Comment disperser ses pas - Likoutei sihot - Volume 2 - Chavouot Paragraphes 21-25
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Chavouot Série : ChavouotSérie : Likoutei sihot
21. Il est dit que “ si tu as dispersé tes pas vers le pauvre et vers la Mitsva, s’accompliront en toi les termes du verset ‘Sois béni à ton arrivée et sois béni à ton départ’. ”
Nous pouvons nous interroger sur la formulation de cet enseignement de nos Sages :
A) Se diriger vers le pauvre signifie lui donner de la Tsédaka. Dès lors, pourquoi dire “ vers le pauvre et vers la Mitsva ” ? La Tsédaka n’est-elle pas également une Mitsva ? Bien plus, le Yerouchalmi ne l’appelle-t-il la Mitsva, par excellence ?
On peut trouver ici une allusion au fait que la Tsédaka est représentative de l’ensemble des Mitsvot. Néanmoins, le Talmud établit clairement qu’il en est ainsi. Pourquoi le préciser, en outre, ici, au moyen d’une allusion ?
B) S’agissant des pas, on pourrait employer le verbe marcher ou courir. En revanche, que signifie ici disperser ?
22. De façon générale, on distingue trois parties dans le corps de l’homme, la tête, le corps proprement dit et les jambes. Plus précisément, celui-ci est constitué de deux cent quarante huit membres.
Or, il en est de même pour les Mitsvot, puisque l’on compte également deux cent quarante huit Injonctions.
Le Séfer ‘Harédim précise la répartition des Mitsvot en fonction des différents membres du corps. De façon générale, il en détermine trois catégories. Les Préceptes liés à la compréhension, comme, par exemple, la conscience de la grandeur de D.ieu ou l’étude de la Torah correspondent à la tête. Les Mitsvot qui concernent le sentiment du cœur, comme l’amour et la crainte de D.ieu, l’amour de son prochain, sont le corps. Enfin, les Commandements qui affectent l’action concrète s’expriment, avant tout, par la soumission et sont donc l’équivalent des jambes.
L’intellect et les sentiments sont limités. La soumission qui découle de ce que l’on comprend ou de ce que l’on ressent l’est également. De fait, de telles perceptions n’ont qu’un effet restreint. Seule la soumission faisant abstraction de toute autre considération permet réellement de dépasser toutes les contingences.
C’est donc de cette façon qu’il faut interpréter l’expression “ tu as dispersé tes pas ”, mouvement qui évoque le rejet des limites et qui est possible précisément par les pieds et par sa qualité spécifique, la soumission, sans relation avec le cerveau et le cœur.
Lorsque la jambe se lie au cerveau et au cœur, elle peut marcher ou, tout au plus, courir. Lorsqu’elle n’agit que par ses forces propres, en revanche, elle “ se disperse ” et s’élève au dessus de toutes les limites.
23. Comment un homme, doué de discernement, peut-il se résoudre à mettre de côté son intellect et ses sentiments, afin de “ disperser ses pas ” ?
Il doit, pour y parvenir, orienter ce mouvement “ vers le pauvre ”, méditer à sa propre situation. Ainsi, on prendra conscience que l’on est soi-même un pauvre, au moins par l’esprit. Il n’y a donc pas lieu de s’en remettre à sa compréhension, pas plus qu’au sentiment de son cœur. On doit disperser ses pas vers les Mitsvot, en général et vers la Mitsva par excellence, en particulier, celle de la Tsédaka.
On courra donc, de toute la force de ses jambes, sans faire aucun calcul, afin d’offrir à son prochain une Tsédaka matérielle ou spirituelle.
24. La rétribution d’un tel comportement est la suivante : “ Sois béni à ton arrivée et sois béni à ton départ ”. L’expression “ à ton arrivée ” fait allusion à la force céleste que l’on reçoit avant d’investir son propre effort et afin d’y parvenir, alors que “ à ton départ ” désigne celle que l’on obtient après l’effort.
Dans un cas comme dans l’autre, on est “ béni ” et la révélation céleste est infiniment plus élevée que l’effort de l’homme. Lorsque celui-ci l’introduit effectivement et “ se disperse ”, au delà de toute limite, il obtient beaucoup plus que ce qu’il a lui-même accompli. En effet, la Présence de D.ieu se révèle chaque fois que la réalisation de l’homme est intègre.
25. L’explication de nos Sages qui vient d’être citée ne doit pas être départie de son sens simple. Tous ceux qui ont mis en pratique, de manière effective, l’Injonction “ tu as dispersé tes pas ” et ont marché, pendant plusieurs heures, pour apporter la joie de la fête à d’autres Juifs, auraient pu, au lieu de cela, connaître le calme et se consacrer à leurs propres préoccupations. Malgré cela, ils n’ont pas ménagé leur effort afin d’insuffler de la spiritualité aux “ pauvres ”.
En eux s’accompliront donc les termes de la promesse “ sois béni à ton arrivée, sois béni à ton départ ”, chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année. Que soit béni leur effort personnel. Que D.ieu leur accorde la force nécessaire à mettre en pratique la mission qui leur est confiée, en tout endroit où ils se rendent. Que leurs efforts soient fructueux, ainsi qu’il est dit : “ Tu percevras le monde futur de ton vivant ”.
