Le miracle de la traversée de la Mer Rouge - Likoutei sihot - Vol 3 - Chevii chel Pessa'h - Par 1-9

25 avril 2024 · 17 nissan 5784 · 54:45 · 64 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Chemot Pessa'h Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 3

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1. Le Midrach Chemot Rabba, chapitre 21, paragraphe 10, explique que, lors du passage de la mer Rouge, des arbres poussèrent dans le lit de la mer, qui produisirent des fruits. Les enfants les cueillirent et en nourrirent les oiseaux, qui gazouillèrent également, lorsque les enfants d’Israël entonnèrent le Cantique de la mer.

Il est un principe établi, au traité Chabbat 53b, selon lequel "D.ieu ne fait pas de miracle inutile". Ainsi, les Drachot du Ran disent: "D.ieu souhaite que soient conservés, dans toute la mesure du possible, les usages du monde. Les lois naturelles Lui sont chères et Il les modifie seulement en dernière instance".

En effet, la nature est la création de D.ieu, bien qu’elle soit conçue pour Le voiler. La ’Hassidout souligne que le mot Téva, la nature, désigne, étymologiquement, ce qui est noyé, ainsi qu’il est dit: "Ils furent noyés (Touveou) dans la mer Rouge". Car, lorsqu’un objet est placé dans la mer, il est recouvert par l’eau, de sorte que l’on ne peut plus le voir. De même, la nature cache la vitalité divine qui conduit le monde à l’existence.

Certes, D.ieu "renouvelle, tous les jours, en permanence, la création originelle". Néanmoins, les lois naturelles font que "la situation du monde est immuable", se renouvelant toujours à l’identique, comme le constate le traité Avoda Zara 54b. Il pourrait donc sembler que ce monde n’a pas de Dirigeant, ce qu’à D.ieu ne plaise, qu’il évolue de manière autonome.

En fait, la nature fut elle-même créée par D.ieu, ainsi qu’il est dit (Yermyahou 33, 25): "J’ai promulgué les lois des cieux et de la terre". Bien plus, les phénomènes naturels reçoivent une finalité précise. En conséquence, D.ieu ne fait pas de miracle, ne modifie pas la nature lorsque cela n’est pas indispensable. Car les phénomènes naturels ne doivent pas être remis en cause.

Aussi, comme le demandent les Tossafot Yom Tov, commentant le traité Avot, chapitre 5, Michna 4, la question suivante peut-elle être posée. Pourquoi l’unique ouverture de la mer Rouge ne suffisait-elle pas pour le salut des enfants d’Israël? Pourquoi un autre miracle fut-il nécessaire, ces arbres qui poussèrent, donnèrent des fruits dès qu’ils apparurent, allant ainsi à l’encontre des lois de la nature, d’après lesquelles un certain temps est nécessaire, avant qu’un arbre donne des fruits, puis pour que ceux-ci soient comestibles? En l’occurrence, les fruits purent immédiatement être donnés aux oiseaux.

De même, on peut se demander pourquoi l’on ne traversa pas la mer Rouge en en asséchant l’eau. Dès lors, elle n’aurait plus été une mer, alors qu’en l’occurrence, l’eau resta, se fendit et forma une paroi, de part et d’autre des enfants d’Israël, ainsi qu’il est dit: "Les eaux formaient un mur, à leur droite et à leur gauche". Or, il suffisait qu’ils traversent à pied sec. Quelle était donc l’utilité du miracle qui transforma l’eau en muraille?

Et, l’on ne peut pas considérer que c’était là le seul moyen de traverser la mer Rouge, en faisant un chemin au milieu de celle-ci, d’après l’explication du Chaar Ha Y’houd Ve Ha Emouna, au chapitre 2, des commentateurs de la Michna du traité Avot et des Avot de Rabbi Nathan, précisant pourquoi le verset répète deux fois "à leur droite et à leur gauche".

Il faut en conclure que le miracle qui transforma l’eau en un mur et celui qui permit à des arbres fruitiers de pousser dans le lit de la mer n’avaient nullement un caractère accessoire, mais qu’ils étaient bien partie intégrante de la traversée de la mer Rouge. C’est pour cela que la Torah répète, par deux fois, aux versets Chemot 14, 22 et 14, 29, que "les eaux formaient un mur, à leur droite et à leur gauche".

La première fois correspond à leur entrée dans la mer Rouge. Il est dit, à ce propos, que "les enfants d’Israël entrèrent dans la mer, à pied sec et les eaux formaient un mur, à leur droite et à leur gauche". La seconde se situa à l’issue de leur passage, après la noyade des Egyptiens. Il faut en conclure que, pendant toute la durée de cette traversée à pied sec, il était important que l’eau forme une muraille.

2. Commentant le verset "les eaux formaient un mur, à leur droite et à leur gauche", la Me’hilta, sur Chemot 14, 29, explique que l’accusation suivante était alors portée contre les enfants d’Israël: "Des hommes servant les idoles traversent la mer à pied sec !". De fait, il y avait alors des idolâtres, parmi eux et la question se posait donc de l’opportunité de les sauver, par ce miracle. Car, en quoi se distinguaient-il des Egyptiens? Le Yalkout Reouvéni, sur Chemot 14, 27 et le Zohar, tome 2, page 170b, disent bien: "Ceux-ci sont idolâtres et ceux-là le sont également".

La réponse de la Me’hilta est la suivante: "Comment les enfants d’Israël furent-ils sauvés? Grâce à leur droite et à leur gauche. Leur droite est le mérite de la Torah qu’ils s’apprêtaient à recevoir, ainsi qu’il est dit: de Sa main droite, Il donna le feu de la loi. Leur gauche est la prière".
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