Un juif ne dépend que de D.ieu ! Likoutei sihot - Volume 1 - Paragraphes 1-6

2 mars 2023 · 10 adar 5783 · 17:41 · 29 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Tsav Pourim Série : FêtesSérie : Likoutei sihot

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. La fête de Pourim commémore le miracle par lequel D.ieu sauva le peuple d’Israël du décret de Haman.

De fait, cette période de l’histoire fut l’une des plus heureuses que connurent les Juifs. Ceux-ci occupaient une place proéminente dans le royaume. Morde’haï, le chef du Sanhédrin, était un ministre et l’un des conseillers les plus proches du roi. Esther était la reine et nos Sages disent que “ l’épouse d’un homme est partie intégrante de sa propre personne ”. Il n’est pas d’autre exemple, dans toute l’histoire juive, d’un roi dominant le monde dont l’épouse était juive.

On aurait pu, tout naturellement, penser qu’à aucune autre époque de l’exil, l’existence d’Israël ait été aussi fortement protégée que du temps d’Assuérus.

La réalité fut le contraire de tout cela. C’est à une époque aussi sûre que fut prononcé ce décret d’extermination, “ de supprimer, de tuer et de faire disparaître tous les Juifs, les jeunes gens et les vieux, les enfants et les femmes, en un seul jour ”, ce qu’à D.ieu ne plaise.

Jamais une décision aussi terrible ne fut prise à l’encontre des Juifs. Jamais ne fut promulgué un décret prononçant l’extermination de la totalité du peuple d’Israël. C’est uniquement à l’époque d’Assuérus qu’il en fut ainsi.

Dans les autres exils, tous les Juifs n’étaient pas regroupés en un même endroit. Nos Sages constatent que “ le Saint béni soit-Il fit un acte de bonté envers le peuple d’Israël en le dispersant parmi les nations ”, car, même si un peuple persécute les Juifs se trouvant dans ses frontières, ce qu’à D.ieu ne plaise, il ne pourra pas s’en prendre à ceux qui résident dans les autres pays. Bien plus, les Juifs faisant l’objet de ces persécutions conservent également la possibilité de s’enfuir à l’étranger.

A l’époque du Pharaon, tous les enfants d’Israël étaient effectivement soumis à son pouvoir et nos Sages affirment qu’il était impossible de s’enfuir de l’Egypte. Pour autant, tous n’étaient pas en danger. Les Sages précisent, en effet, que “ son décret portait uniquement sur les mâles ”.

Tous les Juifs, en revanche, se trouvaient sous l’emprise d’A’hachvéroch. Ils n’avaient pas le pouvoir de s’échapper, puisque son règne s’étendait sur le monde entier. Ils ne pouvaient donc quitter son royaume. De plus, il entendait mettre son décret à exécution “ en un seul jour ”. Il n’y avait donc pas le temps de s’enfuir. En effet, le décret portait bien sur l’ensemble des Juifs, sans aucune distinction.

Comment un décret aussi terrible put-il être promulgué précisément à une époque en apparence si sûre ? Le traité Meguila 12a répond à cette question et précise ce qui fut à l’origine de ce malheur : “ Ils profitèrent du festin organisé par cet impie ”, par Assuérus.

Ce qui vient d’être dit nous permet d’établir clairement que les Juifs ne sont en aucune façon soumis aux lois de la nature. Les événements auxquels ils sont confrontés dépendent strictement de la manière dont ils appliquent la Torah et les Mitsvot.

En l’occurrence, un tel décret était, à cette époque, absolument inconcevable. Malgré cela, lorsque les Juifs “ profitèrent du festin organisé par cet impie ” et s’y trouvèrent confrontés à ce qui n’était pas cacher, des persécutions leur furent infligées, ce qu’à D.ieu ne plaise.

2. La manière dont les Juifs furent sauvés délivre également le même enseignement. Car, l’abrogation du décret fut tout aussi surnaturelle. Elle découla de la Techouva et de l’attachement à D.ieu.

En effet, on aurait pu imaginer que Morde’haï et Esther, quand il eurent connaissance du décret, formaient une délégation diplomatique, chargée d’aller négocier avec Assuérus. Or, raconte la Meguila, Esther dit à Morde’haï, avant toute autre chose : “ Va, réunis tous les Juifs se trouvant à Suze. Vous jeûnerez pour moi, vous ne mangerez pas et vous ne boirez pas pendant trois journées, nuit et jour ”. Telle fut leur première démarche pour annuler ce décret.

Bien plus, Esther dit encore à Morde’haï : “ Moi et mes servantes, nous jeûnerons également ”. Or, le pouvoir que possédait Esther d’intervenir auprès d’Assuérus découlait du fait que “ elle trouva grâce devant lui plus que toutes les autres jeunes filles ”, comme en atteste le verset. Il était naturellement inconcevable que trois jours de jeûne augmentent sa grâce. Agir ainsi ne pouvait que lui causer du tort. Dès lors, comment se permit-elle de jeûner ?

La réponse à cette question est la suivante. Il était impossible d’expliquer naturellement le décret et il en fut de même pour la manière dont ils en furent délivrés. Le salut découla de la Techouva, que l’on peut réaliser également en jeûnant.

Lorsque les Juifs de Suze prirent la décision de jeûner, nul n’eut le droit de se soustraire de la communauté en refusant cette pratique. Dès lors, Esther affirma que “ moi et mes servantes, nous jeûnerons également ”. Certes, elle diminuait ainsi sa grâce et nul n’a le droit de s’en remettre au miracle. On doit agir en empruntant les voies de la nature.
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