Lorsque D ieu nous prête "de l'argent" - Likoutei sihot - Volume 1 - Michpatim Paragraphes 9-14

12 février 2023 · 21 chevat 5783 · 14:42 · 29 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Michpatim Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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9. Il est dit, dans notre Sidra : “ Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de Mon peuple ”.

Bien que ce verset commence par “ si ”, nos Sages soulignent qu’un tel acte n’est pas laissé au libre choix de l’homme. Il est une Mitsva et une obligation.

Commentant le verset “ Il dit Ses Paroles à Yaakov, Ses Décrets et Ses Jugements à Israël ”, nos Sages disent que D.ieu met Lui-même en pratique ce qu’Il attend des Juifs. Il s’agit donc bien de “ Ses ” Décrets et de “ Ses ” Jugements, qu’Il respecte également.

Il en découle que D.ieu applique aussi les termes du verset : “ Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de Mon peuple ”.

10. On peut définir un prêt de la manière suivante.

On donne à quelqu’un de l’argent qu’il n’a pas gagné, sans qu’il n’apporte rien en échange. Pour autant, il ne s’agit pas d’un cadeau et, par la suite, il devra restituer cette somme.

De même, D.ieu accorde à chaque Juif des connaissances et des forces. Il demande, en échange, que celles-ci soient utilisées pour assumer la mission que l’on se voit confié ici-bas, investies pour l’accomplissement des Décrets et des Jugements.

11. Plus précisément, il est deux manières de donner une chose qui devra, par la suite, être restituée. Il peut s’agir d’un dépôt ou d’un prêt. La différence entre ces deux modalités est la suivante.

Celui qui reçoit un dépôt doit rendre, en l’état, l’objet qui lui a été confié, car celui-ci ne devient à aucun moment sa propriété. Le prêt, en revanche, est accordé pour être dépensé. Il est donc un montant confié à celui qui le reçoit, lequel peut en faire ce que bon lui semble.

La force accordée par D.ieu, ainsi qu’il est dit : “ Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de Mon peuple ”, est définie comme un prêt, car les Juifs doivent en faire usage pour mettre en pratique la mission qui leur est confiée, même si celle-ci est très modeste.

12. Il en découle le point suivant, en particulier pour ce qui concerne l’étude de la ‘Hassidout.

Certains pensent qu’avant d’entreprendre une telle étude, il faut, au préalable, respecter, avec le plus grand scrupule, la moindre disposition de nos Sages, accomplir toutes les Mitsvot de la meilleure façon. Ils considèrent, en conséquence, qu’ils ne peuvent se consacrer à l’étude de la ‘Hassidout, prier avec ferveur, conformément à ses enseignements ou, de façon générale, rechercher l’élévation, tant qu’ils ne sont pas parvenus à un tel niveau ou, a fortiori, s’ils savent qu’il peut parfois leur arriver d’accomplir une Mitsva d’une façon qui n’est pas la meilleure ou encore d’écarter une disposition de nos Sages, plus encore, une pratique instaurée par eux ou même une Mitsva de la Torah, Injonction ou Interdiction.

Il faut répondre à de telles personnes qu’un prêt est accordé pour être dépensé, quelle que soit la grandeur de la ‘Hassidout, que l’Admour Hazaken compare au joyau le plus précieux de la couronne du Roi, sans laquelle elle perd toute sa valeur. Malgré cela, chaque Juif est autorisé à faire usage de cette couronne, pour tout ce qui le concerne.

Nul n’a le droit d’annuler, fut-ce même un seul jour, son étude de la ‘Hassidout, aussi peu enviable que puisse être sa situation, par ailleurs. Au jour même qu’un Juif transgresse une Mitsva de la Torah, ce qu’à D.ieu ne plaise, qu’il s’agisse d’une Injonction ou d’une Interdiction, il doit, malgré cela, étudier la ‘Hassidout, non seulement un texte invitant au service de D.ieu, mais aussi celui qui traite des notions les plus profondes, permettant de percevoir la Divinité, même lorsque celles-ci sont si abstraites qu’il éprouve des difficultés à en appliquer les termes à sa propre personne.

13. D.ieu accorde donc des forces pour que l’on puisse consentir un tel prêt. Pourquoi cela ? Le verset l’explique. Celui-ci est, en effet, accordé à “ quelqu’un de Mon peuple ”.

Nos Sages expliquent : “ Mon peuple a la préséance sur une autre nation ”. S’ils donnent une telle précision, c’est bien que l’on pourrait penser qu’il en soit autrement. La conclusion reste, néanmoins, que “ Mon peuple a la préséance ”.

Il faut en déduire que cette force émane d’une source qui transcende l’action des créatures, dans laquelle “ le Maître est seul, Source de toutes les sources ”, duquel il est dit : “ Je ne sais ce que Je désire ” de l’action des Justes ou de celle des impies. Et, il est nécessaire de préciser qu’il en est bien ainsi, car il n’y a là aucune évidence. En fait, “ Mon peuple a la préséance ” uniquement du fait de l’élection d’Israël, émanant de l’Essence de D.ieu.

C’est à ce propos qu’il est dit : “ Esav est le frère de Yaakov, Parole de l’Eternel. Pourtant, J’aime Yaakov et Je hais Esav ”, car, à ce stade, les agissements des hommes n’ont aucune incidence, de sorte qu’aucune différence ne peut être faite entre Esav et Yaakov. Malgré cela, l’élection d’Israël, voulue par D.ieu, en Son Essence, fait que “ J’aime Yaakov ”.
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