Une pièce de feu - Likoutei sihot - Volume 3 - Ki tissa - Paragraphes 1-8
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Ki Tissa Série : Ki TissaSérie : Likoutei sihot
. Commentant le verset “ Voici ce qu’ils donneront… un demi Chekel ”, le Yerouchalmi Chekalim, chapitre 1, paragraphe 4 et le Midrach Bamidbar Rabba, chapitre 12, paragraphe 12, cité par Rachi dans son commentaire du verset Chemot 30, 13, disent : “ Le Saint béni soit-Il fit sortir comme une pièce de feu de dessous Son trône glorieux. Il la montra à Moché et lui dit : Voici ce qu’ils donneront ” à titre de demi Chekel.
Les Tossafot, au traité ‘Houlin 42a, soulignent que Moché n’eut pas la vision de cette pièce de feu parce qu’il avait une difficulté à comprendre ce qu’est un demi Chekel. En fait, il se posait la question suivante : “ Comment un homme peut-il racheter son âme en donnant une telle pièce ? ”. Et, le Midrach, précédemment cité, précise le sens de cette interrogation : “ Qui est en mesure d’assurer le rachat de son âme ? N’est-il pas dit (Yov 2, 4) que ‘la peau est contre la peau et tout ce que l’homme possède, il le donne pour sauver sa vie’, mais que cela n’est guère suffisant ? ”. C’est donc pour répondre à cette question que D.ieu lui montra une pièce de feu.
De façon générale, les sacrifices rachètent également les fautes et il fut ordonné de les offrir avant même que la Torah ne parle du demi Chekel. En effet, tout de suite après le don de la Torah, le verset (Chemot 20, 21) dit : “ Tu offriras là des sacrifices de Ola et de Chelamim ”. Or, Moché ne fut nullement étonné que des sacrifices puissent racheter les fautes. Par la suite, en revanche, D.ieu demanda que l’on donne le demi Chekel et c’est alors que Moché marqua son étonnement.
On peut donner, à ce sujet, l’explication suivante. Le demi Chekel avait pour objet de racheter la faute du veau d’or, comme le soulignent le Yerouchalmi Chekalim, chapitre 2, paragraphe 3 et le Midrach Tan’houma Tissa, chapitre 10. Or, la faute du veau d’or était celle de l’idolâtrie et c’est précisément ce qui provoqua l’étonnement de Moché. Comment un simple demi Chekel peut-il racheter une faute aussi grave ?
Les Mitsvot sont comparées aux membres du corps, comme le soulignent les Tikouneï Zohar, Tikoun 30, page 74a et le Tanya, au chapitre 23. Or, on distingue, tout d’abord, les membres particuliers, recevant de l’âme une vitalité spécifique, qui se répartissent en deux catégories, les membres vitaux et ceux qui ne le sont pas. On définit, en outre, les membres qui ont une portée globale, comme le cerveau et le cœur. C’est essentiellement en ces derniers que l’âme se révèle et c’est eux qui font vivre tout le corps, comme le soulignent le Tanya, au début du chapitre 9 et les Tikouneï Zohar, Tikoun 7 et 21, page 53a et Tikoun 27, page 72b.
Or, on retrouve les mêmes distinctions entre les Mitsvot. Certaines sont particulières, alors que d’autres ont une portée plus globale. Ainsi, les deux Injonctions “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” et “ Tu n’auras pas d’autres dieux ” représentent l’ensemble de la Torah, comme le note le Chneï Lou’hot Haberit, citant les premiers Sages, au début de la Parchat Yethro et le Tanya, au chapitre 20. Ces Mitsvot sont “ l’essence de l’âme ” de la Torah et d’elles dépend le lien entre les Juifs et D.ieu.
En conséquence, lorsque D.ieu demanda que l’on donne un demi Chekel pour expier la faute d’idolâtrie, pour “ racheter l’âme ” entachée par la faute du veau d’or, Moché exprima son étonnement. Que peut accomplir le demi Chekel alors que l’âme elle-même est remise en cause ?
2. Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre le commentaire que donne le saint Or Ha ‘Haïm du verset “ Lorsque tu dénombreras la tête des enfants d’Israël, selon leur compte ”. Il voit, en effet, dans ce verset, une allusion au décès des Justes, “ tête des enfants d’Israël ”. Ainsi, dit-il, “ lorsque se retire la tête des enfants d’Israël ”, il faut considérer qu’il en est ainsi “ selon leur nombre ”, que l’on peut également lire “ selon leur manque ”, comme dans le verset (Bamidbar 31, 39) “ Nul d’entre nous ne manque ”. En d’autres termes, le décès du Juste est la conséquence du manque, de la faute.
Toutes les explications données à propos d’un même verset sont liées. Quel est, en l’occurrence, le lien entre la lecture du Or Ha ‘Haïm et le sens simple du verset ?
Selon ce sens simple, le verset fait bien référence à l’idolâtrie, une faute de portée globale, suscitant le manque le plus absolu. Le Or Ha ‘Haïm rappelle donc qu’une manifestation aussi forte du mal atteint nécessairement l’âme, dans sa globalité et même l’âme collective. Ce fut effectivement le cas pour le veau d’or, qui causa même la chute de Moché, tête d’Israël, alors que lui-même n’y participa en aucune façon, puisqu’il se trouvait sur le mont Sinaï, quand il fut façonné. C’est ainsi qu’il lui fut dit : “ Descends de ta grandeur ”, selon le traité Bera’hot 32a, cité par Rachi, dans son commentaire du verset Chemot 32, 7.
