La qualité de l'homme - Likoutei sihot - Volume 4 - Parachat Choftim - Paragraphes 1-7
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Choftim Série : ChoftimSérie : Likoutei sihot
1. Commentant le verset “ Car l’homme est tel l’arbre du champ ”, le Sifri, Devarim 20, 19, dit : “ Ceci nous enseigne que la vie de l’homme provient seulement du champ ”. On peut être surpris par cette affirmation. N’existe-t-il pas d’autres aliments que les fruits de l’arbre ?
Dans le Likouteï Torah, Emor, page 39c, l’Admour Hazaken explique le verset (Tehilim 104, 15) : “ Le pain restaure le cœur de l’homme ” de la manière suivante. L’homme se nourrit également de viande. Pour autant, celle-ci ne le rassasie pas autant que le pain.
Pourquoi les minéraux, végétaux et animaux ont-ils la faculté de nourrir l’homme, alors que celui-ci est plus élevé qu’eux ? Parce que leur source est plus haute que celle de l’homme et c’est précisément pour cela qu’ils sont descendus plus bas. Un végétal est plus bas qu’un animal, sa source étant plus élevée que lui et, de ce fait, il rassasie beaucoup plus que cet animal. C’est, du reste, pour la même raison que la nourriture essentielle de l’animal est végétale.
Tout ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre l’affirmation du Sifri selon laquelle “ la vie de l’homme provient seulement du champ ”. De fait, sa nourriture émane essentiellement du règne végétal, dont la plus belle expression est l’arbre, ainsi qu’il est dit (Mela’him 1, 5, 13) : “ Il s’adressa aux arbres ”. Aussi, le Sifri affirme-t-il que la vie de l’homme provient de cet arbre, ce que l’on comprendra encore plus clairement, si l’on adopte l’avis, énoncé au traité Bera’hot 40a, selon lequel le blé, à l’origine du pain, est considéré comme un arbre.
2. Le traité Taanit 7a enseigne : “ Que signifie le verset ‘car l’homme est tel l’arbre du champ’ ? L’homme est-il réellement un arbre ? En fait, il est dit (à propos d’un arbre) : ‘Tu en mangeras et tu ne le couperas pas’ et aussi ‘Tu le détruiras et tu le couperas’. Comment le comprendre ? S’il s’agit d’un érudit de la Torah, digne de confiance, tu en mangeras et tu ne le détruiras pas. Si ce n’est pas le cas, tu le détruiras et tu le couperas ”. Rachi précise : “ Tu en mangeras : Tu recevras son enseignement. Tu le couperas : Tu te détourneras de lui ”.
Ainsi, la Guemara, sans ambiguïté, compare clairement l’homme à un arbre et ne se borne pas à constater que celui-ci lui fournit sa nourriture. Elle s’interroge ensuite sur la nature de cette comparaison et elle précise qu’une telle relation existe effectivement, de différents points de vue.
A ce propos, on peut poser les questions suivantes :
A) Pourquoi la Guemara s’étonne-t-elle : “ L’homme est-il réellement un arbre ” ? N’existe-t-il pas effectivement quelques points de comparaison entre l’un et l’autre ? Le traité Avot, chapitre 3, Michna 1,7 précise la relation entre l’homme et l’arbre. La formulation de la question posée par la Guemara indique qu’elle va au delà d’un simple rapprochement entre l’homme et l’arbre du champ et considère qu’il existe, entre l’un et l’autre, une véritable similitude.
Or, on peut s’interroger sur une telle conclusion. Comment justifier l’étonnement de la Guemara, dès lors qu’il existe effectivement un point de comparaison ? Pourquoi celui-ci ne suffirait-il pas ? Pourquoi devrait-il y avoir identité en tous points ? Et, en quoi s’exprime cette similitude, au-delà de toute autre, qui pourrait être constatée entre l’homme et l’arbre du champ ?
B) Bien plus, la comparaison entre l’homme et l’arbre ne concerne que l’érudit de la Torah. Dès lors, comment comparer le genre humain, dans son ensemble et l’arbre du champ ?
C) Enfin, y a-t-il un lien entre le Sifri et l’explication de la Guemara ?
3. L’homme est défini comme un “ petit monde ”, ce qui veut bien dire qu’il porte en lui l’équivalent de ce qui existe dans le grand monde. Ce dernier est constitué de quatre règnes, le minéral, le végétal, l’animal et l’humain. Il en est donc de même pour l’homme, comme l’établissent différents textes, le Torah Or, à la page 4a et le Likouteï Torah, ‘Houkat, page 58a et Bera’ha, page 95c.
Les sentiments de l’homme, par exemple, sont ses “ végétaux ”, car ils se développent et “ poussent ”, devenant de plus en plus importants, comme l’expliquent les textes précédemment cités, de même que le Torat ‘Haïm, à la même référence.
La supériorité de l’homme, par rapport à l’animal, réside dans l’intellect qu’il possède. C’est la raison pour laquelle toutes ses actions, y compris celles de moindre importance, doivent être réfléchies. Il ne lui suffit pas de comprendre pour mettre en éveil l’amour et la crainte. Il doit le faire également pour agir, même si l’intervention de son cœur pourrait être suffisante pour cela.
