Un parapet - Likoutei sihot - Volume 2 - Balak - Paragraphes 4-6

28 juin 2023 · 9 tamouz 5783 · 12:17 · 42 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Balak Série : BalakSérie : Likoutei sihot

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4. Bilaam dit, dans sa prophétie, «je le vois du sommet des rochers et je l’observe dans les plaines». Les «rochers» font allusion aux Patriarches, alors que les «plaines» désignent les Mères d’Israël, ainsi qu’il est dit: «La voix de mon Bien Aimé bondit sur les montagnes et saute sur les plaines».
Nous avons établi, le 12 Tamouz, que Bilaam était un descendant de Lavan. Il est défini, en effet, comme «le fils de Béor» ou bien son petit-fils ou, en tout cas, son descendant. Or, il est dit aussi que «Béor, c’est Lavan».
Lavan affirmait: «Les filles sont mes filles. Les fils sont mes fils». Pour supprimer cette prétention, il fallait que l’un de ses descendants reconnaisse que «je le vois du sommet des rochers et je l’observe dans les plaines», les «rochers» étant les Patriarches et les «plaines», les Mères d’Israël.
On peut en conclure que la revendication, par Lavan, des fils et des filles de Yaakov était, d’un certain point de vue, fondée. Si ce n’était le cas, la Torah n’en aurait pas fait mention et l’intervention de Bilaam, son descendant, pour la faire disparaître, aurait été inutile.
5. Comment comprendre l’affirmation de Lavan selon laquelle «les filles sont mes filles, les fils sont mes fils» ?
L’âme s’introduit dans le corps et entre en contact avec la matière afin de lui apporter l’élévation. Néanmoins, il est dit que «celui qui se mesure à un homme perverti le devient lui-même», au moins de manière passagère, ainsi qu’il est dit: «Je t’ai abandonné pendant un court instant». Il y a bien là une chute, même si l’on en est libéré par la suite. En effet, on se trouve alors en prise directe avec la matière du monde et sa grossièreté. De ce fait, on se sépare de D.ieu.
De fait, seul un esprit de folie permet à un homme de se séparer de D.ieu, même pour un court instant. S’il n’intervenait pas et que la démarche de l’homme émanait uniquement de la rationalité du domaine de la sainteté, ou même de la rationalité tout court, la logique la plus élémentaire suffirait pour établir que le fait de se détacher de D.ieu, même pour un très court instant, n’a pas de sens. La perte qui en résulte ne pourra jamais être retrouvée. Le Tanya explique précisément cette idée, en soulignant que cet instant transcende le temps.
Bien plus, une telle attitude a également une incidence sur la suite, comme l’explique le Tanya. En effet, celui qui se sépare de D.ieu en considérant qu’il pourra, par la suite, rattraper une telle situation, prétend, en d’autres termes, que «je fais une faute et je me repentirai ensuite». Nos Sages disent qu’en pareil cas, «on ne lui donne pas les moyens d’accéder à la Techouva», de sorte qu’un effort particulier sera nécessaire de sa part, pour la réaliser.
En conséquence, dit Lavan, «les filles sont mes filles, les fils sont mes fils». Dès lors qu’un contact avec la matière est nécessaire, il faut, au moins pour un court instant, se séparer de D.ieu et, bien plus, accepter ce qui en résultera par la suite. Telle est la prétention de Lavan.
La vérité est toute autre. Celui qui réalise une action matérielle avec une intention divine, celle de bâtir pour D.ieu un Sanctuaire ici-bas, dès lors que son contact avec le monde est orienté vers cet objectif, connaîtra, même pendant ce court instant, non pas la chute, mais bien l’élévation. Bien plus, Bilaam lui-même, un descendant de Lavan, qui était borgne, put, malgré cela, affirmer que «je le vois du sommet des rochers et je l’observe dans les plaines.»
6. Ce qui vient d’être dit délivre un enseignement qui concerne le service de
D.ieu.
Certains prétendent que l’âme est descendue dans un corps physique et, y compris d’après la Torah, elle doit alors entrer en contact avec la matière. N’est-il pas une Mitsva et une obligation de subvenir aux besoins des membres de sa famille? Il faut donc se préparer à adopter une activité professionnelle, réaliser tous les préalables nécessaires pour le faire avec la plus grande efficacité.
Bien plus, la ‘Hassidout elle-même commente le verset: «L’Eternel ton D.ieu te bénira en tout ce que tu feras» et elle explique qu’un acte concret est nécessaire, que les influences astrales ne suffisent pas. Il faut donc agir, en ce monde matériel et inférieur.
Certes, on le fera dans le but de servir D.ieu, car l’opulence matérielle permet de renforcer son étude de la Torah et sa pratique des Mitsvot. Toutefois, pendant un instant au moins, l’action que l’on réalisera sera purement matérielle et identique à celle du non-Juif, ce qu’à D.ieu ne plaise.
On doit donc avoir conscience qu’une telle conception est celle de Lavan, «les filles sont mes filles, les fils sont mes fils», qui revendiquait la propriété de la matérialité juive.
Mais, en réalité, «je le vois du sommet des rochers et je l’observe dans les plaines». ...

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