Le huitième jour - Likoutei sihot - Volume 3 - Chemini - Paragraphes 1-7

1er avril 2024 · 20 adar II 5784 · 56:20 · 51 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Chemini Série : ChminiSérie : Likoutei sihot

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1. Commentant le verset “ Et, ce fut le huitième jour ”, le Keli Yakar pose la question suivante. Pourquoi le verset qualifie-t-il de “ huitième ” la journée qui suivit les sept jours d’inauguration du Sanctuaire, ce qui prête à penser qu’elle était leur prolongement ? En effet, cette inauguration dura sept jours, ainsi qu’il est dit (Vaykra 8, 33) “ la cérémonie de votre investiture durera sept jours ”. C’est alors que fut inauguré l’autel. Le lendemain, en revanche, avait un contenu différent, puisqu’il était consacré à la nomination de Aharon et de ses fils, l’inauguration de l’autel étant achevée.

Le Keli Yakar explique que la Torah qualifie ce jour de huitième, afin d’en souligner la qualité. Ainsi, la Paracha dit ensuite : “ Car, en ce jour, D.ieu se révélera à vous ”. Le verset précise donc pourquoi cette révélation fut possible le huitième jour et non auparavant. En effet, une sainteté particulière se marqua alors, que l’on ne possédait pas avant cela. Ainsi, disent nos Sages, “ le chiffre sept est profane et le huit, sacré ”.

C’est pour la même raison que la circoncision repousse le Chabbat. En effet, elle relève du huitième jour, alors que le Chabbat est le septième. Or, “ la spiritualité repousse la matérialité ”.

2. Il est dit que “ le chiffre sept est profane ”, mais cette affirmation ne doit pas être prise au sens littéral, car le Chabbat est saint. Pour autant, il appartient au cycle hebdomadaire, lié à la création, qui est elle-même profane. Il peut donc être lui-même qualifié comme tel, par rapport au chiffre huit, qui transcende la création et “ Lui est unifié ”.

On peut faire la même déduction de l’image citée par le Keli Yakar pour illustrer la sainteté du chiffre huit. Celui-ci rappelle que la harpe de la période du Machia’h aura huit cordes, selon le traité Ara’hin 13b. Or, il est bien clair que celle du Temple, qui avait sept cordes, appartenait au domaine de la Sainteté. Pour autant, elle peut bien être qualifiée de “ profane ” par rapport à la harpe de la période du Machia’h.

Tout ce qui existe se reflète dans la Torah et l’on y retrouve effectivement l’équivalent de cela. La Torah, y compris dans ce monde, est sainte. Malgré cela, elle est qualifiée de “ futilité ”, par rapport à l’enseignement que le Machia’h délivrera, selon le Midrach Kohélet Rabba, chapitre 11, paragraphe 8.

3. On peut, toutefois, poursuivre cette interrogation. Car, il semble que la réponse du Keli Yakar ne résolve pas le problème qu’il pose, bien au contraire qu’il le renforce. Si le huitième jour “ Lui est unifié ” et transcende la création, il n’a effectivement rien de commun avec les sept jours précédents, qui correspondent au cycle hebdomadaire. Dès lors, pourquoi le qualifier de huitième, terme qui le met en relation avec les sept jours le précédant ?

L’explication est la suivante. Toutes les révélations du monde futur dépendent de nos efforts, à l’heure actuelle, comme le souligne le Tanya, au chapitre 37. Ainsi, ces révélations appartiennent au chiffre huit, comme le soulignent nos Sages en rappelant que la harpe aura alors huit cordes. Ce chiffre transcende la création et les créatures ne peuvent l’atteindre, par leur effort. La révélation en sera donc obtenue par une initiative de D.ieu. C’est la raison pour laquelle la Hala’ha tranche, selon le Midrach Chemot Rabba, chapitre 15, paragraphe 11, que la délivrance interviendra en Nissan, qui est le mois de cette initiative divine.

Malgré cela, nos efforts, à l’heure actuelle, sont nécessaires pour forger le réceptacle de cette révélation. Lorsqu’ils seront pleinement réalisés, D.ieu accordera Lui-même le dévoilement du monde futur, que l’effort des hommes ne peut atteindre.

Une image illustrera notre propos. On distingue, de façon générale, deux aspects du Chabbat :

A) Le Chabbat est un des sept jours de la semaine, bien qu’il soit saint, comparé aux six jours qui le précèdent. Pour autant, sa sainteté reste liée à la création, à l’enchaînement des mondes. Elle se révèle grâce à l’effort des hommes et c’est à ce propos qu’il est dit (Chemot 31, 16) : “ Pour faire le Chabbat ”.

Néanmoins, cet aspect se décompose, à son tour, en deux :

a) Il y a, d’une part, le Chabbat qui est intrinsèquement saint, par une révélation de D.ieu précédant l’effort des hommes et ne dévoilant donc la Lumière que dans son apparence extérieure. Le “ don ” du Chabbat, en revanche, fait suite à cet effort et il révèle ainsi la Lumière profonde, comme l’explique le Likouteï Torah Chir Hachirim, page 24a-b.

C’est à ce propos qu’il est dit : “ Ils garderont le Chabbat ”, lequel existe par un dévoilement divin, mais doit encore être “ gardé ” par les hommes.

b) Il y a, d’autre part, le Chabbat qui se révèle uniquement grâce à l’effort et c’est, plus précisément, à ce propos, qu’il est dit : “ Pour faire le Chabbat ”.

B) Le Chabbat, en outre, préfigure le monde futur, le “ jour qui sera entièrement Chabbat ” et transcendera l’enchaînement des mondes.

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