La Haftara de la Parachat ‘Houkat Balak

Le prophète Mi’ha (Michée : 4,6) מיכה
Il y a un prophète dans la ville !

D’habitude, les prophètes adressent des reproches au peuple qui a fauté mais le peuple ne les écoute pas et ses sombres prédictions se réalisent. Mais ce n’est pas le cas avec le prophète Mi’ha.
A l’époque de ‘Hizkiyaou, roi de Yehouda, le peuple se conduisit mal ; le jeune prophète Mi’ha se leva et l’admonesta de façon très sévère, prédisant même la destruction du Beth Hamikdach (le Temple) ! Effrayé, le roi ‘Hizkiyaou rassembla le peuple, renforça parmi ses sujets l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot et… le décret fut annulé.

Bien des années plus tard, le prophète Yirmiyaou (Jérémie) annonça lui aussi la prochaine destruction mais le peuple voulut le mettre à mort. Les Anciens se souvinrent alors qu’au temps de Mi’ha, le roi ‘Hizkiyaou, loin de chercher à le tuer, l’avait écouté et avait ramené le peuple à la Techouva, annulant ainsi le décret.

C’est la seule fois dans le Tana’h qu’un prophète cite un autre prophète.

Mi’ha eut la particularité de prophétiser dans les deux royaumes, d’Israël et de Yehouda. Il adressa des reproches aux notables du peuple, en même temps que trois autres prophètes : Hochéa, Amos et Yichaya (Isaïe).
Nos Sages de mémoire bénie expliquent que Mi’ha résuma toutes les Mitsvot en trois Mitsvot principales : « Voici ce qui est bon et ce que D.ieu exige de toi : simplement de pratiquer la justice, d’aimer prodiguer des bienfaits et de marcher avec discrétion avec l’Éternel ton D.ieu ».
– Pratiquer la justice : c’est se conduire selon la loi
– Aimer prodiguer des bienfaits : c’est répandre le bien autour de soi
– Marcher avec discrétion : c’est aider une mariée financièrement et accompagner le mort à sa dernière demeure.

La Haftara en résumé

Le prophète reprend les paroles de l’Eternel qui met en garde le peuple d’Israël dans un procès intenté au peuple non sans rappeler et c’est la le lien avec la paracha Balak les bienfaits dont Il a gratifié son peuple (notamment le complot ourdi par Bilam et Balak contre Israël).
Le prophète semble indiquer qu’aux yeux de l’Eternel les actions de justice semblent préférables aux offrandes sacrificielles

L’enseignement du Rabbi
Comment se libérer des tracas matériels ?

« Et le reste de Yaakov (Jacob) sera au milieu de nombreux peuples … ils ne dépendront pas de l’homme, ils ne dépendront pas des enfants de l’homme » (Mi’ha 5 : 6).
Rabbi Yossef Yits’hak, le précédent Rabbi de Loubavitch décrit la méthode employée par le Yétsère Harah, le mauvais penchant. Il ne commence pas sa mission en incitant l’homme à transgresser ouvertement une Mitsva, ‘Hass Vechalom ! Non ! Il évoque d’abord une bonne raison de contester cette Mitsva, de la remettre à plus tard … Petit à petit, il s’enhardit et l’homme finit par lui céder et, D.ieu préserve, par commettre de véritables fautes.

Il existe deux façons d’affronter ce mauvais penchant et de dévoiler D.ieu dans ce monde :
1) D.ieu demande à l’homme de préparer un réceptacle pour la bénédiction : en agissant selon les règles de la nature, l’homme se procure un composant non négligeable pour assurer sa réussite.
2) L’homme ne considère pas que son travail et ses efforts soient la clé de sa réussite : ils ne sont qu’un moyen que D.ieu lui demande de mettre en œuvre pour lui accorder Sa bénédiction.

