לע״נ הרה״ח ר׳ שמואל וזוגתו מרת בתי׳ ע״ה אזימאוו
שלוחי כ״ק אדמו״ר כיובל שנה במדינת צרפת

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ב »ה

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Nous avons, grâce à D.ieu, la joie et le privilège de vous présenter un Essai de traduction adaptée d’un texte du Rituel de l’ »Admour ha Zaken » : premier Rabbi de Loubavitch, entrouvrant une porte sur les secrets de la fête de « Lag Ba Omer »

(Essai du Rav Isaac Haviv directeur du Beit Habad francophone de Jérusalem)

Maamar du sidour de l’Admour ha Zaken

Chaar Ha Lag Ba Omer

Les portes de Lag Ba Omer

1

« C’est toi qui a fixé toutes les limites de la terre, été et hivers sont ta création, l’ennemi blasphème, ô Eternel, un peuple méprisable, une insulte à ton nom. » (Tehilim 74, verset 17 et 18)

Ces versets des psaumes viennent en réponse aux nations ennemies qui blasphèment en arguant que D-ieu a abandonné la Terre et que le Monde est dirigé par les lois de la Nature. En fait, les « génies » des nations reconnaissent l’existence de leur Maître, il le nomme le D-ieu des D-ieux, ils savent parfaitement qu’il est le Créateur de l’Univers et de toutes les créatures matérielles et spirituelles, y compris des anges les plus puissants mais ils s’imaginent qu’après l’avoir crée, D-ieu abandonna le Monde aux injonctions des lois naturelles. Les Nations se dressent ainsi en ennemies et les versets viennent démonter leur blasphème. Il est extrêmement difficile d’expliquer scientifiquement le phénomène des saisons et la variation des climats chauds et froids en fonction de principes régionaux. Les lois de la physique posent de sérieuses difficultés à toutes tentatives d’explications s’appuyant sur les théories blasphématoires d’un monde abandonné aux lois de la Nature.

Les proportions de la Terre face au Soleil sont proportionnellement celles d’un grain de moutarde devant un palais [le volume du soleil représente plusieurs millions de fois celui de la terre, ndt]. Dans cette perspective, l’inclinaison du grain de moutarde ne peut, rationnellement, pas être à l’origine de l’apparition de zones froides et d’autres chaudes à sa surface, du fait d’une exposition au rayonnement d’un astre incandescent.

La réponse à cette énigme physique se trouve dans un verset de Osée, paragraphe 2 : « Je donnerai, dit l’Eternel, oui je donnerai satisfaction aux cieux et ceux-ci combleront les vœux de la terre ». Il s’agit de l’influence ex nihilo d’un flux spirituel provenant de réceptacles extérieurs des dix Sfirot) sphères (d’énergie du monde de Assia (monde de l’action, dernier des quatre mondes découlant de l’irradiation, cachée, d’un rayon de divinité). Cette énergie spirituelle est à l’origine des neuf grands cycles de mouvements cosmo-magnetiaues de l’Univers [accompagnant les mouvements des planètes, ndt]. Ce procédé spirituel nourrit les Cieux de façon très varié, et de cause à effet les Cieux influenceront les régions terrestres, qui leurs seront en correspondance, selon le plan divin, définissant ainsi les climats : « C’est toi qui a fixé toutes les limites de la Terre, étés et hivers ».

Dans ces systèmes spirituels, échappant aux lois spatiales, la proportion des volumes ou des surfaces terrestres ou célestes n’entrent pas en compte.

En fait, l’existence du phénomène des climats [en dépit des proportions du soleil, ndt] n’est une réponse que pour les Nations, et le verset les qualifient « d’ennemis blasphématoires » de « peuples méprisables, insulte à ton nom ». En effet, leurs âmes prenant leur source après la création de la notion du temps, elles ne peuvent percevoir l’énergie divine promotrice de l’existence de la nature. Cela, par le biais du secret de l’exil de la Chehina, échappe même aux « soixante-dix anges » « génies » des Nations.(ce qui pousse ces dernières à croire naturellement que les lois de la nature régissent l’Univers, ndt)

Concernant le peuple juif, il est dit « Israël est monté dans la pensée … » (voir Zohar). Les âmes des juifs prennent leur source dans la pensée suprême du Créateur précèdant la création du temps.

A l’image d’un homme qui ne peut cesser de penser, il est écrit, au sujet des « lettres » de la pensée suprême de D-ieu : « et un fleuve sortant du Eden … », comme une rivière coulant sans cesse, la Hohma (Sagesse) et la Bina (l’Intelligence divine (, également appelées « deux amis inséparables », renouvellent constamment un flux divin qui précède le Temps. Du fait qu’Israël prend sa source dans cette pensée divine, il ne lui sera pas nécessaire, de faire appel aux signes et aux prodiges tel que les variations climatiques. Les âmes juives auront, une facilité naturelle à concevoir ce flux incessant de divinité, recréant le Monde à chaque instant, et ce, grâce à l’origine de leurs âmes. Et tout ceci suffit à celui qui comprend.

