Le peuple juif a toujours étudié ! Likoutei sihot - Volume 1 - Parachat Vaygach - Paragraphes 3-8

25 décembre 2022 · 1 téveth 5783 · 16:23 · 43 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vayigach Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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3. Commentant le verset : «Il envoya Yehouda devant lui, en reconnaissance», Rachi, qui cite le Midrach, dit : «Afin d’y instaurer une maison d’étude, qui y dispenserait son enseignement».

Ainsi, lorsque D.ieu envoya Yaakov en Egypte, celui-ci s’assura, tout d’abord, qu’il y avait bien des Yechivot , dans ce pays. D.ieu lui avait fait la promesse qu’Il l’accompagnerait, comme l’indique le verset : «Je descendrai avec toi en Egypte et J’en remonterai avec toi». Malgré cela, Yaakov souhaitait, au préalable, s’assurer que des Yechivot existaient, dans cet endroit. C’est ensuite seulement qu’il se rendit en Egypte, accompagné par D.ieu. De fait, les Yechivot sont bien le fondement de la vie juive.

Pendant toute la période que les enfants d’Israël passèrent en Egypte, les Yechivot fondées par Yaakov fonctionnèrent. Ainsi, disent nos Sages : «Nos ancêtres ne cessèrent jamais de fréquenter la maison d’étude. Ils le firent également en Egypte, ainsi qu’il est dit : va et rassemble les Anciens d’Israël».

A toute époque, en tout lieu où se trouvaient des Juifs, y compris pendant l’exil d’Egypte, particulièrement âpre, il y eut des Yechivot, dans lesquelles on étudiait la Torah. Comme on l’a dit, ces institutions sont à la base même de l’existence du peuple juif.

4. L’exil d’Egypte fut le plus dur de tous. Il fut même plus difficile que notre présente situation, pour différentes raisons :

A) Il se produisit avant le don de la Torah. Certes, celle-ci était déjà étudiée, à l’époque, comme de nombreuses explications de nos Sages permettent de l’établir. Ceux-ci affirment, en particulier que «nos ancêtres, en leur temps, ne cessèrent d’étudier la Torah». Néanmoins, ils le firent de leur propre initiative et, concrètement, une créature ne peut que s’élever jusqu’à la source de son existence, mais non la dépasser.

B) A l’époque, les enfants d’Israël faisaient, pour la première fois, l’expérience de l’exil, qu’ils supportaient avec beaucoup de peine. En effet, celui qui est confronté au malheur pour la première fois en souffrira profondément. En revanche, il le supportera beaucoup mieux, la seconde fois, s’y étant déjà accoutumé.

C) En Egypte, tous les enfants d’Israël vivaient ensemble, alors que, durant les exils ultérieurs, «le Saint béni soit-Il accorda à Israël le bienfait d’être disséminé parmi les nations». Les Juifs se répartissent donc en différents pays et, lorsqu’ils sont persécutés dans un endroit, ils peuvent se réfugier dans un autre. Ainsi, ils ont, en outre, la possibilité de venir en aide à ceux qui sont en difficulté. En Egypte, ils se trouvaient tous dans un même lieu, placés sous une même autorité.

D) L’Egypte était un pays très difficile. Jamais un esclave n’avait pu s’en échapper. Or, il s’agissait, en l’occurrence, d’en faire sortir six cent mille hommes, accompagnés par les femmes et les enfants.

Malgré toutes ces difficultés, nos ancêtres ne cessèrent d’étudier la Torah. Ils eurent, en permanence, des Yechivot, dans lesquelles ils purent se consacrer à cette étude.

5. Nous avons souligné à maintes reprises que la Torah n’est pas un manuel d’histoire. Chaque idée, chaque récit, chaque lettre de la Torah délivre un enseignement, valable à tout moment et en tout lieu.

Certains prétendent que les Yechivot ont perdu leur raison d’être. Dans une situation aussi difficile que la nôtre, on peut se contenter de fréquenter le Talmud Torah. En tout état de cause, affirment-ils, si les Yechivot sont maintenues, elles doivent être adaptées à notre époque.

L’exil d’Egypte apporte une réponse à toutes ces objections. La situation, à l’époque, était infiniment plus difficile que la nôtre. Malgré cela, on ne s’en préoccupait pas et l’on étudiait la Torah. Bien plus, non seulement l’on ne tenait aucun compte des vicissitudes de l’exil, mais, en outre, on ne se demandait à aucun moment si l’on atteignait, par cette étude, la source des créatures ou bien si on la dépassait.

A l’heure actuelle, notre situation est beaucoup plus favorable qu’à l’époque et notre étude, bien plus élevée. Il importe donc de mettre de côté tous ces raisonnements. Il est impératif qu’il y ait des Yechivot.

6. Il en est de même pour ce qui concerne le financement des Yechivot. Certains prétendent avoir des moyens réduits, moyens intellectuels et moyens financiers. Ils devront donc manger, boire, aller dormir, puis, lorsqu’ils auront satisfait tous leurs besoins, ils apporteront éventuellement leur contribution à une Yechiva. Cela sera pour eux un grand sacrifice. Ils iront même jusqu’à envoyer leurs propres enfants à la Yechiva, jusqu’à l’âge de treize ans.

Voici ce qu’il faut répondre à de telles personnes. L’exil d’Egypte était bien plus pénible que tout cela. Les Juifs ne possédaient même pas leur propre paille et ils devaient donc se déplacer, dans un pays étranger, pour s’en procurer, alors que les contremaîtres les battaient, sur la tête, aux épaules.

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