Vivre le monde futur ! Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Toldot Paragraphes 8 - 12
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Toledot Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1
8. Il est dit que, dans le monde futur, on dira à Its’hak: «Tu es notre père». La ‘Hassidout en donne la raison. Its’hak évoque, en effet, la crainte et la soumission, qui figureront parmi les apports de la délivrance.
On peut en conclure que, de ce fait, Its’hak avait d’ores et déjà adopté, dans différents domaines, le comportement du monde futur. Il est dit, de tous les Patriarches, que «le Saint béni soit-Il leur fit goûter la rédemption». Néanmoins, les autres en éprouvèrent uniquement le plaisir, alors qu’Its’hak modifia son existence, en fonction de cette perception. On sait que, lors de son sacrifice, son âme quitta son corps et il reçut, par la suite, une âme issue du monde futur.
9. Mais, en réalité, tout cela ne décrit pas pleinement la qualité d’Its’hak, car, chez d’autres aussi, l’âme quitta le corps. Certains considèrent que ce fut le cas pour le fils de la Chounamit, selon le Zohar, tome 2, page 44b. On peut également citer d’autres exemples, même s’ils ne sont pas totalement identiques.
En fait, la qualité d’Its’hak fut plutôt la suivante. Il sut transcender le monde et révéler ici-bas ce qui dépasse la matière. C’est ce que nous montrerons.
Commentant le verset, «les jeunes gens grandirent», nos Sages expliquent que, lorsqu’ils eurent treize ans, Yaakov pénétra dans la maison d’étude et Esav alla servir les idoles. Or, on peut s’interroger, à ce propos. Il est dit qu’Avraham devait vivre cent quatre vingts ans, mais que cinq ans furent retirés à sa vie, pour qu’il ne soit pas le témoin du mauvais comportement de son petit-fils, Esav. Il en résulte qu’Avraham vivait encore, lorsque Esav partit servir les idoles.
En effet, Its’hak naquit quand Avraham avait cent ans. Les jumeaux Yaakov et Esav, pour leur part, naquirent alors que Its’hak avait soixante ans. Lorsque Esav eut treize ans et devint idolâtre, Avraham avait donc cent soixante treize ans et il fut ainsi le témoin du mauvais comportement de son petit-fils pendant deux ans.
Le Daat Zekenim des maîtres des Tossafot, donne, à ce propos, l’explication suivante. Pendant ces deux ans, Esav se cachait, lorsqu’il agissait mal. Mais, cette interprétation est difficile à accepter. Si Esav avait pu agir discrètement pendant deux ans, pourquoi ne pouvait-il le faire durant cinq ans de plus? Dès lors, pourquoi la vie d’Avraham fut-elle écourtée d’autant?
Le Assara Maamarot et le Riva donnent une autre réponse. Après le sacrifice, Its’hak, attendant que Rivka ait trois ans et un jour pour pouvoir l’épouser, se rendit dans le Gan Eden, lequel transcende la notion de temps, telle qu’elle est perçue dans ce monde.
De fait, le Riva cite, à ce propos, l’exemple de Noa’h. Pendant l’année du déluge, les astres ne fonctionnèrent pas et cette année n’est donc pas comptée dans sa vie. Néanmoins, cette situation ne fut pas comparable à celle d’Its’hak, qui cessa d’être soumis au temps, lorsqu’il se trouvait dans le Gan Eden. Durant le déluge, en revanche, seule la mesure du temps fut perdue. De plus, il n’en fut pas ainsi uniquement pour Noa’h, mais aussi pour tout l’univers.
En conséquence, Yaakov et Esav naquirent effectivement plus de soixante deux ans après la naissance d’Its’hak. Pour autant, celui-ci était uniquement âgé de soixante ans, puisque les années passées dans le Gan Eden transcendaient le temps.
Avraham avait alors cent soixante deux ans. Lorsque Its’hak réintégra l’espace et le temps, les deux ans passés au Gan Eden ne lui furent pas comptés. Il avait donc bien, pour sa part, soixante ans.
On peut, parfois, s’élever plus haut que le temps, de sorte que cela apparaisse à l’évidence, par la suite, quand on le réintègre. On raconte que le Baal Chem Tov écrivit à son beau-frère, Rabbi Guerchon et lui rapporta un fait qui devait se dérouler par la suite.
En effet, le Baal Chem Tov s’était élevé vers le monde spirituel de Yetsira, dans lequel on peut observer ce qui se passe en dix ou quinze ans en un seul clin d’oeil. Néanmoins, il ne fut pas libéré, ici-bas de la dimension du temps, d’autant que, quand il connut cette élévation de l’âme, son corps resta ici-bas, ce qui ne fut pas le cas pour Its’hak.
Lorsqu’il réintégra le monde, par la suite, Its’hak conserva le comportement du Gan Eden. Ainsi, il put dire que «l’odeur de mon fils est celle d’un champ béni par D.ieu», c’est-à-dire celle du Gan Eden. Comment en avait-il connaissance? Par le souvenir qu’il conservait de la période qu’il avait passée là-bas.
Certes, lorsqu’une âme quitte le Gan Eden pour descendre dans ce monde, un ange la frappe sur la bouche, afin qu’elle puisse assumer sans trouble l’effort nécessaire à son service de D.ieu, ici-bas. De la même manière, l’âme qui quitte ce monde doit aussi en oublier l’apparence. Its’hak, par contre, parvint à révéler ici-bas ce qui se passait dans le Gan Eden.
