Rabbi Maharach

 

Rabbi Chmouël naquit le dimanche 2 Iyar 1833
– 3ème jour de la 3ème semaine du Omèr, le jour désigné comme Tiféret Chebetiféret. Lors de sa Brit Mila, son père Rabbi Mena’hem Mendel (le Tséma’h Tsédek) le nomma Chmouël, d’après le prénom d’un individu inconnu, un simple porteur d’eau du village de Pouloutsk : apparemment, il s’agissait d’un Tsadik caché.
Ce porteur d’eau avait quitté ce monde justement le jour de la Brit Mila de l’enfant, le dimanche 9 Iyar. Le père de l’enfant avait tardé à venir et, lassés, les convives s’étonnaient de ce « manque d’empressement » à accomplir cette importante Mitsva. De fait, la Brit Mila eut lieu très tard et, lors du repas de fête, le Rabbi Tséma’h Tsédek laissa échapper un soupir : « Ah, la Hévra Kadicha de Pouloutsk… ». Les invités ne comprirent pas le sens de ces paroles mais le Rabbi transmit à ses fils aînés la raison de ce prénom Chmouël.
Quand les ‘Hassidim de Pouloutsk rentrèrent chez eux, ils comprirent le sens des paroles étranges du Rabbi : les employés de la ‘Hévra Kadicha avaient tardé à enterrer le porteur d’eau car un autre homme, important et connu, était décédé le même jour et c’est ce qui avait aussi retardé la Brit Mila du fils du Rabbi.

Le prophète Chmouël
Rabbi Yossef Yits’hak (le Rabbi précédent) raconte dans ses Mémoires que, lors de cette Brit Mila, le Rabbi Tséma’h Tsédek avait raconté avoir entendu de son grand-père, l’Alter Rebbe, auteur du Tanya, que le prénom Chmouël signifie « Son nom est D.ieu ».
Selon une autre version, avant la naissance, la Rabbanit (‘Haya Mouchka, épouse du Tséma’h Tsédek) était tombée à l’entrée de sa maison et s’était évanouie. Quand elle raconta au Rabbi ce qu’elle avait vu alors, il répondit : « Pourquoi être si effrayée ? Il s’agissait du prophète Chmouël qui venait demander qu’on donne son prénom à l’enfant à naître ! ».
Le Gaone, Rabbi Né’hémia de Doubrovno (auteur du livre Divré Né’hémia) arriva après la Brit Mila. Il demanda comment s’appelait l’enfant et s’étonna quand on lui répondit : « Chmouël » car personne n’avait porté ce prénom dans la famille auparavant. Le Rabbi Tséma’h Tsédek remarqua : « Je l’ai demandé à D.ieu ».

Chmouël Aleph
L’enfant était joyeux de nature et aimait jouer des tours. Un jour, il sauta sur la tête du ‘Hassid Reb Chmouël Mounkess et, perché sur sa tête, il s’exclama :
« Je suis Chmouël Aleph et lui, c’est Chmouël Beth ! ».
Un certain Yom Kipour, un des vieux ‘Hassidim posa son Ma’hzor sur le dos de l’enfant pour plus de confort, comme s’il s’agissait d’un pupitre. L’enfant remarqua :
« C’est vous qui avez fauté et c’est sur moi que vous dites… ».
Alors qu’il avait sept ou huit ans, il avait un camarade nommé Pin’has (apparemment le petit-fils du ‘Hassid, Rav Hillel MiParitch) ; dans la cour, il y avait un puits avec deux seaux d’eau. Quand on tirait le seau du bas vers le haut, l’autre descendait. Ils se mirent d’accord que l‘un d’entre eux tiendrait le seau qui descendait et ferait remonter son camarade du bas vers le haut. Le jeu se poursuivit un certain temps et ils s’amusèrent ainsi.
A la fin, quand le petit Chmouël descendit, son ami Pin’has refusa de le faire remonter et partit. Il dut attendre dans le puits jusqu’à ce que des gens viennent puiser de l’eau et le firent remonter.
Quand il retrouva par la suitesoncamarade Pin’has, il observa: « Regarde Pin’has, les Parachiot Houkat et Balak ainsi que Matot et Massé peuvent être lues ensemble. Par contre, la Paracha Pin’has est toujours lue seule. La raison en est que Pin’has est « piquant ».
Quand le jeune Chmouël fut reconnu Rabbi, ce même Pin’has eut des soucis avec une autre personne. Il vint demander au Rabbi de prendre parti pour lui mais celui-ci répondit : « Je t’avais déjà fait remarquer que Pin’has est « piquant » ! ».