C’est pour cela que nous disons dans la prière de « Modim » : « nous reconnaissons que tu es l’Eternel, notre D-ieu … » cette reconnaissance ne nécessite aucun prodige et aucune preuve, du fait de l’apparition originelle des âmes du peuple juif, dans la pensée suprême « creuset » de leur source, comme nous l’avons expliqué plus haut.

Cette reconnaissance n’est pas vraiment ressentie ici bas car elle vient de la source suprême de l’âme dans la pensée divine. Or du fait que l’âme est revêtue d’un corps matériel l’obscurcissant, cela l’empêche de reconnaître que « tu es l’éternel notre D-ieu » qui recrée incessamment ex nihilo. Les sages ont donc eux même instauré le « Modim dé Rabanan » par un rajout dans la prière, venant dévoiler la « reconnaissance de la reconnaissance », prière par laquelle nous acceptons que « nous devons te reconnaître ».

En fait, il y a deux niveaux de reconnaissance : le premier provient de la compréhension du phénomène, comme un homme qui saisit l’élévation et la grandeur d’un Roi parce qu’il le connaît, ou comme un sage qui reconnaît la supériorité d’une pensée parce qu’il la saisit. L’autre niveau est inférieur à celui-ci, il correspond à la reconnaissance de celui qui n’a pas la possibilité de saisir ou de connaître, même en partie, la supériorité ou la grandeur de notions qui le dépassent infiniment. C’est cette forme de « Hodaa » (reconnaissance) que nous adressons à D-ieu (dans la prière de « Modim dé rabanan »), ne pouvant en aucune façon saisir l’immensité de son élévation et c’est ce que nous appelons « Hodaa dé Hodaa » « reconnaissance de la reconnaissance ».

Pour éclairer ce sujet nous devons développer le concept de « Naouts Thilatan be Sofan » (le début enfoui dans la fin) qui est un principe fondamental dans l’apparition des dix Sfirot selon lequel les lumières les plus hautes ne peuvent s’exprimer autrement qu’à travers les niveaux les plus bas, lorsque la supériorité de ces lumières ne leur permet pas de s’exprimer autrement. En effet, sur l’échelle spirituelle des niveaux divins il y a parfois un tel fossé entre deux niveaux, qu’un échelon n’a plus de rapport avec le suivant, du fait de l’immense élévation de ce dernier. Ainsi, un niveau extrêmement élevé, ne pouvant être reçu, en aucune façon, pourra, tout de même s’exprimer ou être saisi mais seulement à travers des niveaux extrêmement plus bas (à l’image d’une mère, qui voudrait faire comprendre à son nourrisson, l’immense amour qu’elle conçoit, dans son esprit, pour lui ; ceci est impossible si elle cherche à interpeller l’intellect de l’enfant, par contre elle le realise à un niveau bien plus bas: par exemple à travers l’allaitement, ndt).

Dans cette optique, le seul rapport que l’on peut avoir avec le niveau de divinité le plus haut, qui est à l’origine de la création du Monde, ne peut se faire que par « Hodaa dé Hodaa » qui est le dernier niveau de sainteté divine, la conscience du fait qu’il est impossible de reconnaître le créateur à sa juste valeur (comme expliqué plus haut).

De plus c’est dans Hodaa dé Hodaa, que se trouve la source des Klipot (les énergies impures) appelées « Nahash Ha Kadmoni » (le serpent originel), comme il est dit « celui qui ne se prosterne pas dans la prière de Modim … après un certain temps sa colonne vertébrale se transforme en serpent … ». Et, se référant au concept de « Naouts Thilatan Be sofan », c’est précisément au niveau le plus inférieur,de « Hodaa de Hodaa », que va se trouver la lumière la plus sublime appelée « T’hilatan » (commencement).

C’est en cela que réside l’idée générale de Lag Ba Omer : le principe du compte de l’Omer est de purifier et d’éclaircir les sept sentiments de l’âme animale qui puisent leur vitalité dans le concept de « l’Orge » (céréale constituant la nourriture des animaux). Ce qui explique pourquoi nous faisons la « Sfirat ha Omer », littéralement « éclaircissement du Omer », c’est à dire pour produire, sur le prélèvement de l’orge, une clarification et une purification. C’est également pour cette raison qu’il était exigé (pendant la période du Temple, ndt) de passer l’orge au travers de treize tamis. Le concept du prélèvement de l’orge est aussi purifié durant quarante-neuf jours lorsque nous prononçons la Tfila « aujourd’hui nous sommes le … jour du Omer », c’est le sujet de la Mitzva du Omer.

