Soumission et compréhension - Likoutei sihot - Volume 3 - Parachat Za'hor - Paragraphes 1 - 4
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Pourim Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3
1. La Haftara de la Parchat Za’hor rapporte que Chaoul fut pris de pitié pour Agag, roi d’Amalek et pour “ le meilleur de son bétail ”, allant ainsi à l’encontre de la Volonté de D.ieu, Qui, de ce fait, lui ôta la royauté pour la confier à David.
La Haftara et la Parchat Za’hor sont liées à Pourim. C’est pour cela qu’elles sont lues durant le Chabbat précédant cette fête. Cette relation est, du reste, clairement établie par la Meguila, précisant que Haman est un descendant d’Agag, comme le montrent le Targoum et le Targoum Cheni sur la Meguilat Esther 3, 1. Agag était lui-même un descendant d’Amalek et la Parchat Za’hor invite à se souvenir de ce que fit Amalek.
Bien plus, nos Sages rapportent, dans le traité Meguila 13a, le Tana Dveï Elyahou Rabba, chapitre 24 et le Yalkout Chimeoni Bechala’h, paragraphe 268, que Haman put voir le jour précisément parce que Chaoul ne tua pas Agag. La fête de Pourim est donc clairement liée à cette Haftara. Le décret émis par Haman à l’encontre des Juifs fut bien la conséquence de la faute de Chaoul, qui se refusa à achever Agag.
Tout ce qui appartient à la Torah est particulièrement précis. On peut en conclure que, non seulement l’événement rapporté par cette Haftara est, globalement, lié à Pourim, mais que chacun de ses détails l’est également, les arguments de Chaoul, “ J’ai accompli la Parole de D.ieu ”, “ J’ai laissé le troupeau vivant afin d’en offrir des sacrifices pour l’Eternel ton D.ieu ”, puis la réponse du prophète Chmouel, “ L’obéissance à D.ieu est préférable à un sacrifice ”, “ Tu t’es détourné de la Parole de D.ieu ”.
2. Commentant le verset (Chmouel 1, 13, 1) “ Chaoul régnait depuis un an ”, le traité Yoma 22b souligne qu’il n’avait alors commis aucune faute, tout comme un enfant d’un an. On peut en conclure que, lorsqu’il laissa la vie sauve à Agag et au troupeau, il ne s’agissait nullement, de sa part d’une remise en cause de la Volonté de D.ieu. Il avait une bonne raison d’agir ainsi, inspirée par la logique émanant du domaine de la Sainteté. En conséquence, Chaoul dit : “ J’ai accompli la Parole de D.ieu ”. Il pensait sincèrement ne pas avoir enfreint Sa Volonté, mais bien au contraire, l’avoir accomplie.
Chaoul connaissait l’importance des sacrifices. Il savait qu’en offrant un animal à D.ieu, on transforme l’obscurité de la matière en lumière de la spiritualité la plus parfaite. Et, c’est précisément cette obscurité qui permet de révéler la lumière la plus brillante. En conséquence, se dit Chaoul, lorsque se présente une opportunité de prendre le bétail d’Amalek, qui est “ le premier de tous les peuples ”, la source de toutes les formes du mal, selon le Torah Or, page 95a, l’obscurité la plus profonde et de le sacrifier à D.ieu, la lumière la plus intense doit en résulter.
Son erreur était, en l’occurrence, la suivante. Chaoul adopta une démarche rationnelle et il s’en remit à sa logique. Or, si un tel raisonnement paraît défendable, il n’en supprime pas moins l’immense qualité que représente la soumission à D.ieu.
Or, c’est précisément à cause de cette faute que Chaoul perdit la royauté, “ mesure pour mesure ”, car il est nécessaire de craindre le roi, de se soumettre à lui. Par la suite, cette royauté fut transmise à David, qui dit : “ Je suis resté silencieux ”, parvenant ainsi au plus haut stade de la soumission.
La soumission la plus totale devant la Volonté divine était donc nécessaire. Or, D.ieu avait dit : “ Vous détruirez tout ce qui lui appartient ”, tout ce que possède Amalek.
Telle fut donc la réponse de Chmouel : “ L’obéissance à D.ieu est préférable à un sacrifice, le fait d’écouter à la graisse des béliers ”, c’est-à-dire au service de D.ieu assumé sur la base de sa propre logique. Ainsi, on servira D.ieu par les plus grandes forces dont on dispose, par “ la graisse ”, par les moyens les plus profonds, par l’intellect.
Et, il est vrai que la démarche intellectuelle doit procéder du service de D.ieu. Il ne suffit pas de se soumettre. Il faut encore comprendre, jusqu’à consacrer à D.ieu les forces les plus hautes dont on dispose. Celui qui est uniquement motivé par sa soumission, sans éprouver du plaisir, ne pourra Le servir que par ses forces les plus inférieures, par son action concrète. Dès lors, il n’offrira pas “ la graisse à D.ieu ”. Pour autant, la soumission est effectivement plus précieuse que la compréhension. Tout d’abord, cette dernière n’écarte pas la possibilité de l’erreur, comme ce fut précisément le cas pour Chaoul.
