Une brochure anonyme critiquant l’environnement spirituel de Crown Heights a été distribuée dans les foyers du quartier. Elle soulève des questions sur son auteur, son financement et le choix de l’anonymat.

 

 

Une brochure mystérieuse dans les boîtes aux lettres

Une brochure mystérieuse a atterri cette semaine devant les portes de nombreux foyers de Crown Heights, sous un titre provocateur : « J’ai envoyé mon fils à Crown Heights pour le Shiur Daleth. »

Son sous-titre est : « Un signal d’alarme que je n’aurais jamais cru recevoir. »

Illustrée d’images de Kingston Avenue, d’Eastern Parkway et du 770, la publication exprime des inquiétudes quant à l’atmosphère spirituelle de Crown Heights, en particulier pour les jeunes Ba’hourim venus d’ailleurs passer une année d’études près de la synagogue du Rabbi.

Un auteur sans nom

Mais qui en est l’auteur ?

Aucun nom d’auteur, aucune organisation sponsor, aucune signature n’identifie les responsables. Le seul élément d’identification est une adresse de retour à Monsey, dans l’État de New York, associée à la synagogue Tséma’h Tsédek. On ignore si la synagogue a eu une quelconque part dans cette initiative.

Le point de vue d’un père

Le texte est écrit du point de vue d’un père ‘hassid de Loubavitch vivant hors de New York, qui a envoyé son fils à Crown Heights pour le Shiur Daleth, en s’attendant à une année consacrée à l’étude, à la ‘Hassidout et à l’atmosphère du 770.

« Je n’étais pas préparé à Kingston Avenue », déclare l’auteur anonyme.

La brochure dresse un tableau inquiétant de Crown Heights. Elle suggère que le quartier qui entoure le 770 est devenu un environnement où de jeunes Ba’hourim risquent de perdre une part de la sensibilité spirituelle qui leur a été transmise à la maison.

« Quiconque arpente régulièrement ces rues comprend ce que je veux dire », affirme l’auteur, qui décrit ce qu’il appelle « l’exposition à l’impudeur, l’érosion des normes de tsniout longtemps associées à un quartier ‘hassidique ».

Il met en garde contre « la facilité avec laquelle un Ba’hour peut rencontrer, simplement en allant de la Yechiva au 770, puis à son appartement et à un magasin, une atmosphère fondamentalement en contradiction avec celle que ses parents pensaient l’envoyer absorber ici ».

Des habitants résignés ?

L’auteur laisse aussi entendre que les habitants se sont résignés à cette situation, et demande : « Depuis quand le yiouch, le renoncement, est-il devenu une stratégie de Loubavitch ? »

C’est une caractérisation frappante du quartier du Rabbi, d’autant plus qu’elle émane d’un auteur non identifié, dont le lien avec la communauté demeure inconnu.

La publication reconnaît les efforts des organisations locales, des bénévoles et des militants communautaires, tout en appelant à une plus grande implication des rabbanim, des écoles, des responsables communautaires et des habitants.

« Ce n’est pas un appel né du désespoir, conclut-elle. C’est un refus de désespérer. »

Pour une publication qui réclame une plus grande responsabilité communautaire, le refus d’assumer publiquement son propre message est particulièrement frappant.

 

Page de la brochure illustrée d'une image de Kingston Avenue
Image générée par intelligence artificielle d'Eastern Parkway dans la brochure
Pages de la brochure distribuée dans le quartier de Crown Heights

Source : COLlive