La perception de l'enfant sage - Likoutei sihot - Volume 3 - Pessa'h - Paragraphes 5-8
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Pessa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3
5. "Que dit le sage? … Après le Pessa’h, on ne mange pas après l’Afikomen".
Les commentateurs de la Haggadah s’interrogent sur la question de l’enfant sage et sur la réponse qui lui est faite. Parmi toutes les règles de Pessa’h, celles qui transcendent la raison, celles qui peuvent se concevoir, celles qui sont logiques, pourquoi ne pas lui expliquer de nombreuses lois, dans l’ordre de leur accomplissement, au cours de cette nuit? Or, on ne rapporte ici qu’un seul principe, qui est précisément le dernier, puisqu’il intervient après la consommation du sacrifice de Pessa’h, l’interdiction de manger après l’Afikomen.
De plus, comment comprendre la question de l’enfant sage? La Torah lui accorde un tel qualificatif et il devrait donc connaître les lois. Dès lors, pourquoi demande-t-il qu’on les lui enseigne?
Le Séder du soir de Pessa’h est organisé sous forme de questions et de réponses, comme le soulignent le ’Hinou’h, à la Mitsva 21, le Min’hat ’Hinou’h, la Haggadah Cheva’h Pessa’h et les responsa du Roch, principe 24. C’est la raison pour laquelle celui qui n’a pas d’enfant sera interrogé par son épouse et celui qui n’a pas d’épouse se posera lui-même les quatre questions, comme le précise le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ’Haïm, chapitre 473, paragraphe 40. On peut donc considérer que cet enfant est effectivement un sage, qu’il connaît bien toute la Torah, mais qu’il doit poser une question, conformément à l’organisation retenue pour le Séder.
Néanmoins, la Torah définit quatre catégories de questions, qui correspondent aux quatre enfants. Le sage est le plus élevé des quatre et cette élévation doit se refléter également dans la question qu’il pose. Bien plus, les écrits du Ari Zal, le Peri Ets ’Haïm, porte 21, chapitre 7 et son Sidour, disent que les quatre enfants correspondent aux quatre mondes supérieurs, Atsilout, Brya, Yetsira, Assya et, plus précisément, le sage à Atsilout, l’impie à Assya, le naïf à Brya et celui qui ne sait pas poser de question à Yetsira.
La question du sage, symbolisant Atsilout, est donc bien la plus élevée qui soit et la réponse doit elle-même être à la mesure de cette question. Or, on peut s’interroger, à ce sujet. Où voit-on apparaître l’intelligence et la profondeur dans cette question, "quels sont les Commandements… que l’Eternel notre D.ieu vous a ordonnés"? Celui qui a très peu étudié et ne possède qu’une faible connaissance de la Torah ne pourrait-il pas formuler la même interrogation? Et, quelle est la profondeur spécifique de la réponse, interdisant de manger après l’Afikomen?
De plus, la Michna, au traité Pessa’him 119b interdit de manger après l’Afikomen. Le traité Sanhédrin 6a précise que celui qui fait une erreur, à propos d’une Michna, doit revenir sur ses propos. De plus, le traité Avot, à la fin du chapitre 5, souligne qu’un enfant de dix ans étudie déjà la Michna. L’Admour Hazaken, dans ses lois de l’étude de la Torah, au chapitre 1, le rappelle également. Dès lors, quiconque a étudié la Michna sait que l’on ne mange pas après l’Afikomen.
6. Nous avons vu que l’enfant sage évoque le monde d’Atsilout, celui de la soumission qui fait abstraction de toute conscience de sa personnalité. La sagesse permet d’atteindre une telle élévation et de se soumettre, selon les critères du monde d’Atsilout. Seul celui qui parvient à ce niveau mérite le titre de sage.
La soumission totale à D.ieu, conduisant à ne plus ressentir sa propre personne, a pour effet de mettre en pratique toutes les Mitsvot de façon identique. En effet, seul un homme qui conserve la conscience de son moi fera des distinctions entre les Mitsvot, celles dont on connaît la raison, que l’on comprend et que l’on met en pratique avec plaisir, celles que l’on ne comprend pas et que l’on applique par soumission, parce que "J’ai émis un Décret, pris une Décision", comme l’expliquent le Midrach Bamidbar Rabba, au début de la Parchat ’Houkat et le Rambam, à la fin des lois du Mikwé.
On peut, en ce cas, classer les Mitsvot en trois catégories, les ’Houkim, Décrets, qui n’ont aucune justification logique, les Edout, Témoignages, que l’on peut concevoir après que la Torah les ait exposés, même si l’on n’aurait pris l’initiative de les promulguer, les Michpatim, Jugements, qui sont des évidences de l’esprit. Ainsi, nos Sages disent, au traité Erouvin 100b, que "si la Torah n’avait pas été donnée, nous aurions appris la pudeur du chat et l’interdiction du vol de la fourmi".
