Les deux autels - Likoutei sihot - Volume 3 - Tetsavé

21 février 2024 · 12 adar I 5784 · 21:09 · 36 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Tetsavé Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3

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La fin de la Parchat Tétsavé présente l’autel d’or, alors que la Paracha précédente, celle de Terouma, décrivait l’autel de bronze. A cette occasion , est présenté un extrait d’une lettre adressée à un groupe d’étude de la Michna, à l’occasion de la conclusion de l’étude du traité Moed, traitant précisément de ces deux autels :

La Michna de l’ordre Moed se conclut, avec le traité ‘Haguiga, par la Hala’ha suivante: "L’autel d’or et celui de bronze ne peuvent contracter l’impureté, car ils sont assimilables à la terre. Tels sont les propos de Rabbi Eliézer. Les Sages disent: car ils sont recouverts".

Le sens simple de ce texte est le suivant. Ces deux autels se trouvaient, l’un et l’autre, dans le Temple et ils ne pouvaient donc pas contracter l’impureté. Rabbi Eliézer en explique la raison. La Torah, en effet, les a assimilés à la terre, laquelle ne peut devenir impure. Mais, pour les Sages, ces autels ne contractent pas l’impureté pour une autre raison, parce qu’ils sont uniquement recouverts d’or ou de bronze. C’est donc la partie ayant été recouverte qui doit être prise en compte, en l’occurrence celle qui ne peut contracter l’impureté.

La Torah fut donnée par D.ieu, Qui est infini. Elle s’applique donc de manière identique, en tout lieu et en tout temps, dans le présent exil obscur et en tout point du globe, exactement comme lorsqu’elle fut donnée aux enfants d’Israël, sur le mont Sinaï, par l’intermédiaire de Moché.

Et, la Torah est également infinie. C’est la raison pour laquelle chacun de ses textes peut recevoir une multitude d’explications. De façon générale, ces commentaires se répartissent en quatre catégories, le sens simple, le sens allusif, le sens analytique et le sens ésotérique, comme le dit le Chaar Ha Gilgoulim, à la dix septième introduction.

On peut tirer de cette Michna, qui est la conclusion de l’ordre de Moed, un enseignement moral, s’appliquant à notre existence quotidienne. Cet enseignement est le suivant.

Chacun, dans la ville où il se trouve et en fonction de sa situation, constitue effectivement un Temple, dans lequel réside la Présence divine, ainsi qu’il est dit: “ Je résiderai parmi eux ”. De même, il y avait différents instruments, dans le Temple et, un Juif possède, lui-même, un intellect, des sentiments. Dans l’une de ces forces de l’esprit, pourraient intervenir, une motivation égoïste, une pensée profane, étrangère à la Sainteté. Bien plus, cette dernière pourrait même être impure, c’est-à-dire liée à une transgression, ce qu’à D.ieu ne plaise, allant à l’encontre de la Volonté de D.ieu, à l’opposé de la Torah et des Mitsvot.

En d’autres termes, les instruments dont l’homme dispose, son intellect, sa pensée ou toute autre force, deviennent alors impurs et il faut trouver le moyen de les purifier, de leur faire réintégrer le Temple. Car, le Sanctuaire que constitue chaque Juif, homme ou femme, doit nécessairement être pur.

Physiquement ou bien moralement, les hommes sont définis comme riches ou pauvres. Les premiers possèdent de l’or. Ainsi, dit le traité Baba Batra 25b : “ L’or provient du nord. Celui qui souhaite en posséder doit donc prendre place au nord ”. A l’opposé, les pauvres n’ont que de la monnaie de bronze. Car, la Michna, au début du chapitre 4 du traité Baba Metsya, définit trois catégories de pièces, celles qui sont en or, en argent et en bronze, ces dernières ayant la valeur la plus faible.

Il se trouve, néanmoins, une exception chez chaque Juif. Quels que soient sa situation profonde, son aspect extérieur et ses sentiments, l’essence profonde de la Judéité qu’il porte en lui reste entière, en tout état de cause. Mon beau-père, le Rabbi, affirme qu’un Juif ne veut pas et ne peut pas se détacher de la Divinité. Or, c’est bien à cela que correspond l’autel, sur lequel sont offerts les sacrifices pour D.ieu.

La Michna affirme que les Juifs riches, comparables à l’autel en or, et les pauvres, semblables à l’autel en bronze, possèdent un caractère commun. Lorsque l’on rappelle aux uns et aux autres qu’ils sont un autel, la partie profonde de leur personnalité s’exprime de manière identique. Dès lors, ils veulent sincèrement sacrifier leur mauvais penchant et mettre en pratique la Volonté de D.ieu.

En pareil cas, ils ne peuvent contracter l’impureté et la raison en est énoncée par ce texte. Ils sont, en effet, assimilables à de la terre, sur laquelle tous marchent et nous demandons nous-mêmes, dans la prière: “ Que mon âme soit comme de la poussière, pour tous ”. Ils se départissent ainsi de toute volonté propre et ils ne connaissent plus que celle qui nous a été révélée par D.ieu, dans Sa sainte Torah.

Tels sont les propos de Rabbi Eliézer, fils de Horkenos, également appelé Rabbi Eliézer le grand, qui était considéré, à lui seul, comme tous les Sages d’Israël, selon le traité Avot, chapitre 2, Michna 9.

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