L'atmosphère d'Erets Israël - Likoutei sihot - Volume 2 - Hossafot - Reéh - Paragraphes 4-7
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Re'eh Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 2
4. Il en est de même pour celui qui désire se rendre dans l’endroit “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de D.ieu, du début de l’année à la fin de l’année ”, considérant qu’il n’a plus à se morfondre en exil, alors qu’il peut échapper à cette situation et se rendre en Terre Sainte.
On lui répondra que “ tu te trouves en exil contre ton gré et tu en sortiras contre ta volonté ”. Tout cela est dans les mains de D.ieu et il est donc vain de vouloir s’enfuir, car la décision céleste s’appliquera en tout état de cause.
Néanmoins, un homme reçoit le libre arbitre et il peut donc faire le choix qu’il désire. Il a le loisir d’acheter un billet et de se rendre en Erets Israël. Nul ne peut l’en empêcher et l’ordre établi, lors de la création, n’en sera pas modifié pour autant. Mais, concrètement, qu’a-t-on accompli, en pareil cas ? On a simplement transféré en Terre Sainte l’atmosphère qui règne à l’extérieur de ce pays et c’est au sein de celle-ci qu’on évolue.
La ‘Hassidout, citant le Assara Maamarot, explique que l’atmosphère du Gan Eden et celle de l’enfer se répandent autour de chacun. Lorsque les fautes que nous avons commises n’ont pas encore été réparées, nous nous trouvons en exil, au sens le plus littéral. En pareil cas, celui qui, de sa propre initiative, se rend dans le pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de D.ieu ” y introduit l’atmosphère de l’enfer, dès lors qu’il quitte le lieu dans lequel il doit se trouver pour racheter sa contribution à ce qui a été à l’origine de la destruction et de l’exil. La réparation est retardée d’autant.
En effet, nos Sages considèrent que l’atmosphère, à l’extérieur d’Erets Israël, est impure. Mais, il n’en est pas de même en Terre Sainte. Et, c’est ainsi que l’on introduit l’atmosphère de l’enfer dans le palais du Roi !
5. On avance qu’il est une Mitsva, ou même une manière de mieux accomplir la Mitsva, de s’installer en Erets Israël. Plusieurs objections peuvent être soulevées contre cette affirmation :
A) Le Tachbets Katan, dont l’auteur pratiquait lui-même les Mitsvot, précise que celui qui se rend en Erets Israël doit personnellement mettre en pratique tous les Commandements de la manière la plus scrupuleuse et même les accomplir avec encore plus de zèle que dans les autres pays. C’est uniquement à cette condition qu’il peut partir pour la Terre Sainte et, dans le cas contraire, il n’est pas souhaitable qu’il le fasse.
Différents autres ouvrages affirment que la Mitsva de résider en Erets Israël ne s’applique pas à tous. Lorsqu’elle présente un danger, physique et, a fortiori, moral, il ne convient pas de se rendre en Terre Sainte. On peut ainsi comprendre pourquoi nombre de nos Sages, des premières générations, ne se sont pas rendus en Erets Israël.
B) On peut également développer une autre explication. On demanda à mon beau-père, le Rabbi, lorsqu’il se trouvait à Vienne, pourquoi il manifestait son amitié également à des personnes à l’encontre desquelles nos Sages prononcent des mots sévères. Le Rabbi répondit :
“ Il y a quatre parties dans le Choul’han Arou’h, le Ora’h ‘Haïm, le Yoré Déa, le Even Haézer et le ‘Hochen Michpat, celui-ci étant, dans l’ordre, le dernier. Le ‘Hochen Michpat compte quatre cent vingt et quelques chapitres. Les lois précisant de quelle manière certains doivent être définitivement écartés se trouvent tout à fait à la fin du ‘Hochen Michpat. Dès lors, pourquoi commencer par la fin et aller de gauche à droite ?
Bien au contraire, on doit avancer de la droite vers la gauche, comme le veut la pratique juive. Lorsque l’on apprendra toutes les autres lois du Choul’han Arou’h et qu’on les mettra en pratique, on pourra, alors seulement, envisager également celles-là et se demander de quelle manière les appliquer. ”
Il en est de même pour la Mitsva de résider en Erets Israël. D’autres Préceptes sont impératifs, d’après tous les avis. Et, l’on distingue les plus légers, ceux qui le sont moins, ceux qui sont sévères et même les plus sévères. Pourquoi mettre tous ceux-là de côté et n’envisager que le Commandement d’habiter en Erets Israël ? D’une part, une controverse oppose nos Sages pour déterminer s’il doit être compté parmi les Mitsvot. De plus, nos Sages se demandent également si tous sont tenus de le mettre en pratique de la même façon. Ecarter tous les autres Préceptes pour ne se préoccuper que de celui-là est donc l’indice d’une situation anormale.
De fait, on peut observer que certains, en s’installant en Erets Israël, affaiblissent leur pratique des Mitsvot. C’est bien là la preuve qu’une telle démarche n’émane pas du domaine de la sainteté.
