Quatre signes distinctifs - Likoutei sihot Volume 3 - Pourim - Paragraphes 1-7

19 mars 2024 · 9 adar II 5784 · 29:25 · 28 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Pourim Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3

Partager sur WhatsApp

. Définissant les conséquences et la conclusion finale du miracle de Pourim, la Meguila dit, brièvement: "Pour les Juifs, ce fut lumière, joie, allégresse et honneur".

Le traité Meguila 16b explique que: "La lumière, c’est la Torah; la joie, c’est la fête; l’allégresse, c’est la circoncision; l’honneur, ce sont les Tefillin”. Et, le Maharcha note que ces quatre éléments sont précisément les signes de l’attachement des Juifs à D.ieu que Haman l’impie voulut interdire. En effet, il ne voulait pas, ne pouvait pas souffrir que les Juifs se distinguent des autres peuples, par leur lien à D.ieu. Puis, survint le miracle de Pourim. Tous furent alors délivrés de Haman et de ses décrets. En conséquence, “pour les Juifs, ce fut la lumière, qui est la Torah; la joie, qui est la fête; l’allégresse, qui est la circoncision; l’honneur, qui sont les Tefillin”.

Un signe a pour but de différencier celui qui le porte de toutes les autres personnes. Celui qui est ainsi distingué doit donc être seul à le posséder. Car, si l’équivalent en existe chez les autres, il ne permet plus de marquer une différence fondamentale entre celui qui le porte et les autres hommes.

Il en est de même pour le signe qui doit matérialiser un fait aussi fondamental et essentiel que la différence pouvant être faite entre Israël et les autres peuples. Celui-ci doit être spécifiquement possédé par les Juifs. Or, on retrouve l’équivalent de ces quatre éléments, la Torah, la fête, la circoncision et les Tefillin, auprès des autres nations, bien que sous une forme quelque peu différente.

En effet, les non-Juifs connaissent la Torah. Ils l’étudient et reconnaissent son immense sagesse, ainsi qu’il est dit (Devarim 4, 6): “Elle est votre sagesse et votre entendement aux yeux des nations”, qui la perçoivent donc comme telle. Et, les non-Juifs possèdent également des fêtes, célébrant, par exemple, la date de leur libération. En outre, de nombreux peuples pratiquent la circoncision, pour des raisons hygiéniques. Enfin, tout comme les Juifs portent les Tefillin dans le but de marquer leur attachement à D.ieu, comme le dit le traité Bera’hot 6a, ainsi qu’il est dit (Devarim 28, 10): ’’Toutes les nations de la terre verront que tu portes sur toi le Nom de D.ieu’’, d’autres également portent des signes distinctifs, servant à établir à quels groupes ils se rattachent.

Ce qui vient d’être dit conduit donc à s’interroger. Quand D.ieu fixa des signes distinguant les Juifs des autres peuples, pourquoi ne fit-Il pas le choix de Mitsvot, de pratiques totalement étrangères aux autres? Pourquoi avoir opté pour ces quatre éléments dont on retrouve effectivement l’équivalent chez les nations?

2. On peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Un signe distinctif est nécessaire uniquement entre deux éléments comparables. Il est inutile, en revanche, lorsque aucune commune mesure n’existe entre ce qu’il convient de différencier.

En l’occurrence, les signes distinguant Israël des nations n’ont pas pour but de montrer l’écart entre l’âme juive et celle des autres peuples. De ce point de vue, aucune comparaison ne peut, en effet, être envisagée, comme l’explique le début du Tanya. En fait, ces signes différencient le corps juif de celui des nations. Car, dans leur apparence extérieure, ceux-ci sont bien identiques. Le corps d’un Juif est également physique. Il ne paraît pas différent de celui d’un non Juif. C’est donc en ce qui le concerne que ces signes prennent un sens, qu’ils font la preuve de la particularité du corps juif, qui est saint, comme le montre le Tanya, au chapitre 49. De fait, le corps juif possède une qualité que l’âme elle-même n’a pas. C’est lui qui fit l’objet du choix de l’Essence de D.ieu, comme l’explique longuement le Torat Chalom, à la page 120.

Ces signes distinctifs établissent donc la sainteté du corps juif. C’est la raison pour laquelle, de manière apparente, ils trouvent effectivement leur équivalent chez les non-Juifs. Pour autant, ils sont réellement différents, établissant ainsi que l’action concrète, qui est le fait du corps et qui procède des mêmes gestes, l’alimentation, le sommeil, le commerce, que tous pratiquent de la même manière, n’en reçoivent pas moins, chez un Juif, une dimension totalement différente. En effet, celui-ci, par chaque accomplissement, sanctifie la matière, ainsi qu’il est dit (Michlé 3, 6) : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”.

Un Juif ne porte pas seulement la sainteté en sa personnalité. Celle-ci ne fait pas que s’ajouter à sa nature profonde. Elle s’identifie, en réalité, à cette nature. En conséquence, tout ce qu’il accomplit est saint, y compris l’action dont on peut trouver l’équivalent auprès des autres nations.

3. La Guemara explique que “ la lumière, c’est la Torah ” et l’on peut s’interroger, à ce sujet. En effet, la Torah est, d’ordinaire, appelée Or, lumière au masculin, alors qu’il est dit ici Ora, lumière au féminin. Pourquoi cela ?

...

Autres cours de la série Likoutei sihot

Toutes les vidéos

Autres cours de Rav Menahem Altabe

Toutes les vidéos