La Mitzva du Omer consiste d’abord à apporter une mesure d’orge au Cohen, qui le balancera devant l’Eternel dans le Temple, comme il est dit « il balancera le Omer devant l’Eternel pour le rendre propice … » Vaykra 23/11. La Mitzva est aussi de compter les quarante-neuf jours, séparant Pessah du Don de la Thora.

Le but de cette Mitzva, est de réparer l’âme animale et neutraliser ses Klipot, en annihilant sa volonté et ses pulsions, par le balancement du Omer dans le Temple, et en éclairant d’une lumière positive et sainte chaque facette du désir animal, afin de les transformer en désirs positifs, par le compte quotidien du Omer pendant quarante-neuf jours.

Ces quarante-neuf jours correspondent aux sept « Midot » (sentiments) de l’âme animale possédant elles mêmes, chacune, sept facettes (7×7=49). Ces sept sentiments sont : Héssed (l’amour), Gvoura (la crainte), Tiféret (la pitié), Nétza’h (la combativité), Hod (la reconnaissance), Yéssod (le désir de se lier), Malhout (la réalisation).

Dans ces Midot ont peut distinguer que les trois premières sont des émotions (Héssed-amour, Gvoura-crainte, Tiféret-pitié), les deux suivantes sont des volontés (Nétza’h-combativité, Hod-reconnaissance) formant ainsi l’ensemble du caractère personnel de l’âme. Hod représente donc, la Mida qui achève la construction du caractère personnel de l’âme. Les deux dernières Midot, Yéssod et Malhout, ne sont pas des sentiments mais des mouvements de l’âme dirigés vers autrui (le désir de se lier, et la réalisation).

Ainsi, le premier jour vient éclairer la Mida de Héssed ché ba Hessed (l’amour en l’amour) le deuxième jour la Gvoura ché ba Hessed (crainte en amour) le troisième jour Tiféret ché ba Héssed (pitié en amour) … etc. Le trente-troisième jour est l’éclairage du niveau de Hod ché bé Hod (reconnaissance en la reconnaissance) qui est le jour de Lag Ba Omer, soit le niveau le plus bas de la construction personnelle de l’âme (l’âme étant construite comme le corps, les bras sont l’amour et la crainte, le tronc étant la pitié, la première hanche est la combativité, la deuxième hanche la reconnaissance, et ici se termine le corps. Le reste n’étant que les soutiens du corps, ainsi Hod est le niveau le plus bas du corps)

Après la purification de l’Omer l’âme est purifiée. Les Klipot ne peuvent plus l’attaquer, à l’image de notre ancêtre Yaacov qui était invincible, même dans un combat contre l’ange, il n’a pu être touché qu’à la hanche c’est à dire, à la fin du processus de Hod ché bé Hod, en dessous du corps (tel que défini plus haut). C’est pourquoi il nous est interdit de manger le nerf sciatique qui représente cet endroit, comme il est écrit « celui qui ne se prosterne pas dans le Modim de Rabanan (Hodaa ché bé Hodaa) sa colonne vertébrale se transforme en serpent et n’a pas droit au monde futur ». [n.d.t: Le seul moyen d’attenter au peuple juif sera de l’atteindre au dessous de la hanche (au dessous de Hod ché bé Hod), par les mariages interdits (l’assimilation), car au delà de cette limite il est invincible.]

2

[introduction du traducteur : lorsque Yaacov est poursuivi par Lavan avec ses femmes et ses enfants, il est rattrapé par son beau-père, ils signent alors un pacte de non agression qu’ils matérialisent par un monument en forme de monticule de pierres, appelé par le verset « Gal » ,voulant dire aussi « vague » ou bien « dévoilement » signe de la frontière entre les deux camps, celui de « Lavan » et celui de « Yaacov » : « et Lavan dit a Yaacov, voici ce « Gal », monument que j’ai érigé entre moi et toi » Berechit – 31/ 51]

« Ce Gal est un témoin, ce monument témoignera que je ne dépasserai pas ce Gal, et que tu ne dépasseras pas ce Gal, ce monument, pour le mal »

Berechit – 31/ 52

Dans les mots « Ce Gal est un témoin » (Ed a Gal a Zé) ce trouve l’allusion dans la Thora à la fête de Lag Ba Omer. En effet, le mot Gal renferme les mêmes lettres que le mot « Lag », tous deux ont la valeur numérique de trente-trois. D’après le sens simple du verset, ce « Gal » érigé par « Lavan » à partir de pierres, vient séparer son camp de celui de Yaacov. Ce monticule trace une frontière entre la Terre d’Israël et le territoire extérieur à la Terre Sainte, qu’aucun des deux camps ne devra traverser. De la même manière, dans les mondes supérieurs, il y avait un « Gal » qui définissait une frontière spirituelle, en forme de monticule de « pierres spirituelles », entre « la Terre- Sainte d’en Haut » et l’extérieure, etc.

