Un mot egyptien - Likoutei sihot - Volume 3 - Parachat Ytro - Paragraphes 5-8
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Yitro Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3
5. Commentant le verset “ Je (Ano’hi) suis l’Eternel ton D.ieu ”, le Midrach Tan’houma Yethro, chapitre 16 et le Yalkout Chimeoni, à la même référence, constatent que : “ Ano’hi est un mot égyptien ”.
Or, on peut s’interroger sur une telle affirmation. Les dix Commandements regroupent, en effet, l’ensemble de la Torah. Ils englobent toutes les Mitsvot, comme le précisent les Hazharot de Rabbi Saadya Gaon et comme le disent Rachi, commentant le verset Chemot 24, 12 et le Zohar, tome 2, page 90b.
On trouve également une allusion à cette même idée dans le fait que les dix Commandements comptent six cent vingt lettres, correspondant aux six cent treize Mitsvot de la Torah et aux sept, introduites par nos Sages, comme le précise le Chneï Lou’hot Haberit, citant les premiers Sages, au début de la Parchat Yethro.
Au sein même des dix Commandements, les deux premiers ont une portée beaucoup plus générale, “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” incluant toutes les Injonctions et “ Tu n’auras pas d’autres dieux ”, tous les Interdits. Ils possèdent donc une valeur particulière et, de fait, il est souligné que “ nous les avons entendus directement de D.ieu ”, selon les termes du Chneï Lou’hot Haberit, à la même référence et du Tanya, au chapitre 20.
Si l’on considère les deux premiers Commandements, on peut constater que “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” est énoncé avant “ Tu n’auras pas d’autres dieux ”, qu’il est donc le premier non seulement dans le classement ordinal, mais aussi dans l’importance. Du reste, son contenu permet d’aboutir à la même conclusion. En effet, le second Commandement envisage qu’une autre conception soit possible, ce qu’à D.ieu ne plaise, qu’il est donc nécessaire de l’écarter. Il n’en est nullement de même pour le premier Commandement, supprimant toute ambiguïté, n’envisageant pas de conception mensongère, “ d’autres dieux ”.
Or, le premier mot de ce premier Commandement est précisément Ano’hi. Celui-ci inclut en lui toute la Torah, comme le dit le Zohar, tome 2, pages 85b et 25b. Il désigne, en outre, l’Essence de D.ieu, à Laquelle ne correspondent aucun nom, aucune allusion, aucun signe.
Tout ceci conduit à s’interroger. Comment est-il envisageable que Ano’hi soit un terme égyptien ? Comment comprendre que les stades du dévoilement de la Divinité pouvant recevoir un nom soient désignés par des mots hébraïques, alors que Ano’hi, correspondant à l’Essence de D.ieu, soit en égyptien ?
6. Cette interrogation se trouvera encore renforcée si l’on rappelle la différence qui existe entre la Langue sacrée et les autres langues.
En effet, le Guide des égarés, tome 3, chapitre 8 et le Ramban, commentant le verset Chemot 30, 13, soulignent que la Langue sacrée est définie comme telle parce qu’elle ne comporte aucun terme désignant le membre de la nudité. Et, une question se pose, à ce propos. Chaque être reçoit la vitalité du nom qui lui est attribué dans la Langue sacrée. Et, les lettres constituant ce nom véhiculent cette vitalité divine, émanant des dix Commandements, qui sont à l’origine du monde entier, comme l’explique le Tanya, seconde partie, premier chapitre. Tout être doit donc posséder un nom dans la Langue sacrée. Dès lors, comment est-il envisageable que ce qui existe effectivement n’ait pas de nom ?
L’explication est, en fait la suivante. La Langue sacrée décrit la réalité telle qu’elle se trouve encore dans le domaine de la Sainteté. A ce stade, la nudité n’a pas de sens, car elle ne prend existence qu’en apparaissant ici-bas. C’est alors qu’un nom lui est donné, mais uniquement dans les langues des soixante dix nations.
Ainsi, le Dére’h Emouna, ouvrage du Tséma’h Tsédek, citant le Be’hayé, au discours intitulé “ ils ouvrirent ” et le Kountrass Oumayan, au chapitre 26, expliquent longuement ce qui est dit, à propos de la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal : “ Ils surent tous deux qu’ils étaient nus ”. Il en résulte qu’ils n’acquirent la connaissance de leur état que du fait de leur faute. Et, l’on peut s’interroger sur une telle affirmation. Comment une faute pourrait-elle apporter une connaissance supplémentaire ?
La réponse est celle-ci. Avant la faute, l’homme ne connaissait pas le désir et chaque membre de son corps n’avait d’autre objectif que de servir D.ieu. En conséquence, le verset affirme que “ ils n’avaient pas honte ”, n’éprouvant aucune envie. Ils se limitaient donc à mettre en pratique la Mitsva : “ Croissez et multipliez ”. De ce fait, ils n’éprouvaient aucune gêne, tout comme un homme n’a pas honte de son bras, sur lequel il porte les Tefillin. Bien plus, la nécessité d’avoir des enfants est, en outre, la première Mitsva.
