Un bois de folie ! - Likoutei sihot - Volume 1 - Térouma - Paragraphes 12 jusqu'à la fin

19 février 2023 · 28 chevat 5783 · 21:07 · 39 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Terouma Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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12. Commentant le verset “ Tu feras des poutres pour le Sanctuaire, en bois de Chittim dressé ”, mon beau-père, le Rabbi établit une relation entre les mots Chittim et Hatya, détournement.

Il est, en effet, une voie du milieu, celle de la logique et de la rationalité. S’en écarter est bien une folie, Chtout, de la même étymologie que Chittim.

On peut envisager une telle folie de deux manières :

A) Ce peut être un détournement, Hatya, plus bas que la logique. Il s’agit alors d’une folie émanant des forces du mal et c’est à ce propos que nos Sages disent : “ Un homme peut commettre une transgression dans la mesure où il est saisi par un esprit de folie ”.

B) Mais, il est aussi un détournement qui est plus haut que la logique. C’est alors la “ folie de la sainteté ” et nos Sages, constatant la grande élévation morale qui avait été accordée à l’un d’eux, ayant adopté un tel comportement, dirent : “ Sa folie fut d’une grande utilité à ce vieil homme ”.

La forme du service de D.ieu, spécifique au Sanctuaire et au Temple, consiste donc à transformer la folie émanant des forces du mal en folie de la sainteté, en folie de la sainteté. On consultera la longue analyse que fait, à ce propos, mon beau-père, le Rabbi.

13. Ainsi, la voie du milieu ne suffit pas. Il faut avoir recours à la folie du sacré, qui transcende la rationalité.

Si la folie des forces du mal n’existait pas, dans le monde, la voie du milieu eut été suffisante. Néanmoins, la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal eut pour effet de couvrir le globe d’une impureté, qui peut être assimilée à la folie des forces du mal. Quel est le moyen de ne pas en être victime ? C’est précisément la folie de la sainteté.

Ce qui est vrai pour l’ensemble du monde s’applique aussi à l’homme, à titre individuel. Celui qui a mal agi, a commis des fautes ou s’est écarté du droit chemin, ou encore a adopté seulement l’un de ces trois comportements, ne peut plus se contenter uniquement du droit chemin. Il doit le dépasser, car, selon l’expression d’Igueret Hatechouva, lorsqu’une corde est rompue et que l’on y fait un noeud, celui qui a une épaisseur double, par rapport au reste de la corde.

C’est également l’avis du Rambam qui, de façon générale, prône la recherche de la voie du milieu. Néanmoins, celui qui s’est éloigné, plus que de mesure, dans une direction doit, pour se racheter, s’engager dans l’autre direction.

14. Ceci nous permettra de comprendre pourquoi la Guemara définit la situation la plus élevée par l’expression “ et tu te répandras ”. Le texte précise, en effet, que cette situation “ n’est pas celle d’Avraham, ni celle d’Its’hak, mais bien celle de Yaakov, duquel il est dit : et tu te répandras à l’est et à l’ouest, au nord et au sud ”.

On peut s’interroger sur cette formulation. Quelle est la grande qualité décrite par l’expression “ et tu te répandras ”, dépassant toutes les autres qui sont mentionnées dans ce passage de la Guemara ?

Nous répondrons à cette question en précisant, au préalable, un autre point, relatif à l’expression “ et tu te répandras ”, qui signifie se propager, mais aussi abattre les barrières. Cette notion n’a pas de sens dans un champ, par exemple. En revanche, dans une construction ou une clôture, cette expression peut désigner la destruction d’une de ses parties.

Néanmoins, la construction et la clôture, à propos desquelles il est dit que “ tu te répandras ”, appartiennent nécessairement au domaine de la sainteté. En effet, ce qui se trouve sous l’emprise des forces du mal n’est pas, à proprement parler, une construction, mais bien une ruine. Et, nos Sages constatent que “ Tsour est construite uniquement par le destruction de Jérusalem ”. Dès lors, faire disparaître un tel édifice, n’est pas, à proprement parler, “ se répandre ”. Il y a là, bien au contraire, une action positive.

En conséquence, lorsque la Torah de Vérité dit : “ Tu te répandras ”, elle fait allusion à la disparition de véritables barrières.

On peut donc se demander ce qu’il y a de positif à briser un édifice, que la Torah elle-même définit comme tel et qui en est donc réellement un.

Nous répondrons à cette question en fonction de ce qui a été dit auparavant. Le service de D.ieu implique la folie de la sainteté, qui dépasse la voie du milieu, bien que la Torah le définit comme celui de la droiture. Il faut donc mettre en pratique l’Injonction “ et tu te répandras ”, se libérer de ses propres limites, y compris de celles qui appartiennent au domaine de la sainteté et qui constituent bien un édifice.

La folie de la sainteté, transcendant la raison, dépassant les limites, y compris celle du sacré, est “ l’héritage de Yaakov ”, élu d’entre les Patriarches, sommet de la perfection et dépassant l’héritage d’Avraham et celui d’Its’hak.

15. Il découle de ce qui vient d’être dit un enseignement concret.

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