Nous comprendrons ce sujet à la lumière de ce que nous avons expliqué concernant la prière de reconnaissance : de la même manière qu’il y a deux niveaux de « Hodaa » (inférieure au « Daat » (connaissance) et supérieure au « Daat »), ainsi il y a deux niveaux de « Lavan ».

L’un qui est appelé le « Lavan supérieur » : il procède de la « blancheur supérieure », comme il est écrit « ve nozlim min ha Levanon » (elle coule du Liban) et il est écrit aussi « Arze Ha Levanon » (les cèdres du Liban) ; « Levanon » ayant la même racine que Lavan-blancheur). Ce domaine se trouve au delà de ce que représente « Yaacov maître du Olam Ha Atsilout » (monde de l’émanation).

L’autre niveau est appelé « Lavan Ha Arami » (Lavan l’araméen, beau-père de Yaacov) : Comme il est écrit « Ha Arami Oved Avi » (l’araméen voulait perdre mon père) il s’agit ici du concept de la « Arama » (ruse) concurrente de la « Hohma de Yaacov dans la Sainteté » (sagesse). Cette sagesse étant aussi appelée « Avi » (mon père). Comme il est écrit : « je suis la Sagesse et je voisine la Ruse », la Ruse étant proche de la Sagesse afin de recevoir de la Sainteté, et c’est la source de la « Klipat Noga » (énergie non-pure, ou énergie neutre) de B.Y.A (Bria, Yetsira, Assia : les mondes de la création, de la formation et de l’action). Ce domaine se trouve en dessous du domaine de « Yaacov, Maître du Olam Ha Atzilout ».

Ceci laisse entendre la raison pour laquelle nous trouverons dans les lois concernent la « Tsaraat » (lèpre de la Thora) deux sortes de plaies de couleur blanche : une qui est entièrement pure (voir Vaikra 13/1a13) une autre entièrement impure appelée « Levana adamdemet » ou « Baeret Levana » etc … comme cela est précisé dans les Michnaiot concernant les plaies atteintes de lèpre.

« L’Eternel parla ainsi à Moshé et à Aaron : s’il se forme sur la peau d’un homme … une tache pouvant dégénérér sur cette peau en infection lépreuse … le pontife examinera cette affection de la peau … si le pontife remarque qu’il existe sur la peau une tumeur … c’est une lèpre invétérée dans la peau du corps et le pontife le déclarera impur … il est impur. » (Vaykra 13/ 1 a 11)

« Que si la lèpre va en se développant … et qu’elle couvre toute la peau depuis la tête jusqu’au pied … il déclarera cette plaie pure : elle a complètement blanchie la peau, elle est pure. » (Vaykra13/ 12 et 13)

La différence entre ces deux sortes de plaies procède de la distinction entre :

1/ le concept de la blancheur supérieure (Loven ha Elion) situé au dessus du concept de Atzilout (monde de l’émanation – domaine de Yaacov) entièrement pur. Les Klipot ne pourrons absolument pas en tirer profit. Il s’agit de la plaie blanche entièrement pure

2/le concept de la blancheur inférieure (Loven ha Ta’hton) constitué des retombées du concept précèdent (Loven ha Elion) lors de la brisure des vases (Chvirat ha Kelim). Cet échelon se situe au dessous du niveau de Atsilout. Il s’agit de la plaie blanche entièrement impure, nommée « Baeret Levana ».

Nous retrouvons ici le sujet du monticule de pierre érigé ici par Lavan, séparation entre deux niveaux.

Ce « Gal Ed » est tout d’abord une frontière entre le « Loven ha Elione » et « Yaakov Maitre de l’Atzilout » (le Loven ha Elion dépassant de loin le niveau de Yaacov) comme témoin qu’aucun d’eux ne pénétrera jamais dans le domaine de l’autre.

Or, Yaacov a attiré à lui les lumières du Loven ha Elion de la manière suivante : en gravant des bâtons et en dévoilant des lanières blanches sur l’écorce des ces mêmes bâtons. Puis il les planta en terre, devant son troupeau. Par ce procédé les brebis mettaient au monde des petits à laine rayée. C’est ainsi qu’il constitua son troupeau. Cette action de Yaacov, était en fait un moyen d’attirer à lui les lumières du Loven ha Elion. Pour mettre fin à ce procédé Lavan érigea un monticule constitué de pierres, sous forme d’une combinaison de lettres spirituelles. Il traça ainsi une frontière spirituelle infranchissable.