La Paracha de Balak évoque l’idolâtrie de Baal Péor qui consistait à adorer l’idole avec les déchets humains les plus répugnants. Ceci est une allusion à l’importance que nous accordons parfois aux plaisirs de ce monde et à l’attention trop grande que nous portons aux objets matériels. Pour expier cette faute très grave, il faut agir avec Messirout Néfech, un dévouement hors normes aux causes spirituelles, bien au-delà de l’entendement intellectuel, pour arriver au niveau où D.ieu et le monde ne font qu’un.

Maintenant nous comprenons le lien entre la Paracha et la Haftara. Le prophète Mi’ha annonce le fait qu’avant la venue de Machia’h, l’essentiel sera de « ne pas compter sur les hommes » malgré le fait qu’on se trouve dans le monde matériel et qu’on agisse avec des moyens naturels. Nous ne devons pas accorder une importance exagérée à la nature et au travail : notre unique préoccupation doit être de réaliser la volonté de D.ieu.
Alors aucune difficulté ne nous causera d’inquiétude ou ne nous bouleversera, nous aurons une confiance totale en D.ieu qui nous délivrera de cet exil, matériel et spirituel.

haftara 12 -Houkat Balak

La Haftara de la Parachat Kora'h

Chmouël (Samuel) שמואל

Le Midrach raconte que, quarante ans avant la naissance de Chmouël, une Voix Céleste proclamait que naîtrait un grand Tsadik qui s’appellerait Chmouël. Toutes les femmes qui enfantèrent alors appelèrent leurs fils Chmouël et ce n’est qu’après la naissance du fils de ‘Hanna que la Voix stoppa et qu’on comprit de quel Chmouël il s’agissait.

Elkana (de la tribu d’Efraïm) avait deux épouses, Pnina qui avait dix fils et ‘Hanna.

Pendant longtemps, ‘Hanna n’avait pas eu d’enfants : elle était stérile. Sa prière ardente dans le sanctuaire de Chilo devint un modèle de prière sincère pour toutes les générations : elle promit que, si elle était enfin exaucée, elle vouerait son enfant au service du sanctuaire. Miraculeusement, elle mit au monde en 2830 (931 ans avant l’ère commune) Chmouël qui fut, dès sa naissance, déclaré Nazir (s’abstenant de boire du vin, de se couper les cheveux et de se rendre impur au contact des morts). A l’âge de deux ans, il fut amené au sanctuaire de Chilo et élevé par Élie le Cohen Gadol auquel il succéda à la tête du peuple juif.

Chmouël était très aimé par le peuple qu’il dirigea avec sagesse. C’est lui qui couronna Chaoul (Saül) premier roi d’Israël. Au début, Chaoul obéit avec soumission à Chmouël mais, quand il faillit à sa mission de tuer le peuple d’Amalek, il perdit sa royauté et Chmouël dût alors choisir David pour lui succéder.

Chmouël décéda à l’âge de 52 ans, le 28 Iyar et fut enterré non loin de l’actuel quartier de Ramot à Jérusalem. Le sanctuaire de Nov fut détruit la même année puis reconstruit à Guivone.

Chaoul qui n’avait pas supporté sa propre destitution puis la mort de Chmouël, décéda quatre mois plus tard.

Chmouël avait été un Juge puis un prophète d’un niveau exceptionnel. Il rédigea les livres bibliques des Juges, de Ruth et de Chmouël.

La Haftara en résumé

La Haftara de Kora’h est tirée du livre de Chmouël. Tout comme dans la Paracha, la Haftara traite du désir exprimé par les enfants d’Israël de trouver un « leader ». En l’espèce le peuple exprime la volonté d’être dirigé par un roi désigné par le prophète Samuel (en l’occurrence Saül).

Ce désir populaire s’inscrit comme une volonté de la part des enfants d’Israël d’adopter les coutumes des nations alentours.

Samuel manifeste une réticence à l’idée d’instaurer une monarchie sur Israël mais y consent finalement non sans rappeler au peuple de manière solennelle que le pouvoir temporel n’est rien et que seul le Tout Puissant est Roi d’Israël.

L’enseignement du Rabbi Fais pour toi un influenceur !

« Alors Chmouël s’adressa à tout Israël : « J’ai donc accepté ce que vous m’avez demandé : j’ai nommé pour vous un roi ! ». (Chmouël 12 : 1).