Où ne se trouve-t-Il pas ?
Rabbi Chmouël était habile de ses mains depuis son plus jeune âge. En particulier pour l’ébénisterie. Il sculptait au couteau des formes dans des morceaux de bois. Un des ‘Hassidim venu voir le Rabbi Tséma’h Tsédek l’interpella :
Je possède un bon canif : si tu me dis où se trouve D.ieu, je te l’offre ! ».
Le jeune Chmouël sortit de sa poche un bon canif et répliqua:
Si vous me dites où D.ieu ne se trouve pas, je vous offre le mien !
Bravo ! s’exclama le ‘Hassid, tu as gagné mon canif !

Tichri Vetichbok
Dès son plus jeune âge, il connaissait autant de Torah qu’un adulte. Rabbi Yossef Yits’hak raconta qu’au début de la Nessiout du Rabbi Tséma’h Tsédek, les ‘Hassidim n’étaient pas encore habitués à sa façon de réciter les Maamarim car il multipliait les références talmudiques (à la différence des Maamarim de son beau-père, l’Admour Haémtsaï). Ils avaient donc du mal à les répéter. Le Tséma’h Tsédek s’exclama alors:
« Tichri Vetichbok ! ». Les « répétiteurs » s’étonnèrent
de cette expression.
Rabbi Chmouël était alors encore très jeune (5 ou 6 ans) mais connaissait déjà les Midrachim. Quand il les entendit s’étonner, il remarqua que c’était écrit dans le Midrach Vayikra Rabbah. On lui demanda la référence et il l’indiqua
– mais seulement après qu’ils aient accepté de lui donner ce qu’il voulait : un certain jouet.
A l’âge de huit ans, en été 1841, il écoutait les Maamarim de ‘hassidout. A dix ans, il connaissait par-cœur la Torah, les Prophètes et la plupart des Ketouvim. Son père ressentait une grande satisfaction de ce fils.
Une fois par mois, il interrogeait ses fils et, quand il arriva au jeune Chmouël, son professeur (Reb Pessa’h – Pesché) qui était présent ne put s’empêcher d’admirer l’étendue de ses connaissances. Le Rabbi Tséma’h Tsédek remarqua :
« Pour (quelqu’un qui est né le jour de) Tiféret Chebetiféret, il n’y a pas de quoi s’étonner ! ».
Des Rabbanim réputés arrivèrent à Loubavitch alors qu’il n’avait que dix ans, entre autres, Rabbi David Louria de Bi’hovi. Ils venaient s’entretenir avec le Rabbi Tséma’h Tsédek d’affaires communautaires. Rav David Louria trouva du temps pour discuter avec l’enfant qui répondit facilement, point par point, à toutes ses questions de Torah. Quand le Rabbi Tséma’h Tsédek fut informé de la victoire de l’enfant, il commenta : « Sa Brit Mila eut lieu le jour de Nétsa’h Chebetiféret ».

Il ne faillit pas dans son amour pour lui
L’enfant grandissait en Torah et ‘hassidout. Rabbi Yossef Yits’hak raconta que, dans son adolescence,

Rabbi Chmouël entrait chaque jour dans le bureau de son père car celui-ci l’aimait beaucoup – parfois avant les entrevues privées, parfois après. D’une manière ou d’une autre, il n’allait pas se coucher avant d’avoir vu son père.
Un soir, alors que les entrevues s’étaient prolongées tard, le Rabbi Tséma’h Tsédek soupira que ces entrevues lui prenaient beaucoup de temps et qu’il aurait préféré étudier la Torah pendant ce temps. Le jeune Chmouël ne répondit pas, s’approcha de la bibliothèque et désigna les manuscrits de son père (30 volumes au total) et demanda : « Et ceux-là, vous auriez aussi pu les écrire ? ». Le Rabbi Tséma’h Tsédek reconnut :
« Tu as raison, mon fils ! ». Le Rabbi Tséma’h Tsédek prenait toujours de ses nouvelles. A l’âge de vingt ans environ, le Rabbi MahaRaCh contracta une maladie du sang. Son père entreprit de nombreuses actions pour sa guérison et il se remit, grâce au Docteur Heibentheil. Le Rabbi Tséma’h Tsédek s’écria alors qu’il lui souhaitait de vivre au moins autant de temps que le prophète Chmouël qui vécut 52 ans.