Mais de plus, Ce gal est aussi la limite entre Yaacov, domaine de la sainteté, et le concept de Loven ha Ta’hton, source des Klipot non pures (klipat Noga) des mondes B.Y.A. Cette frontière est aussi le témoin que ces niveaux ne s’influenceront pas l’un l’autre : c’est ici le sujet du fossé (Parssa) séparant le monde d’Atsilout de celui de Bria, dont la frontière est également constituée de combinaison des lettres. Les lettres étant appelées « pierre de construction » par le Sefer ha Yetsira (livre de kabala antique). Comme vu précédemment, cette séparation se termine au niveau de « Hod ché bé Hod », limite frôlant le « Gal » à la lisière du monde de la sainteté. Au dessous de cette frontière, la sainteté n’est plus protégée et les klipot pourront y accéder, la souiller et s’y abreuver. C’est pourquoi l’ange a pu blesser Yaacov, lors de son fameux combat, au bas de la hanche ; cette dernière correspondant au degré de Hod ché bé Hod. Comme nous l’avons cité plus haut, ceci est le secret de l’affirmation des sages « celui qui ne se prosterne pas dans la prière du Modim, sa colonne vertébrale … et il n’a pas droit au monde future ».

De même, en haut, la frontière (Gal) séparant le monde de « Tohu dé Nikoudim » (Loven ha Elion) du monde de Tikoun, monde de Yaacov, est constituée, aussi, par une combinaison de lettres spirituelles. La séparation de ces deux mondes, se situe également à la fin de Hod, et il s’agit, ici, du Hod transcendant la connaissance (lé maala mé ha Daat).

Tout ce que nous venons de voir est sous entendu dans la Thora, au travers du fameux monument constitué par ce monticule de pierres. On comprendra également que ces versets font fortement allusion à Lag Ba Omer (Ed ha Gal ha Zé, Gal=Lag=33). En effet, le jour de Lag Ba Omer brille le concept de Hod ché bé Hod, niveau où se termine le domaine de vigueur de la sainteté. C’est pour cela qu’il serra nécessaire d’ériger ici une frontière appelée Gal.

On comprendra de ceci comment le jour de Lag Ba Omer les élèves de Rabbi Akiva ont cesser de mourir : du fait de la frontière (gal) dressée alors devant l’ange accusateur.

3

Pour comprendre la source de tout ceci il est bon de se rapporter aux paroles du Idra Zouta (passage du Zohar) au sujet du passouk « … des 4 coins vient ô esprits … » Ezekiel 37/ 9 [c’est le passouk qui parle de la résurrection des morts, ndt]. Le Idra Zouta explique que l’esprit en question est celui du Roi Mashiah, en faisant également référence à un autre verset dans Isaïe 11/2 et 3 : « et sur lui [le Roi Mashiah] reposera l’esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science, et de crainte de D-ieu. Il respirera la crainte de D.ieu… ». Ainsi, il se trouve quatre sortes d’esprits, c’est ce que la prophétie d’Ezekiel veut mettre en avant lorsqu’elle dit « des 4 coins vient ô esprits… ».

Tout ceci concerne le concept de « Hod » (la reconnaissance) de « Atik Yomin » (l’ancienneté des jours) [niveau extrêmement élevé de divinité précédant l’émanation divine du monde de Atzilout, ndt]. De manière détaillée, il s’agit en fait de sept sortes d’esprits [ : l’esprit du Seigneur, celui de la Sagesse, de l’Intelligence, celui du Conseil, de la Force, de la science, et de la crainte de D-ieu. ndt]. La suite du verset parle d’un huitième niveau : celui de « il respirera la crainte de D-ieu » qui est le pouvoir du Mashiah de « respirer » la justice [dans le sens de sentir, ce qui est juste, par l’odorat, ndt].

Cela se rapporte au concept du « Nez ». Ce thème est abordé dans les livres au sujet de la prière de Roche ha Chana : « Avinou Malkenou galé Kavod Malhouteha Alenou… » « Notre Père, notre Roi, dévoile la gloire de ta royauté sur nous… » : « Notre père » (Avinou) renferme le secret du nom divin, dont la valeur numérique est égal a 72. « Notre Roi » (Malkenou) se réfère au secret du nom divin dont la valeur numérique est 63. « Dévoile » (galé) se rapporte au secret du concept des « trois têtes ». Et « la gloire de ta royauté » (Kavod Malhouteha) concerne le secret du concept de « La Royauté de la Lumière Infini » qui éclaire grâce au concept de « Hod dé Atik Yomin » … etc.

