Jérémie Cohen, 31 ans, a été écrasé par un tramway le 16 février après avoir été agressé à Bobigny. Ce mercredi, la garde à vue de deux suspects a été prolongée de 24 heures.

 

Près de deux mois après la mort de Jérémie Cohen le 16 février dans un accident de tramway à Bobigny (Seine-Saint-Denis), deux hommes âgés d’une vingtaine d’années ont été placés en garde à vue mardi après-midi, a-t-on appris ce mercredi de sources concordantes. Celle-ci vient d’être prolongée de 24 heures.

Après cet accident, le commissariat de Bobigny avait d’abord diligenté une enquête pour « homicide involontaire par conducteur », en l’occurrence le conducteur du tramway, avant qu’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux ne mette le feu aux poudres, à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle.

L’enquête s’est alors concentrée sur les faits survenus quelques secondes avant l’accident ayant coûté la vie à cet homme de 31 ans, de confession juive. Dans la vidéo, on apercevait le jeune homme être roué de coups, avant de le voir courir quelques secondes, traversant la chaussée puis les voies de tramway avant d’être percuté. Les deux suspects interrogés par les enquêteurs sont bien, selon nos informations, soupçonnés d’avoir donné des coups à Jérémie.

La famille a déploré « les lacunes de la police »
Quelques heures après la publication de cette vidéo sur les réseaux sociaux, le fait divers s’était invité dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. La famille de la victime avait notamment été reçue par le candidat Éric Zemmour, alors que des interrogations étaient soulevées concernant le caractère antisémite des violences.

Dans une conférence de presse donnée le 5 avril, le procureur de la République Éric Mathais avait indiqué que rien n’indiquait le caractère « discriminatoire » de cette agression à ce stade de l’enquête. « Les raisons de la présence de la victime à Bobigny et les motifs de l’agression ne sont pas déterminés », expliquait-il. Et de préciser notamment qu’« aucun élément ne permet d’établir avec certitude que la victime était porteuse d’une kippa au moment de la scène de violence ».

Deux jours plus tard, la mère du jeune homme et son conseil avaient regretté « les lacunes de la police » au début de l’enquête, indiquant que c’était « grâce à la persévérance » de la famille, qui avait mené ses propres investigations, que la police avait finalement pu mettre la main sur les images de vidéosurveillance qui ont été diffusées sur les réseaux sociaux.

Le conducteur du tramway a été mis hors de cause
L’enquête pour « violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner » est désormais entre les mains de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis. « Nous avons rencontré les nouveaux enquêteurs et espérons qu’ils arriveront à faire toute la lumière, précisait Évelyne Cohen. Nous leur faisons entièrement confiance. » Elle a rappelé qu’à ce jour, elle n’était pas en mesure de dire « si le caractère antisémite » de cette agression était avéré.

Concernant le conducteur du tramway, l’infraction pénale a été classée sans suite le 22 février, l’enquête concluant que celui-ci n’avait commis aucune faute. Il n’était pas sous l’empire d’alcool ou de stupéfiants et n’était pas en train de téléphoner. Il roulait à une vitesse normale. Leparisien.fr

 

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