La paix et l'unité du don de la Torah - Likoutei sihot - Volume 2 - Bamidbar Paragraphe 13

15 mai 2023 · 24 iyar 5783 · 8:49 · 62 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Bamidbar Série : BamidbarSérie : Likoutei sihot

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13. C’est en ce jour qu’est prononcée la bénédiction du mois au cours duquel fut donnée notre Torah. Il faut donc, dès aujourd’hui se préparer au don de la Torah et à sa réception.

Comment se préparer au don de la Torah? Comment forger un réceptacle pour qu’elle puisse être donnée? Grâce à la paix et à l’unité. Expliquant le verset “ Israël campa, là-bas ”, le Midrach Me’hilta, que Rachi cite dans son commentaire de la Torah, précise: “ Comme un seul homme, avec un seul cœur ”.

Le Yalkout Chimeoni dit aussi: “ D.ieu voulut donner la Torah aux enfants d’Israël lorsqu’ils quittèrent l’Egypte, mais il y avait alors des dissensions entre eux. Par la suite, lorsqu’ils parvinrent devant le Sinaï, ils ne formaient plus qu’un seul groupe. Le Saint béni soit-Il dit alors: ‘La Torah, dans son ensemble, n’est que paix. A qui dois-Je la donner? Au peuple qui aime la paix. ”

La paix et l’unité qui préparèrent la révélation du Sinaï doivent se marquer en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Le verset constate que “ Israël campa là-bas ”, au singulier, dans l’unité. Pourquoi et dans quel but? Parce qu’il était “ face à la montagne ” sur laquelle devait être donnée la Torah et ses Mitsvot.

Certes, la paix permet d’obtenir tout ce que l’on désire, y compris ce qui est peu enviable, comme le constatent nos Sages, commentant le verset (Hochéa 4, 17) : “ Efraïm s’est attaché aux idoles, qu’on le laisse faire ”. Parce que la génération de la tour de Babel “ n’avait qu’un seul langage et des mêmes paroles ”, il fut dit que “ l’on ne pourra empêcher tout ce qu’ils ont l’intention de faire ”. Pour autant, une paix réalisée dans de telles conditions ne peut pas être durable. Il est clair que l’on ne peut pas, de cette façon, contraindre D.ieu à accorder Sa bénédiction, si l’on peut ainsi s’exprimer.

Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, du don de la Torah, à propos duquel D.ieu dit: “ J’ai inscrit l’Essence de Moi-même et vous l’ai donnée ”. Une telle bénédiction est nécessairement profonde et ne peut pas avoir uniquement un caractère superficiel. Elle est envisageable seulement parce que la source des âmes juives est l’Essence de D.ieu. C’est la raison pour laquelle nos Sages disent, à propos de la création du monde: “ Auprès de qui prit-Il conseil? Auprès des âmes des Justes. ”

L’unité est donc indispensable, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. L’amour que l’on éprouve pour son prochain doit prendre la forme, en particulier, d’un effort pour le rapprocher de la Torah.

Concrètement, le but de mon intervention est le suivant.

Je fais référence aux jours qui nous séparent encore du matin de Chavouot, temps du don de la Torah pour toute l’année, s’ajoutant à sa révélation quotidienne, conformément à la bénédiction “ Béni soit Celui Qui donne la Torah ”, au présent et plus précisément aux moments de réunions des communautés, en particulier pendant le Chabbat.

Il faut annoncer, expliquer et faire savoir, aux hommes et aux femmes sur lesquels on peut exercer une influence, qu’en cette période, il est particulièrement important de concentrer ses efforts sur l’amour de son prochain, au delà de l’obligation qui en est faite à chacun, de manière quotidienne. De fait, l’Admour Hazaken, dans le Sidour qu’il rédigea pour tous et qui est à la portée de chacun, écrit: “ Il est bon de dire, avant la prière, la formule suivante: ‘Je m’engage à mettre en pratique l’Injonction d’aimer son prochain comme soi-même’ ”.

On doit faire comprendre à chacun que l’amour du prochain est le moyen de se préparer au don de la Torah et de la recevoir.

On fera connaître et l’on commentera l’explication de l’Admour Hazaken selon laquelle le Précepte “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est le réceptacle qui permet d’appliquer “ Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu ”. De ce fait, l’amour de D.ieu, l’amour de la Torah et l’amour de son prochain ne forment qu’une seule et même entité.

Il faut diffuser l’interprétation que donne le Maguid de Mézéritch, de la Michna suivante: “ Sache ce qu’il y a au dessus de toi ”. Il dit: “ Sache que tout ce qu’il y a au dessus dépend uniquement de toi ”, c’est-à-dire de chacun en particulier. Nos Sages affirment aussi que l’on doit considérer sa propre personne et le monde entier comme si l’on se trouvait sur une balance en équilibre, qu’une seule bonne action peut faire pencher du côté du bien.

Il en va de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Une seule action positive peut être déterminante et permettre de recevoir la Torah, de manière effective.

Cette action ira, en particulier, dans le sens de la paix et de l’amour du prochain, dont le Baal Chem Tov a fait l’un des principes fondamentaux de la ‘Hassidout. C’est, en outre, le moyen de se lier à tous les autres et, de cette façon, de ne plus être considéré comme un individu isolé.
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