Pour comprendre tout cela nous allons revenir sur ce que nous avons expliqué précédemment, au sujet des nations ayant besoin de miracles et de prodiges, comme le phénomène des variations climatiques, pour saisir celui de la perpétuité de la création ; alors qu’Israël qui est « montée dans la pensée du Créateur » avant toute chose, peut saisir le phénomène de manière naturelle.

Il est nécessaire d’approfondir en préambule le concept de « l’Union de la Voix et de la Parole Divine ». Dans la parole divine ont distinguera l’intériorité de la parole (Pnimiout ha Dibour), et l’extériorité de la parole (Hitzoniout ha Dibour). Examinons ce qui se passe lorsqu’un homme parle : il y a une idée qui est exprimée, et des sons qui résonnent dans l’air, portant cette idée, une fois prononcés, les sons sont séparés de celui qui les a émis et le sens qu’ils véhiculent n’est plus sous son contrôle. Donc, tout commence en fait par l’émission de la pensée. Ce fleuve de pensées prend sa source dans la « Hohma » [faculté de l’âme à concevoir des concepts], puis les idées vont être développées par la « Bina » [faculté de l’âme à comprendre des notions]. « Hohma » et « Bina » sont « deux amis inséparables » et sont continuellement unis. Cela provoque sans arrêt un flux d’idées qui nous envahit, l’homme ne peut cesser de penser alors qu’il peut s’arrêter de parler.

Lorsque l’homme parle, sa pensée va s’incarner dans les mots et les phrases qu’il va prononcer, ainsi ses paroles sont pénétrées de sa pensée, elle en est leur vie. On dira que c’est « la voix du cœur » qui parle à travers les mots prononcés. En d’autres termes, l’homme s’investit dans le verbe, et il est maître de ce qu’il émet. Il y a ici union entre la pensée et la parole, c’est ce que l’on définit comme l’intériorité de la parole, (Pnimiout ha Ddibour). Cela dure tout le temps que l’homme parle. Puis Lorsqu’il aura cesser de parler, ce qui est dit est dit, les paroles prononcées véhiculent des assertions dont il n’est plus maître, la parole est coupée de son origine, c’est ce qu’on nomme l’extériorité de la parole (Hitsoniout ha Dibour).

Or dans le processus de la création divine nous retrouvons les mêmes concepts :

Il y a tout d’abord une « pensée incessante » ; un flux continuel qui provient de l’union perpétuelle de « Hohma » et « Bina » (la sagesse et l’intelligence divine qui sont à l’origine du courant incessant de la pensée divine). Comme il est écrit « et un fleuve sortait de l’Eden … ». Cette union existe en permanence et ne dépend pas de nos actions ici bas. C’est là que les âmes juives prennent leur source.

Ensuite cette « pensée divine » va se dévoiler dans le concept du « verbe divin ».

D’une part, la parole reste attachée à la pensée divine, c’est à dire que cette dernière la pénètre et donne ainsi vie au verbe divin. Cette union entre la pensée et le verbe divin, défini le concept de « Pnimiout ha Dibour » : qui est le mariage entre Za’har (la pensée divine, élément masculin) et Nekeva (la parole divine, élément féminin).ce mariage est appelé « Union de Zoun ». Cette union n’est pas permanente et dépend de nos actions ici bas. C’est pourquoi il est dit dans Devarim 26/17 « tu as fait dire à D-ieu aujourd’hui … » : le verset emploi une forme grammaticale factitive (en hébreux la forme HYFYL) : « as fais dire ». Ceci explique la raison pour laquelle nos sages enseignent que, lorsqu’un juif étudie la Thora, D-ieu vient s’asseoir à ses cotés, et répète mot à mot après lui [le juif « fais dire » à D-ieu en quelque sorte, ndt]. Il se crée alors « l’Union de Zoun (« masculin » pensée originelle, avec « féminin » verbe divin). C’est ce qu’on appelle aussi « Union voix et parole » : la voix du cœur avec la parole divine qui est la « Pnimiout ha Dibour », source de la création du monde. Nos sages disent également, que c’est par le souffle des paroles de la Thora étudiée par les juifs que le monde se maintient ; comme il est dit « tu as dit et tu as fais ». Et c’est pourquoi les maîtres de la Michna sont appelés « les constructeurs ». Tout ceci est le fait que, avant toute chose, les âmes juives sont « montées dans la pensée » originelle de D-ieu.

D’autre part il y a le concept de la parole qui, une fois prononcée, se coupe de sa source. Ceci représente la notion de « ‘Hitsoniout ha Dibour » (extériorité de la parole divine). C’est là où prend sa source l’existence des nations. Ainsi, les goym se voient, et ressentent le monde, comme une assertion véhiculée par des mots dont l’auteur n’est plus Maître. C’est la raison pour laquelle ils ne pourront saisir sans miracles et prodiges la recréation incessante du monde, recrée à chaque instant par le flux perpétuel de lumière divine.

