Deux chacun - Likoutei sihot - Volume 2 - Nitsavim - Paragraphes 5-9

3 septembre 2023 · 17 éloul 5783 · 21:04 · 31 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Nitsavim Elloul Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 2

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5. De façon générale, on rapproche le mois d’Elloul du verset “ Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi ”, dont les initiales des mots forment le nom. Néanmoins, plusieurs autres versets, constituant également le nom d’Elloul, précisant en quoi consiste l’affirmation selon laquelle “ Je suis à mon Bien Aimé ”. De façon générale, on en cite trois, qui correspondent à la Torah, à la prière et aux bonnes actions:

A) “ D.ieu le fit survenir par sa main et Je te fixerai un lieu où il pourra se réfugier ” fait allusion à la Torah qui permet de se protéger.

B) “ Des envois de mets, chacun à son ami et des dons aux pauvres ” décrit les bonnes actions et la Tsédaka.

C) “ Et, l’Eternel ton D.ieu circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance ” correspond au service de D.ieu, en particulier à la prière et à la Techouva. Ce verset se termine par “ afin d’aimer l’Eternel ton D.ieu ” et le Kountrass Ha Avoda explique que la finalité de la prière est l’amour de D.ieu, plus que Sa crainte.

Nous avons déjà montré, au préalable, à quoi correspondent la Torah et la prière. On peut, en revanche, s’interroger sur la Tsédaka, qui n’apparaît pas dans le verset cité à son propos, puisque celui-ci traite des mets adressés à ses amis, au jour de Pourim. Bien plus, les mots Michloa’h Manot, envoi de mets, ne font pas partie des lettres formant le nom d’Elloul. Seuls les mots suivants le constituent.

Par ailleurs, le terme utilisé, dans ce même verset, pour désigner les pauvres à qui l’on donne des dons à Pourim est Evyon et non le mot courant, Ani. Le Ani est celui qui n’est pas riche, qui ne possède même pas les biens d’un homme du commun. Pour autant, il n’est pas dénué de tout. Un Evyon, en revanche, a besoin de tout, même de ce qui est insignifiant, car il ne possède absolument rien, comme le souligne Rachi.

On peut aussi interpréter son désir de tout avoir à l’autre extrême et constater qu’il désire obtenir ce qui est précieux, y compris un cheval pour se déplacer, car il a eu, auparavant, l’habitude d’en disposer. Il en éprouve donc le besoin et, s’il n’en a pas, il ne peut pas mener à bien la mission qui lui est confiée ici-bas. Il faut donc le mettre à sa disposition.

On peut se dire que l’on est soi-même un riche et, lorsque l’on donne un objet, de valeur ou non, on offre ce que l’on possède personnellement. C’est la raison pour laquelle le verset, avant de parler des dons aux pauvres, précise d’abord: “ Chacun à son ami ”. Il faut donc considérer le prochain, à qui l’on donne ce don, comme un ami, se trouvant dans une situation identique à la sienne propre. Nul n’a besoin de l’autre, car personne ne donne ce qui lui appartient personnellement. Il ne fait que transmettre ce que l’on a placé en dépôt chez lui.

A l’époque de l’Admour Hazaken, les premiers ‘Hassidim avaient coutume de dire: “ Le morceau de pain que je possède est à toi comme à moi ”. Et, ils disaient d’abord “ à toi ”, puis, seulement ensuite, “ à moi ”. Nos Sages disent que “ le pauvre apporte au riche plus que le riche, au pauvre ” et ils expliquent: “ Tu as fait revivre l’âme du pauvre. Demain, si ton fils ou ta fille sont en difficulté, Je les sauverai ”.

6. Un homme est constitué d’un corps et d’une âme. La Tsédaka existe donc également, dans sa dimension morale.

Chacun, y compris le pauvre, est tenu de donner de la Tsédaka matérielle. Or, il en est de même pour celle qui est morale. Celle-ci doit être offerte, de la même manière, par celui qui est spirituellement pauvre. En effet, chaque Juif peut donner. Le fait de rencontrer une personne est le signe qu’on doit l’aider, lui donner. Car, tout est effet de la divine Providence et “ le Saint béni soit-Il ne fit rien d’inutile ”. Il est donc nécessairement possible d’apporter à son prochain.

Matériellement, donner à l’autre est, en fait, le moyen de se rendre service à soi-même. Et, il en est de même pour la dimension spirituelle. C’est en donnant à l’autre que l’on peut recevoir de lui, car la perfection véritable se révèle précisément quand la tête et le pied s’unissent.

7. Le Tséma’h Tsédek décrivit, une fois, l’importance de la Tsédaka. Il montra à quel point il était essentiel d’aider son prochain à gagner sa vie. Il expliqua comment l’on pouvait, en agissant ainsi, développer son cerveau et son cœur afin de recevoir une élévation divine. Et, il raconta à son fils, le Rabbi Maharach, un fait qu’il vécut personnellement:

“ Une fois, alors que je me rendais de Dobromysl à Loubavitch, heureux des marques d’affection profonde que me témoignait mon grand-père, l’Admour Hazaken, j’espérais, dès mon retour, avoir une vision de son lumineux visage. Il avait alors quitté ce monde depuis de nombreuses années. De plus, je me posais alors quelques questions, portant sur la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. J’essayais donc de mettre de l’ordre dans mes pensées. ...

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