Prier pour manger ?? - Likoutei sihot - Volume 1 - Fin Ytro

7 février 2023 · 16 chevat 5783 · 15:10 · 30 vues

Rav Menahem Altabe Likoutei Si'hot Paracha Yitro Youd Chevat Série : Likoutei sihotSérie : Likoutei sihot - Volume 1

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Il existe une note de mon beau-père, le Rabbi, dont nous avons célébré la Hilloula, rapportant quelques souvenirs de son grand-père, le Rabbi Maharach et de sa grand-mère, la Rabbanit Rivka, épouse du Rabbi Maharach, dont la Hilloula est également le 10 Chevat.

Parmi ces souvenirs, figure également un récit, déjà imprimé par ailleurs, rapportant qu’à l’âge de dix huit ans, elle fut atteinte d’une grave maladie. Le médecin lui prescrivit de manger dès son lever, le matin. Mais, ne souhaitant pas manger avant la prière, elle se levait très tôt, priait et mangeait par la suite, ce qui lui permettait à la fois de manger de bonne heure et de ne pas le faire avant la prière. Bien évidemment, ceci ne renforça pas son état de santé et, bien plus, elle était épuisée pendant tout le reste de la journée.

Le Tséma’h Tsédek lui dit alors : “ Un Juif doit être plein de santé et vigoureux. Il est dit des Mitsvot que “ l’on vivra par elles ”, ce qui veut dire que l’on doit leur insuffler la vitalité, comme l’explique le Maguid de Mézéritch.

Comment vivifier les Mitsvot ? En étant fort et joyeux. Tu ne dois donc pas jeûner. Il vaut mieux manger pour prier que prier pour manger ”.

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Les récits de nos maîtres

Il est, de façon générale, deux sortes d’accomplissements des hommes :

A) Il y a, tout d’abord, les actes que l’on accomplit pour D.ieu, comme l’étude de la Torah, la prière, l’accomplissement des Mitsvot.

B) Il y a, par ailleurs, les actes que l’on fait pour soi-même, parce qu’ils sont réellement utiles ou bien parce que l’on pense qu’ils le sont.

L’acte représentatif de la première catégorie est la prière, qui consiste à s’adresser au Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, à s’attacher à Lui, à mettre en pratique les termes de l’Injonction “ Sache devant Qui tu te tiens ”.

L’acte représentatif de la seconde catégorie est l’alimentation, qui englobe, de manière générale, tous les besoins de l’homme, desquels il “ a faim ”. C’est donc en les “ consommant ” qu’il satisfait ce besoin.

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Les deux façons de prier et manger

On peut envisager différentes façons de prier et de manger.

On peut imaginer que l’existence de l’homme s’organise autour de deux pôles indépendants. Celui-ci “ prie ”, d’une part et “ mange ”, d’autre part, sans qu’aucune relation n’existe entre ces deux activités. Lorsqu’il étudie la Torah, accomplit les Mitsvot ou prie, il se coupe totalement des préoccupations du monde, au point de laisser penser qu’il est un Juste parfait.

Puis, par la suite, il entre en contact avec le monde, exerce une activité commerciale ou, tout simplement, va manger. Dès lors, la sainteté, la spiritualité et la finesse disparaissent totalement de son comportement.

C’est à propos d’une telle manière d’agir que nos Sages s’interrogent : “ Se préoccupe-t-on des sots ? Il faut écarter les impies ”.

Il est donc une seconde façon, qui permet d’établir une relation entre la prière et l’alimentation. Un tel homme, avant chaque action, consultera le Code des Lois juives et se conformera à ses enseignements. Néanmoins, il “ priera pour manger ”. En d’autres termes, il aura conscience de devoir “ malheureusement ”, s’en remettre à D.ieu. Or, comment obtenir la bénédiction de D.ieu ? Selon les termes du verset : “ Si vous marchez dans Mes décrets, Je donnerai vos pluies en leur temps ”.

Cet homme mettra en pratique la Volonté de D.ieu afin d’obtenir, de Sa part, la satisfaction de tous ses besoins, d’être récompensé pour sa prière.

Certes, la Guemara dit que “ celui qui donne une pièce à la Tsédaka pour que son fils ait la vie sauve est un Juste parfait ”. Il est donc légitime de “ prier pour manger ”. Bien sûr, Rachi, commentant ce passage de la Guemara, introduit une restriction : “ Il peut le faire uniquement s’il en prend l’habitude ”. Il ne s’agit donc pas de donner de la Tsédaka jusqu’à ce que ce fils ait la vie sauve, puis de cesser de le faire. Bien au contraire, cette pratique devra être maintenue par la suite.

Néanmoins, même dans ce dernier cas, il est clair que cette manière de servir D.ieu n’est pas la plus élevée, dès lors qu’un tel homme recherche son intérêt personnel.

Bien sûr, la Guemara confirme que l’on peut étudier la Torah et mettre en pratique les Mitsvot, sans pour autant le faire pour le Nom de D.ieu. Cependant, dans quel cas autorise-t-elle une telle démarche ? La Guemara le dit elle-même. Il faut qu’à terme, un tel homme puisse agir pour le Nom de D.ieu.

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Prier et manger pour prier

La finalité ultime n’est donc pas que la prière et la nourriture soient hermétiquement séparées, ni même de “ prier pour manger ”. Il faut, bien au contraire, “ manger pour prier ”.

Il est bien évident qu’il faut “ prier pour prier ”. Si l’on a conscience que D.ieu demande d’étudier la Torah et d’accomplir les Mitsvot, pourrait-on agir autrement ? ...

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