Le peuple avait demandé à Chmouël (qui, à l’époque, était le Juge c’est-à-dire le chef du peuple) : « Nomme sur nous un roi pour nous gouverner » (Chmouël 8 : 7).

Très peiné par cette requête, Chmouël s’inquiéta auprès de D.ieu qui répondit : « Fais comme ils te demandent ! Ce n’est pas toi qu’ils rejettent mais Moi-même ! ».

On se trouve donc devant une certaine contradiction : d’un côté, D.ieu agrée à leur demande mais, d’un autre côté, Il est déçu …Pourquoi ? Après tout, la Torah elle-même avait prévu, avant l’entrée du peuple juif sur sa terre, que le peuple aurait besoin d’un roi… (Devarim – Deutéronome Choftim – 17 : 15) : « Tu te donneras un roi » !

Nous devons d’abord comprendre qu’un roi est nécessaire pour deux fonctions : 1) Le Pirké Avot (3 : 2) déclare : « Prie pour la paix de la royauté car si elle n’inspirait pas la crainte, un homme dévorerait son ami vivant ! ». Le roi gouverne et oblige le peuple à bien se comporter en respectant les lois car il impose sa crainte à ses sujets. 2) Quand le peuple est vertueux, le roi le domine par sa supériorité intellectuelle et morale : grâce à lui, le peuple a accès à des notions spirituelles auxquelles il ne pourrait accéder tout seul.

Le peuple juif est croyant de par sa nature. Logiquement, cette croyance devrait éveiller en lui une crainte et une soumission naturelles devant D.ieu. Mais si ce sentiment est défaillant, le roi reprend la situation en main et dirige le peuple avec fermeté pour l’obliger à retrouver la crainte de D.ieu et donc à se conduire de façon digne.

Si le peuple parvient par lui-même à développer son respect inné de D.ieu, alors le roi pourra se consacrer à éveiller en lui des sentiments encore plus sublimes, au-delà de la compréhension et des capacités intellectuelles de ses sujets. C’est le deuxième niveau de la royauté.

Le prophète Chmouël espérait que, de lui-même, le peuple avait atteint ce premier niveau de crainte de D.ieu et pourrait donc jouir du deuxième niveau que seul le roi pouvait lui faire atteindre.

Mais le peuple n’avait vraisemblablement pas atteint cette ambition : il ne demandait pas à Chmouël un roi qui l’aiderait à comprendre des notions spirituelles élevées mais simplement « un roi comme tous les peuples », juste pour faire régner l’ordre et la justice – ce que les Juifs auraient normalement pu instituer par eux-mêmes. D.ieu accepta leur requête et leur donna un roi qui serait d’abord chargé de gouverner et d’inspirer la crainte naturelle de D.ieu. Par la suite, ce roi pourrait hisser le peuple au deuxième niveau d’attachement à la Torah et ses vérités sublimes.

Actuellement, nous vivons en exil et nous ne pouvons pas accomplir cette Mitsva de : « Tu te donneras un roi ! ». Cependant, nous avons l’obligation de nommer sur nous-mêmes un « roi », c’est-à-dire un Rav, une personnalité qui aura sur nous une influence bénéfique, qui nous aidera à avancer dans la vie : au début, il nous aidera à mettre de l’ordre dans notre situation et à respecter les Mitsvot de base. Une fois que ce niveau aura été atteint, il nous permettra d’atteindre des niveaux spirituels élevés que nous ne pouvons pas atteindre par nous-mêmes. (Likoutei Si’hot 24 Choftim 1)

TELECHARGER – Haftara 11 – Korah

 

La Haftara de la Parachat Chela'h

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Yehochoua Bin Noun יהושע בן נון

