La qualité de garant - Likoutei sihot - Volume 4 - Parachat Nitsavim - Paragraphes 1-8

21 septembre 2024 · 18 éloul 5784 · 33:54 · 47 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Nitsavim Elloul Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 4

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1. Comme le rapporte le Kovets Mi’htavim, à la fin du Tehilim Ohel Yossef Its’hak, page 193 et le Hayom Yom, à la date du 25 Elloul, l’Admour Hazaken enseigne une explication qu’il avait reçue du Maguid de Mézéritch, lequel, lui-même, la tenait du Baal Chem Tov. Celle-ci justifiait que la bénédiction du mois de Tichri ne soit pas prononcée pendant le Chabbat précédant son début, comme on le fait pour tous les autres mois de l’année. En voici les termes :

“ Le septième mois est ‘le premier mois de l’année’ (selon les termes du verset Chemot 12, 2, l’accent étant mis ici sur l’année). Le Saint béni soit-Il Lui-même lui accorde la bénédiction, pendant le Chabbat qui le précède, le dernier d’Elloul et c’est par cette force que les Juifs bénissent les mois, onze fois par an. Il est dit que ‘vous êtes présents, en ce jour’, c’est-à-dire à Roch Hachana, jour du jugement (selon le Paanéa’h Raza, à la fin de la Parchat Nitsavim et le Likouteï Torah, au début de la Parchat Nitsavim). Il est dit (Yov 2, 1) : ‘Et, ce fut le jour’ et le Targoum explique : ‘Ce fut le jour du grand jugement’. Or, ‘vous êtes tous présents’, debouts et forts (comme le dit le Midrach Tan’houma, au début de la Parchat Nitsavim), vainqueurs dans ce jugement.

Durant le Chabbat qui précède Roch Hachana, le dernier du mois d’Elloul, on lit la Parchat Nitsavim (comme le disent les Tossafot, au traité Meguila 31b, le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 428, paragraphe 4 et le Likouteï Torah, au début de la Parchat Nitsavim). Et, celle-ci exprime la bénédiction du Saint béni soit-Il, en ce Chabbat qui bénit le septième mois de l’année, lequel est rassasié de forces et apporte tout le bien, pour tout Israël, tout au long de l’année (comme l’expliquent le Midrach Vaykra Rabba, chapitre 29, paragraphe 8 et les notes sur le Tanya, à la page 58). ”

On retrouve cette notion également dans la partie révélée de la Torah, puisque la Pessikta de Rav Kahana dit, au chapitre 5 : “ Avant la sortie d’Egypte, le Saint béni soit-Il tenait Lui-même les comptes et Il proclamait les nouveaux mois. Puis, les enfants d’Israël quittèrent l’Egypte et, dès lors, ce compte leur fut transmis. Depuis lors, ils l’établissent eux-mêmes ”, ce qui veut bien dire qu’ils ont la force de sanctifier le nouveau mois, comme le faisait auparavant le Saint béni soit-Il. Et, le Maguen Avraham, commentant le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 417, paragraphe 1, souligne que la bénédiction du mois, telle qu’elle est prononcée à l’heure actuelle, est liée à la sanctification du nouveau mois par le tribunal, à l’époque.

Commentant le verset “ Vous êtes tous présents… pour te faire contracter l’alliance ”, les commentateurs de la Torah soulignent que Moché nomma les enfants d’Israël garants, les uns pour les autres. Or, on peut s’interroger, à ce sujet :
A) Comment lier cette explication à celle du Baal Chem Tov ?
B) De plus, l’état de garant découlait, certes, de l’alliance qui était alors conclue avec Moché. Pour autant, il fut effectif, de différents points de vue, uniquement après l’entrée en Erets Israël. Pourquoi donc n’eut-il pas un effet immédiat, dès que l’alliance fut conclue ?

2. Pour pouvoir répondre à cette question, il faut d’abord expliquer une notion plus générale, concernant la possibilité accordée à un Juif de se porter garant pour un autre.

Logiquement, c’est le plus fort, dans le domaine envisagé, qui doit se porter garant pour le plus faible. C’est le cas, par exemple, dans le domaine financier. Si l’on effectue une transaction avec un pauvre, dont on ne sait pas s’il sera solvable, on lui demande de produire la garantie offerte par un riche. A l’opposé, il serait inconcevable qu’un petit se porte garant pour un grand.

Or, il est dit que “ tous les Juifs sont garants les uns des autres ”. Il s’agit bien là de chaque Juif, y compris celui qui possède le niveau le plus humble. Celui-là peut, néanmoins, être le garant de tous les autres, y compris le plus grand. C’est la raison pour laquelle, comme le précise la Hala’ha, le Juif le plus modeste, qui a déjà accompli une Mitsva, peut, malgré cela, prononcer de nouveau une bénédiction pour acquitter de son obligation un autre Juif, bien qu’il soit beaucoup plus grand que lui, précisément parce que “ tous les Juifs sont garants les uns des autres ”, comme l’expliquent Rachi, commentant le traité Roch Hachana 29a et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 197, paragraphe 6.

3. Commentant le verset “ Vous êtes tous présents ”, l’Admour Hazaken explique, dans le Likouteï Torah, au début de la Parchat Nitsavim, que “ tous les Juifs forment un grand organisme ”. Or, dans le corps humain, les pieds ont une qualité que la tête n’a pas et cette dernière, sans les pieds, ne peut parvenir à la plénitude. Et, il en est de même pour l’ensemble du peuple juif. L’homme le plus bas, coupeur de bois ou puiseur d’eau, possède une qualité que n’a pas le chef de tribu.
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