Contraint par la parole - Likoutei sihot - Volume 2 - Hossafot - Pessa'h - Paragraphes 4-9
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Pessa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 2
4. «Il descendit en Egypte, contraint par la Parole».
La Haggada indique que Yaakov se rendit en Egypte pour y résider et en cite un verset pour preuve. En revanche, lorsqu’elle dit : «Il descendit en Egypte, contraint par la Parole», elle ne mentionne aucune preuve, pour confirmer cette affirmation.
Il faut en conclure qu’elle est une évidence absolue, qu’il n’est nul besoin de démontrer. Pour le comprendre, nous introduirons une notion préalable.
Pourquoi nous dire que Yaakov se rendit en Egypte «contraint par la Parole» ? A quoi bon revenir sur le passé ? Pourquoi nous raconter tout cela et qu’en déduire pour notre service de D.ieu ?
5. L’explication de tout cela est la suivante.
Lorsque l’on médite à la situation actuelle, à l’obscurité profonde dans laquelle nous vivons maintenant, on pourrait se désespérer et se demander comment la délivrance est concevable, surtout si l’on considère son immense élévation, telle que la décrit l’enseignement de la ‘Hassidout. Comment imaginer, nous trouvant dans la pénombre, que nous puissions accéder à une aussi grande élévation ?
Mais, en méditant plus attentivement à tout cela, on peut aboutir à la conclusion qu’en réalité, la question qui se pose actuellement n’est pas le moyen d’accéder à la délivrance, mais bien comment l’exil peut-il exister.
6. Il est dit que «vous êtes des fils pour l’Eternel, votre D.ieu» et le Tanya explique longuement que «le fils provient du cerveau du père».
Mais, en réalité, cette image ne décrit qu’imparfaitement notre sujet. Le fils émane, certes, du cerveau du père, mais, par la suite, il acquiert une existence indépendante. Il conserve, bien sûr, une proximité avec son père. Pour autant, il n’est pas tenu d’offrir sa vie pour lui et il doit, avant tout, sauver la sienne, ce qui démontre bien qu’il possède cette existence indépendante.
Il n’en est pas de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Les âmes juives sont, en permanence, unifiées à D.ieu et elles ne forment, avec Lui, qu’une seule et même entité.
En conséquence, lorsque les Juifs se trouvent en exil, D.ieu y est également présent, si l’on peut ainsi s’exprimer, ainsi qu’il est dit : «Ils conduisirent la Présence divine en exil avec eux».
La véritable interrogation est donc la suivante. Comment les Juifs, qui sont accompagnés par D.ieu, peuvent-ils se trouver en exil ? La simple présence des Juifs et de D.ieu ne suffit-elle pas pour que cet exil disparaisse ?
7. De fait, cette question présente deux aspects :
A) Comment envisager l’exil de D.ieu ou même celui des Juifs ?
B) L’exil est, en outre, synonyme de limitation. C’est la raison pour laquelle il est appelé Mitsraïm, l’Egypte, que l’on peut également lire Metsarim, les barrières, les obstacles. Or, D.ieu et les Juifs ne connaissent pas la limite. Comment une situation finie peut-elle intégrer en elle l’infini ?
Nos Sages disent que, même en rêve, on ne peut pas observer «un éléphant traversant le chas d’une aiguille», bien que l’un et l’autre soient limités. Néanmoins, les dimensions du chas d’une aiguille ne peuvent laisser passer celles, plus larges, d’un éléphant.
Combien plus doit-il en être ainsi pour ce qui concerne l’exil, une situation par nature limitée. D.ieu et les Juifs, qui sont infinis, ne devraient pas pouvoir s’y trouver.
De fait, la simple présence de D.ieu et des Juifs en exil aurait dû suffire pour le faire disparaître.
On sait que le campement de Senacherib, lorsqu’il entendit le chant des anges, pourtant plus bas que les âmes, perdit l’existence. Combien plus devrait-il en être ainsi lorsque les âmes juives, accompagnées par D.ieu, se trouvent en exil. Toutes les limites caractérisant cette situation auraient dû disparaître.
8. La seule réponse que l’on peut apporter à cette question est la suivante. D.ieu est Tout Puissant. Il ne connaît pas la limite et, Le concernant, on ne peut donc poser aucune question. Il suscita l’exil et Il décida d’y être Lui-même présent. Et, cet exil, bien qu’il ne puisse contenir Sa Présence, n’en conserve pas moins son existence.
Lorsque l’on médite à tout cela, on pourrait penser qu’il n’y a pas d’issue, conduisant à la délivrance. En fait, le contraire est vrai et c’est l’exil qui n’a aucune justification logique. Il existe uniquement parce que telle est la Volonté de D.ieu, afin d’obtenir un certain résultat qui, lorsqu’il sera atteint, provoquera aussitôt la délivrance.
9. Tel est donc le sens de ce passage de la Haggada, «et il descendit en Egypte, contraint par la Parole». Le départ de Yaakov en Egypte n’a aucune justification logique et il ne put intervenir que sous la contrainte, la Parole de D.ieu ne connaissant aucune limite, car Il peut tout faire.
Il est si évident que, sans cette Parole de D.ieu, l’exil ne pourrait avoir aucune existence, qu’il n’est nul besoin d’en citer une preuve.
