner la sortie d’Egypte, la nuit, comme l’indiquent les commentateurs de la Michna. C’est également ce que disent le Siddour du Ari Zal et le Peri Ets ’Haïm, à la porte de la fête des Matsot, chapitre 6.
Or, chaque fois que la partie révélée de la Torah énonce deux avis, on peut trouver, dans sa dimension cachée, l’équivalent de l’un et de l’autre. En l’occurrence, néanmoins, l’enseignement caché de la Torah fait mention du second avis.
Il faut en conclure que la sortie d’Egypte possédait deux facettes, celle de la partie révélée de la Torah et celle de son enseignement caché, pour lequel elle a lieu le jour et non la nuit. C’est pour cette raison que le Siddour et le Peri Ets ’Haïm optent pour le second avis. En effet, ces textes n’envisagent que la dimension profonde.
La partie cachée de la Torah ne contredit donc pas ceux qui optent pour la première explication, énoncée par son enseignement révélé. En fait, l’une et l’autre décrivent des situations totalement différentes.
10. La sortie d’Egypte, au sens simple, bien qu’il soit difficile de s’écarter de l’enseignement profond de la Torah et que ce sens simple doit donc s’y inscrire, est la libération de toutes les entraves, de toutes les barrières, qui empêchent le service de D.ieu et lui font obstacle.
Mais, plus profondément, la sortie d’Egypte permet de se libérer également des limites inhérentes au domaine de la Sainteté, y compris celles du monde d’Atsilout, à propos duquel il est, certes, dit que "D.ieu s’unit à ses lumières et à ses réceptacles", mais qui, pour autant, n’en est pas moins un monde, à part entière.
La sortie d’Egypte, au sens simple, est également possible pendant la nuit, c’est-à-dire lorsque "le soleil de D.ieu ne brille pas", lorsque l’on n’obtient pas la révélation céleste. En pareil cas, il reste possible de se libérer de ce qui empêche de servir D.ieu, en introduisant son propre effort, ici-bas.
En revanche, se libérer de l’Egypte du domaine de la Sainteté est possible uniquement pendant le jour. Pour l’obtenir, on doit recevoir l’éclairage du "soleil de D.ieu", qui transcende l’enchaînement des mondes.
Néanmoins, Ben Zoma faisait exception à ce principe. Il était l’un des quatre qui avaient accédé à la plus haute connaissance de la Torah et ne se trouvait pas réellement sous l’emprise de ce monde, comme l’indique le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 2, paragraphe 4. Il pouvait donc se défaire de l’Egypte de la Sainteté également pendant la nuit.
Les Sages, cependant, établissent leur avis en tenant compte de la situation majoritaire. Ils considèrent donc qu’une telle sortie d’Egypte est envisageable uniquement pendant le jour. En conséquence, ils voient dans le mot "tous" une allusion à la période du Machia’h. Car, c’est alors que, même, pendant la nuit, on pourra se libérer de "l’Egypte" de l’enchaînement des mondes, comme l’expliquent les écrits du Ari Zal.
11. Or, toutes les révélations du monde futur dépendent de nos accomplissements et de nos réalisations, pendant le temps de l’exil, comme le souligne le Tanya, au chapitre 37. Avoir conscience qu’après la délivrance, on quittera également l’Egypte pendant la nuit, insuffle la force et la joie, déjà à l’heure actuelle.
De fait, tout ce qui se révélera, dans le monde futur, existe d’ores et déjà, à l’heure actuelle, de manière cachée. En méditant à ce qui apparaîtra à l’évidence après la délivrance, on pourra donc, d’ores et déjà, se réjouir. On connaît, à ce propos, l’image de l’homme qui est heureux de posséder des pierres précieuses et des perles, même si celles-ci se trouvent, pour l’heure, dans un coffret fermé, comme l’explique le Torah Or, à la fin de la Parchat Béréchit.
C’est bien ainsi que l’on se prépare, que l’on forge un réceptacle pour obtenir les révélations du monde futur, qui seront effectives lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.
On trouve, à ce sujet, deux interprétations:
A) On peut penser que les Sages ajoutent un point de plus à l’opinion de Ben Zoma, de sorte que, selon l’unanimité des avis, il est nécessaire de mentionner la sortie d’Egypte, la nuit. C’est, en particulier, l’avis du Zéba’h Pessa’h, du Chneï Lou’hot Ha Berit et du Tsyoun Le Néfech ’Haya.
