Comment avoir une pièce de feu ? Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Ki Tissa - Paragraphes 1-10

4 mars 2023 · 11 adar 5783 · 39:21 · 37 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Ki Tissa Série : Ki TissaSérie : Likoutei sihot

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1. Commentant le verset du début de notre Paracha “ Voici ce qu’ils donneront ”, le Yerouchalmi explique : “ Rabbi Meïr dit : Le Saint béni soit-Il fit sortir une pièce de feu de sous Son trône et la montra à Moché en lui disant : voici ce qu’ils donneront ”.

En effet, Moché éprouvait des difficultés, ne saisissant pas la portée de ce demi Shekel. C’est la raison pour laquelle D.ieu le lui montra.

Commentant le traité ‘Houlin, les Tossafot expliquent qu’en fait, Moché savait, bien évidemment, ce qu’était un demi Shekel. Néanmoins, il ne comprenait pas pourquoi D.ieu avait demandé de le donner pour assurer le rachat de son âme. Car, de fait, quel est le sens d’un tel rachat ? Le verset (Yov 2, 4) ne dit-il pas “ On donne la peau pour la peau, l’homme offre tout ce qu’il possède pour sauver sa vie ” et n’est-il pas dit que tout cela ne suffit pas encore ?

On peut, en conséquence, s’interroger. Comment cette notion de rachat de l’âme s’éclaira-t-elle soudain pour Moché parce que D.ieu lui avait montré une pièce d’or, qui se trouvait sous Son trône ?

2. Pour comprendre tout cela, nous définirons, au préalable, ce qu’était cette pièce, extraite de sous le trône de D.ieu.

En effet, trois points doivent être distingués. Il s’agissait d’une pièce. Celle-ci était en feu. Elle provenait de sous le trône céleste.

La Guemara définit une pièce comme un moyen de paiement couramment accepté. C’est ce qui la distingue de la valeur marchande d’un objet, que tous n’évaluent pas de la même façon. Celui qui en éprouve un plus grand besoin lui accordera une valeur supérieure. Pour un second, elle aura moins de valeur et, pour un troisième, elle n’en aura pas du tout. Une pièce, à l’opposé, a une valeur unanimement reconnue.

Le feu est différent de tous les autres éléments fondamentaux de la matière, qui sont pesants. Certes, l’air ne l’est pas, mais, il demeure, tout au moins, là où il se trouve, c’est-à-dire ici-bas, ainsi qu’il est dit : “ Le souffle (l’air) de D.ieu planait sur la face des eaux ”. Telle est sa place et il s’y maintient.

A l’opposé, le feu, par nature, s’élève, de sorte qu’il faut recourir à différents stratagèmes pour le faire descendre ici-bas et l’y maintenir, de sorte qu’il éclaire.

Le Trône céleste, quant à lui, présente deux aspects. C’est un trône, d’une part. Et, il proclame l’honneur de D.ieu, d’autre part.

Kissé, le trône, est de la même étymologie que Kissouï, le voile, comme le soulignent les livres sacrés. En l’occurrence, ce trône est consacré à l’Honneur de D.ieu. L’image d’un roi de chair et d’os permettra de le comprendre. C’est lorsque celui-ci siège sur son trône qu’il apparaît dans toute sa gloire.

On peut s’interroger sur ce qui vient d’être dit, puisque l’on trouve ici deux idées opposées. D’une part, le roi doit se montrer s’il veut être honoré. Lorsqu’il laisse apparaître toute sa grandeur, il provoque la crainte de ses sujets, qui l’honorent. A l’opposé, s’il reste caché, nul ne l’honorera, bien au contraire. Dès lors comment établir une relation entre l’honneur et le trône, synonyme de voile ?

Le Maguid de Mézéritch donne la réponse à cette question. Si la grandeur et la clarté célestes se révélaient pleinement, les créatures ne pourraient le supporter. La présence d’un écran, tempérant Sa clarté, est donc une nécessité. Pour autant, ce voile n’est pas opaque. Il occulte uniquement le dévoilement que les créatures ne pourraient supporter, permettant ainsi de dévoiler pleinement la Lumière que le monde peut intégrer, qui peut le transformer et le conduire à honorer D.ieu.

De fait, telle est, au sens le plus simple, la raison d’être d’un trône, sur lequel on s’assoit, mouvement qui implique une descente du corps, à la différence de la station debout, montrant le corps dans toute sa hauteur. Le Trône céleste est donc le moyen, pour D.ieu, de “ descendre ” vers Ses créatures, de contracter Sa Lumière pour qu’elles puissent la percevoir.

En effet, Kissé, le trône, se décompose en Kess Alef. Ainsi, l’Essence de D.ieu, Maître du monde, à laquelle fait allusion ce Alef, se recouvre d’un voile, Kess. Dès lors, Elle peut se révéler aux créatures.

En ce sens, le Trône céleste est bien le moyen de créer une relation entre D.ieu et les créatures, de leur révéler Sa Lumière. Et, le monde spirituel de Brya, dans lequel il se trouve, s’appelle, de ce fait, “ le monde du Trône ”.

3. La révélation du trône céleste met en éveil, chez les créatures, deux sentiments, de sens opposé, l’extase, d’une part, le désir de réintégrer la matière, d’autre part.

L’extase, tout d’abord. Lorsque les créatures perçoivent la grandeur et la merveille du Créateur, ressentent qu’ils n’ont pas le moyen d’intégrer ces notions, ni par leur intellect, ni par l’émotion de leur cœur, ils s’animent d’un désir d’extase, d’une volonté de quitter le monde matériel, de se départir de leurs limites, afin d’inscrire leur existence dans la Divinité.

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