Il en découle également un enseignement, pour la présente époque.
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La Haggada indique que Yaakov se rendit en Egypte pour y résider et en cite un verset pour preuve. En revanche, lorsqu’elle dit : «Il descendit en Egypte, contraint par la Parole», elle ne mentionne aucune preuve, pour confirmer cette affirmation.
Il faut en conclure qu’elle est une évidence absolue, qu’il n’est nul besoin de démontrer. Pour le comprendre, nous introduirons une notion préalable.
Pourquoi nous dire que Yaakov se rendit en Egypte «contraint par la Parole» ? A quoi bon revenir sur le passé ? Pourquoi nous raconter tout cela et qu’en déduire pour notre service de D.ieu ?
5. L’explication de tout cela est la suivante.
Lorsque l’on médite à la situation actuelle, à l’obscurité profonde dans laquelle nous vivons maintenant, on pourrait se désespérer et se demander comment la délivrance est concevable, surtout si l’on considère son immense élévation, telle que la décrit l’enseignement de la ‘Hassidout. Comment imaginer, nous trouvant dans la pénombre, que nous puissions accéder à une aussi grande élévation ?
Mais, en méditant plus attentivement à tout cela, on peut aboutir à la conclusion qu’en réalité, la question qui se pose actuellement n’est pas le moyen d’accéder à la délivrance, mais bien comment l’exil peut-il exister.
6. Il est dit que «vous êtes des fils pour l’Eternel, votre D.ieu» et le Tanya explique longuement que «le fils provient du cerveau du père».
Mais, en réalité, cette image ne décrit qu’imparfaitement notre sujet. Le fils émane, certes, du cerveau du père, mais, par la suite, il acquiert une existence indépendante. Il conserve, bien sûr, une proximité avec son père. Pour autant, il n’est pas tenu d’offrir sa vie pour lui et il doit, avant tout, sauver la sienne, ce qui démontre bien qu’il possède cette existence indépendante.
Il n’en est pas de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Les âmes juives sont, en permanence, unifiées à D.ieu et elles ne forment, avec Lui, qu’une seule et même entité.
En conséquence, lorsque les Juifs se trouvent en exil, D.ieu y est également présent, si l’on peut ainsi s’exprimer, ainsi qu’il est dit : «Ils conduisirent la Présence divine en exil avec eux».
La véritable interrogation est donc la suivante. Comment les Juifs, qui sont accompagnés par D.ieu, peuvent-ils se trouver en exil ? La simple présence des Juifs et de D.ieu ne suffit-elle pas pour que cet exil disparaisse ?
7. De fait, cette question présente deux aspects :
A) Comment envisager l’exil de D.ieu ou même celui des Juifs ?
B) L’exil est, en outre, synonyme de limitation. C’est la raison pour laquelle il est appelé Mitsraïm, l’Egypte, que l’on peut également lire Metsarim, les barrières, les obstacles. Or, D.ieu et les Juifs ne connaissent pas la limite. Comment une situation finie peut-elle intégrer en elle l’infini ?
Nos Sages disent que, même en rêve, on ne peut pas observer «un éléphant traversant le chas d’une aiguille», bien que l’un et l’autre soient limités. Néanmoins, les dimensions du chas d’une aiguille ne peuvent laisser passer celles, plus larges, d’un éléphant.
Combien plus doit-il en être ainsi pour ce qui concerne l’exil, une situation par nature limitée. D.ieu et les Juifs, qui sont infinis, ne devraient pas pouvoir s’y trouver.
De fait, la simple présence de D.ieu et des Juifs en exil aurait dû suffire pour le faire disparaître.
On sait que le campement de Senacherib, lorsqu’il entendit le chant des anges, pourtant plus bas que les âmes, perdit l’existence. Combien plus devrait-il en être ainsi lorsque les âmes juives, accompagnées par D.ieu, se trouvent en exil. Toutes les limites caractérisant cette situation auraient dû disparaître.
8. La seule réponse que l’on peut apporter à cette question est la suivante. D.ieu est Tout Puissant. Il ne connaît pas la limite et, Le concernant, on ne peut donc poser aucune question. Il suscita l’exil et Il décida d’y être Lui-même présent. Et, cet exil, bien qu’il ne puisse contenir Sa Présence, n’en conserve pas moins son existence.
Lorsque l’on médite à tout cela, on pourrait penser qu’il n’y a pas d’issue, conduisant à la délivrance. En fait, le contraire est vrai et c’est l’exil qui n’a aucune justification logique. Il existe uniquement parce que telle est la Volonté de D.ieu, afin d’obtenir un certain résultat qui, lorsqu’il sera atteint, provoquera aussitôt la délivrance.
9. Tel est donc le sens de ce passage de la Haggada, «et il descendit en Egypte, contraint par la Parole». Le départ de Yaakov en Egypte n’a aucune justification logique et il ne put intervenir que sous la contrainte, la Parole de D.ieu ne connaissant aucune limite, car Il peut tout faire.
Il est si évident que, sans cette Parole de D.ieu, l’exil ne pourrait avoir aucune existence, qu’il n’est nul besoin d’en citer une preuve.
Il en découle également un enseignement, pour la présente époque.
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