Lorsque l'obstacle est derrière nous - Likoutei sihot - Volume 1 - Béchalah - Paragraphes 9-14

29 janvier 2023 · 7 chevat 5783 · 8:00 · 30 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bechala'h Série : Béchala'hSérie : Likoutei sihot

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9. Lorsque les enfants d’Israël quittèrent l’Egypte et allèrent recevoir la Torah, ils menèrent deux guerres, l’une contre le Pharaon et l’autre contre Amalek.

Dans notre Sidra, la Torah relate les instructions que D.ieu leur donna pour mener à bien ces deux combats. Lorsqu’il leur fallut affronter le Pharaon, il leur fut dit que “ D.ieu combattra pour vous et vous resterez, vous-mêmes, silencieux ”. Concernant le second combat, D.ieu dit : “ Va et lutte contre Amalek ”, ce qui implique bien une guerre, au sens le plus physique.

10. Comment définir ces deux guerres ?

Le Pharaon se trouvait alors derrière les enfants d’Israël. Il ne leur barrait pas la route vers le mont Sinaï, mais il mettait en parallèle, devant eux, “ le poisson que nous mangions en Egypte ” et “ les mets gras de la Terre ” Sainte. Il soulignait que l’on aurait accès aux richesses de l’Egypte uniquement dans la mesure où l’on accepterait d’être ses esclaves. Il ne les empêchait donc pas d’aller recevoir la Torah et il leur fut dit, en conséquence, que “ D.ieu combattra pour vous et vous resterez, vous-mêmes, silencieux ”.

A l’opposé, Amalek se dressa au milieu du chemin conduisant vers le mont Sinaï. Alors, il ne s’agissait pas d’une “ terre bonne et large ”, mais bien d’un désert. C’est précisément là que la Torah fut donnée, comme le souligne le Midrach Tan’houma et Amalek voulait les empêcher de la recevoir.

Certes, il ne nous appartient pas d’intervenir physiquement, en quelque situation que ce soit et le verset précise bien que “ la voix est celle de Yaakov et les mains, celles d’Esav ”. Seul Esav attaque, de ses mains, ainsi qu’il est dit : “ Tu vivras par ton glaive ”. Néanmoins, lorsque se dressent un obstacle et une barrière, compromettant le don de la Torah, aucun autre élément ne doit être pris en compte. Par tous les moyens, de toutes les façons, on doit chercher à recevoir la Torah et à s’attacher à elle.

C’est donc pour cela, qu’il faut faire la guerre contre Amalek, au sens le plus physique, non pas afin de montrer “ ma force et la puissance de ma main ”, mais bien pour mener le combat de D.ieu. Il est dit, en effet, que “ le Nom de D.ieu et Son trône ne seront pas entiers, tant que l’on n’aura pas effacé la descendance d’Amalek ”.

11. La guerre contre Amalek avait pour objet de recevoir la Torah. Le moindre détail la concernant fut donc décidé par Moché, notre maître, celui qui “ reçut la Torah sur le mont Sinaï ”.

Moché fut à l’origine de ce combat et il dit : “ Choisis pour nous des hommes, va et lutte contre Amalek ”. La guerre commença par sa prière. Elle fut faite par “ les hommes de Moché ”, comme l’explique la ‘Hassidout qui, commentant le verset “ choisis pour nous des hommes ”, précise : “ des hommes de Moché ”. Enfin, la victoire fut obtenue par Yochoua, le serviteur de Moché.

12. La victoire des enfants d’Israël, dans le combat contre Amalek, fut surnaturelle. Car, de manière naturelle, Amalek aurait dû emporter la victoire. En effet, le Yerouchalmi précise qu’il était un sorcier. Il fit donc le choix d’hommes qui avaient toutes les raisons d’être victorieux et c’est eux qu’il envoya au combat.

Malgré cela, les enfants d’Israël l’emportèrent, car, lorsque l’on fait la guerre par la force de la Torah, lorsque les “ hommes de Moché ”, luttant contre Amalek, ont conscience d’agir non pas par “ ma force et la puissance de ma main ”, mais en tant que délégués de Moché, mus par la force de la Torah, on emporte effectivement la victoire, de manière surnaturelle.

13. La Mitsva de se souvenir d’Amalek est quotidienne. Ce qui vient d’être dit s’applique donc, de la même façon, à l’Amalek que l’on côtoie chaque jour.

Il est dit qu’Amalek chercha à tempérer l’enthousiasme de recevoir la Torah que les enfants d’Israël éprouvaient, à l’époque.

En effet, cet enthousiasme fut particulièrement intense, au point de rétroagir sur les nations du monde. Le Midrach Tan’houma emploie, à ce propos, l’image d’une baignoire pleine d’eau bouillante et souligne que l’impossibilité de s’y tremper est une évidence pour tous, quand arrive Amalek. Celui-ci, plongeant dans l’eau, relativise ainsi la perception des présents, même s’il doit, pour cela, se brûler. C’est ainsi qu’il put calmer l’ardeur des Juifs à recevoir la Torah.

Comme nous l’avons vu, nous devons avoir deux manières de réagir par rapport à ce qui décourage l’accomplissement de la Torah :
A) Il faut faire usage de tous les moyens pour lutter contre une telle situation, afin de recevoir effectivement la Torah.
B) On doit, en outre, avoir conscience que l’on n’agit pas par sa force et la puissance de sa main, mais bien par celle de Moché et de la Torah.

14. Commentant le verset “ et Yethro entendit ”, nos Sages disent : “ Qu’entendit-il, qui le fit venir ? Il eut connaissance de la guerre contre Amalek ”. Car, cette information parvint jusqu’à Midyan, où se trouvait Yethro et celui-ci dit : “ Maintenant, je sais que D.ieu est le plus grand ”.
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