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Nous pouvons nous interroger sur la formulation de cet enseignement de nos Sages :
A) Se diriger vers le pauvre signifie lui donner de la Tsédaka. Dès lors, pourquoi dire “ vers le pauvre et vers la Mitsva ” ? La Tsédaka n’est-elle pas également une Mitsva ? Bien plus, le Yerouchalmi ne l’appelle-t-il la Mitsva, par excellence ?
On peut trouver ici une allusion au fait que la Tsédaka est représentative de l’ensemble des Mitsvot. Néanmoins, le Talmud établit clairement qu’il en est ainsi. Pourquoi le préciser, en outre, ici, au moyen d’une allusion ?
B) S’agissant des pas, on pourrait employer le verbe marcher ou courir. En revanche, que signifie ici disperser ?
22. De façon générale, on distingue trois parties dans le corps de l’homme, la tête, le corps proprement dit et les jambes. Plus précisément, celui-ci est constitué de deux cent quarante huit membres.
Or, il en est de même pour les Mitsvot, puisque l’on compte également deux cent quarante huit Injonctions.
Le Séfer ‘Harédim précise la répartition des Mitsvot en fonction des différents membres du corps. De façon générale, il en détermine trois catégories. Les Préceptes liés à la compréhension, comme, par exemple, la conscience de la grandeur de D.ieu ou l’étude de la Torah correspondent à la tête. Les Mitsvot qui concernent le sentiment du cœur, comme l’amour et la crainte de D.ieu, l’amour de son prochain, sont le corps. Enfin, les Commandements qui affectent l’action concrète s’expriment, avant tout, par la soumission et sont donc l’équivalent des jambes.
L’intellect et les sentiments sont limités. La soumission qui découle de ce que l’on comprend ou de ce que l’on ressent l’est également. De fait, de telles perceptions n’ont qu’un effet restreint. Seule la soumission faisant abstraction de toute autre considération permet réellement de dépasser toutes les contingences.
C’est donc de cette façon qu’il faut interpréter l’expression “ tu as dispersé tes pas ”, mouvement qui évoque le rejet des limites et qui est possible précisément par les pieds et par sa qualité spécifique, la soumission, sans relation avec le cerveau et le cœur.
Lorsque la jambe se lie au cerveau et au cœur, elle peut marcher ou, tout au plus, courir. Lorsqu’elle n’agit que par ses forces propres, en revanche, elle “ se disperse ” et s’élève au dessus de toutes les limites.
23. Comment un homme, doué de discernement, peut-il se résoudre à mettre de côté son intellect et ses sentiments, afin de “ disperser ses pas ” ?
Il doit, pour y parvenir, orienter ce mouvement “ vers le pauvre ”, méditer à sa propre situation. Ainsi, on prendra conscience que l’on est soi-même un pauvre, au moins par l’esprit. Il n’y a donc pas lieu de s’en remettre à sa compréhension, pas plus qu’au sentiment de son cœur. On doit disperser ses pas vers les Mitsvot, en général et vers la Mitsva par excellence, en particulier, celle de la Tsédaka.
On courra donc, de toute la force de ses jambes, sans faire aucun calcul, afin d’offrir à son prochain une Tsédaka matérielle ou spirituelle.
24. La rétribution d’un tel comportement est la suivante : “ Sois béni à ton arrivée et sois béni à ton départ ”. L’expression “ à ton arrivée ” fait allusion à la force céleste que l’on reçoit avant d’investir son propre effort et afin d’y parvenir, alors que “ à ton départ ” désigne celle que l’on obtient après l’effort.
Dans un cas comme dans l’autre, on est “ béni ” et la révélation céleste est infiniment plus élevée que l’effort de l’homme. Lorsque celui-ci l’introduit effectivement et “ se disperse ”, au delà de toute limite, il obtient beaucoup plus que ce qu’il a lui-même accompli. En effet, la Présence de D.ieu se révèle chaque fois que la réalisation de l’homme est intègre.
25. L’explication de nos Sages qui vient d’être citée ne doit pas être départie de son sens simple. Tous ceux qui ont mis en pratique, de manière effective, l’Injonction “ tu as dispersé tes pas ” et ont marché, pendant plusieurs heures, pour apporter la joie de la fête à d’autres Juifs, auraient pu, au lieu de cela, connaître le calme et se consacrer à leurs propres préoccupations. Malgré cela, ils n’ont pas ménagé leur effort afin d’insuffler de la spiritualité aux “ pauvres ”.
En eux s’accompliront donc les termes de la promesse “ sois béni à ton arrivée, sois béni à ton départ ”, chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année. Que soit béni leur effort personnel. Que D.ieu leur accorde la force nécessaire à mettre en pratique la mission qui leur est confiée, en tout endroit où ils se rendent. Que leurs efforts soient fructueux, ainsi qu’il est dit : “ Tu percevras le monde futur de ton vivant ”.
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