Pauvreté et richesse de la manne - Likoutei sihot - Volume 4 - Parachat Ekev - Paragraphes 1-6
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Ekev Série : EkevSérie : Likoutei sihot
1. Nous avons maintes fois souligné que “ le Saint béni soit-Il conçut le désir que Lui soit bâtie une demeure ici-bas ” et que les enfants d’Israël en commencèrent l’édification quand ils entrèrent en Erets Israël, “ pays d’habitation ”. Les quarante ans qu’ils passèrent dans le désert les préparèrent à ce qu’ils devaient accomplir en Terre Sainte.
On sait que l’élévation du service de D.ieu est perceptible précisément quand on est confronté à l’épreuve, aux difficultés et que l’on ne s’en affecte pas. En pareil cas, on sert D.ieu d’une manière beaucoup plus profonde, car cette épreuve met en éveil des forces profondes et intérieures, comme l’expliquent le Likouteï Torah, Reéh, page 19b et le Dére’h Mitsvoté’ha, page 185b.
C’est la raison pour laquelle les quarante ans passés dans le désert, temps de la préparation, furent également une période d’épreuves pour les Juifs, ainsi qu’il est dit : “ pour te mettre à l’épreuve afin de déterminer ce qu’il y a en ton cœur et si tu garderas Ses Mitsvot ”.
Il est, de façon générale, deux sortes d’épreuves, la pauvreté et la richesse, comme le dit le Likouteï Torah, commentaires de Roch Hachana, page 60a. Et, dans le désert, les enfants d’Israël furent confrontés à l’un et à l’autre, précisément en relation avec la manne.
D’une part, la manne fait allusion à la plus grande richesse. Elle était “ le pain du ciel ” et ne suscitait aucun déchet, selon le traité Yoma 75b. Et, l’on pouvait lui trouver tous les goûts que l’on désirait, d’après le traité Yoma 75a. Il n’en est pas de même pour le “ pain de la terre ”, qui a un goût bien précis, suscite des déchets. En outre, la manne était accompagnée de pierres précieuses et de perles, comme le dit aussi le traité Yoma 75a. Elle évoquait donc bien une immense richesse.
A l’opposé, la manne les confronta également à l’épreuve de la pauvreté, ainsi qu’il est dit : “ Il t’a nourri de manne, afin de te faire souffrir ” et le traité Yoma 74b explique en quoi consistait cette souffrance. En consommant la manne, on n’était jamais rassasié. Un avis précise : “ Celui qui possède du pain dans son sac ne peut pas être comparé à celui qui n’en a pas ”. Or, on recevait la manne seulement pour une journée. Il n’en restait rien pour le lendemain et l’on ne pouvait donc pas être rassasié comme on l’est quand on sait que l’on a des provisions.
Selon un second avis, “ Celui qui voit ce qu’il mange ne peut être comparé à celui qui ne voit pas ce qu’il mange ”. En l’occurrence, on ne voyait que la manne et non ce dont on voulait qu’elle ait le goût.
2. On peut, toutefois, s’interroger. Comment un seul et même élément, en l’occurrence la manne, peut-il porter en lui deux caractères opposés, la pauvreté et la richesse ?
La manne était riche, avait tous les goûts, était accompagnée de pierres précieuses et de perles. Il est clair qu’il ne peut en être de même pour le “ pain de la terre ”. Seul son caractère de “ pain du ciel ”, son aspect divin, lui conférait toutes ces qualités. En effet, D.ieu ne connaît pas la limite. La manne, même ici-bas, conservait donc sa nature céleste. Elle ne produisait pas de déchet, avait de nombreux goûts, n’était pas même limitée à la catégorie des aliments, ne pouvait pas, à proprement parler, être définie comme du pain, un végétal, puisqu’elle était accompagnée du minéral le plus pur, des pierres précieuses et des perles.
Transcendant le monde et les travaux agricoles, se révélant au sein de la matière à partir d’un stade dépassant la création, la manne s’inscrivait également dans le temps et le traité Nazir 7a souligne que “ chaque jour constitue une entité indépendante ”. Elle était donc distribuée quotidiennement. En ce sens, elle était comparable à un cadeau, qui est offert uniquement pour ce qu’il est, alors que la récompense rétribue l’effort accompli.
L’œil physique ne permettait pas de voir tout ce dont on sentait le goût, dans la manne, car il est limité et ne peut pas percevoir le caractère infini du Divin.
Telles sont donc les deux phases de richesse et de pauvreté que possédait la manne. D’une part, elle correspondait à la plus grande richesse, car sa nature était spirituelle et elle ne souffrait pas les limites. Néanmoins, le monde et l’homme révèlent, en outre, la plus grande pauvreté, inhérente à la manne. En effet, ceux qui la consommaient ne possédaient rien, n’avaient pas de “ pain dans leur sac ”. Leurs yeux ne voyaient pas sa richesse, ne percevaient même pas l’aliment le plus fruste, “ ne voyaient pas ce qu’il mangeaient ”, tout comme une lumière intense, difficile à supporter, a pour effet d’éblouir et de faire perdre la vue.