Connu comme le fidèle serviteur de Mo- ché (Moïse), Hochéa fut choisi par lui pour mener la première guerre contre Amalek, juste après la traversée de la Mer des Joncs, après la sortie d’Égypte. Il réussit à affaiblir cet ennemi implacable du peuple juif. Par la suite, Hochéa accompagna Moché une partie du chemin quand celui-ci gravit le Mont Sinaï pour recevoir la Torah et l’attendit fidèlement, pendant 40 jours. C’est lui aus- si qui bénéficia des enseignements de son maitre puis les transmit aux Anciens (qui les transmirent aux prophètes et ceux-ci aux Hommes de la grande Assemblée). Quand Hochéa fut nommé comme repré- sentant de sa tribu pour accompagner les Ex- plorateurs, Moché ajouta au début de son nom la lettre Youd que D.ieu avait enlevée du nom de Saraï (Sarah, femme d’Avraham) en lui sou- haitant : « Que D.ieu te sauve de la conspiration des Explorateurs ! ». Effectivement, Yehochoua ainsi que Calev ne se joignirent pas à la révolte et tentèrent (sans succès) de ramener le peuple désespéré à la raison. A la mort de Moché, Yéhochoua reçut l’es- prit prophétique qui lui permit de conquérir la Terre d’Israël à l’aide de grands miracles : le peuple put traverser le Jourdain à pieds secs, les impressionnantes murailles de Jéricho s’enfoncèrent après que les Enfants d’Israël les aient encerclées sept fois le jour de Chabat en sonnant du Chofar, le soleil et la lune s’ar- rêtèrent pour permettre la conquête de la ville de Guivone, une pluie de grêlons s’abattit sur les ennemis… Yehochoua composa d’importantes prières : le deuxième paragraphe du Birkat Hamazone (qu’on récite après le repas), re- merciant D.ieu pour la conquête de « la terre précieuse, bonne et vaste » ainsi que celle d’Alénou (qu’on récite après chaque office) pour remercier le Maître de tous qui sera bien- tôt reconnu comme tel par les peuples du monde.

La Haftara en résumé

La Haftara de la semaine narre la préparation de la conquête de Jericho par Josué. Tout comme Moise dans la Paracha, Josué envoie des éclaireurs afin de préparer la prise de la ville. Ceux-ci sont accueillis par une « aubergiste » d’une grande beauté dénommée Ra’hav qui cache les deux espions en leur faisant promettre de lui laisser la vie sauve à elle et sa famille lors de l’attaque et de la destruction de la ville. La Haftara s’achève avec le retour des explorateurs ayant échappé à la police du roi de Je- richo, et qui à la différence des envoyés de Moise, dressent un état des lieux encourageant s’agissant des chances de victoire.

L’enseignement du Rabbi – Le besoin d’être attaché aux Tsadikim

« Josué, fils de Noun, envoya secrètement deux espions depuis Sittim : « Allez, examinez le pays et, en particulier, Jéricho ». Ils partirent… ». (Josué 2 : 1) Nous constatons deux différences entre les espions de Moise et ceux de Josué : 1) Quand Moché demanda à D.ieu s’il devait envoyer des espions, D.ieu lui répondit : « Envoie pour toi » Je te laisse le choix de leur confier cette mission. Par contre, à l’époque de Josué, c’est D.ieu Lui-même qui se chargea de les envoyer. 2) Les espions de Moché ont exploré « en long et en large » la terre d’Israël ; ceux de Josué se sont rendus uniquement à Jéricho – le meilleur endroit de la terre d’Israël – d’où on peut explorer tout le pays. Quelle est la raison de ces différences ? Pourquoi, de ce fait, ces missions ont-elles eu des résultats différents ? La mission d’un homme sur terre est de parvenir à conquérir ses propres forces et capacités pour qu’elles servent à dévoiler la Présence de D.ieu. Ainsi l’événement des explorateurs nous éclaire sur la façon dont nous devons – spirituellement et à leur exemple – conquérir notre corps. Pour cela, l’homme est doté de trois « habits de l’âme » : la pensée, la parole et l’action ainsi que de sept « Midot » (attributs). Les trois habits sont une référence à Jéricho dont le nom vient de Réa’h, l’odeur, un élément extérieur à l’homme. De ce fait, nous pouvons facilement changer ces « habits » et c’est pour cela que D.ieu nous ordonne effectivement de parvenir par nos efforts à les transformer pour le bien. Par contre, les sept « attributs » symbolisent la Terre d’Israël, la terre des sept peuples : sa conquête est réservée aux Sages et aux Grands du peuple juif. Ainsi D.ieu ne peut ordonner au peuple de la conquérir, Il confia cette mission à Moché. C’est en vérité la seule raison pourquoi Josué et Calev – qui étaient attachés totalement à Mo- ché – ont pu avec et grâce à la force de Moshé accomplir avec succès leur mission !

