L'amour d'un simple juif - Likoutei sihot - Volume 2 - Bamidbar - Paragraphes 14-19

16 mai 2023 · 25 iyar 5783 · 12:12 · 41 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bamidbar Série : BamidbarSérie : Likoutei sihot

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14. Pourquoi l’unit14. Pourquoi l’unité du peuple juif est-elle le préalable indispensable au don de la Torah? Nous le déduirons de l’explication justifiant la présence des six cent mille âmes juives, lorsqu’elle fut donnée. Toutes étaient alors identiques et aucune distinction ne pouvait être faite entre elles.

De fait, un Juif se distingue d’un autre uniquement par les forces spécifiques à sa personnalité. L’essence de l’âme, en revanche, est la même pour tous.

Lors du don de la Torah, D.ieu lia Son Essence à celle de chaque Juif, si l’on peut ainsi s’exprimer. De ce fait, “ toutes les âmes sont identiques et ont un même Père ”, selon les termes du Tanya. Les six cent mille Juifs étaient donc tous égaux.

C’est précisément pour cela que l’amour du prochain permet de se préparer à recevoir la Torah. Ce sentiment met en éveil l’essence de l’âme, comme nous le montrerons.

15. Mon beau-père, le Rabbi, rapporta une explication du Baal Chem Tov, soulignant que l’amour du prochain doit s’exprimer également envers les personnes les plus simples.

Le traité Bera’hot 6a enseigne: “ Qu’est-il écrit dans les Tefilin du Maître du monde? Qui est comme Ton peuple, Israël, nation unique sur la terre ”. Ainsi, les Juifs sont les Tefilin de D.ieu. Or, on distingue les Tefilin du bras de ceux de la tête. L’un et l’autre sont une Mitsva, pour laquelle on récite une bénédiction en l’accomplissant, une seule selon un avis, deux selon un autre. Et, l’on met les Tefilin du bras avant ceux de la tête.

Il en est donc de même pour les Tefilin du Maître du monde. Les Tefilin du bras symbolisent les simples Juifs, qui se distinguent par leurs bonnes actions et respectent les Mitsvot. Les Tefilin de la tête sont les érudits, possédant de profondes connaissances de la Torah. Or, les premiers passent avant les seconds.

Chez de nombreuses personnes, la Torah a mis en éveil un amour pour les simples Juifs, les hommes de bonnes actions, qui surpassent les érudits de la Torah. Différents textes, en effet, établissent que l’Essence de D.ieu se révèle pleinement en de telles personnes.

16. Le Juste, Rabbi Zoussya d’Anipoly, confia à l’Admour Hazaken ce que lui avait rapporté son frère, Rabbi Eliméle’h de Lizinsk. Il lui dit que les disciples du Maguid de Mézéritch s’organisaient, par groupes, afin de servir leur maître. Rabbi Eliméle’h raconta:

“ Une fois, c’était au tour de mon groupe d’assurer le service. Alors, le Maguid m’appela et me dit: ‘Méle’h, entends-tu ce que l’on explique dans la maison d’étude céleste? On enseigne que l’amour du prochain s’applique, de manière strictement identique, envers un impie perfide et envers un Juste parfait’. ”

Cet enseignement du Maguid précise celui du Baal Chem Tov, qui faisait référence uniquement aux personnes simples. En l’occurrence, il s’agit bien des impies. Or, il convient de les aimer, au même titre que les Justes parfaits.

17. L’Admour Hazaken dit qu’il faut aimer le plus grand comme le plus petit, avec la plus profonde fraternité, avec un sentiment qui émane de l’essence de son être. Tel est le sens du Précepte “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, véritablement comme toi-même. L’amour que l’on éprouve pour sa propre personne est un sentiment naturel, qui n’a besoin d’aucune justification logique. C’est pour cela qu’il peut occulter toutes les fautes.

Parfois, un homme est conscient de mal agir, parce que ce fait est incontestable, parce qu’il ne serait pas réaliste de prétendre le contraire. Malgré cela, il parviendra à cacher ces fautes, grâce à son amour propre, qui émane du plus profond de son être, d’un stade où la faute n’a plus de sens.

Or, il doit en être strictement de même lorsqu’il s’agit de son prochain.

Certes, nous montrerons qu’une réflexion préalable est nécessaire pour éprouver un tel amour. Néanmoins, on peut parvenir à ce que ce sentiment provienne du profond de son âme et transcende la raison.

Comment est-il possible d’aimer son prochain aussi intensément que soi-même, alors qu’il reste, malgré tout, une autre personne?

On peut apporter deux réponses à cette question:

A) L’amour du prochain, l’amour de la Torah et l’amour de D.ieu ne forment qu’une seule et même entité. Dans la personnalité juive, l’amour de D.ieu émane du profond de l’être, car “ vous êtes des fils pour l’Eternel votre D.ieu ”. Or, le père et le fils procèdent de la même essence.

L’amour du prochain, dérivé de l’amour de D.ieu, prend donc également sa source au plus profond de l’être juif. En effet, “ on aime celui qui est aimé par Celui que l’on aime ”.

B) Plus profondément, tous les Juifs ne forment qu’une seule et même entité, se segmentant pour se révéler à travers différents corps. En conséquence, l’amour n’est pas dirigé envers l’autre, mais bien envers sa propre personne.

18. Il est sans doute possible de trouver également dans les mots de l’Admour Hazaken une précision, par rapport à l’enseignement du Maguid de Mézéritch.
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