A l’opposé, la soumission totale, émanant de la sagesse d’Atsilout, ne peut faire aucune différence entre ce que l’on comprend et ce que l’on ne comprend pas. Car, toutes les Mitsvot doivent être mises en pratique parce que telle est la Volonté de D.ieu. Le plaisir de les accomplir est toujours identique. La Mitsva que l’on ne comprend pas du tout peut procurer la plus grande satisfaction si l’on sait qu’elle émane de la Volonté de D.ieu. C’est ainsi qu’il est dit:
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Les commentateurs de la Haggadah s’interrogent sur la question de l’enfant sage et sur la réponse qui lui est faite. Parmi toutes les règles de Pessa’h, celles qui transcendent la raison, celles qui peuvent se concevoir, celles qui sont logiques, pourquoi ne pas lui expliquer de nombreuses lois, dans l’ordre de leur accomplissement, au cours de cette nuit? Or, on ne rapporte ici qu’un seul principe, qui est précisément le dernier, puisqu’il intervient après la consommation du sacrifice de Pessa’h, l’interdiction de manger après l’Afikomen.
De plus, comment comprendre la question de l’enfant sage? La Torah lui accorde un tel qualificatif et il devrait donc connaître les lois. Dès lors, pourquoi demande-t-il qu’on les lui enseigne?
Le Séder du soir de Pessa’h est organisé sous forme de questions et de réponses, comme le soulignent le ’Hinou’h, à la Mitsva 21, le Min’hat ’Hinou’h, la Haggadah Cheva’h Pessa’h et les responsa du Roch, principe 24. C’est la raison pour laquelle celui qui n’a pas d’enfant sera interrogé par son épouse et celui qui n’a pas d’épouse se posera lui-même les quatre questions, comme le précise le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ’Haïm, chapitre 473, paragraphe 40. On peut donc considérer que cet enfant est effectivement un sage, qu’il connaît bien toute la Torah, mais qu’il doit poser une question, conformément à l’organisation retenue pour le Séder.
Néanmoins, la Torah définit quatre catégories de questions, qui correspondent aux quatre enfants. Le sage est le plus élevé des quatre et cette élévation doit se refléter également dans la question qu’il pose. Bien plus, les écrits du Ari Zal, le Peri Ets ’Haïm, porte 21, chapitre 7 et son Sidour, disent que les quatre enfants correspondent aux quatre mondes supérieurs, Atsilout, Brya, Yetsira, Assya et, plus précisément, le sage à Atsilout, l’impie à Assya, le naïf à Brya et celui qui ne sait pas poser de question à Yetsira.
La question du sage, symbolisant Atsilout, est donc bien la plus élevée qui soit et la réponse doit elle-même être à la mesure de cette question. Or, on peut s’interroger, à ce sujet. Où voit-on apparaître l’intelligence et la profondeur dans cette question, "quels sont les Commandements… que l’Eternel notre D.ieu vous a ordonnés"? Celui qui a très peu étudié et ne possède qu’une faible connaissance de la Torah ne pourrait-il pas formuler la même interrogation? Et, quelle est la profondeur spécifique de la réponse, interdisant de manger après l’Afikomen?
De plus, la Michna, au traité Pessa’him 119b interdit de manger après l’Afikomen. Le traité Sanhédrin 6a précise que celui qui fait une erreur, à propos d’une Michna, doit revenir sur ses propos. De plus, le traité Avot, à la fin du chapitre 5, souligne qu’un enfant de dix ans étudie déjà la Michna. L’Admour Hazaken, dans ses lois de l’étude de la Torah, au chapitre 1, le rappelle également. Dès lors, quiconque a étudié la Michna sait que l’on ne mange pas après l’Afikomen.
6. Nous avons vu que l’enfant sage évoque le monde d’Atsilout, celui de la soumission qui fait abstraction de toute conscience de sa personnalité. La sagesse permet d’atteindre une telle élévation et de se soumettre, selon les critères du monde d’Atsilout. Seul celui qui parvient à ce niveau mérite le titre de sage.
La soumission totale à D.ieu, conduisant à ne plus ressentir sa propre personne, a pour effet de mettre en pratique toutes les Mitsvot de façon identique. En effet, seul un homme qui conserve la conscience de son moi fera des distinctions entre les Mitsvot, celles dont on connaît la raison, que l’on comprend et que l’on met en pratique avec plaisir, celles que l’on ne comprend pas et que l’on applique par soumission, parce que "J’ai émis un Décret, pris une Décision", comme l’expliquent le Midrach Bamidbar Rabba, au début de la Parchat ’Houkat et le Rambam, à la fin des lois du Mikwé.
On peut, en ce cas, classer les Mitsvot en trois catégories, les ’Houkim, Décrets, qui n’ont aucune justification logique, les Edout, Témoignages, que l’on peut concevoir après que la Torah les ait exposés, même si l’on n’aurait pris l’initiative de les promulguer, les Michpatim, Jugements, qui sont des évidences de l’esprit. Ainsi, nos Sages disent, au traité Erouvin 100b, que "si la Torah n’avait pas été donnée, nous aurions appris la pudeur du chat et l’interdiction du vol de la fourmi".
A l’opposé, la soumission totale, émanant de la sagesse d’Atsilout, ne peut faire aucune différence entre ce que l’on comprend et ce que l’on ne comprend pas. Car, toutes les Mitsvot doivent être mises en pratique parce que telle est la Volonté de D.ieu. Le plaisir de les accomplir est toujours identique. La Mitsva que l’on ne comprend pas du tout peut procurer la plus grande satisfaction si l’on sait qu’elle émane de la Volonté de D.ieu. C’est ainsi qu’il est dit:
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