Nous avons donc défini deux sortes d’union, que seul Israël, dont l’âme est enracinée dans la pensée originelle de D-ieu, peut saisir : « l’Union de Zoun » (masculin – féminin), union occasionnelle qui dépend de nos action ici bas. Et « l’Union de Hohma et Bina » appelée aussi par les auteurs de la kabbale, « Union Père-Mère », union incessante qui ne dépend pas de nos actions, ne nécessite pas de « réveil d’en bas » (l’action de l’homme). Toutefois cette « Union père mère » ne peut être saisie qu’au niveau de Hod, comme soumission à un concept trop élevé pour nous. C’est le sens de la prière « nous reconnaissons devant toi que tu es l’Eternel notre D-ieu… ». Car nous pouvons seulement le reconnaître, ou le saisir uniquement par soumission.

Il serait bon ici d’expliquer la différence qui existe dans la prière entre « Odaa » (reconnaissance) et « Braha » (bénédiction). Puis nous approfondirons le concept de « Hodaa ché bé Hodaa » (reconnaissance en la reconnaissance).

A l’image de la génuflexion, où de la personne en s’agenouillant opère une descente, prononcer une bénédiction attire et dévoile, dans le monde [d’en bas] une énergie divine, qui, de par sa grande élévation, nous était auparavant très éloignée. Pour autant, ce dévoilement, dans le cadre de la bénédiction, ne concerne que des niveaux pouvant être révélés, Chose impossible si ces niveaux sont « indévoilables », par essence et par définition (comme une parole qui n’a point été dite).

Dans « l’Union de Zoun » : l’élément masculin, « Yessod de Z.A » (Zeher Anpin, la petite figure), est appelé « Barouh » (béni). Et l’élément féminin, « Malhout » (la royauté), est appelé « Braha » (bénédiction) car ils sont à l’origine d’un magnifique dévoilement : « l’existence du monde », mais d’un niveau d’émanation, pouvant être dévoilé.

La Kabbale définit aussi, « Aba » et « Ima » (père et mère) comme « Aba-barouh » et « Ima-braha », bien que Aba ne soit que la source du premier dévoilement à l’origine du processus de révélation du monde de l’émanation (Atsilout), il s’agit tout de même d’un niveau d’émanation, pouvant être dévoilé . Au delà du monde de Atsilout, plus haut que la Hohma de Atsilout, source de toute émanation, on ne peut plus parler de possibilité ou de tendance au dévoilement. Nous touchons ici à l’essence du créateur qui par définition est « indévoilable » : c’est ainsi qu’on ne peut plus parler de bénédiction « Braha », mais de reconnaissance « Hodaa », On ne peut ici bénir mais uniquement reconnaître.

Entre deux niveaux, par essence opposés, se crée un tel fossé qu’ils ne peuvent communiquer, ceci est le cas de Atsilout et de Bria. Le monde de Atsilout, étant l’émanation de la lumière infinie de D-ieu, illimité par définition, il ne peut communiquer avec le monde de Bria, qui lui, est un monde limité. Le fossé existant entre eux empêche la lumière de se matérialiser, Ainsi retenue la lumière d’Atsilout ne viendra pas annihiler le monde de Bria et à partir du monded’Atsilou pourra découler l’existence du monde de Bria. Mais notons tout de même que malgré l’existence du fossé entre Atsilout et Bria ceux-ci sont en rapport de telle sorte que Bria se conçoit comme étant la suite logique de Atsilout .Par ce biais, descendant l’échelle de l’enchaînement des mondes, le plus haut niveau d’Atsilout se trouve encore être en rapport avec le plus bas niveau d’Assia, le dernier des mondes, celui de la matière.