B) On peut également considérer que les Sages s’opposent à Ben Zoma et considèrent qu’il n’y a pas lieu de mentionner la sortie d’Egypte, la nuit, comme l’indiquent les commentateurs de la Michna. C’est également ce que disent le Siddour du Ari Zal et le Peri Ets ’Haïm, à la porte de la fête des Matsot, chapitre 6.
Or, chaque fois que la partie révélée de la Torah énonce deux avis, on peut trouver, dans sa dimension cachée, l’équivalent de l’un et de l’autre. En l’occurrence, néanmoins, l’enseignement caché de la Torah fait mention du second avis.
Il faut en conclure que la sortie d’Egypte possédait deux facettes, celle de la partie révélée de la Torah et celle de son enseignement caché, pour lequel elle a lieu le jour et non la nuit. C’est pour cette raison que le Siddour et le Peri Ets ’Haïm optent pour le second avis. En effet, ces textes n’envisagent que la dimension profonde.
La partie cachée de la Torah ne contredit donc pas ceux qui optent pour la première explication, énoncée par son enseignement révélé. En fait, l’une et l’autre décrivent des situations totalement différentes.
10. La sortie d’Egypte, au sens simple, bien qu’il soit difficile de s’écarter de l’enseignement profond de la Torah et que ce sens simple doit donc s’y inscrire, est la libération de toutes les entraves, de toutes les barrières, qui empêchent le service de D.ieu et lui font obstacle.
Mais, plus profondément, la sortie d’Egypte permet de se libérer également des limites inhérentes au domaine de la Sainteté, y compris celles du monde d’Atsilout, à propos duquel il est, certes, dit que "D.ieu s’unit à ses lumières et à ses réceptacles", mais qui, pour autant, n’en est pas moins un monde, à part entière.
La sortie d’Egypte, au sens simple, est également possible pendant la nuit, c’est-à-dire lorsque "le soleil de D.ieu ne brille pas", lorsque l’on n’obtient pas la révélation céleste. En pareil cas, il reste possible de se libérer de ce qui empêche de servir D.ieu, en introduisant son propre effort, ici-bas.
En revanche, se libérer de l’Egypte du domaine de la Sainteté est possible uniquement pendant le jour. Pour l’obtenir, on doit recevoir l’éclairage du "soleil de D.ieu", qui transcende l’enchaînement des mondes.
Néanmoins, Ben Zoma faisait exception à ce principe. Il était l’un des quatre qui avaient accédé à la plus haute connaissance de la Torah et ne se trouvait pas réellement sous l’emprise de ce monde, comme l’indique le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 2, paragraphe 4. Il pouvait donc se défaire de l’Egypte de la Sainteté également pendant la nuit.
Les Sages, cependant, établissent leur avis en tenant compte de la situation majoritaire. Ils considèrent donc qu’une telle sortie d’Egypte est envisageable uniquement pendant le jour. En conséquence, ils voient dans le mot "tous" une allusion à la période du Machia’h. Car, c’est alors que, même, pendant la nuit, on pourra se libérer de "l’Egypte" de l’enchaînement des mondes, comme l’expliquent les écrits du Ari Zal.
11. Or, toutes les révélations du monde futur dépendent de nos accomplissements et de nos réalisations, pendant le temps de l’exil, comme le souligne le Tanya, au chapitre 37. Avoir conscience qu’après la délivrance, on quittera également l’Egypte pendant la nuit, insuffle la force et la joie, déjà à l’heure actuelle.
De fait, tout ce qui se révélera, dans le monde futur, existe d’ores et déjà, à l’heure actuelle, de manière cachée. En méditant à ce qui apparaîtra à l’évidence après la délivrance, on pourra donc, d’ores et déjà, se réjouir. On connaît, à ce propos, l’image de l’homme qui est heureux de posséder des pierres précieuses et des perles, même si celles-ci se trouvent, pour l’heure, dans un coffret fermé, comme l’explique le Torah Or, à la fin de la Parchat Béréchit.
C’est bien ainsi que l’on se prépare, que l’on forge un réceptacle pour obtenir les révélations du monde futur, qui seront effectives lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.