 

 


Haftara de la Parachat Beaalote'ha

le GrandPrêtre Yehochoua יהושע כהן גדול

Qui était le Grand-Prêtre Yehochoua ? Lors de la conquête de Jérusalem par les Babyloniens, quand ils s’approchèrent pour brûler le Beth Hamikdach (le Temple), 80 000 Cohanim montèrent sur le toit et se jetèrent dans les flammes (comme le rapporte le traité Taanit 25). Seul Yehochoua, le Grand-Prêtre survécut miraculeusement.

A la même période, deux faux prophètes, A’hav et Tsidkiya se présentèrent devant le roi Nevou’hadnétsar (Nabuchodonosor) avec des propositions immorales concernant sa fille. Indigné, le roi menaça de les faire jeter dans une fournaise ardente pour vérifier l’authenticité de leurs allégations.

Rusés, les deux hommes demandèrent à ce qu’une troisième personne se joigne à eux – de la même façon que les 3 amis du prophète Daniel avaient été miraculeusement sauvés. Ils proposèrent le Grand- Prêtre Yehochoua puisque celui-ci avait déjà été sauvé des flammes. Mais leur plan échoua : comme l’avait prédit le (vrai) prophète Jérémie, les deux charlatans furent brûlés tandis que Yehochoua échappa aux flammes. Il est donc appelé dans la Haftara : « Un tison sauvé du feu ». Avec cependant un léger problème : ses vêtements furent abîmés.

Pourquoi ce problème avec ses vêtements ? Si Yehochoua n’avait rien à se reprocher personnellement, le fait est que ses fils avaient épousé des femmes qui ne convenaient pas à leur statut de Cohen mais il ne les en avait pas empêchés. Après ce miracle, ses fils reconnurent la gravité de leur faute et la réparèrent. Yehochoua put alors retrouver des vêtements dignes de sa fonction.

 

La Haftara en résumé

  • La Haftara de la Paracha de Behaalotehka est tirée du livre de Zacharie.
  • La Haftara traite de plusieurs sujets qui présentent de prime abord une certaine complexité due au récit lui même.
  • Zacharie évoque ainsi le retour et la rédemption du peuple juif captif à Babylone, afin de construire le deuxième Temple à Jérusalem.
  • La vision de Zacharie évoque le procès de Josué dans lequel le Satan l’accuse tandis qu’un autre ange le défend le qualifiant de « tison sorti du feu » et en l’habillant des habits sacerdotaux.

 

Enseignement du Rabbi

« Pousse des cris d’allégresse et réjouis-toi, Bat Tsione (Fille de Sion) ! Car voici, Je viens et J’habiterai au milieu de toi, dit l’Eternel (Zachariah 2-10). Comment concilier soumission et joie ? Le Midrach (Chemot Raba Pekoudé) compare notre relation avec D.ieu à l’amour d’un roi envers sa fille : au début, il l’appelle « ma fille » puis, plus tard, va l’appeler « ma sœur » puis « ma mère ». Ces trois niveaux sont des références du services de D.ieu, trois façons de s’attacher avec notre Créateur, La «fille» représente l’accomplissement des commandements.

La «sœur» symbolise l’étude de la Torah.

Enfin la «mère» fait référence au Messirout Néfesh (don de soi). Ainsi le jour de Matane Torah (le Don de la Torah), nous avons atteint le niveau de la «mère» par l’acceptation de Naassé Venichma (« nous ferons et ensuite nous comprendrons ») ; cet engagement symbolise le don de soi, c’est cela qui a été mis à l’honneur.

