Mon corps peut-il éclairer ? Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Tétsavé Paragraphes 6-13

27 février 2023 · 6 adar 5783 · 16:45 · 24 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Tetsavé Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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6. Nos Sages racontent que, lorsqu’il fallut construire les instruments du Sanctuaire et que vint le tour du Chandelier, Moché fut perplexe, ne sachant comment la façonner. D.ieu lui demanda donc de jeter un bloc d’or dans le feu et le Chandelier en sortit.

Or, on peut ici s’interroger. En quoi le Chandelier est-il différent de tous les autres instruments ? Pourquoi Moché savait-il comment les faire, alors que seul le Chandelier lui posa problème ? Bien plus, n’avait-il pas observé ce Chandelier dans le ciel, ainsi qu’il est dit : “ Comme tu l’as vu ” ? Dès lors, comment comprendre sa perplexité ? 7. Nous répondrons à ces questions en précisant, tout d’abord, le sens du Chandelier et de ses instruments, dans leur portée générale.

Au début de la Parchat Terouma, la Torah envisage la construction du Sanctuaire et de ses instruments. Un verset introduit alors cette notion, de manière globale : “ Parle aux enfants d’Israël et qu’ils prennent pour Moi un prélèvement ”.

Deux points doivent être distingués ici. Il est dit, d’une part, “ parle aux enfants d’Israël ” et, d’autre part, “ qu’ils prennent pour Moi ”. Ces deux entrées en matière étaient, l’une et l’autre, nécessaires pour bâtir le Sanctuaire.

8. L’explication de tout cela est la suivante.

Le Sanctuaire était fait d’éléments matériels, de l’or, de l’argent, du bronze et d’autre choses. Tout cela permit de bâtir un Lieu de résidence pour D.ieu.

Or, on peut s’interroger, à ce propos. Comment la matière peut-elle être un Sanctuaire pour D.ieu. Celui-ci ne doit-il pas être fait d’étude de la Torah, de prière ? Comment le construire avec des matériaux physiques ?

Cette interrogation est d’autant plus forte que l’on sait l’élévation de la Lumière céleste qui se révélait dans le Temple. Celle-ci transcendait la révélation de D.ieu dans les mondes spirituels, y compris les plus élevés. Car, ces derniers ne recèlent qu’un reflet de l’Essence divine, alors que, dans le Temple, cette Essence se dévoilait pleinement.

9. Ainsi, l’Essence de D.ieu se révélait dans le Temple. Elle était essentiellement perceptible dans le Saint des Saints. Bien plus, chacun pouvait constater, de ses propres yeux, qu’il en était ainsi en observant que l’Arche sainte, qui se trouvait là, n’y occupait aucune dimension. Seule une révélation de l’Essence divine pouvait faire qu’il en soit ainsi.

En effet, la Divinité peut apparaître à travers les lois de la nature et les objets du monde. D.ieu peut être le Créateur ou transcender la Création. Mais, il est un stade encore plus élevé de la Divinité, pour lequel toute impossibilité n’a pas de sens. De fait, plusieurs Penseurs d’Israël considèrent que l’impossibilité subsiste toujours, y compris en l’Essence de D.ieu. La Kabbala et la ‘Hassidout, en revanche, écartent totalement toute impossibilité pour la Divinité.

Or, c’est précisément ce stade qui se dévoilait dans le Saint des Saints, un lieu matériel transcendant l’espace, qui était donc l’application de ce rejet de toute impossibilité.

C’est pour cette raison que toutes les prières juives passent par le Saint des Saints, qui est “ la porte du ciel ”. Et, il est dit que “ ils prient en direction de leur terre ”. Tous les Juifs du monde, en prière, se tournent vers Erets Israël. En Terre Sainte, ils se tournent vers le Temple et, s’ils se trouvent dans le Temple, vers le Saint des saints.

La raison en est la suivante. On prie pour obtenir la satisfaction de ses besoins qui, pour la plupart, sont matériels. Ceux-ci, dans les sphères célestes, n’ont aucun sens. Dans le Saint des Saints, en revanche, lieu qui rejette toute impossibilité, le besoin le plus bas peut s’unir à la révélation la plus haute.

10. On peut s’interroger sur ce qui vient d’être dit. Comment mettre en évidence une telle sainteté en des objets matériels ? Comment ceux-ci peuvent-ils transcender les mondes supérieurs ?

Le roi Chlomo lui même s’en étonna : “ Les cieux et les cieux des cieux ne peuvent Te contenir. Comment cette maison le pourrait-elle ? ”. La ‘Hassidout souligne que “ les cieux ” et “ les cieux des cieux ” désignent des niveaux spirituels particulièrement élevés. Pour autant, ils ne sont pas des réceptacles révélant l’Essence de D.ieu ”. Dès lors, comment D.ieu peut-Il, en toute Son Essence, Se dévoiler dans “ cette maison ”, un Temple fait d’objets matériels ?

11. C’est pour introduire tout cela que le verset dit : “ A) Parle aux enfants d’Israël, B) qu’ils prennent un prélèvement pour Moi ”.

Le Tanya, citant, le Zohar, pose, à propos de ce verset, la question suivante. Pourquoi le verset dit-il Terouma, prélèvement et non Ou Terouma, et un prélèvement ? Puis, il explique, qu’en fait, cette différence n’est pas fondamentale. Les treize ou quinze éléments cités par ce verset sont, certes, matériels. Ils n’en sont pas moins consacrés, “ pour Moi ”, car l’Essence de D.ieu est à l’origine de la création de la matière, même si cela n’apparaît pas clairement.
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