Où commence la Haggadah ? Likoutei sihot - Volume 3 - Hossafot Pessa'h Paragraphes 1-3
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Pessa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3
1. La Haggadah proprement dite commence, selon toute apparence, par le paragraphe “ Nous étions esclaves en Egypte ”, qui fait suite aux quatre questions. C’est donc par ces mots que l’on introduit l’accomplissement de la Mitsva “ Et, tu raconteras à ton enfant ”.
Néanmoins, celui qui a compilé la Haggadah a placé le titre Maguid avant le paragraphe “ Voici le pain de la pauvreté ” et il faut en conclure que son texte commence bien là.
C’est la raison pour laquelle les explications de nos maîtres, qui la commentaient, le soir de Pessa’h, afin de mettre en pratique la Mitsva de faire le récit de la sortie d’Egypte, commencent effectivement par “ Voici le pain de la pauvreté ”.
2. De fait, on peut considérer que la Haggadah commence avec le Kiddouch. Comme le soulignent plusieurs des premiers Sages, on ne prononce pas de bénédiction, en accomplissant la Mitsva de relater la sortie d’Egypte. En effet, on s’est déjà acquitté de cette obligation, en prononçant les mots “ en souvenir de la sortie d’Egypte ”, dans le Kiddouch.
Néanmoins, l’Admour Hazaken répond à cette question d’une manière différente.
Mon beau-père, le Rabbi, raconta, lors du premier Séder de Pessa’h 5697, que son père, le Rabbi Rachab, lui demanda, lorsqu’il était enfant, pourquoi on ne dit pas une bénédiction à propos de la Mitsva du récit de la sortie d’Egypte. Il ne savait que répondre.
Le Rabbi Rachab lui dit alors que, lorsqu’il était lui-même enfant, son père, le Rabbi Maharach, lui avait posé la même question et il n’avait su que répondre. Et, le Rabbi Maharach lui avait dit que, lorsqu’il était enfant, son père, le Tséma’h Tsédek lui avait posé la même question et il n’avait su que répondre. Et, le Tséma’h Tsédek lui avait dit que, lorsqu’il était enfant, l’Admour Hazaken lui avait posé la même question et, lorsqu’il n’avait su que répondre, l’Admour Hazaken lui avait donné la réponse suivante.
Ceci peut être comparé, lui expliqua-t-il, au fait que l’on ne dise pas, en récitant la bénédiction après le repas, la bénédiction : “ Qui nous a ordonnés de dire la bénédiction après le repas ”.
Il semble que la signification de cette explication soit la suivante. La Haggadah est elle-même une parole de bénédiction. On ne peut donc pas réciter une bénédiction sur une autre bénédiction, comme c’est effectivement le cas pour la bénédiction après le repas.
L’Admour Haémtsahi cita, devant son père, l’avis du Rif, selon lequel le souvenir peut recevoir n’importe quelle forme. L’Admour Hazaken objecta que ceci s’appliquait à la nécessité de se souvenir de la sortie d’Egypte telle qu’elle est accomplie chaque jour. A l’opposé, la Mitsva du soir de Pessa’h n’est pas un simple souvenir, mais bien un récit.
Il faut en conclure que, selon l’Admour Hazaken, le Kiddouch ne fait pas partie de la Haggadah.
C’est pour cela que les explications données par nos maîtres, à propos de la Haggadah commencent par le paragraphe “ Voici le pain de la pauvreté ”, mais non par ce qui le précède.
3. Le fait que ce paragraphe soit le premier de la Haggadah permet de justifier qu’il se conclut par : “ Cette année, nous sommes ici, l’an prochain nous serons sur la terre d’Israël ; cette année, nous sommes esclaves, l’an prochain, nous serons libres ”.
Au sens simple, ce paragraphe n’est pas lié à la Haggadah et il doit donc être considéré de manière indépendante. Il fut instauré à l’époque de l’exil babylonien, du fait des pauvres, qui n’avaient pas les moyens de célébrer Pessa’h. Il aurait donc dû se conclure par “ qu’il vienne et fasse Pessa’h ”. Pourquoi y ajouter “ Cette année, nous sommes ici… ” ?
Mais, comme nous venons de le dire, ca paragraphe fut introduit comme une partie de la Haggadah et non comme une entrée en matière à ce texte. On peut donc expliquer simplement que la délivrance future a commencé avec la sortie d’Egypte, ainsi qu’il est dit : “ Comme aux jours de ta sortie d’Egypte, Je te montrerai des merveilles ”. Et, le discours ‘hassidique de 5708, introduit par ce verset, explique le sens de ce pluriel, “ aux jours ”.
