Archive du site hassidout.org – publié à l'origine le 10 juillet 1990
Jeûne du 17 Tamouz 5750 – 1990
Si’ha après Min’ha
1. Nous avons l’assurance que «ces jours se transformeront en joie et en allégresse». Le Yom Tov sera alors particulièrement important, comme la lumière qui fait suite à l’obscurité et à la douceur qui remplace l’amertume.
On peut en outre envisager un enseignement spécifique, chaque année, en fonction de la fixation de cette date. Le jeûne a toujours lieu le 17 Tamouz, chiffre qui est la valeur numérique du « Tov », bon. Il évoque, par ailleurs, les dix sept années que Yaacov passa en Egypte et qui peuvent précisément être comparées à un jeûne. Yaacov demanda à D.ieu de résider dans le calme mais sa prière ne fut pas exaucée.
On peut se demander comment il se fait que la requête d’un Tsaddik ne soit pas réalisée. Bien plus, il était l’élu d’entre les Patriarches. Il faut donc en conclure qu’il obtint ce qu’il demanda à D.ieu et l’enseignement qui en découle s’adresse à chaque Juif, car «chacun est tenu de dire: le monde fut créé pour moi».
Il est trois domaines du service de D.ieu, qui correspondent aux trois Patriarches, Avraham à la bienfaisance, Its’hak à la prière et Yaacov à la Torah. ces trois aspects se retrouvent chez chacun mais l’un ou l’autre peuvent être plus accentué. Le second nom de Yaacov était Israël, constitué des initiales de la phrase «il y a six cent mille lettres dans la Torah».
Ce lien de chaque Juif à la Torah est commenté en particulier par le Tanya, Loi Ecrite de la ‘Hassidout. L’explication figure en particulier dans la quatrième partie du Tanya, qui n’y figurait pas dans un premier temps mais fut ensuite introduite par un effet de la Divine Providence.
Tel est donc l’enseignement que l’on peut tirer des trois groupes existant dans le peuple juif en fonction de leur engagement dans le service de D.ieu. Bien plus, on peut introduire également un quatrième groupe, correspondant aux quatre pieds du Char Céleste ou aux quatre bannières qui accompagnaient les déplacements du peuple juif dans le désert. Les trois premiers groupes correspondent aux trois Patriarches, le quatrième inclut également les Mères d’Israël. Mais, en tout état de cause, chaque Juif est appelé Yaacov et Israël, et l’enseignement qui en découle concerne donc tous à la fois.
Quatre catégories existent dans le peuple juif en fonction des différentes formes du service de D.ieu. Celle de Yaacov, qui concerne chacun, souligne l’importance de l’étude.
2. Il découle de ce qui vient d’être dit un enseignement concret. Chacun est un descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaacov et doit donc adopter les trois formes du service de D.ieu. Yaacov souligne la nécessité de fixer un temps pour l’étude. Par ailleurs, la prière, forme du service de D.ieu d’Its’hak, doit être précédée par la Tsédaka, dont Avraham souligna l’importance.
Les prières remplacent pour nous les sacrifices et le Tanya en indique la signification profonde. Le sacrifice souligne en particulier l’importance du don de soi et de l’effort qui doit se marquer également dans la Tsédaka. Cet effort appartient véritablement à chaque instant du jour.
L’an dernier, les trois semaines se sont conclues par Tichea Beav. Cette année, en revanche, le Machia’h sera déjà là et l’aspect négatif de ce jour disparaitra. Or, il ne faut pas considérer que l’on est dispensé d’étudier la Torah le jour de Tichea Beav. Bien au contraire, il convient d’adopter simplement une étude en rapport avec ce jour. L’obligation s’applique alors à chaque instant, de la même façon.
Il convient en effet d’étudier la Torah chaque jour. Il est des Hala’hot dont la connaissance est indispensable. Elles figurent dans la Loi Ecrite et également dans la Loi Orale, qui constituent une Torah unique. Il convient donc d’introduire son effort dans cette étude. On étudiera en particulier le livre du Rambam, dans lequel on retrouve l’ensemble de la Michna et toutes les parties de la Torah.