Donc notre Haftara (qui est lue après la fête de Chavouot, du Don de la Torah) aurait dû évoquer cette relation symbolisant la «mère» et non la «fille»-Bat Tzione?

En analysant ces 3 niveaux – mère, sœur et fille – nous trouvons deux distinctions fondamentales.

1) Les niveaux de la «mère-sœur « (don de soi-étude de la Torah) représentent essentiellement un travail spirituel. Par ce travail, on fait descendre une lumière et un réveil d’en haut correspon- dant à ce travail.

2) En revanche, le niveau de la «fille» (l’accomplissement des commandements) est matériel – donner la tzedaka, mettre les Tefilines Ce sont des actions matérielles qui n’ont aucun équivalent spirituel et, de ce fait, la lumière qu’elles engendrent n’est pas comparable à elles ! Elle provient en vérité du niveau le plus haut de D.ieu, LA LUMIÈRE INFINIE, «J’habiterai au milieu de toi ! ».

La seconde distinction est marquée par le niveau de Bitoul, leur soumission à D.ieu.

Dans l’élévation par le travail Mère-Sœur,il peut y avoir un léger ressenti de l’homme qui agit, c’est l’homme qui décide d’agir et donc d’arriver à ce niveau-là.

Par contre, la soumission obtenue par le niveau de la «fille» – l’accomplissement des commandements – toute son élévation et son travail sont pour accomplir la volonté de D.ieu et uniquement pour cela.

De ce fait, le jour de Chavouot – même si le peuple juif a atteint le niveau de la «mère» (Naassé Vénichma) – il a aussi fait don de soi et a accepté la Torah avant même d’en avoir compris tout ce que cela implique ; cela lui a donné la force de recevoir la Torah. Mais il lui a manqué le niveau de la «fille», de la soumission, non pas grâce à une adhésion mais bien parce que D.ieu de Lui- même a désigné le peuple juif pour cette mission et donc l’a soumis à Ses commandements, En réalité le niveau de la Haftara de cette semaine est bien le but du Don de la Torah : parvenir à la soumission complète.

Une seconde explication est donnée à l’expression : « Fille de Tzione» Tzione représente les tzadikim les Justes. « Fille de Tzione » évoque l’attachement aux tzadikim. Ainsi le tzadik de la génération inspire et guide tout le peuple juif. Du fait de notre attachement à lui, nous arriverons à marier soumission et joie, ce qui nous permettra d’arriver à la joie véritable : «Réjouis-toi» !

(Maamar Behaalotehka 5727 – 1967) 

 

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haftara de la Parachat Nasso

TELECHARGER PDF Haftara 8 Nasso

Chimchone שמשון Près de quatre siècles après la sortie des Enfants d’Israël d’Égypte, naquit Samson. Nous nous trouvons vers la fin de la période des Juges: c’est ainsi que l’on nommait les dirigeants d’Israël à cette époque qui précéda l’apparition de la royauté.

Un ange apparut un jour à la femme de Manoa’h, un homme de la tribu de Dan, qui n’avait pas d’enfant. Il lui annonça: Tu auras bientôt un fils, les ciseaux ne toucheront pas ses cheveux car il sera Nazir dès sa naissance c’estàdire consacré à l’Éternel. C’est lui qui commencera à délivrer le peuple d’Israël de la main des Philistins ».

Effectivement, ellemême se comporta comme une Nazir et mit au monde un fils. Samson se conduisit comme un Nazir toute sa vie.

Devenu grand, Samson dit un jour à ses parents : J’ai vu à Timna, dans le pays des Philistins, une fille qui me plaît ; donnezla moi pour femme. Ses parents n’y consen tirent pas au début. Ils ignoraient que cela venait de Dieu afin que Samson puisse trouver l’occasion d’une lutte contre les Philistins.

Une lutte sans merci commença entre Samson et les Philistins. Il en tua un nombre considérable.

