Le chiffre trois - Likoutei sihot - Volume 2 - Chavouot - Paragraphes 1-4
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Chavouot Série : ChavouotSérie : Likoutei sihot
1. La Torah fut donnée en Sivan, troisième mois après celui de la sortie d’Egypte. On peut en conclure qu’elle est spécifiquement liée au chiffre trois. D’une part, toute chose est effet de la divine Providence et combien plus est-ce le cas, lorsqu’il s’agit de la Torah et des Mitsvot. De plus, nos Sages établissent clairement un lien entre la Torah et ce chiffre en la définissant comme “ une lumière triple révélée au peuple triple pendant le troisième mois ”.
Quelle est l’importance particulière de ce troisième mois? La finalité de la Torah n’est-elle pas de révéler ici-bas le D.ieu unique? N’est-elle pas elle-même une Torah unique? De ce fait, n’est-elle pas mieux décrite par le chiffre un que par le chiffre trois?
La Torah est pourtant spécifiquement liée au chiffre trois, puisqu’elle est “ une lumière triple révélée pendant le troisième mois ”. Les Mitsvot, en revanche, existaient déjà avant le don de la Torah. Il y eut celles des descendants de Noa’h, la circoncision, puis tous les Préceptes qui furent enseignés à Mara. Certes, ces Mitsvot ne sont pas strictement comparables à ce qu’elles devinrent par la suite, quand la Torah fut donnée, mais, en tout état de cause, la notion d’Injonction divine existait bien avant la révélation du Sinaï, dont l’apport essentiel, celui de Chavouot, en ce troisième mois, fut donc la Torah proprement dite.
Le Tanya précise la spécificité de la Torah par rapport aux Mitsvot. Ces dernières permettent de se soumettre pleinement à D.ieu, au même titre qu’une charrette dont les mouvements dépendent strictement du cocher. La Torah, par contre, donne le moyen de s’unifier à D.ieu.
Ce qui vient d’être dit renforce la question précédemment posée. Pourquoi cette Torah, permettant de s’unifier à D.ieu, fut-elle donnée précisément pendant le troisième mois?
2. L’explication est la suivante.
La finalité ultime est bien l’unité et non le dédoublement, ce qu’à D.ieu ne plaise. Néanmoins, quand cette unité peut-elle être effective et incontestable? Lorsqu’une alternative existe et que le choix unitaire est fait, malgré cela.
En effet, si aucune alternative n’est offerte, on ne peut vérifier la qualité de cette unité, car on ne peut préjuger de ce qui se passerait si l’on était confronté à une autre voie.
On connaît, à ce propos, la parabole qui décrit la descente de l’âme dans ce monde matériel. On voulut éprouver l’attachement du prince à son père, le roi et on l’éloigna donc du palais. On l’envoya en un endroit isolé, au milieu d’hommes particulièrement rudes. Lorsque, parvenu en ce lieu, il continua à se comporter comme le fils du roi doit le faire, il apporta effectivement la preuve qu’il était bien attaché à son père.
Il en va de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Lorsque l’on est confronté à un dédoublement, lorsqu’une voie opposée est ouverte, on fait la preuve de son unité en la laissant de côté et en se maintenant sur celle qui a été tracée.
On peut envisager une telle situation de deux manières:
A) On peut passer outre à cette seconde voie, en faire abstraction, comme si elle n’existait pas.
B) On peut aussi la transformer, de sorte qu’à son tour, elle constitue un réceptacle pour la Divinité.
Il est clair que l’unité, de la seconde façon, est plus profonde, plus vraie. Si l’on se contente de mettre de côté l’autre voie se dressant contre l’unité, on ne fait, au final, que l’ignorer, mais elle continue d’exister. A l’opposé, lorsque l’unité est si grande qu’elle pénètre chaque détail, elle est véritable et incontestable.
3. Les trois mouvements qui viennent d’être décrits correspondent aux trois mois de Nissan, Iyar et Sivan.
Nissan est le premier mois, celui de la sortie d’Egypte, lorsque “ se révéla à eux le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il ”. D.ieu prit Lui-même l’initiative de cette révélation, qui n’avait aucune commune mesure avec la matière. Alors, “ le peuple s’enfuit ”, abandonna toute autre préoccupation pour se lier à la Divinité.
Iyar est le second mois, au cours duquel on compte l’Omer pour assurer la transformation des sentiments de son âme animale. On se trouve alors en prise directe avec la matière et, soudain, s’ouvre une seconde voie, dont il faut réaliser la transformation. Pour autant, le monde conserve son existence et n’est pas encore divin.
Cette même idée figure, en allusion, dans le nom de ce mois, Iyar, constitué des initiales d’Avraham, Its’hak, Yaakov, Ra’hel, les quatre “ pieds ” du Char céleste, qui est totalement soumis au Cocher, mais, pour autant, n’est pas unifié à Lui.