Pour cet enfant
Le Rabbi Tséma’h Tsédek aimait beaucoup son fils Chmouël. Quand le Rabbi monta à la Torah pour Roch Hachana et lut la Haftara du début du livre de Chmouël, son fils se tenait près de lui. Quand il arriva au verset : « C’est pour cet enfant que j’ai prié », il désigna du doigt son fils.
Bien avant son 13ème anniversaire, le Tséma’h Tsédek lui fit mettre les Tefilines, en fait dans son bureau, dès l’âge de onze ans, en présence de son professeur.

Tiféret de l’assemblée de Yaakov
Dans le livre Beth Rabbi on trouve une description fidèle du Rabbi MaHaRaCh : « Couronne d’Israël et splendeur de l’assemblée de Yaakov. Son père l’aimait beaucoup car c’était l’enfant de sa vieillesse. Il était remarquable par son intelligence, par ses connaissances en Torah et ‘hassidout, ses connaissances profanes, en particulier la médecine ; il était habile de ses mains et connaissait plusieurs langues. Tous les jours du vivant du Rabbi Tséma’h Tsédek, il resta auprès de lui sans compter les Chabat et les jours de fête quand le Rabbi donnait des discours publics de ‘hassidout. Il répétait souvent par-cœur les Maamarim qu’il avait entendus de son père avec qui il étudiait Torah et ‘hassidout. Tout ceci de façon discrète et tout ce qu’il avait appris restait gravé dans son esprit et il n’oubliait rien, comme un puits solidement construit qui ne perd pas une goutte d’eau ».

Le cocher du Rabbi Maharach
Le Rabbi Maharach avait un cocher, non juif, qui était chargé de le conduire près du tombeau de son père, le Tséma’h Tsédek, chaque fois qu’il désirait s’y rendre. Cet homme restait près du Rabbi, tant qu’il se trouvait là-bas, puis il le raccompagnait chez lui. Les ‘Hassidim n’étaient pas autorisés à suivre le Rabbi, au cimetière et ce non Juif était donc le seul à se trouver près du Rabbi Maharach, quand il visitait le tombeau de son père.

Les ‘Hassidim avaient un immense désir de savoir ce que faisait le Rabbi Maharach, quand il se trouvait près du tombeau de son père, mais ils savaient qu’en interrogeant directement le cocher, ils n’obtiendraient rien de lui. Ils décidèrent donc d’agir avec ruse et ils lui proposèrent de la vodka. Lorsque l’homme fut ivre et que le moment leur sembla propice, ils lui posèrent leur question, comme si elle ne les passionnait pas réellement et n’avait d’autre but que d’entretenir la conversation :
« Mais que fait donc le Rabbi, pendant les heures qu’il passe près du tombeau de son père ?».

Le cocher répondit :
« Que puis-je vous dire ? Il est clair que votre Rabbi est plus élevé que moi, mais, sur un point au moins, je suis supérieur à lui. Lorsqu’il arrive près du tombeau, il s’emplit de crainte et il se met à trembler, comme un poulet que le loup poursuit dans le poulailler. Moi, en revanche, je n’ai pas peur et je ne tremble jamais.»

A l’image de ce cocher, combien d’hommes ne voient pas, ne comprennent pas, ne ressentent pas, mais son convaincus d’être sages et puissants !

En permanence devant moi
Sur la table du Rabbi Maharach, était posé un foulard et, lorsque quelqu’un entrait dans son bureau, il s’en servait pour recouvrir un objet qui était posé devant lui. Puis, lorsque cette personne quittait le bureau, le Rabbi Maharach ôtait le foulard, le repliait et le remettait à sa place.

Une fois, un ‘Hassid voulut savoir ce que le Rabbi Maharach cachait avec ce foulard. Lorsque le Rabbi quitta son bureau pendant quelques instants, l’homme saisit l’occasion pour soulever le foulard. Il vit alors, posé sur la table du Rabbi, sous ce foulard, un parchemin sur lequel étaient inscrits les mots :
« J’ai placé l’Eternel en permanence face à moi ».

