Ouverture de la mer avec ou sans boue ? - Likoutei sihot - Volume 3 - Hossafot Pessa'h - Parag 15-17
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Pessa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3
15. "Si Il avait ouvert la mer, mais ne nous l’avait pas faite traverser à pied sec, cela nous aurait suffi".
Avant Pessa’h, on m’a apporté la Haggadah Tsouf Amarim, du Rav M. H. Kleinman, publiée à Varsovie, en 5684. Celle-ci porte une approbation de mon père, datée du 12 Chevat 5681. On y trouve, à propos de ce passage, l’explication suivante. Si D.ieu ne nous avait pas fait traverser la mer "à pied sec", mais, dans la boue et la vase, "cela nous aurait suffi". La source de ce commentaire est le Abudarham.
Il nous faut comprendre pourquoi il est à ce point important que l’on ait traversé la mer "à pied sec" et non avec un peu de boue et de vase, selon l’expression du Abudarham. Bien plus, les autres qualités, mentionnées dans ce paragraphe, sont littéralement merveilleuses, la sortie d’Egypte, le passage de la mer Rouge, le don de la Torah, l’entrée en Erets Israël, la construction du Temple. Comment comparer à tout cela le fait de traverser à pied sec plutôt que dans la boue et la vase?
Nous le comprendrons d’après ce que la ’Hassidout explique, à propos du passage de la mer Rouge. Elle souligne que la mer est "le monde caché" et la terre ferme, "le monde révélé". Le passage de la mer Rouge transforma la mer en terre ferme, de sorte que le "monde caché" se révéla pleinement, au même titre que "le monde révélé".
Mais, ces deux mondes existent aussi, dans l’âme, et interviennent dans son service de D.ieu. Chacun, au moment de la prière, ressent une motivation profonde. Puis, pendant le reste de la journée, ce sentiment ne se manifeste pas aussi intensément. Il est alors voilé.
Même si la ferveur de la prière transforme le comportement de la journée et le rend positif, elle ne permettra jamais de rester, tout au long du jour, dans l’état d’esprit de la prière, lorsque la soumission à D.ieu est totale. C’est en particulier le cas lorsque l’on se prosterne, comme le souligne le chapitre 39 du Tanya. Cet aspect positif reste donc caché, tout au long du jour.
Ainsi, le passage de la mer Rouge fit la preuve que ce qui est caché peut briller à l’évidence et que l’homme peut effectivement, pendant toute la durée de la journée, conserver la soumission qui était la sienne durant la prière.
Comme l’explique le Baal Chem Tov, au début du Tsavaat Ha Ribach, commentant le verset "J’ai placé D.ieu en permanence face à moi", il est possible de faire en sorte que toutes les actions soient identiques, y compris celles qui sont permises, "en toutes tes voies, reconnais-Le", comme c’est le cas, pendant l’étude de la Torah ou la prière, dès lors que D.ieu est toujours "face à moi". Le Rambam et le Tour Choul’han Arou’h, Ora’h ’Haïm, chapitre 231, disent, à ce sujet: "Celui qui adopte une telle attitude sert son Créateur, en permanence".
16. Néanmoins, on peut obtenir le résultat qui vient d’être décrit de deux façons:
A) La soumission à D.ieu, tout au long de la journée, de manière identique à la prière, peut être uniquement dans l’action concrète. Au fond de son âme, en revanche, on conservera encore la conscience de sa propre personne. Pour autant, on ne s’en affectera pas, car la soumission acquise pendant la prière sera toujours vivace.
En pareil cas, l’ouverture de la mer et sa transformation en terre ferme n’affecte que l’action concrète. La mer n’est pas, à proprement parler, devenue terre. Au fond de son âme, on n’est pas le même, pendant la prière et durant le reste du jour.
B) La soumission de la journée peut également être totale, se marquer à la fois dans la dimension profonde et dans l’action concrète. C’est alors que l’on met pleinement en pratique le principe: "J’ai placé D.ieu en permanence face à moi".
La distance entre ces deux situations est comparable à celle qui existe entre le Beïnoni, l’homme moyen du Tanya, ou même le Juste imparfait et le Juste parfait. Les deux premiers possèdent encore du mal, mais celui-ci est recourbé et soumis au bien, du fait de sa faible importance. Ils peuvent donc penser l’avoir chassé et en être totalement délivrés. Le Juste parfait, en revanche, ne connaît pas du tout le mal, comme l’établit le Tanya, au chapitre 10.
17. Ainsi, si D.ieu avait ouvert la mer pour nous, mais ne nous l’avait pas faite traverser à pied sec, mais dans un peu de boue et de vase, cela nous aurait effectivement suffi. Nous aurions traversé la mer, même si un peu d’eau s’y trouvait encore et prenait la forme de la boue et de la vase.
En pareil cas, la mer serait effectivement devenue terre ferme, mais tout le bien n’aurait pas pu se révéler pleinement, car le mal aurait encore conservé une emprise sur un tel endroit. C’est la première façon qui vient d’être décrite, celle de l’homme moyen ou même du Juste imparfait.