Sivan, enfin, est le troisième mois, celui du don de la Torah, qui fait des deux dimensions précédemment décrites, la spiritualité et la matière, une entité unique, dépassant l’une et l’autre, une unification totale permettant de se fondre dans la Divinité.
4. Nous pouvons maintenant comprendre pourquoi la Torah fut donnée pendant le troisième mois. Sa finalité, en effet, est de réaliser l’unité.
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Quelle est l’importance particulière de ce troisième mois? La finalité de la Torah n’est-elle pas de révéler ici-bas le D.ieu unique? N’est-elle pas elle-même une Torah unique? De ce fait, n’est-elle pas mieux décrite par le chiffre un que par le chiffre trois?
La Torah est pourtant spécifiquement liée au chiffre trois, puisqu’elle est “ une lumière triple révélée pendant le troisième mois ”. Les Mitsvot, en revanche, existaient déjà avant le don de la Torah. Il y eut celles des descendants de Noa’h, la circoncision, puis tous les Préceptes qui furent enseignés à Mara. Certes, ces Mitsvot ne sont pas strictement comparables à ce qu’elles devinrent par la suite, quand la Torah fut donnée, mais, en tout état de cause, la notion d’Injonction divine existait bien avant la révélation du Sinaï, dont l’apport essentiel, celui de Chavouot, en ce troisième mois, fut donc la Torah proprement dite.
Le Tanya précise la spécificité de la Torah par rapport aux Mitsvot. Ces dernières permettent de se soumettre pleinement à D.ieu, au même titre qu’une charrette dont les mouvements dépendent strictement du cocher. La Torah, par contre, donne le moyen de s’unifier à D.ieu.
Ce qui vient d’être dit renforce la question précédemment posée. Pourquoi cette Torah, permettant de s’unifier à D.ieu, fut-elle donnée précisément pendant le troisième mois?
2. L’explication est la suivante.
La finalité ultime est bien l’unité et non le dédoublement, ce qu’à D.ieu ne plaise. Néanmoins, quand cette unité peut-elle être effective et incontestable? Lorsqu’une alternative existe et que le choix unitaire est fait, malgré cela.
En effet, si aucune alternative n’est offerte, on ne peut vérifier la qualité de cette unité, car on ne peut préjuger de ce qui se passerait si l’on était confronté à une autre voie.
On connaît, à ce propos, la parabole qui décrit la descente de l’âme dans ce monde matériel. On voulut éprouver l’attachement du prince à son père, le roi et on l’éloigna donc du palais. On l’envoya en un endroit isolé, au milieu d’hommes particulièrement rudes. Lorsque, parvenu en ce lieu, il continua à se comporter comme le fils du roi doit le faire, il apporta effectivement la preuve qu’il était bien attaché à son père.
Il en va de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Lorsque l’on est confronté à un dédoublement, lorsqu’une voie opposée est ouverte, on fait la preuve de son unité en la laissant de côté et en se maintenant sur celle qui a été tracée.
On peut envisager une telle situation de deux manières:
A) On peut passer outre à cette seconde voie, en faire abstraction, comme si elle n’existait pas.
B) On peut aussi la transformer, de sorte qu’à son tour, elle constitue un réceptacle pour la Divinité.
Il est clair que l’unité, de la seconde façon, est plus profonde, plus vraie. Si l’on se contente de mettre de côté l’autre voie se dressant contre l’unité, on ne fait, au final, que l’ignorer, mais elle continue d’exister. A l’opposé, lorsque l’unité est si grande qu’elle pénètre chaque détail, elle est véritable et incontestable.
3. Les trois mouvements qui viennent d’être décrits correspondent aux trois mois de Nissan, Iyar et Sivan.
Nissan est le premier mois, celui de la sortie d’Egypte, lorsque “ se révéla à eux le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il ”. D.ieu prit Lui-même l’initiative de cette révélation, qui n’avait aucune commune mesure avec la matière. Alors, “ le peuple s’enfuit ”, abandonna toute autre préoccupation pour se lier à la Divinité.
Iyar est le second mois, au cours duquel on compte l’Omer pour assurer la transformation des sentiments de son âme animale. On se trouve alors en prise directe avec la matière et, soudain, s’ouvre une seconde voie, dont il faut réaliser la transformation. Pour autant, le monde conserve son existence et n’est pas encore divin.
Cette même idée figure, en allusion, dans le nom de ce mois, Iyar, constitué des initiales d’Avraham, Its’hak, Yaakov, Ra’hel, les quatre “ pieds ” du Char céleste, qui est totalement soumis au Cocher, mais, pour autant, n’est pas unifié à Lui.
Sivan, enfin, est le troisième mois, celui du don de la Torah, qui fait des deux dimensions précédemment décrites, la spiritualité et la matière, une entité unique, dépassant l’une et l’autre, une unification totale permettant de se fondre dans la Divinité.
4. Nous pouvons maintenant comprendre pourquoi la Torah fut donnée pendant le troisième mois. Sa finalité, en effet, est de réaliser l’unité.
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