Car, de façon générale, un homme possède toujours quelque chose qui lui appartient. Mais, ce n’était pas le cas de la manne, malgré sa richesse. Celle-ci imposait donc à l’homme la pauvreté la plus sévère, puisqu’il ne possédait rien qui soit réellement à lui.
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On sait que l’élévation du service de D.ieu est perceptible précisément quand on est confronté à l’épreuve, aux difficultés et que l’on ne s’en affecte pas. En pareil cas, on sert D.ieu d’une manière beaucoup plus profonde, car cette épreuve met en éveil des forces profondes et intérieures, comme l’expliquent le Likouteï Torah, Reéh, page 19b et le Dére’h Mitsvoté’ha, page 185b.
C’est la raison pour laquelle les quarante ans passés dans le désert, temps de la préparation, furent également une période d’épreuves pour les Juifs, ainsi qu’il est dit : “ pour te mettre à l’épreuve afin de déterminer ce qu’il y a en ton cœur et si tu garderas Ses Mitsvot ”.
Il est, de façon générale, deux sortes d’épreuves, la pauvreté et la richesse, comme le dit le Likouteï Torah, commentaires de Roch Hachana, page 60a. Et, dans le désert, les enfants d’Israël furent confrontés à l’un et à l’autre, précisément en relation avec la manne.
D’une part, la manne fait allusion à la plus grande richesse. Elle était “ le pain du ciel ” et ne suscitait aucun déchet, selon le traité Yoma 75b. Et, l’on pouvait lui trouver tous les goûts que l’on désirait, d’après le traité Yoma 75a. Il n’en est pas de même pour le “ pain de la terre ”, qui a un goût bien précis, suscite des déchets. En outre, la manne était accompagnée de pierres précieuses et de perles, comme le dit aussi le traité Yoma 75a. Elle évoquait donc bien une immense richesse.
A l’opposé, la manne les confronta également à l’épreuve de la pauvreté, ainsi qu’il est dit : “ Il t’a nourri de manne, afin de te faire souffrir ” et le traité Yoma 74b explique en quoi consistait cette souffrance. En consommant la manne, on n’était jamais rassasié. Un avis précise : “ Celui qui possède du pain dans son sac ne peut pas être comparé à celui qui n’en a pas ”. Or, on recevait la manne seulement pour une journée. Il n’en restait rien pour le lendemain et l’on ne pouvait donc pas être rassasié comme on l’est quand on sait que l’on a des provisions.
Selon un second avis, “ Celui qui voit ce qu’il mange ne peut être comparé à celui qui ne voit pas ce qu’il mange ”. En l’occurrence, on ne voyait que la manne et non ce dont on voulait qu’elle ait le goût.
2. On peut, toutefois, s’interroger. Comment un seul et même élément, en l’occurrence la manne, peut-il porter en lui deux caractères opposés, la pauvreté et la richesse ?
La manne était riche, avait tous les goûts, était accompagnée de pierres précieuses et de perles. Il est clair qu’il ne peut en être de même pour le “ pain de la terre ”. Seul son caractère de “ pain du ciel ”, son aspect divin, lui conférait toutes ces qualités. En effet, D.ieu ne connaît pas la limite. La manne, même ici-bas, conservait donc sa nature céleste. Elle ne produisait pas de déchet, avait de nombreux goûts, n’était pas même limitée à la catégorie des aliments, ne pouvait pas, à proprement parler, être définie comme du pain, un végétal, puisqu’elle était accompagnée du minéral le plus pur, des pierres précieuses et des perles.
Transcendant le monde et les travaux agricoles, se révélant au sein de la matière à partir d’un stade dépassant la création, la manne s’inscrivait également dans le temps et le traité Nazir 7a souligne que “ chaque jour constitue une entité indépendante ”. Elle était donc distribuée quotidiennement. En ce sens, elle était comparable à un cadeau, qui est offert uniquement pour ce qu’il est, alors que la récompense rétribue l’effort accompli.
L’œil physique ne permettait pas de voir tout ce dont on sentait le goût, dans la manne, car il est limité et ne peut pas percevoir le caractère infini du Divin.
Telles sont donc les deux phases de richesse et de pauvreté que possédait la manne. D’une part, elle correspondait à la plus grande richesse, car sa nature était spirituelle et elle ne souffrait pas les limites. Néanmoins, le monde et l’homme révèlent, en outre, la plus grande pauvreté, inhérente à la manne. En effet, ceux qui la consommaient ne possédaient rien, n’avaient pas de “ pain dans leur sac ”. Leurs yeux ne voyaient pas sa richesse, ne percevaient même pas l’aliment le plus fruste, “ ne voyaient pas ce qu’il mangeaient ”, tout comme une lumière intense, difficile à supporter, a pour effet d’éblouir et de faire perdre la vue.
Car, de façon générale, un homme possède toujours quelque chose qui lui appartient. Mais, ce n’était pas le cas de la manne, malgré sa richesse. Celle-ci imposait donc à l’homme la pauvreté la plus sévère, puisqu’il ne possédait rien qui soit réellement à lui.
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