La part de chacun - Likoutei sihot - Volume 2 - Pin'has - Paragraphes 1-3
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Pin'has Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 2
1. Notre Sidra raconte que, lorsque fut commise la faute de Zimri, on ne savait que faire, malgré la présence de Moché, d’Aharon et des Anciens. C’est alors qu’intervint Pin’has, le plus jeune de toute l’assemblée. En effet, le traité Erouvin 54b explique de quelle manière Moché enseignait la Torah au peuple d’Israël. Il la transmettait d’abord à Aharon, puis à Eléazar et Itamar. Il l’apprenait ensuite aux soixante dix Anciens et, enfin, à tous les enfants d’Israël, parmi lesquels figurait Pin’has. Pin’has rappela donc que “ celui qui est touché en constatant la gravité d’une faute peut punir celui qui l’a commise, en lui ôtant la vie ”. On lui répondit : “ Il appartient à celui qui a lu la lettre d’en mettre le contenu en application ”.
Il découle de ce qui vient d’être dit l’enseignement suivant.
Parfois, les Grands de la génération se taisent et ne prennent pas position. Cela ne signifie pas nécessairement que tous doivent rester passifs et se dégager de leur responsabilité en développant des explications érudites pour justifier leur inaction. Il faut savoir que celui qui a le moyen d’intervenir a le devoir de le faire. Certes, d’autres, plus grands, ne font rien. Mais, peut-être en est-il ainsi précisément pour que Pin’has accède à la prêtrise. Car, cette action doit être la sienne. Elle appartient à la mission qui lui est confiée et elle lui est indispensable pour qu’il puisse parvenir à la plénitude. Matériellement, chacun reçoit la part qui lui est propre et le traité Yoma 38b souligne que “ nul n’empiète sur la subsistance de son prochain ”. Il en est de même, et peut-être même de manière encore plus large, pour ce qui concerne le domaine spirituel. Chacun reçoit sa part spécifique de la Torah. C’est la raison pour laquelle nous disons “ donne-nous notre part de Ta Torah ”, non seulement en la comprenant, mais aussi en en développant des explications nouvelles. Le traité Mena’hot 29b raconte, en effet, comment Rabbi Akiva énonça un principe hala’hique que Moché lui-même ne connaissait pas.
Il en est de même pour la pratique des Mitsvot, qui doit être le fait de chacun, de sorte que “ nul n’empiète sur la subsistance de son prochain ”. Certes, il est dit que “ celui qui en a le mérite reçoit à la fois sa part et celle de son ami ”. Néanmoins, ceci concerne uniquement le Gan Eden, c’est-à-dire la récompense de la Mitsva. A l’opposé, la Mitsva proprement dite, qui est plus élevée que sa récompense, est attribuée à une personne bien précise.
En conséquence, lorsque l’on observe qu’une Mitsva est négligée par tous, on est en droit de penser que l’on est celui qui la met en pratique.
2. Il est dit que “ Pin’has, c’est Elyahou ”. Or, on peut s’interroger sur une telle formulation. En effet, Pin’has vécut avant Elyahou et l’on aurait donc dû dire que “ Elyahou, c’est Pin’has ”. La réponse à cette question est la suivante. Le Zohar explique qu’en fait, Elyahou vivait bien avant cela. Toutefois, il était alors un ange et non un homme, né physiquement. On peut justifier de cette façon une telle formulation.
Il en découle un enseignement pour le service de D.ieu.
Comme nous l’avons dit, il est demandé à chacun de faire abstraction de tout autre élément et de réaliser tout ce qui est possible. Mais, l’on peut s’interroger sur une telle affirmation. Où trouver la force de le faire ? La réponse à cette question est la suivante : “ Pin’has, c’est Elyahou ”. D.ieu présente à un homme une certaine réalisation et Il attend de lui qu’il fasse don de sa propre personne pour l’accomplir. Un tel homme doit donc savoir que toutes les forces lui sont accordées pour cela et peut-être même reçoit-il en lui, afin de mener à bien cette mission, une parcelle de quelqu’un qui n’est pas encore né physiquement.
3. Ce qui vient d’être dit délivre une leçon aux jeunes de notre époque. Ceux-ci ne doivent pas s’interroger sur ce que chacun est capable d’accomplir. Ils considéreront plutôt que toute réalisation qui est mise à leur portée les concerne et appartient à la mission qui leur est confiée. Ils disposent des forces nécessaires pour la mener à bien et ils doivent faire don de leur propre personne pour y parvenir.
Mon beau-père, le Rabbi, a défini ce que l’on appelle le don de sa propre personne. Il ne s’agit pas de monter sur le toit et de se jeter dans le vide, ce qu’à D.ieu ne plaise. Tout tapage et tout vacarme sont inutiles, en la matière. De fait, le verset dit que “ D.ieu ne réside pas dans le tumulte ”.