Subsistance
Il arriva que le Rabbi Maharach passe l’hiver à l’étranger, pour des raisons de santé. Une fois, avant son départ pour un voyage qui devait être beaucoup plus long qu’à l’accoutumée, il rencontra plusieurs chefs de famille de Loubavitch. Ceux-ci, pour la plupart, assuraient leur subsistance en accueillant les invités qui venaient voir le Rabbi et qui les payaient pour obtenir le gîte et les repas. Ceux-ci étaient donc inquiets, car le Rabbi allait être longtemps absent. Comment allaient-ils vivre pendant toute cette période ?

Le Rabbi Maharach leur répondit :
« Avez-vous déjà vu une vache soucieuse parce que la mangeoire de l’étable est cassée ? C’est le propriétaire de la vache qui doit s’en préoccuper, non pas la vache elle- même ! Il est sûr et certain que le Saint béni soit-Il vous permettra à tous d’assurer votre subsistance !».

La présence du Rabbi
Les ‘Hassidim du Rabbi Maharach vécurent une longue période difficile, pendant laquelle ils ne purent pratiquement pas voir leur Maître, du fait de son état de santé. Le Rabbi Maharach, tout au long de cette période ne quitta sa chambre que très rarement et, à chaque fois qu’il le fit, il apparut uniquement pour quelques instants.
Peu avant ‘Hanoukka, on apprit que le Rabbi Maharach assisterait à l’allumage des bougies, à la synagogue, chaque jour de la fête. La joie des ‘Hassidim fut immense, puisque la possibilité leur était ainsi accordée de voir le Rabbi et de passer quelques temps avec lui.
Les ‘Hassidim se mirent alors à réfléchir : comment faire en sorte que ces instants passés avec le Rabbi soient les plus longs possibles, qu’ils puissent prolonger l’allumage afin de voir le visage de leur Maître ? Soudain, l’un des ‘Hassidim eut une idée. Il fallait composer un chant nouveau, sur les mots qui sont lus juste après l’allumage des bougies, Ha Nérot Halalou, « ces lumières que nous allumons » et choisir la mélodie la plus lente possible, répéter les mots chaque fois que cela était envisageable. C’est ainsi qu’ils pourraient faire durer la présence du Rabbi.

C’est effectivement ce qui fut fait et ce chant apporta aux ‘Hassidim un merveilleux cadeau, de précieux instants passés en compagnie de leur Maître. C’est ce chant que les ‘Hassidim ‘Habad chantent encore, à l’heure actuelle, quand ils allument les bougies de ‘Hanoukka.


Le 2 Iyar 5594 (1834)
Le Rabbi Maharach, Rabbi Chmouel naquit en ce jour. Il était le septième et le plus jeune fils du Tséma’h Tsédek et sa mère, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, était la fille de l’Admour Haémtsahi. Il naquit à Loubavitch, à neuf heures du matin.
Quand on demanda au Tséma’h Tsédek pourquoi il l’avait appelé Chmouel, il répondit :
« C’est le nom d’un porteur d’eau de Polotsk. Il était un sage. Or, un sage est plus haut qu’un prophète ». (Toledot Admour Maharach, à la page 22)

Il est rapporté par ailleurs que le Rabbi Tséma’h Tsédek dit à son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka :
« Le prophète Chmouel est venu me demander que l’on donne son nom à l’enfant, car : ‘je l’ai demandé à D.ieu’, comme ce fut le cas pour Chmouel ». (Yemeï ‘Habad, à la page 169)

Le 2 Iyar 5594 (1834)
Le Rabbi Maharach naquit pendant la période de l’Omer, en le jour qui correspond à la Sefira Tiféret de Tiféret, «l’harmonie de l’harmonie », cent ans exactement après la révélation du Baal Chem Tov, laquelle se produisit en 5494. (Yemeï ‘Habad, à la page 167)

Le 2 Iyar 5702 (1942)
C’est le 2 Iyar, date de la naissance du Rabbi Maharach que l’on commença à écrire, en secret, le Séfer Torah pour aller à la rencontre du Machia’h (voir le 23 Tichri, Sim’hat Torah). Par la suite, sa conclusion fut retardée, pendant de nombreuses années, jusqu’à la veille du Chabbat Parchat Bo, 9 Chevat 5730. (Yemeï ‘Habad, à la page 167)