La nécessité d’étudier la Torah s’applique à chaque instant du jour. L’étude du livre du Rambam, compilation de toute la Torah, est particulièrement importante.
3. Nous nous réunissons donc maintenant et nous conclurons en donnant à chacun de la Tsédaka, qui hâtera la délivrance. Ainsi, se réalisera la promesse «Tsion sera libérée par le jugement et ses captifs par la Tsédaka». Le jugement fait ici allusion à l’étude de la Torah, en particulier celle de la Hala’ha et de la Michna. Cette étude s’accompagnera du don de la Tsédaka.
De plus, on influencera les autres pour qu’ils renforcent leur espoir en la venue du Machia’h, qui peut être immédiate. Nous sommes en effet le 17 Tamouz, dans la Paracha de Pin’has, «Pin’has c’est Elyahou», annonciateur de la délivrance. C’est aujourd’hui mardi, troisième jour de la semaine et dans le Chelichi de cette Paracha, il est dit: «c’est à ceux-ci que tu répartiras le pays». Cette répartition est effectuée de différentes façons, par tirage au sort, par le Nom de D.ieu, par l’intervention de Moché et d’Eléazar.
De même, le Rabbi, chef de notre génération, satisfaira tous les besoins de la génération. Il s’appelait en effet Yossef, «D.ieu m’ajoute un autre fils». C’est la raison pour laquelle il s’efforça de faire de «l’autre» un «fils», lui conférant ainsi l’élévation du Baal Techouva, qui dépasse le Tsaddik parfait. Par ailleurs, il s’appelait également Its’hak, nom qui évoque la joie.
La Paracha Pin’has évoque la délivrance et le nom de Rabbi Yossef Its’hak indique ce que fut son service de D.ieu.
4. Dans la lettre qu’il adressa à l’occasion de la célébration du premier Youd Beth Tamouz, le Rabbi, chef de notre génération, souligne que «ce n’est pas seulement moi qui fut libéré… mais tous…». Un Maamar fut joint à cette lettre et son étude est particulièrement importante. Il commence par la phrase «lorsque dix personnes s’assoient et étudient la Torah».Il y a là une allusion au monde futur, lorsque l’on recevra le territoire des dix peuples, aux dix éléments constitutifs de la Menora, à la barrière qui doit être faite par la conjonction des dix forces de son âme. Avant celle-ci, il convient de donner de la Tsédaka. C’est ainsi que l’on peut réunir les trois domaines du service de D.ieu. Or, «la corde triple ne se rompt pas promptement».
Ainsi, tout ce qui est négatif disparaitra et l’obscurité se transformera en lumière. Puisse-t-il en être ainsi pour nous, d’autant que chacun recevra maintenant la mission de donner de la Tsédaka. Nos Sages disent que «le Saint béni soit-Il fit une Tsédaka en les éparpillant parmi les nations». A la place de cela, D.ieu donnera la Tsédaka, qui consiste à réaliser la promesse «vous serez cueillis un à un, enfants d’Israël». La réalisation en sera immédiate, surtout en ce jour dont la date est la valeur numérique du mot « Tov », bon. Bien plus, nous étudions la Paracha de Pin’has. Or, «Pin’has c’est Elyahou», annonciateur de la délivrance véritable et complète. Le Machia’h nous conduira la tête haute en notre Terre Sainte. Il viendra donc de façon tout à fait immédiate, en ce 17 Tamouz de l’année 5750, qui deviendra aussitôt un Yom Tov. Deux situations peuvent se présenter lorsque la cause d’un jeûne disparait au milieu de celui-ci. Dans un premier cas, il est possible de faire aussitôt un repas joyeux. Dans d’autres situations, il reste nécessaire de terminer le jeûne. En tout état de cause, quelle que soit la décision qui soit prise à ce propos, puisse D.ieu faire que cet instant soit le dernier de l’exil car celui qui le suivra sera le premier de la venue du Machia’h, Amen Ken Yehi Ratson.
D.ieu donnera aux Juifs la Tsédaka du rassemblement des exilés et le 17 Tamouz 5750 deviendra alors une grande fête.