Néanmoins, celui qui a compilé la Haggadah a placé le titre Maguid avant le paragraphe “ Voici le pain de la pauvreté ” et il faut en conclure que son texte commence bien là.
C’est la raison pour laquelle les explications de nos maîtres, qui la commentaient, le soir de Pessa’h, afin de mettre en pratique la Mitsva de faire le récit de la sortie d’Egypte, commencent effectivement par “ Voici le pain de la pauvreté ”.
2. De fait, on peut considérer que la Haggadah commence avec le Kiddouch. Comme le soulignent plusieurs des premiers Sages, on ne prononce pas de bénédiction, en accomplissant la Mitsva de relater la sortie d’Egypte. En effet, on s’est déjà acquitté de cette obligation, en prononçant les mots “ en souvenir de la sortie d’Egypte ”, dans le Kiddouch.
Néanmoins, l’Admour Hazaken répond à cette question d’une manière différente.
Mon beau-père, le Rabbi, raconta, lors du premier Séder de Pessa’h 5697, que son père, le Rabbi Rachab, lui demanda, lorsqu’il était enfant, pourquoi on ne dit pas une bénédiction à propos de la Mitsva du récit de la sortie d’Egypte. Il ne savait que répondre.
Le Rabbi Rachab lui dit alors que, lorsqu’il était lui-même enfant, son père, le Rabbi Maharach, lui avait posé la même question et il n’avait su que répondre. Et, le Rabbi Maharach lui avait dit que, lorsqu’il était enfant, son père, le Tséma’h Tsédek lui avait posé la même question et il n’avait su que répondre. Et, le Tséma’h Tsédek lui avait dit que, lorsqu’il était enfant, l’Admour Hazaken lui avait posé la même question et, lorsqu’il n’avait su que répondre, l’Admour Hazaken lui avait donné la réponse suivante.
Ceci peut être comparé, lui expliqua-t-il, au fait que l’on ne dise pas, en récitant la bénédiction après le repas, la bénédiction : “ Qui nous a ordonnés de dire la bénédiction après le repas ”.
Il semble que la signification de cette explication soit la suivante. La Haggadah est elle-même une parole de bénédiction. On ne peut donc pas réciter une bénédiction sur une autre bénédiction, comme c’est effectivement le cas pour la bénédiction après le repas.
L’Admour Haémtsahi cita, devant son père, l’avis du Rif, selon lequel le souvenir peut recevoir n’importe quelle forme. L’Admour Hazaken objecta que ceci s’appliquait à la nécessité de se souvenir de la sortie d’Egypte telle qu’elle est accomplie chaque jour. A l’opposé, la Mitsva du soir de Pessa’h n’est pas un simple souvenir, mais bien un récit.
Il faut en conclure que, selon l’Admour Hazaken, le Kiddouch ne fait pas partie de la Haggadah.
C’est pour cela que les explications données par nos maîtres, à propos de la Haggadah commencent par le paragraphe “ Voici le pain de la pauvreté ”, mais non par ce qui le précède.
3. Le fait que ce paragraphe soit le premier de la Haggadah permet de justifier qu’il se conclut par : “ Cette année, nous sommes ici, l’an prochain nous serons sur la terre d’Israël ; cette année, nous sommes esclaves, l’an prochain, nous serons libres ”.
Au sens simple, ce paragraphe n’est pas lié à la Haggadah et il doit donc être considéré de manière indépendante. Il fut instauré à l’époque de l’exil babylonien, du fait des pauvres, qui n’avaient pas les moyens de célébrer Pessa’h. Il aurait donc dû se conclure par “ qu’il vienne et fasse Pessa’h ”. Pourquoi y ajouter “ Cette année, nous sommes ici… ” ?
Mais, comme nous venons de le dire, ca paragraphe fut introduit comme une partie de la Haggadah et non comme une entrée en matière à ce texte. On peut donc expliquer simplement que la délivrance future a commencé avec la sortie d’Egypte, ainsi qu’il est dit : “ Comme aux jours de ta sortie d’Egypte, Je te montrerai des merveilles ”. Et, le discours ‘hassidique de 5708, introduit par ce verset, explique le sens de ce pluriel, “ aux jours ”.