A l’inverse le monde de Atsilout (l’émanation de l’infini divin) est par définition sans rapport avec l’essence de la divinité le transcendant qui est intrinsèquement l’antithèse de tout dévoilement, de toute émanation. Un fossé appelé « Parssa », les séparant n’est pas suffisant, il est nécessaire, de créer un vide entre eux, « Halal ha Panouy » qui est un état absolument opaque, ressentit comme une absence totale de l’essence divine, et pas seulement une entrave comme le « fossé ». Puis il faudra, en outre, également créer un fossé pour qu’il en découle, alors, un début d’émanation de la lumière infinie de D-ieu et ce, encore, uniquement par le biais d’un intermédiaire appelé « Atik » (l’antique). Comme tout médiateur, « Atik » procède un peu des deux concepts qu’il doit concilier : l’essence de la divinité, absolument indévoilable, avec à l’opposé l’émanation divine: un dévoilement. Le caractère de « Atik », procédant de l’essence de la divinité est appelé « Atik Yomin » (les jours anciens) il reflète le dernier niveau de l’essence divine, celui de Malhout de l’Infini Divin, c’est la « Pnimiout Atik » (l’intériorité de Atik) . Le caractère de « Atik » procédant de l’émanation est nommé « Arih Annpin » (la longue figure), il reflète le premier niveau de l’émanation, la source de « Hohma de Atsilout », c’est la « Hitsoniout Atik » (l’extériorité de Atik). Ce niveau : « Atik », conciliateur entre l’indévoilable et l’émanation (début du dévoilement) est finalement médiateur entre l’Essence divine et ses créatures, c’est-à-dire entre D-ieu et nous. Ce domaine de Atik ne nous est accessible que par l’intermédiaire du niveau de « Hod che be Hod» (reconnaissance en la reconnaissance), selon le principe déjà vu précédemment de « Naouts Thilatan be Sofan» (le début enfoui dans la fin). Ce principe est le seul procédé de liaison entre des valeurs ou des mondes aussi éloignés. Il consiste à faire s’interpénétrer les niveaux les plus bas des deux mondes afin de dévoiler les données les plus hautes, du premier monde au dernier. Comme nous l’avons vu le degré « personnel » le plus bas d’un échelon est le niveau de Hod de cet échelon. La liaison entre l’Essence du Divin et nous par le biais de Atik se dévoile uniquement dans, et grace à, « Hod ché bé Hod ».

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Nous touchons ici à la clef du secret de Lag Ba Omer. Le compte du Omer durant la période séparant la Sortie d’Egypte (Pessah) du don de la Thora (Chavouot), est le moyen de purifier les différentes Midot, permettant ainsi le dévoilement du divin lors du don de la Thora. En effet la Sfirat ha Omer élimine l’influence des Klipot, qui entravent le dévoilement divin. Cependant, comme expliqué plus haut, le don de la Thora par l’intermédiaire de Moshé Rabenou, sur le Mont Sinaï, bien qu’étant une révélation d’une extrême intensité, ne permit tout de même pas le dévoilement du niveau de « Atik ». Ceci sera l’œuvre et la vocation du Roi Mashiah sur lequel reposera « l’esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de D.ieu. Il respirera la crainte de D-ieu … ». Le concept « Il respirera la crainte de D-ieu », est ce qui lui permettra de dévoiler au Monde le niveau de Atik. Et ceci par la soumission à la soumission, la reconnaissance de la reconnaissance, « Hod ché bé Hod » selon le procédé de « Naouts T’hilatan be Sofan » (le début enfoui dans la fin) : Ce niveau « Hod ché bé Hod » brille le jour de Lag Ba Omer, jour ou Rabbi Shimon Bar Yohai, qui possédait en lui l’étincelle de Moshé Rabenou et aussi celle du Mashiah, reçut les dévoilements les plus élevés de la Kabbale, annonce du dévoilement futur de  »Atik » par le Mashiah. Ce dévoilement ne pouvait poindre qu’au niveau du trente-troisième jour, représentant le niveau le plus bas, Hod ché bé Hod, et lors de la période la plus basse et la plus obscure de l’histoire du monde, celle des terribles décrets et persécutions qui suivirent la destruction du Temple par les Romains. Cette période d’opacité totale (Halal ha Panouï) et de « grand fossé » (Parssa) nous séparait des révélations sublimes du temps du Beth ha Mikdach et des prophètes. A l’époque de Moshé il y eut des révélations de différents degrés de lumières supérieures, comme celle de la manne, des nuées de gloire … etc. cela ne fut pas le cas de la période Rabbi Shimon Bar Yohai, mais son élévation dans la Thora qui permit le dévoilement de l’intériorité de « Hohma de Atsilout » dans une période aussi noire de l’histoire fut éclairée d’une lumière encore plus parfaite qui est le reflet de la lumière du Mashiah, du concept de Hod dans la catégorie de Hod, de Atik Yomin dont la source est au delà de toutes les sources. Selon le principe de « Naouts Thilatan be Sofan », le jour ou Rabbi Shimon Bar Yohai quitta ce monde , fut le jour de Lag Ba Omer, « Hod ché bé Hod », le plus bas niveau de la Sfira dans lequel pénètre les prémices les plus originels. C’est ce que nous disons dans la prière « dévoile l’honneur de ta royauté », comme vu plus haut. Le jour ou il fut emporté, étant le jour culminant de sa vie brillaient obligatoirement les concepts les plus parfaits, l’esprit le plus haut, jusqu’au plus haut niveau qui, de ce fait, ne trouva place de s’investir qu’au rang de l’échelon inférieur, celui du concept de Hod ché bé Hod, précisément le jour de Lag ba Omer.

Maamar de Lag Baomer