Plus tard Samson épousa une autre femme philistine nommé Dalila. Les princes des Philistins vinrent la trouver et lui deman dèrent : « Tâche de découvrir d’où vient la grande force de Samson et comment nous pourrions le vaincre ». … La suite à venir…

La Haftara en résumé

Parmi les différents sujets abordés dans la paracha de Nasso, figurent les prescriptions relatives au statut de Nazir (souvent décrits comme un ascète consacré à D.ieu devant s’abstenir de se couper les cheveux ou de consommer de l’alcool).

C’est la raison pour laquelle la Haftara de Nasso narre la genèse de l’histoire de Chimchone (Samson).

En effet la haftara évoque l’annonce faite à Manoa’h et son épouse : la naissance prochaine d’un fils par un ange. Le récit évoque l’exigence posée par l’ange s’agissant de l’enfant : la consécration de l’enfant au Nazirat.

L’enseignement du Rabbi

L’ange annonça à la femme de Manoa’h (jusque là stérile) qu’elle mettrait au monde un fils et il précisa: «Le rasoir ne passera point sur sa tête, parce que cet enfant sera consacré à D.ieu dès le ventre de sa mère». (Juges 13: 5)

Nous voulons ici analyser la façon dont Chimchone (Samson) est devenu Nazir (consacré à D.ieu).

Pour devenir Nazir il faut impérativement prononcer (comme nous le voyons dans notre Paracha) le serment qu’on veut le devenir. Or le cas présenté ici nous interpelle: l’ange annonce que Chimchone sera Nazir mais ce n’est pas lui qui en a pris l’engagement ! A priori l’ange ne peut pas et n’a nulle capacité de rendre une personne Nazir. De plus, il demande à la femme de Manoa’h de changer son comportement: ceci est davan tage un ordre et une exigence d’un comportement futur mais, en aucun cas, la sanctification de Chimchone pour le consacrer à D.ieu.

Par ailleurs, nous ne voyons aucunement l’implication du père de Chimchone Ma noah. Pourtant, d’après la loi biblique (Hala’ha), il a le droit de prononcer un serment pour son enfant. Mais on voit dans ce cas que l’ange exige de la mère: «Maintenant prends bien garde, ne bois pas de vin . .» (134) puis s’en suit «Car tu deviendra enceinte et tu enfanteras un fils ; le rasoir ne passera point . .» (135). Il ne demande rien au père du futur enfant . Puis, à la demande angoissée de Manoa’h : «Que faudratil observer ?» (1312), l’ange répondit: «Elle (la femme de Manoa’h) observera tout ce que je lui ai pres crit» (1314). Donc aucune participation de Manoa’h n’était exigée.

En réalité, c’est la participation des deux de l’ange et de Chimchone qui a fait de Chimchone un Nazir. Comment ?

Nous pouvons mieux comprendre cette difficulté hala’hique à l’aide d’un cas simi laire: le cas du converti évoqué par Rambam Hil’hot Mela’him 103. Un enfant qui a été converti au judaïsme par le tribunal rabbinique et par son père, peut contester sa conver sion quand il atteint l’âge de 13 ans. Néanmoins, s’il ne conteste pas à ce momentlà, il ne pourras plus contester cette conversion plus tard.

La raison de cette possibilité de contestation (et donc, rétroactivement, de n’avoir jamais été converti), provient du fait que,la conversion quand on est petit, est juste un acte juridique qui ne fait pas entrer en l’enfant la sainteté d’Israël. Quand il grandit, s’il ne conteste pas lorsque il atteint 13 ans, à ce moment, rétroactivement, la sainteté entre en lui et sa conversion dans son enfance suffit amplement.

Il en fut de même pour Chimchone: le fait est que, lorsqu’il a grandi, il n’a pas contes té sa Nezirout . Donc, rétroactivement, l’ordre de l’ange: «Le rasoir ne passera point sur sa tête, parce que cet enfant sera consacré à D.ieu» (qui à ce momentlà était uniquement un ordre (et non la Nezirout) a été validégrâce à l’acceptation librement consentie plus tard de Chimchone de devenir Nazir.

(Likoutei Si’hot 18 Nasso 3)

 

 

 

 

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