En fait, il faut faire don de soi-même dans les actes ordinaires de la vie quotidienne, savoir se boucher les oreilles et fermer les yeux chaque fois que cela est nécessaire. Il faut le faire également dans le domaine de la Torah. On ne doit pas la conduire vers soi, mais, bien au contraire, s’approcher d’elle. Si l’on a un désir sincère d’obtenir un tel résultat, on y parviendra, à n’en pas douter.
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Il découle de ce qui vient d’être dit l’enseignement suivant.
Parfois, les Grands de la génération se taisent et ne prennent pas position. Cela ne signifie pas nécessairement que tous doivent rester passifs et se dégager de leur responsabilité en développant des explications érudites pour justifier leur inaction. Il faut savoir que celui qui a le moyen d’intervenir a le devoir de le faire. Certes, d’autres, plus grands, ne font rien. Mais, peut-être en est-il ainsi précisément pour que Pin’has accède à la prêtrise. Car, cette action doit être la sienne. Elle appartient à la mission qui lui est confiée et elle lui est indispensable pour qu’il puisse parvenir à la plénitude. Matériellement, chacun reçoit la part qui lui est propre et le traité Yoma 38b souligne que “ nul n’empiète sur la subsistance de son prochain ”. Il en est de même, et peut-être même de manière encore plus large, pour ce qui concerne le domaine spirituel. Chacun reçoit sa part spécifique de la Torah. C’est la raison pour laquelle nous disons “ donne-nous notre part de Ta Torah ”, non seulement en la comprenant, mais aussi en en développant des explications nouvelles. Le traité Mena’hot 29b raconte, en effet, comment Rabbi Akiva énonça un principe hala’hique que Moché lui-même ne connaissait pas.
Il en est de même pour la pratique des Mitsvot, qui doit être le fait de chacun, de sorte que “ nul n’empiète sur la subsistance de son prochain ”. Certes, il est dit que “ celui qui en a le mérite reçoit à la fois sa part et celle de son ami ”. Néanmoins, ceci concerne uniquement le Gan Eden, c’est-à-dire la récompense de la Mitsva. A l’opposé, la Mitsva proprement dite, qui est plus élevée que sa récompense, est attribuée à une personne bien précise.
En conséquence, lorsque l’on observe qu’une Mitsva est négligée par tous, on est en droit de penser que l’on est celui qui la met en pratique.
2. Il est dit que “ Pin’has, c’est Elyahou ”. Or, on peut s’interroger sur une telle formulation. En effet, Pin’has vécut avant Elyahou et l’on aurait donc dû dire que “ Elyahou, c’est Pin’has ”. La réponse à cette question est la suivante. Le Zohar explique qu’en fait, Elyahou vivait bien avant cela. Toutefois, il était alors un ange et non un homme, né physiquement. On peut justifier de cette façon une telle formulation.
Il en découle un enseignement pour le service de D.ieu.
Comme nous l’avons dit, il est demandé à chacun de faire abstraction de tout autre élément et de réaliser tout ce qui est possible. Mais, l’on peut s’interroger sur une telle affirmation. Où trouver la force de le faire ? La réponse à cette question est la suivante : “ Pin’has, c’est Elyahou ”. D.ieu présente à un homme une certaine réalisation et Il attend de lui qu’il fasse don de sa propre personne pour l’accomplir. Un tel homme doit donc savoir que toutes les forces lui sont accordées pour cela et peut-être même reçoit-il en lui, afin de mener à bien cette mission, une parcelle de quelqu’un qui n’est pas encore né physiquement.
3. Ce qui vient d’être dit délivre une leçon aux jeunes de notre époque. Ceux-ci ne doivent pas s’interroger sur ce que chacun est capable d’accomplir. Ils considéreront plutôt que toute réalisation qui est mise à leur portée les concerne et appartient à la mission qui leur est confiée. Ils disposent des forces nécessaires pour la mener à bien et ils doivent faire don de leur propre personne pour y parvenir.
Mon beau-père, le Rabbi, a défini ce que l’on appelle le don de sa propre personne. Il ne s’agit pas de monter sur le toit et de se jeter dans le vide, ce qu’à D.ieu ne plaise. Tout tapage et tout vacarme sont inutiles, en la matière. De fait, le verset dit que “ D.ieu ne réside pas dans le tumulte ”.
En fait, il faut faire don de soi-même dans les actes ordinaires de la vie quotidienne, savoir se boucher les oreilles et fermer les yeux chaque fois que cela est nécessaire. Il faut le faire également dans le domaine de la Torah. On ne doit pas la conduire vers soi, mais, bien au contraire, s’approcher d’elle. Si l’on a un désir sincère d’obtenir un tel résultat, on y parviendra, à n’en pas douter.
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