Un miracle pendant l'exil - Likoutei sihot - Volume 2 - Balak - Paragraphes 1-2

26 juin 2023 · 7 tamouz 5783 · 9:25 · 37 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Balak Série : BalakSérie : Likoutei sihot

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1. Commentant le verset de notre Paracha: «Il s’est courbé et s’est couché comme un lion ou un lionceau, qui pourrait le relever ?», le Midrach explique: «Selon un avis, on fait ici allusion à l’époque s’étendant du roi Tsidkyahou au roi Machia’h».
En effet, c’est à l’époque de Tsidkyahou que le Temple fut détruit et que l’exil commença. Soixante dix ans plus tard, le second Temple fut bâti, mais l’exil demeura, puisque cinq éléments figurant dans le premier Temple en étaient absents. La délivrance n’était donc pas complète.
Ainsi, la période s’écoulant depuis l’époque du roi Tsidkyahou jusqu’à la venue du Machia’h est celle pendant laquelle «il s’est courbé et s’est couché». D’après l’avis rapporté par le Midrach, tel que l’interprète le Tséma’h Tsédek, cette expression doit être rapprochée des versets suivants: «Il s’est couché et s’est endormi», «sur ma couche, pendant les nuits», «il n’est pas mort, mais a dû rester couché». Toutes ces situations décrivent la période de l’exil.
On pourrait penser que l’exil porte non seulement sur le corps, mais aussi sur l’âme, de même que sur la Torah et les Mitsvot que l’on met en pratique par la force de son âme.
Le même verset affirme donc que, certes, «il s’est courbé et s’est couché», mais une telle position n’est pas celle d’un homme épuisé. Elle émane, en l’occurrence, d’une limite que celui-ci s’impose délibérément, car il est bien «comme un lion ou comme un lionceau», se caractérisant le premier par sa puissance et le second par une force accrue. Le Zohar dit que «le lionceau se distingue par sa grande vigueur».
Ainsi, même quand Israël «s’est courbé et il s’est couché», cela ne signifie pas que les nations du monde peuvent le dominer, ce qu’à D.ieu ne plaise. Malgré tout, les Juifs restent «comme un lion et comme un lionceau». Et, «qui pourrait le relever?», tout comme il est dit: «Qui a révélé ce secret à Mes enfants» et «Qui fera que leur cœur Me craigne?». D.ieu Lui-même le fera et, par analogie, D.ieu Lui-même «pourra le relever» et nous libérera de l’exil, ainsi qu’il est dit: «Qui donnera, de Sion, le salut d’Israël?».
Pour autant, avant même que D.ieu nous relève, nous ne pouvons considérer que nous sommes dominés par les nations, ce qu’à D.ieu ne plaise, car Israël reste «un lion et un lionceau», que nul ne peut juguler.
De fait, le Choul’han Arou’h stipule qu’il est inconcevable de maîtriser un lion ou un lionceau. En conséquence, précise-t-il, il n’est pas certain qu’il soit possible de les dresser.
La situation de l’exil n’a aucune justification logique. Mais, on doit la vivre «contraint par la Parole de D.ieu», de sorte que le lion et le lionceau courbent le flanc et se couchent.
On peut en conclure que l’exil n’entre nullement en ligne de compte pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, à propos desquelles il est dit que «D.ieu prononça toutes ces Paroles».
2. Néanmoins, nous sommes accoutumés à l’exil et c’est la raison pour laquelle «nous ne voyons pas les miracles qui surviennent pour nous».
De fait, des miracles se déroulent encore, à l’heure actuelle, mais nous n’y prenons pas garde et «celui à qui survient un miracle n’en a pas conscience».
L’obscurité de l’exil prête à penser que le monde est enfermé dans les mécanismes de la nature. Du reste, Olam, le monde, est de la même étymologie que Elem, le voile. En conséquence, le monde se rend maître du lion et du lionceau. C’est pour cela que, de temps à autre, D.ieu accomplit des miracles évidents, malgré cette période de l’exil. A notre époque, l’un de ceux-ci, dont la portée est globale, fut la libération du 12 et 13 Tamouz. Ainsi, il peut être clairement établi, même en exil, que «il n’est rien d’autre que Lui».
C’est la raison pour laquelle, disent nos Sages, «le Saint béni soit-Il envisagea tout d’abord de créer le monde par l’Attribut de rigueur. Il constata que celui-ci ne pourrait se maintenir. Il lui associa donc l’Attribut de miséricorde». Le Chaar Hay’houd, seconde partie du Tanya, précise que cette association prend la forme de «la révélation divine qui est obtenue par l’intermédiaire des Justes, des miracles et des merveilles dont la Torah fait état».
Ces miracles font voler en éclat les limites du monde, afin que l’on puisse constater, de ses propres yeux de chair, que celui-ci a bien un Dirigeant.
En ayant conscience de tout cela, on se souviendra également que les Juifs, en toute situation, sont des lions et des lionceaux et que, pour tout ce qui concerne leur âme, la Torah et les Mitsvot, ils ne sont en aucune façon soumis à l’exil.

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