L'exemple du Maharal de Prague - Likoutei sihot - Volume 2 - Hossafot Bechala'h - Paragraphes 8-17

4 février 2025 · 6 chevat 5785 · 17:35 · 41 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bechala'h Série : Béchala'hSérie : Likoutei sihot

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8. Nous sommes à l’issue du Chabbat Bechala’h, celui du Cantique de la mer et l’on connaît la causerie, à ce sujet, de mon beau-père, le Rabbi, dont nous venons de célébrer la Hilloula.

Le Rabbi, dont nous célébrons la Hilloula, raconte que le Maharal de Prague, qui est l’ancêtre de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et donc du Rabbi lui-même, instaura la coutume suivante. A l’occasion du Chabbat du Cantique de la Mer, il demandait aux professeurs, enseignant à de jeunes enfants, ou à leurs parents, de réunir ces enfants dans la cour de la grande synagogue. Les professeurs devaient alors faire le récit du passage de la mer Rouge, décrire la manière dont les oiseaux chantèrent et dansèrent, avec Moché et les enfants d’Israël, hommes et femmes, qui entonnèrent ce Cantique, dire que les petits enfants avaient cueilli des fruits sur les arbres qui avaient poussé au milieu de la mer et les avaient donnés aux oiseaux qui avaient chanté et dansé.

Le Maharal souhaitait que l’on donne du sarrasin aux enfants. Ceux-ci le distribuaient aux poules et aux oiseaux, afin de se souvenir des fruits qui avaient poussé dans la mer et que les enfants avaient donné aux oiseaux.

Enfin, le Maharal bénissait tous les enfants et il souhaitait à leurs parents de les conduire à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.

9. Comme nous l’avons maintes fois souligné, il n’est pas dans l’habitude des Juifs de raconter une histoire, si celle-ci ne délivre pas un enseignement précis. Il est dit, en effet : “ En toutes tes voies, connais-Le ”. En chaque accomplissement, il convient de mettre en évidence la Divinité, le bien et la sainteté. Un récit rapporté par un Juif doit donc procéder de la même démarche. Son contenu doit aussi être lié au bien et à la sainteté.

Ce qui est vrai pour chacun l’est, combien plus, d’un récit transmis par un chef d’Israël, un dirigeant du peuple juif. Bien plus, celui-ci rédigea cette histoire et la fit éditer. Et, l’on connaît l’affirmation du Tséma’h Tsédek, rapportée par le Rabbi lui-même, selon laquelle “ un mot prononcé oralement concerne non seulement les présents mais aussi toute la communauté, un mot écrit s’adresse au monde entier, un mot imprimé s’applique à toutes les générations ”.

En conséquence, le Rabbi ne rapporta pas ce récit, relatif au Maharal, uniquement pour montrer quel comportement adopta un homme d’envergure, il y a quatre siècles. Il voulut, de cette façon, délivrer un enseignement à toutes les générations. C’est pour cela qu’il fit imprimer ce récit, de sorte que l’on puisse le lire et l’étudier.

10. L’enseignement général qui découle de cette histoire est le suivant :

On peut être un homme important, ayant des activités d’une valeur primordiale. De fait, le Rabbi précisa, dans cette même causerie, qui était le Maharal.

Ainsi, le Ramah fut vraisemblablement, pendant un temps, le disciple du Maharal et il devint ensuite le Décisionnaire de toutes les générations. Une explication plaisante propose, en effet, une autre lecture du verset “ et les enfants d’Israël furent libérés, la main haute (Ramah) ”, qui est la suivante : “ les enfants d’Israël s’acquittent de leur obligation par l’intermédiaire du Ramah ”, lequel écrivit la Mapa, qui complète le Choul’han Arou’h.

Or, le Ramah embrassa les doigts du Maharal qui, encore jeune, avait pu écrire des livres aussi pleins de sainteté, ayant conduit des milliers de personnes à la Techouva, ayant ouvert une voie nouvelle vers l’étude de la Torah, emplie de crainte de D.ieu et vers le service divin.

A l’époque, le Rabbi ne raconta tout cela qu’en passant. Par cette précision, il voulait, avant tout, souligner que le Maharal dût délaisser les plus profonds secrets de la Torah, qu’il rédigeait dans ses livres, pour instaurer une coutume nouvelle, engager les enfants juifs à l’adopter, leur en expliquer la raison, leur dire que, plusieurs milliers d’années après le passage de la mer Rouge, ils pouvaient éprouver la même joie et le même enthousiasme qu’à l’époque.

Bien plus, le Maharal ne se contenta pas de tout cela. Il souhaita, à l’issue de toute cette célébration, bénir les enfants.

Que tirer de tout cela ? Certes, il existe d’autres préoccupations, en apparence plus élevées et plus importantes. Mais, la finalité ultime est bien l’accomplissement du Précepte “ tu enseigneras à tes enfants ”, au sens le plus littéral. De ce point de vue, les élèves sont également des enfants, comme le dit le Sifri.

Que doit-on enseigner à ces enfants ? Non seulement les principes fondamentaux de la Torah et des Mitsvot, ce qui est clairement précisé par la Loi Ecrite et la Loi Orale, mais aussi une simple coutume, liée à un petit oiseau, non pas à un autre Juif, mais bien à un animal. Plus encore, il doit en être ainsi pendant le Chabbat, jour entièrement lié à la Sainteté. Il faut alors donner à un enfant les moyens de distribuer du sarrasin aux oiseaux, d’éprouver de l’enthousiasme pour cette pratique.
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