On peut en conclure que, de ce fait, Its’hak avait d’ores et déjà adopté, dans différents domaines, le comportement du monde futur. Il est dit, de tous les Patriarches, que «le Saint béni soit-Il leur fit goûter la rédemption». Néanmoins, les autres en éprouvèrent uniquement le plaisir, alors qu’Its’hak modifia son existence, en fonction de cette perception. On sait que, lors de son sacrifice, son âme quitta son corps et il reçut, par la suite, une âme issue du monde futur.
9. Mais, en réalité, tout cela ne décrit pas pleinement la qualité d’Its’hak, car, chez d’autres aussi, l’âme quitta le corps. Certains considèrent que ce fut le cas pour le fils de la Chounamit, selon le Zohar, tome 2, page 44b. On peut également citer d’autres exemples, même s’ils ne sont pas totalement identiques.
En fait, la qualité d’Its’hak fut plutôt la suivante. Il sut transcender le monde et révéler ici-bas ce qui dépasse la matière. C’est ce que nous montrerons.
Commentant le verset, «les jeunes gens grandirent», nos Sages expliquent que, lorsqu’ils eurent treize ans, Yaakov pénétra dans la maison d’étude et Esav alla servir les idoles. Or, on peut s’interroger, à ce propos. Il est dit qu’Avraham devait vivre cent quatre vingts ans, mais que cinq ans furent retirés à sa vie, pour qu’il ne soit pas le témoin du mauvais comportement de son petit-fils, Esav. Il en résulte qu’Avraham vivait encore, lorsque Esav partit servir les idoles.
En effet, Its’hak naquit quand Avraham avait cent ans. Les jumeaux Yaakov et Esav, pour leur part, naquirent alors que Its’hak avait soixante ans. Lorsque Esav eut treize ans et devint idolâtre, Avraham avait donc cent soixante treize ans et il fut ainsi le témoin du mauvais comportement de son petit-fils pendant deux ans.
Le Daat Zekenim des maîtres des Tossafot, donne, à ce propos, l’explication suivante. Pendant ces deux ans, Esav se cachait, lorsqu’il agissait mal. Mais, cette interprétation est difficile à accepter. Si Esav avait pu agir discrètement pendant deux ans, pourquoi ne pouvait-il le faire durant cinq ans de plus? Dès lors, pourquoi la vie d’Avraham fut-elle écourtée d’autant?
Le Assara Maamarot et le Riva donnent une autre réponse. Après le sacrifice, Its’hak, attendant que Rivka ait trois ans et un jour pour pouvoir l’épouser, se rendit dans le Gan Eden, lequel transcende la notion de temps, telle qu’elle est perçue dans ce monde.
De fait, le Riva cite, à ce propos, l’exemple de Noa’h. Pendant l’année du déluge, les astres ne fonctionnèrent pas et cette année n’est donc pas comptée dans sa vie. Néanmoins, cette situation ne fut pas comparable à celle d’Its’hak, qui cessa d’être soumis au temps, lorsqu’il se trouvait dans le Gan Eden. Durant le déluge, en revanche, seule la mesure du temps fut perdue. De plus, il n’en fut pas ainsi uniquement pour Noa’h, mais aussi pour tout l’univers.
En conséquence, Yaakov et Esav naquirent effectivement plus de soixante deux ans après la naissance d’Its’hak. Pour autant, celui-ci était uniquement âgé de soixante ans, puisque les années passées dans le Gan Eden transcendaient le temps.
Avraham avait alors cent soixante deux ans. Lorsque Its’hak réintégra l’espace et le temps, les deux ans passés au Gan Eden ne lui furent pas comptés. Il avait donc bien, pour sa part, soixante ans.
On peut, parfois, s’élever plus haut que le temps, de sorte que cela apparaisse à l’évidence, par la suite, quand on le réintègre. On raconte que le Baal Chem Tov écrivit à son beau-frère, Rabbi Guerchon et lui rapporta un fait qui devait se dérouler par la suite.
En effet, le Baal Chem Tov s’était élevé vers le monde spirituel de Yetsira, dans lequel on peut observer ce qui se passe en dix ou quinze ans en un seul clin d’oeil. Néanmoins, il ne fut pas libéré, ici-bas de la dimension du temps, d’autant que, quand il connut cette élévation de l’âme, son corps resta ici-bas, ce qui ne fut pas le cas pour Its’hak.
Lorsqu’il réintégra le monde, par la suite, Its’hak conserva le comportement du Gan Eden. Ainsi, il put dire que «l’odeur de mon fils est celle d’un champ béni par D.ieu», c’est-à-dire celle du Gan Eden. Comment en avait-il connaissance? Par le souvenir qu’il conservait de la période qu’il avait passée là-bas.
Certes, lorsqu’une âme quitte le Gan Eden pour descendre dans ce monde, un ange la frappe sur la bouche, afin qu’elle puisse assumer sans trouble l’effort nécessaire à son service de D.ieu, ici-bas. De la même manière, l’âme qui quitte ce monde doit aussi en oublier l’apparence. Its’hak, par contre, parvint à révéler ici-bas ce qui se passait dans le Gan Eden.