Et, de fait, "cela nous aurait suffi". Car, les enfants d’Israël étaient alors embourbés dans les quarante neuf portes de l’impureté et ils devaient donc s’enfuir, comme l’explique le Tanya, au chapitre 31.
...
Avant Pessa’h, on m’a apporté la Haggadah Tsouf Amarim, du Rav M. H. Kleinman, publiée à Varsovie, en 5684. Celle-ci porte une approbation de mon père, datée du 12 Chevat 5681. On y trouve, à propos de ce passage, l’explication suivante. Si D.ieu ne nous avait pas fait traverser la mer "à pied sec", mais, dans la boue et la vase, "cela nous aurait suffi". La source de ce commentaire est le Abudarham.
Il nous faut comprendre pourquoi il est à ce point important que l’on ait traversé la mer "à pied sec" et non avec un peu de boue et de vase, selon l’expression du Abudarham. Bien plus, les autres qualités, mentionnées dans ce paragraphe, sont littéralement merveilleuses, la sortie d’Egypte, le passage de la mer Rouge, le don de la Torah, l’entrée en Erets Israël, la construction du Temple. Comment comparer à tout cela le fait de traverser à pied sec plutôt que dans la boue et la vase?
Nous le comprendrons d’après ce que la ’Hassidout explique, à propos du passage de la mer Rouge. Elle souligne que la mer est "le monde caché" et la terre ferme, "le monde révélé". Le passage de la mer Rouge transforma la mer en terre ferme, de sorte que le "monde caché" se révéla pleinement, au même titre que "le monde révélé".
Mais, ces deux mondes existent aussi, dans l’âme, et interviennent dans son service de D.ieu. Chacun, au moment de la prière, ressent une motivation profonde. Puis, pendant le reste de la journée, ce sentiment ne se manifeste pas aussi intensément. Il est alors voilé.
Même si la ferveur de la prière transforme le comportement de la journée et le rend positif, elle ne permettra jamais de rester, tout au long du jour, dans l’état d’esprit de la prière, lorsque la soumission à D.ieu est totale. C’est en particulier le cas lorsque l’on se prosterne, comme le souligne le chapitre 39 du Tanya. Cet aspect positif reste donc caché, tout au long du jour.
Ainsi, le passage de la mer Rouge fit la preuve que ce qui est caché peut briller à l’évidence et que l’homme peut effectivement, pendant toute la durée de la journée, conserver la soumission qui était la sienne durant la prière.
Comme l’explique le Baal Chem Tov, au début du Tsavaat Ha Ribach, commentant le verset "J’ai placé D.ieu en permanence face à moi", il est possible de faire en sorte que toutes les actions soient identiques, y compris celles qui sont permises, "en toutes tes voies, reconnais-Le", comme c’est le cas, pendant l’étude de la Torah ou la prière, dès lors que D.ieu est toujours "face à moi". Le Rambam et le Tour Choul’han Arou’h, Ora’h ’Haïm, chapitre 231, disent, à ce sujet: "Celui qui adopte une telle attitude sert son Créateur, en permanence".
16. Néanmoins, on peut obtenir le résultat qui vient d’être décrit de deux façons:
A) La soumission à D.ieu, tout au long de la journée, de manière identique à la prière, peut être uniquement dans l’action concrète. Au fond de son âme, en revanche, on conservera encore la conscience de sa propre personne. Pour autant, on ne s’en affectera pas, car la soumission acquise pendant la prière sera toujours vivace.
En pareil cas, l’ouverture de la mer et sa transformation en terre ferme n’affecte que l’action concrète. La mer n’est pas, à proprement parler, devenue terre. Au fond de son âme, on n’est pas le même, pendant la prière et durant le reste du jour.
B) La soumission de la journée peut également être totale, se marquer à la fois dans la dimension profonde et dans l’action concrète. C’est alors que l’on met pleinement en pratique le principe: "J’ai placé D.ieu en permanence face à moi".
La distance entre ces deux situations est comparable à celle qui existe entre le Beïnoni, l’homme moyen du Tanya, ou même le Juste imparfait et le Juste parfait. Les deux premiers possèdent encore du mal, mais celui-ci est recourbé et soumis au bien, du fait de sa faible importance. Ils peuvent donc penser l’avoir chassé et en être totalement délivrés. Le Juste parfait, en revanche, ne connaît pas du tout le mal, comme l’établit le Tanya, au chapitre 10.
17. Ainsi, si D.ieu avait ouvert la mer pour nous, mais ne nous l’avait pas faite traverser à pied sec, mais dans un peu de boue et de vase, cela nous aurait effectivement suffi. Nous aurions traversé la mer, même si un peu d’eau s’y trouvait encore et prenait la forme de la boue et de la vase.
En pareil cas, la mer serait effectivement devenue terre ferme, mais tout le bien n’aurait pas pu se révéler pleinement, car le mal aurait encore conservé une emprise sur un tel endroit. C’est la première façon qui vient d’être décrite, celle de l’homme moyen ou même du Juste imparfait.
Et, de fait, "cela nous aurait suffi". Car, les enfants d’Israël étaient alors embourbés dans les quarante neuf portes de l’impureté et ils devaient donc s’enfuir, comme l’explique le Tanya, au chapitre 31.
...