Réparer le sommeil - Likoutei Sihot - Volume 4 - Chavouot - Paragraphes 1-5

9 juin 2024 · 3 sivan 5784 · 21:32 · 67 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Chavouot Série : ChavouotSérie : Likoutei sihot

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1. Le Midrach Chir Hachirim, chapitre 1, paragraphe 12, rapporte que les enfants d’Israël dormirent pendant toute la nuit qui précéda le don de la Torah, “ car le sommeil de Chavouot est agréable et la nuit est courte ”. Les moustiques ne vinrent pas les importuner et, au matin, quand D.ieu se révéla pour leur donner la Torah, Il les trouva endormis et Il dut les réveiller.

C’est pour cette raison que le verset (Ichaya 50, 2) dit : “ Pourquoi, lorsque Je suis venu, n’y avait-il personne ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu de réponse, lorsque J’ai appelé ? ”. Et, c’est pour cela qu’à Chavouot, nous veillons toute la nuit et nous étudions la Torah. Nous réparons ainsi le sommeil des enfants d’Israël, durant la nuit qui précéda le don de la Torah, comme le précise le Maguen Avraham, au début du chapitre 494.

Chaque récit de la Torah délivre un enseignement pour notre service de D.ieu. Combien plus en est-il ainsi, lorsque celui-ci rapporte une attitude peu favorable, de la part des enfants d’Israël. En effet, le traité Baba Kama 123a précise que la Torah évite de “ dire du mal d’un animal impur ”. D’un tel récit découle donc, à n’en pas douter, une importante leçon, justifiant qu’il nous ait été transmis.

L’enseignement que l’on peut tirer de ce récit semble, en l’occurrence, très simple. Il convient de réparer ce qui s’est passé en veillant, pendant la nuit de Chavouot et également pendant toutes les autres nuits de l’année. Néanmoins, pour ne retenir que cette idée, il eut été suffisant de relater les grandes lignes de ce qui se déroula alors, de dire simplement que les enfants d’Israël ont dormi. En l’occurrence, néanmoins, la Torah rapporte des détails précis. Elle souligne que le sommeil est agréable, que la nuit est courte, que les moustiques ne piquèrent personne. On peut en conclure qu’une leçon découle également, pour nous, de ces précisions, s’ajoutant à la nécessité de veiller à Chavouot.

2. Comme le disent le Chiboleï Ha Léket, le Séder Atséret et le Ran, commentant le traité Pessa’him, les enfants d’Israël, quand ils apprirent qu’ils recevraient la Torah cinquante jours après leur sortie d’Egypte, furent animés d’un fort désir d’en avoir connaissance au plus tôt. Ils comptèrent donc les jours qui les séparaient encore du don de la Torah et cette pratique fut à l’origine du compte de l’Omer.

Ainsi, sept semaines auparavant, ils attendaient déjà le don de la Torah avec impatience. On peut en déduire à quel point leur volonté de l’obtenir était forte, lorsqu’ils s’approchèrent du temps de sa révélation. Dès lors, comment purent-ils aller dormir, dans la nuit qui précéda le don de la Torah ?

Bien plus, ils comptèrent quarante neuf jours afin de se préparer au don de la Torah. Pendant cette période, ils affinèrent leur personnalité pour se préparer à la recevoir. Chaque jour, ils révélaient l’une des quarante neuf portes de la compréhension. Puis, lorsqu’ils reçurent toutes ces quarante neuf portes à la fois, parvenant ainsi à la limite de ce que l’effort des hommes pouvait révéler, D.ieu, lors du don de la Torah, leur accorda la cinquantième porte.

En conséquence, si, dès leur sortie d’Egypte, alors qu’ils venaient tout juste de quitter les quarante neuf portes de l’impureté, les enfants d’Israël étaient déjà animés de la soif de recevoir la Torah, on peut imaginer ce qu’était cette soif, après qu’ils aient accédé aux quarante neuf portes de la compréhension et connu l’élévation pendant quarante neuf jours. Bien plus, ils possédaient alors déjà la cinquantième porte, puisque la Torah fut donnée au cinquante et unième jour. Ils étaient donc prêts à recevoir la Torah et, animés d’une telle soif, ils partirent dormir !

On doit déduire de tout cela qu’ils n’allèrent pas dormir parce qu’ils ne pensaient plus au don de la Torah, ce qu’à D.ieu ne plaise. Bien au contraire, le sommeil fut, pour eux, l’un des moyens de se préparer à ce moment.

De fait, c’est pour cette même raison que les moustiques ne les importunèrent pas. En effet, s’ils étaient allés dormir par oubli de la Torah, ce qu’à D.ieu ne plaise, un tel miracle n’aurait pas eu lieu et D.ieu n’aurait pas fait que les moustiques ne troublent pas leur sommeil. Il faut en conclure que le fait d’aller dormir fut effectivement une préparation au don de la Torah.

3. L’explication est la suivante. L’Admour Hazaken explique, au chapitre 37 du Tanya, que la perception du Divin, l’attachement à D.ieu, de la part d’une âme se trouvant dans un corps, ne sont nullement comparables à ce qu’ils sont là-haut, avant que l’âme ne s’introduise dans ce corps. En effet, ce dernier ne peut supporter un dévoilement aussi intense.

Pendant le sommeil, l’âme quitte le corps et retourne là-haut, comme le dit le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 14, paragraphe 9. Le corps en conserve uniquement “ une petite mesure de vitalité ”, selon l’expression du Zohar, tome 1, page 83a.
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