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Les Tossafot, au traité ‘Houlin 42a, soulignent que Moché n’eut pas la vision de cette pièce de feu parce qu’il avait une difficulté à comprendre ce qu’est un demi Chekel. En fait, il se posait la question suivante : “ Comment un homme peut-il racheter son âme en donnant une telle pièce ? ”. Et, le Midrach, précédemment cité, précise le sens de cette interrogation : “ Qui est en mesure d’assurer le rachat de son âme ? N’est-il pas dit (Yov 2, 4) que ‘la peau est contre la peau et tout ce que l’homme possède, il le donne pour sauver sa vie’, mais que cela n’est guère suffisant ? ”. C’est donc pour répondre à cette question que D.ieu lui montra une pièce de feu.
De façon générale, les sacrifices rachètent également les fautes et il fut ordonné de les offrir avant même que la Torah ne parle du demi Chekel. En effet, tout de suite après le don de la Torah, le verset (Chemot 20, 21) dit : “ Tu offriras là des sacrifices de Ola et de Chelamim ”. Or, Moché ne fut nullement étonné que des sacrifices puissent racheter les fautes. Par la suite, en revanche, D.ieu demanda que l’on donne le demi Chekel et c’est alors que Moché marqua son étonnement.
On peut donner, à ce sujet, l’explication suivante. Le demi Chekel avait pour objet de racheter la faute du veau d’or, comme le soulignent le Yerouchalmi Chekalim, chapitre 2, paragraphe 3 et le Midrach Tan’houma Tissa, chapitre 10. Or, la faute du veau d’or était celle de l’idolâtrie et c’est précisément ce qui provoqua l’étonnement de Moché. Comment un simple demi Chekel peut-il racheter une faute aussi grave ?
Les Mitsvot sont comparées aux membres du corps, comme le soulignent les Tikouneï Zohar, Tikoun 30, page 74a et le Tanya, au chapitre 23. Or, on distingue, tout d’abord, les membres particuliers, recevant de l’âme une vitalité spécifique, qui se répartissent en deux catégories, les membres vitaux et ceux qui ne le sont pas. On définit, en outre, les membres qui ont une portée globale, comme le cerveau et le cœur. C’est essentiellement en ces derniers que l’âme se révèle et c’est eux qui font vivre tout le corps, comme le soulignent le Tanya, au début du chapitre 9 et les Tikouneï Zohar, Tikoun 7 et 21, page 53a et Tikoun 27, page 72b.
Or, on retrouve les mêmes distinctions entre les Mitsvot. Certaines sont particulières, alors que d’autres ont une portée plus globale. Ainsi, les deux Injonctions “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” et “ Tu n’auras pas d’autres dieux ” représentent l’ensemble de la Torah, comme le note le Chneï Lou’hot Haberit, citant les premiers Sages, au début de la Parchat Yethro et le Tanya, au chapitre 20. Ces Mitsvot sont “ l’essence de l’âme ” de la Torah et d’elles dépend le lien entre les Juifs et D.ieu.
En conséquence, lorsque D.ieu demanda que l’on donne un demi Chekel pour expier la faute d’idolâtrie, pour “ racheter l’âme ” entachée par la faute du veau d’or, Moché exprima son étonnement. Que peut accomplir le demi Chekel alors que l’âme elle-même est remise en cause ?
2. Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre le commentaire que donne le saint Or Ha ‘Haïm du verset “ Lorsque tu dénombreras la tête des enfants d’Israël, selon leur compte ”. Il voit, en effet, dans ce verset, une allusion au décès des Justes, “ tête des enfants d’Israël ”. Ainsi, dit-il, “ lorsque se retire la tête des enfants d’Israël ”, il faut considérer qu’il en est ainsi “ selon leur nombre ”, que l’on peut également lire “ selon leur manque ”, comme dans le verset (Bamidbar 31, 39) “ Nul d’entre nous ne manque ”. En d’autres termes, le décès du Juste est la conséquence du manque, de la faute.
Toutes les explications données à propos d’un même verset sont liées. Quel est, en l’occurrence, le lien entre la lecture du Or Ha ‘Haïm et le sens simple du verset ?
Selon ce sens simple, le verset fait bien référence à l’idolâtrie, une faute de portée globale, suscitant le manque le plus absolu. Le Or Ha ‘Haïm rappelle donc qu’une manifestation aussi forte du mal atteint nécessairement l’âme, dans sa globalité et même l’âme collective. Ce fut effectivement le cas pour le veau d’or, qui causa même la chute de Moché, tête d’Israël, alors que lui-même n’y participa en aucune façon, puisqu’il se trouvait sur le mont Sinaï, quand il fut façonné. C’est ainsi qu’il lui fut dit : “ Descends de ta grandeur ”, selon le traité Bera’hot 32a, cité par Rachi, dans son commentaire du verset Chemot 32, 7.
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