Puis, fut commise la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Et, dès lors, le désir fit son apparition, dans le monde. La gêne apparut, de sorte que Adam et ‘Hava comprirent qu’ils devaient avoir honte.
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Or, on peut s’interroger sur une telle affirmation. Les dix Commandements regroupent, en effet, l’ensemble de la Torah. Ils englobent toutes les Mitsvot, comme le précisent les Hazharot de Rabbi Saadya Gaon et comme le disent Rachi, commentant le verset Chemot 24, 12 et le Zohar, tome 2, page 90b.
On trouve également une allusion à cette même idée dans le fait que les dix Commandements comptent six cent vingt lettres, correspondant aux six cent treize Mitsvot de la Torah et aux sept, introduites par nos Sages, comme le précise le Chneï Lou’hot Haberit, citant les premiers Sages, au début de la Parchat Yethro.
Au sein même des dix Commandements, les deux premiers ont une portée beaucoup plus générale, “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” incluant toutes les Injonctions et “ Tu n’auras pas d’autres dieux ”, tous les Interdits. Ils possèdent donc une valeur particulière et, de fait, il est souligné que “ nous les avons entendus directement de D.ieu ”, selon les termes du Chneï Lou’hot Haberit, à la même référence et du Tanya, au chapitre 20.
Si l’on considère les deux premiers Commandements, on peut constater que “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” est énoncé avant “ Tu n’auras pas d’autres dieux ”, qu’il est donc le premier non seulement dans le classement ordinal, mais aussi dans l’importance. Du reste, son contenu permet d’aboutir à la même conclusion. En effet, le second Commandement envisage qu’une autre conception soit possible, ce qu’à D.ieu ne plaise, qu’il est donc nécessaire de l’écarter. Il n’en est nullement de même pour le premier Commandement, supprimant toute ambiguïté, n’envisageant pas de conception mensongère, “ d’autres dieux ”.
Or, le premier mot de ce premier Commandement est précisément Ano’hi. Celui-ci inclut en lui toute la Torah, comme le dit le Zohar, tome 2, pages 85b et 25b. Il désigne, en outre, l’Essence de D.ieu, à Laquelle ne correspondent aucun nom, aucune allusion, aucun signe.
Tout ceci conduit à s’interroger. Comment est-il envisageable que Ano’hi soit un terme égyptien ? Comment comprendre que les stades du dévoilement de la Divinité pouvant recevoir un nom soient désignés par des mots hébraïques, alors que Ano’hi, correspondant à l’Essence de D.ieu, soit en égyptien ?
6. Cette interrogation se trouvera encore renforcée si l’on rappelle la différence qui existe entre la Langue sacrée et les autres langues.
En effet, le Guide des égarés, tome 3, chapitre 8 et le Ramban, commentant le verset Chemot 30, 13, soulignent que la Langue sacrée est définie comme telle parce qu’elle ne comporte aucun terme désignant le membre de la nudité. Et, une question se pose, à ce propos. Chaque être reçoit la vitalité du nom qui lui est attribué dans la Langue sacrée. Et, les lettres constituant ce nom véhiculent cette vitalité divine, émanant des dix Commandements, qui sont à l’origine du monde entier, comme l’explique le Tanya, seconde partie, premier chapitre. Tout être doit donc posséder un nom dans la Langue sacrée. Dès lors, comment est-il envisageable que ce qui existe effectivement n’ait pas de nom ?
L’explication est, en fait la suivante. La Langue sacrée décrit la réalité telle qu’elle se trouve encore dans le domaine de la Sainteté. A ce stade, la nudité n’a pas de sens, car elle ne prend existence qu’en apparaissant ici-bas. C’est alors qu’un nom lui est donné, mais uniquement dans les langues des soixante dix nations.
Ainsi, le Dére’h Emouna, ouvrage du Tséma’h Tsédek, citant le Be’hayé, au discours intitulé “ ils ouvrirent ” et le Kountrass Oumayan, au chapitre 26, expliquent longuement ce qui est dit, à propos de la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal : “ Ils surent tous deux qu’ils étaient nus ”. Il en résulte qu’ils n’acquirent la connaissance de leur état que du fait de leur faute. Et, l’on peut s’interroger sur une telle affirmation. Comment une faute pourrait-elle apporter une connaissance supplémentaire ?
La réponse est celle-ci. Avant la faute, l’homme ne connaissait pas le désir et chaque membre de son corps n’avait d’autre objectif que de servir D.ieu. En conséquence, le verset affirme que “ ils n’avaient pas honte ”, n’éprouvant aucune envie. Ils se limitaient donc à mettre en pratique la Mitsva : “ Croissez et multipliez ”. De ce fait, ils n’éprouvaient aucune gêne, tout comme un homme n’a pas honte de son bras, sur lequel il porte les Tefillin. Bien plus, la nécessité d’avoir des enfants est, en outre, la première Mitsva.
Puis, fut commise la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Et, dès lors, le désir fit son apparition, dans le monde. La gêne apparut, de sorte que Adam et ‘Hava comprirent qu’ils devaient avoir honte.
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