Le minéral, l’animal et l’humain que l’homme possède sont beaucoup plus élevés que ceux du monde, comme l’explique le Likouteï Torah, ‘Houkat, page 58b et le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, au début de la Parchat Kora’h. Pour autant, ceux-ci n’expriment pas la qualité de l’homme, qui réside, avant tout, dans le fait qu’il soit doué de discernement.
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Dans le Likouteï Torah, Emor, page 39c, l’Admour Hazaken explique le verset (Tehilim 104, 15) : “ Le pain restaure le cœur de l’homme ” de la manière suivante. L’homme se nourrit également de viande. Pour autant, celle-ci ne le rassasie pas autant que le pain.
Pourquoi les minéraux, végétaux et animaux ont-ils la faculté de nourrir l’homme, alors que celui-ci est plus élevé qu’eux ? Parce que leur source est plus haute que celle de l’homme et c’est précisément pour cela qu’ils sont descendus plus bas. Un végétal est plus bas qu’un animal, sa source étant plus élevée que lui et, de ce fait, il rassasie beaucoup plus que cet animal. C’est, du reste, pour la même raison que la nourriture essentielle de l’animal est végétale.
Tout ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre l’affirmation du Sifri selon laquelle “ la vie de l’homme provient seulement du champ ”. De fait, sa nourriture émane essentiellement du règne végétal, dont la plus belle expression est l’arbre, ainsi qu’il est dit (Mela’him 1, 5, 13) : “ Il s’adressa aux arbres ”. Aussi, le Sifri affirme-t-il que la vie de l’homme provient de cet arbre, ce que l’on comprendra encore plus clairement, si l’on adopte l’avis, énoncé au traité Bera’hot 40a, selon lequel le blé, à l’origine du pain, est considéré comme un arbre.
2. Le traité Taanit 7a enseigne : “ Que signifie le verset ‘car l’homme est tel l’arbre du champ’ ? L’homme est-il réellement un arbre ? En fait, il est dit (à propos d’un arbre) : ‘Tu en mangeras et tu ne le couperas pas’ et aussi ‘Tu le détruiras et tu le couperas’. Comment le comprendre ? S’il s’agit d’un érudit de la Torah, digne de confiance, tu en mangeras et tu ne le détruiras pas. Si ce n’est pas le cas, tu le détruiras et tu le couperas ”. Rachi précise : “ Tu en mangeras : Tu recevras son enseignement. Tu le couperas : Tu te détourneras de lui ”.
Ainsi, la Guemara, sans ambiguïté, compare clairement l’homme à un arbre et ne se borne pas à constater que celui-ci lui fournit sa nourriture. Elle s’interroge ensuite sur la nature de cette comparaison et elle précise qu’une telle relation existe effectivement, de différents points de vue.
A ce propos, on peut poser les questions suivantes :
A) Pourquoi la Guemara s’étonne-t-elle : “ L’homme est-il réellement un arbre ” ? N’existe-t-il pas effectivement quelques points de comparaison entre l’un et l’autre ? Le traité Avot, chapitre 3, Michna 1,7 précise la relation entre l’homme et l’arbre. La formulation de la question posée par la Guemara indique qu’elle va au delà d’un simple rapprochement entre l’homme et l’arbre du champ et considère qu’il existe, entre l’un et l’autre, une véritable similitude.
Or, on peut s’interroger sur une telle conclusion. Comment justifier l’étonnement de la Guemara, dès lors qu’il existe effectivement un point de comparaison ? Pourquoi celui-ci ne suffirait-il pas ? Pourquoi devrait-il y avoir identité en tous points ? Et, en quoi s’exprime cette similitude, au-delà de toute autre, qui pourrait être constatée entre l’homme et l’arbre du champ ?
B) Bien plus, la comparaison entre l’homme et l’arbre ne concerne que l’érudit de la Torah. Dès lors, comment comparer le genre humain, dans son ensemble et l’arbre du champ ?
C) Enfin, y a-t-il un lien entre le Sifri et l’explication de la Guemara ?
3. L’homme est défini comme un “ petit monde ”, ce qui veut bien dire qu’il porte en lui l’équivalent de ce qui existe dans le grand monde. Ce dernier est constitué de quatre règnes, le minéral, le végétal, l’animal et l’humain. Il en est donc de même pour l’homme, comme l’établissent différents textes, le Torah Or, à la page 4a et le Likouteï Torah, ‘Houkat, page 58a et Bera’ha, page 95c.
Les sentiments de l’homme, par exemple, sont ses “ végétaux ”, car ils se développent et “ poussent ”, devenant de plus en plus importants, comme l’expliquent les textes précédemment cités, de même que le Torat ‘Haïm, à la même référence.
La supériorité de l’homme, par rapport à l’animal, réside dans l’intellect qu’il possède. C’est la raison pour laquelle toutes ses actions, y compris celles de moindre importance, doivent être réfléchies. Il ne lui suffit pas de comprendre pour mettre en éveil l’amour et la crainte. Il doit le faire également pour agir, même si l’intervention de son cœur pourrait être suffisante pour cela.
Le minéral, l’animal et l’humain que l’homme possède sont beaucoup plus élevés que ceux du monde, comme l’explique le Likouteï Torah, ‘Houkat, page 58b et le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, au début de la Parchat Kora’h. Pour autant, ceux-ci n’expriment pas la qualité de l’homme, qui réside, avant tout, dans le fait qu’il soit doué de discernement.
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