La joie, uniquement en Adar? Likoutei sihot - Vol 1 (Vayakhel) Adar Paragraphes 11-14
Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Vayakhel Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1
11. Il est dit que, “ dès le début du mois d’Adar, on intensifie sa joie ”.
La Michna dit aussi que, “ dès le début du mois du mois d’Av, on réduit sa joie ”. Et la Guemara remarque: “ tout comme on réduit sa joie, dès le début d’Av, on l’intensifie, quand commence Adar ”.
On peut remarquer ici deux notions opposées:
A) La formulation de cette comparaison semble accorder le rôle essentiel au mois d’Av, comme s’il était établi qu’il faille alors diminuer sa joie, affirmation de laquelle est déduite la nécessité de l’intensifier en Adar.
B) Pour autant, on peut constater, dans la pratique, que la diminution de la joie est limitée à certains domaines, en Av. Et, la joie reste envisageable, pendant ce mois. A l’opposé, l’intensification de la joie, en Adar, transcende toute limitation, jusqu’à “ ne plus faire la différence entre ‘maudit soit Haman’ et ‘béni soit Morde’haï ”.
On peut s’interroger sur cette constatation. La comparaison établie par la Guemara fait la preuve que l’intensification de la joie, en Adar, est la conséquence de sa diminution, en Av. Pourquoi ces deux mouvements n’ont-ils donc pas la même intensité?
12. On peut donner, à ce propos, une explication simple.
En effet, il convient d’être toujours joyeux, y compris pendant le mois d’Av, car l’Injonction “ servez D.ieu dans la joie ” s’applique en permanence. Aussi, lorsque l’on demande aux hommes de multiplier cette joie, ils s’élèvent littéralement au dessus de toutes les limites. La réduction de la joie, en revanche, doit toujours conserver une mesure, car celle-ci ne peut pas disparaître complètement. De fait, il faut toujours “ servir D.ieu dans la joie ”.
L’explication profonde de tout cela a déjà été exposée, par ailleurs. Il convient, en effet, de mettre en pratique la Volonté de D.ieu qui présida à la création, le désir que soit bâti pour Lui une demeure ici-bas. Celui qui réside dans une maison s’y trouve par toutes les expressions de son être. De même, l’Essence de D.ieu doit se révéler dans ce monde, pour que Sa demeure y soit édifiée.
Il est dit que “ le lieu où Il se trouve possède la puissance et l’allégresse ”. D.ieu se dévoile donc dans la joie et pour que Sa demeure soit bâtie dans ce monde, celui-ci doit aussi réunir la puissance et l’allégresse. C’est à cette condition que la matière peut Lui être consacrée.
Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre pourquoi l’on doit toujours être joyeux, même en une période pendant laquelle il est demandé de se restreindre, dans ce domaine, jusqu’à un certain point. En effet, il faut sans cesse, à chaque instant, apporter sa contribution à l’édification d’une demeure pour D.ieu. Telle est bien la mission qui est confiée à l’homme, ainsi qu’il est dit: “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ” ou même “ J’ai été créé uniquement pour servir mon Créateur ”. Il faut, pour cela, être joyeux à tout instant.
13. Parfois, il peut arriver qu’il faille servir D.ieu dans un état d’esprit en sens inverse, à l’opposé de la joie. Nous le comprendrons en fonction d’une explication, également mentionnée par ailleurs, sur la manière de bâtir pour D.ieu un Sanctuaire, ici-bas.
Une image est donnée, à ce propos, celle de la demeure d’un roi de chair et d’os. Pour qu’il puisse y résider, celle-ci doit d’abord être débarrassée de tous les immondices qui s’y trouvent, puis décorée de beaux meubles, afin qu’elle soit digne du roi.
Or, il en est de même, dans la dimension spirituelle. Il faut d’abord évacuer les éléments négatifs, ce que l’on peut réaliser également par l’amertume. C’est ce qui est accompli pendant le mois d’Av, lorsque la joie est limitée. Ainsi, on peut réparer le fait que “ nous avons été exilés de notre terre, à cause de nos fautes ”. Mais, tout cela n’est qu’une préparation de la demeure de D.ieu. Cette demeure proprement dite, en revanche, doit nécessairement être joyeuse.
14. La Guemara, demandant d’intensifier sa joie en Adar, établit une comparaison et semble faire dépendre cette intensification de la réduction des manifestations joyeuses, pendant le mois d’Av.
Nous le comprendrons en fonction de l’affirmation de la ‘Hassidout selon laquelle la lumière la plus intense est celle qui était d’abord obscurité, puis s’est transformée. De fait, comment la joie d’un homme peut-elle être sans limite, jusqu’à “ ne plus faire la différence entre ‘maudit soit Haman’ et ‘béni soit Morde’haï ”? Précisément grâce à l’obscurité, au rejet du mal et de “ l’autre côté ”, à l’amertume qui rend la joie intense, qui lui permet de dépasser toute limite.
C’est pour cela qu’en Adar, la joie dépasse toute limite. Pendant ce mois, un tel sentiment fut obtenu à partir de l’obscurité, ainsi qu’il est dit: “ De nombreuses personnes, appartenant à d’autres nations, adoptèrent des pratiques juives ”. La source spirituelle de ces personnes était les trois forces du mal totalement impures. ...