Ainsi, on peut être animé d’un désir sincère de servir D.ieu, mais, si on le fait seulement sur la base de sa propre logique, on ne peut se départir des limites de sa personnalité. On manque alors de la soumission qui est nécessaire à ce service. Certes, il faut consacrer “ la graisse à D.ieu ” et donc lui donner également sa compréhension. Néanmoins, la démarche rationnelle doit découler de la soumission.
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La Haftara et la Parchat Za’hor sont liées à Pourim. C’est pour cela qu’elles sont lues durant le Chabbat précédant cette fête. Cette relation est, du reste, clairement établie par la Meguila, précisant que Haman est un descendant d’Agag, comme le montrent le Targoum et le Targoum Cheni sur la Meguilat Esther 3, 1. Agag était lui-même un descendant d’Amalek et la Parchat Za’hor invite à se souvenir de ce que fit Amalek.
Bien plus, nos Sages rapportent, dans le traité Meguila 13a, le Tana Dveï Elyahou Rabba, chapitre 24 et le Yalkout Chimeoni Bechala’h, paragraphe 268, que Haman put voir le jour précisément parce que Chaoul ne tua pas Agag. La fête de Pourim est donc clairement liée à cette Haftara. Le décret émis par Haman à l’encontre des Juifs fut bien la conséquence de la faute de Chaoul, qui se refusa à achever Agag.
Tout ce qui appartient à la Torah est particulièrement précis. On peut en conclure que, non seulement l’événement rapporté par cette Haftara est, globalement, lié à Pourim, mais que chacun de ses détails l’est également, les arguments de Chaoul, “ J’ai accompli la Parole de D.ieu ”, “ J’ai laissé le troupeau vivant afin d’en offrir des sacrifices pour l’Eternel ton D.ieu ”, puis la réponse du prophète Chmouel, “ L’obéissance à D.ieu est préférable à un sacrifice ”, “ Tu t’es détourné de la Parole de D.ieu ”.
2. Commentant le verset (Chmouel 1, 13, 1) “ Chaoul régnait depuis un an ”, le traité Yoma 22b souligne qu’il n’avait alors commis aucune faute, tout comme un enfant d’un an. On peut en conclure que, lorsqu’il laissa la vie sauve à Agag et au troupeau, il ne s’agissait nullement, de sa part d’une remise en cause de la Volonté de D.ieu. Il avait une bonne raison d’agir ainsi, inspirée par la logique émanant du domaine de la Sainteté. En conséquence, Chaoul dit : “ J’ai accompli la Parole de D.ieu ”. Il pensait sincèrement ne pas avoir enfreint Sa Volonté, mais bien au contraire, l’avoir accomplie.
Chaoul connaissait l’importance des sacrifices. Il savait qu’en offrant un animal à D.ieu, on transforme l’obscurité de la matière en lumière de la spiritualité la plus parfaite. Et, c’est précisément cette obscurité qui permet de révéler la lumière la plus brillante. En conséquence, se dit Chaoul, lorsque se présente une opportunité de prendre le bétail d’Amalek, qui est “ le premier de tous les peuples ”, la source de toutes les formes du mal, selon le Torah Or, page 95a, l’obscurité la plus profonde et de le sacrifier à D.ieu, la lumière la plus intense doit en résulter.
Son erreur était, en l’occurrence, la suivante. Chaoul adopta une démarche rationnelle et il s’en remit à sa logique. Or, si un tel raisonnement paraît défendable, il n’en supprime pas moins l’immense qualité que représente la soumission à D.ieu.
Or, c’est précisément à cause de cette faute que Chaoul perdit la royauté, “ mesure pour mesure ”, car il est nécessaire de craindre le roi, de se soumettre à lui. Par la suite, cette royauté fut transmise à David, qui dit : “ Je suis resté silencieux ”, parvenant ainsi au plus haut stade de la soumission.
La soumission la plus totale devant la Volonté divine était donc nécessaire. Or, D.ieu avait dit : “ Vous détruirez tout ce qui lui appartient ”, tout ce que possède Amalek.
Telle fut donc la réponse de Chmouel : “ L’obéissance à D.ieu est préférable à un sacrifice, le fait d’écouter à la graisse des béliers ”, c’est-à-dire au service de D.ieu assumé sur la base de sa propre logique. Ainsi, on servira D.ieu par les plus grandes forces dont on dispose, par “ la graisse ”, par les moyens les plus profonds, par l’intellect.
Et, il est vrai que la démarche intellectuelle doit procéder du service de D.ieu. Il ne suffit pas de se soumettre. Il faut encore comprendre, jusqu’à consacrer à D.ieu les forces les plus hautes dont on dispose. Celui qui est uniquement motivé par sa soumission, sans éprouver du plaisir, ne pourra Le servir que par ses forces les plus inférieures, par son action concrète. Dès lors, il n’offrira pas “ la graisse à D.ieu ”. Pour autant, la soumission est effectivement plus précieuse que la compréhension. Tout d’abord, cette dernière n’écarte pas la possibilité de l’erreur, comme ce fut précisément le cas pour Chaoul.
Ainsi, on peut être animé d’un désir sincère de servir D.ieu, mais, si on le fait seulement sur la base de sa propre logique, on ne peut se départir des limites de sa personnalité. On manque alors de la soumission qui est nécessaire à ce service. Certes, il faut consacrer “ la graisse à D.ieu ” et donc lui donner également sa compréhension. Néanmoins, la démarche rationnelle doit découler de la soumission.
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