Attention au commerçant Amalek ! Likoutei sihot - Volume 1 - Paragraphes 6-9

1er mars 2023 · 9 adar 5783 · 26:27 · 31 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vayikra Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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6. Amalek fit la guerre contre Israël à trois reprises, tout de suite après la sortie d’Egypte, pendant les dernières années que les enfants d’Israël passèrent dans le désert, juste avant l’entrée en Terre Sainte, alors qu’Amalek était travesti en cananéen et durant les premières années de leur installation en Erets Israël, après la nomination du roi Chaoul et avant la construction du Temple. En effet, les enfants d’Israël, lorsqu’ils pénétrèrent en Terre Sainte, durent, dans l’ordre, nommer un roi, faire la guerre contre Amalek et construire le Temple. Enfin, il y aura une quatrième guerre contre Amalek à l’époque du roi Machia’h.

On distingue deux périodes de l’histoire juive, depuis que les enfants d’Israël se constituèrent en tant que peuple, lorsqu’ils quittèrent l’Egypte pour aller recevoir la Torah. La première fut celle du désert. Les Juifs n’avaient alors aucun contact avec le monde physique. Leurs besoins matériels, leur nourriture, leurs vêtements et leur logement, étaient satisfaits par la manne, le puits de Myriam et les colonnes de nuée.

La seconde période fut celle de la prise de possession du territoire des sept peuples de Canaan pour en faire Erets Israël. Le temps de l’exil y est inclus également, lorsque les Juifs sont disséminés parmi les nations afin de préparer l’accomplissement de la promesse selon laquelle “ Erets Israël se répandra dans tous les pays ”, qui seront aptes à devenir un Sanctuaire pour la Divinité.

Les quatre combats contre Amalek définis plus haut se répartissent donc de la manière suivante. Les deux premiers eurent lieu au début et à la fin de la première période et les deux derniers, au début et à la fin de la seconde période.

Il existe une différence entre les deux guerres de la première période. Amalek mena la première à visage découvert alors que, pour la seconde, il se fit passer pour un cananéen. On peut en conclure qu’il en est de même pour la deuxième période, dont le premier combat, à l’époque de Chaoul, se déroula alors qu’Amalek révéla qui il était. En revanche, celui qui aura lieu dans notre génération, celle de la venue du roi Machia’h, très bientôt et de nos jours, sera mené contre un Amalek caché.

7. Faisant référence au premier combat d’Amalek, au début de la première période, le verset dit: “ Il te rencontra sur le chemin ”. Le Midrach donne une autre lecture de ce verset: “ Il te refroidit sur le chemin ”. Ainsi, Amalek ne chercha pas à faire disparaître physiquement les enfants d’Israël, ce qu’à D.ieu ne plaise, mais plutôt à calmer leur ardeur.

Les enfants d’Israël s’apprêtaient à recevoir la Torah, à proclamer: “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”, à mettre en pratique toutes les Injonctions qu’ils recevraient, qu’ils en perçoivent le sens ou non. Amalek se fixa donc comme objectif d’arrêter leur élan.

Amalek ne leur demanda pas de refuser la Torah, ce qu’à D.ieu ne plaise. N’était-il pas lui-même un descendant d’Avraham et d’Its’hak? Son discours fut, en fait, le suivant:

“ Pourquoi tant d’enthousiasme? Pourquoi se passionner au point de crier ‘nous ferons et (ensuite) nous comprendrons’? Comment s’engager avant même de savoir ce qu’il faudra faire? N’êtes-vous pas des hommes sensés? Du reste, il s’agit bien, en l’occurrence, de vous donner la Torah qui est ‘votre sagesse et votre entendement aux yeux des nations’. Celui qui est doué de discernement doit savoir modérer son enthousiasme, ne pas dépasser le cadre de ses propres limites et de son intellect. Comment pouvez-vous accepter de mettre des Préceptes en pratique, que vous les compreniez ou non? ”.

Amalek était effectivement un descendant d’Avraham et d’Its’hak. Il acceptait donc le principe de l’étude de la Torah, mais non l’attitude de Yaakov, “ homme intègre, résidant dans la tente ”. Il disait:

“ Que l’on ‘réside dans la tente’ et que l’on se consacre à l’étude, soit. Mais, pourquoi être un ‘homme intègre’, ne s’interrogeant pas sur ce qu’il accepte, ni sur ce que l’on attendra de lui? Pourquoi dire ‘nous ferons et (ensuite) nous comprendrons’? ”.

Amalek ne pouvait accepter une telle attitude, car il suivait l’exemple d’Esav, un “ homme qui savait chasser ”. Ce dernier réfléchit, détermine ce qu’il peut accepter, ce qu’il est capable de mener à bien. Son analyse lui permet d’évaluer ses propres forces. Il sait ce qu’il est capable d’apprendre et de mettre en pratique. Il s’en tient donc à la règle inverse, “ nous comprendrons et nous ferons ”. C’est après avoir compris qu’il pourra déterminer si l’action est envisageable ou non.

Bien plus, poursuit Amalek, la Torah est vérité. Elle est sage et il n’est donc pas nécessaire de l’accepter avant de la mettre en pratique. Car, au final, il ne fait pas de doute qu’on en appliquera effectivement les dispositions. La logique première permet d’établir qu’il doit en être ainsi.

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