6. Le Rabbi Rachab expliqua que le mauvais penchant peut parfois revêtir une redingote de soie, de sorte que l’on ne puisse le distinguer d’un vieil homme, pénétré de crainte de D.ieu. Le seul moyen d’opérer une telle distinction est donc d’observer les conséquences concrètes qui en résultent, à propos desquelles aucune erreur n’est possible.
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On lui répondra que “ tu te trouves en exil contre ton gré et tu en sortiras contre ta volonté ”. Tout cela est dans les mains de D.ieu et il est donc vain de vouloir s’enfuir, car la décision céleste s’appliquera en tout état de cause.
Néanmoins, un homme reçoit le libre arbitre et il peut donc faire le choix qu’il désire. Il a le loisir d’acheter un billet et de se rendre en Erets Israël. Nul ne peut l’en empêcher et l’ordre établi, lors de la création, n’en sera pas modifié pour autant. Mais, concrètement, qu’a-t-on accompli, en pareil cas ? On a simplement transféré en Terre Sainte l’atmosphère qui règne à l’extérieur de ce pays et c’est au sein de celle-ci qu’on évolue.
La ‘Hassidout, citant le Assara Maamarot, explique que l’atmosphère du Gan Eden et celle de l’enfer se répandent autour de chacun. Lorsque les fautes que nous avons commises n’ont pas encore été réparées, nous nous trouvons en exil, au sens le plus littéral. En pareil cas, celui qui, de sa propre initiative, se rend dans le pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de D.ieu ” y introduit l’atmosphère de l’enfer, dès lors qu’il quitte le lieu dans lequel il doit se trouver pour racheter sa contribution à ce qui a été à l’origine de la destruction et de l’exil. La réparation est retardée d’autant.
En effet, nos Sages considèrent que l’atmosphère, à l’extérieur d’Erets Israël, est impure. Mais, il n’en est pas de même en Terre Sainte. Et, c’est ainsi que l’on introduit l’atmosphère de l’enfer dans le palais du Roi !
5. On avance qu’il est une Mitsva, ou même une manière de mieux accomplir la Mitsva, de s’installer en Erets Israël. Plusieurs objections peuvent être soulevées contre cette affirmation :
A) Le Tachbets Katan, dont l’auteur pratiquait lui-même les Mitsvot, précise que celui qui se rend en Erets Israël doit personnellement mettre en pratique tous les Commandements de la manière la plus scrupuleuse et même les accomplir avec encore plus de zèle que dans les autres pays. C’est uniquement à cette condition qu’il peut partir pour la Terre Sainte et, dans le cas contraire, il n’est pas souhaitable qu’il le fasse.
Différents autres ouvrages affirment que la Mitsva de résider en Erets Israël ne s’applique pas à tous. Lorsqu’elle présente un danger, physique et, a fortiori, moral, il ne convient pas de se rendre en Terre Sainte. On peut ainsi comprendre pourquoi nombre de nos Sages, des premières générations, ne se sont pas rendus en Erets Israël.
B) On peut également développer une autre explication. On demanda à mon beau-père, le Rabbi, lorsqu’il se trouvait à Vienne, pourquoi il manifestait son amitié également à des personnes à l’encontre desquelles nos Sages prononcent des mots sévères. Le Rabbi répondit :
“ Il y a quatre parties dans le Choul’han Arou’h, le Ora’h ‘Haïm, le Yoré Déa, le Even Haézer et le ‘Hochen Michpat, celui-ci étant, dans l’ordre, le dernier. Le ‘Hochen Michpat compte quatre cent vingt et quelques chapitres. Les lois précisant de quelle manière certains doivent être définitivement écartés se trouvent tout à fait à la fin du ‘Hochen Michpat. Dès lors, pourquoi commencer par la fin et aller de gauche à droite ?
Bien au contraire, on doit avancer de la droite vers la gauche, comme le veut la pratique juive. Lorsque l’on apprendra toutes les autres lois du Choul’han Arou’h et qu’on les mettra en pratique, on pourra, alors seulement, envisager également celles-là et se demander de quelle manière les appliquer. ”
Il en est de même pour la Mitsva de résider en Erets Israël. D’autres Préceptes sont impératifs, d’après tous les avis. Et, l’on distingue les plus légers, ceux qui le sont moins, ceux qui sont sévères et même les plus sévères. Pourquoi mettre tous ceux-là de côté et n’envisager que le Commandement d’habiter en Erets Israël ? D’une part, une controverse oppose nos Sages pour déterminer s’il doit être compté parmi les Mitsvot. De plus, nos Sages se demandent également si tous sont tenus de le mettre en pratique de la même façon. Ecarter tous les autres Préceptes pour ne se préoccuper que de celui-là est donc l’indice d’une situation anormale.
De fait, on peut observer que certains, en s’installant en Erets Israël, affaiblissent leur pratique des Mitsvot. C’est bien là la preuve qu’une telle démarche n’émane pas du domaine de la sainteté.
6. Le Rabbi Rachab expliqua que le mauvais penchant peut parfois revêtir une redingote de soie, de sorte que l’on ne puisse le distinguer d’un vieil homme, pénétré de crainte de D.ieu. Le seul moyen d’opérer une telle distinction est donc d’observer les conséquences concrètes qui en résultent, à propos desquelles aucune erreur n’est possible.
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