La Michna dit aussi que, “ dès le début du mois du mois d’Av, on réduit sa joie ”. Et la Guemara remarque: “ tout comme on réduit sa joie, dès le début d’Av, on l’intensifie, quand commence Adar ”.
On peut remarquer ici deux notions opposées:
A) La formulation de cette comparaison semble accorder le rôle essentiel au mois d’Av, comme s’il était établi qu’il faille alors diminuer sa joie, affirmation de laquelle est déduite la nécessité de l’intensifier en Adar.
B) Pour autant, on peut constater, dans la pratique, que la diminution de la joie est limitée à certains domaines, en Av. Et, la joie reste envisageable, pendant ce mois. A l’opposé, l’intensification de la joie, en Adar, transcende toute limitation, jusqu’à “ ne plus faire la différence entre ‘maudit soit Haman’ et ‘béni soit Morde’haï ”.
On peut s’interroger sur cette constatation. La comparaison établie par la Guemara fait la preuve que l’intensification de la joie, en Adar, est la conséquence de sa diminution, en Av. Pourquoi ces deux mouvements n’ont-ils donc pas la même intensité?
12. On peut donner, à ce propos, une explication simple.
En effet, il convient d’être toujours joyeux, y compris pendant le mois d’Av, car l’Injonction “ servez D.ieu dans la joie ” s’applique en permanence. Aussi, lorsque l’on demande aux hommes de multiplier cette joie, ils s’élèvent littéralement au dessus de toutes les limites. La réduction de la joie, en revanche, doit toujours conserver une mesure, car celle-ci ne peut pas disparaître complètement. De fait, il faut toujours “ servir D.ieu dans la joie ”.
L’explication profonde de tout cela a déjà été exposée, par ailleurs. Il convient, en effet, de mettre en pratique la Volonté de D.ieu qui présida à la création, le désir que soit bâti pour Lui une demeure ici-bas. Celui qui réside dans une maison s’y trouve par toutes les expressions de son être. De même, l’Essence de D.ieu doit se révéler dans ce monde, pour que Sa demeure y soit édifiée.
Il est dit que “ le lieu où Il se trouve possède la puissance et l’allégresse ”. D.ieu se dévoile donc dans la joie et pour que Sa demeure soit bâtie dans ce monde, celui-ci doit aussi réunir la puissance et l’allégresse. C’est à cette condition que la matière peut Lui être consacrée.
Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre pourquoi l’on doit toujours être joyeux, même en une période pendant laquelle il est demandé de se restreindre, dans ce domaine, jusqu’à un certain point. En effet, il faut sans cesse, à chaque instant, apporter sa contribution à l’édification d’une demeure pour D.ieu. Telle est bien la mission qui est confiée à l’homme, ainsi qu’il est dit: “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ” ou même “ J’ai été créé uniquement pour servir mon Créateur ”. Il faut, pour cela, être joyeux à tout instant.
13. Parfois, il peut arriver qu’il faille servir D.ieu dans un état d’esprit en sens inverse, à l’opposé de la joie. Nous le comprendrons en fonction d’une explication, également mentionnée par ailleurs, sur la manière de bâtir pour D.ieu un Sanctuaire, ici-bas.
Une image est donnée, à ce propos, celle de la demeure d’un roi de chair et d’os. Pour qu’il puisse y résider, celle-ci doit d’abord être débarrassée de tous les immondices qui s’y trouvent, puis décorée de beaux meubles, afin qu’elle soit digne du roi.
Or, il en est de même, dans la dimension spirituelle. Il faut d’abord évacuer les éléments négatifs, ce que l’on peut réaliser également par l’amertume. C’est ce qui est accompli pendant le mois d’Av, lorsque la joie est limitée. Ainsi, on peut réparer le fait que “ nous avons été exilés de notre terre, à cause de nos fautes ”. Mais, tout cela n’est qu’une préparation de la demeure de D.ieu. Cette demeure proprement dite, en revanche, doit nécessairement être joyeuse.
14. La Guemara, demandant d’intensifier sa joie en Adar, établit une comparaison et semble faire dépendre cette intensification de la réduction des manifestations joyeuses, pendant le mois d’Av.
Nous le comprendrons en fonction de l’affirmation de la ‘Hassidout selon laquelle la lumière la plus intense est celle qui était d’abord obscurité, puis s’est transformée. De fait, comment la joie d’un homme peut-elle être sans limite, jusqu’à “ ne plus faire la différence entre ‘maudit soit Haman’ et ‘béni soit Morde’haï ”? Précisément grâce à l’obscurité, au rejet du mal et de “ l’autre côté ”, à l’amertume qui rend la joie intense, qui lui permet de dépasser toute limite.
C’est pour cela qu’en Adar, la joie dépasse toute limite. Pendant ce mois, un tel sentiment fut obtenu à partir de l’obscurité, ainsi qu’il est dit: “ De nombreuses personnes, appartenant à d’autres nations, adoptèrent des pratiques juives ”. La source spirituelle de ces personnes était les trois forces du mal totalement impures. ...