לע״נ הרה״ח ר׳ שמואל וזוגתו מרת בתי׳ ע״ה אזימאוו
שלוחי כ״ק אדמו״ר כיובל שנה במדינת צרפת

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Archive du site hassidout.org – publié à l'origine le 15 janvier 1981



Youd Chevat 5741

Ecouter le Maamar

Chapitre 1

« Je suis venu dans Mon jardin, Ma sœur, Ma fiancée « 
Mon beau-père, le Rabbi fit éditer un discours ‘hassidique pour le 10 Chevat, « le dixième sera sacré », date de son décès, qui se manifeste de nouveau, chaque année, en ce jour, ainsi qu’il est dit: « Ces jours sont commémorés et revécus ». Dans ce texte, il mentionne l’explication suivante du Midrash Chir Ha Chirim Rabba, à cette référence : »Je suis venu dans Mon jardin, dans le lieu de Mon plaisir, là où fut d’abord Ma résidence essentielle ».

En effet, la Présence de D.ieu se révélait, avant tout, dans le monde matériel, lors de la création. Puis, des actes indésirables firent qu’Elle se retire là-haut, jusqu’au septième ciel. Par la suite, vinrent des Justes, ainsi qu’il est dit : « Les Justes héritent de la terre et ils y résident pour l’éternité « en mettant en évidence cette éternité et en la dévoilant. Ils firent donc redescendre la Présence de D.ieu ici-bas. Avraham, le premier, en eut le mérite, puis arriva Moché, qui était le septième, et « tous les septièmes sont chéris ». C’est à lui que revint le privilège de faire redescendre la Présence divine ici-bas, en ce monde inférieur, ainsi qu’il est dit: « Et, D.ieu descendit sur le mont Sinaï ».

Afin que la Présence divine puisse demeurer ici-bas d’une manière fixe, l’Injonction suivante fut ensuite donnée : « Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux « . Ce Sanctuaire fut bâti et ce même terme désigne également le Temple. Certes, nos Sages expliquent: « Je résiderai parmi eux : au sein de chacun « . Pour autant, cette résidence fut essentiellement le Sanctuaire, puis le Temple. C’est là que la Présence divine se révéla, ainsi qu’il est dit : « Ils y résident pour l’éternité ».

L’une des phases essentielles et fondamentales de l’édification du Sanctuaire est exprimée par le verset: « Tu feras des poutres pour le Sanctuaire, en bois de Chittim dressé « . Ce discours ‘hassidique explique que Chittim est de la même étymologie que Chtout, la folie. Faire des poutres pour le Sanctuaire consiste donc à transformer la folie et le mensonge, Chéker, anagramme de Kérech, la poutre, caractérisant ce monde, afin d’en constituer des poutres pour le Sanctuaire, qui seront dressées et lui permettront de tenir debout, d’une manière forte et immuable.

Dans son application au service de D.ieu, cette Injonction signifie à l’homme la nécessité de bâtir une Demeure pour Lui ici-bas, parmi les créatures inférieures, de le faire, selon l’expression du Tanya, « par nos actions et nos réalisations « . C’est ainsi que l’on met en pratique la Volonté de D.ieu, Qui désira posséder une telle Demeure au sein de la matière.

Chapitre 2

Cette Demeure de D.ieu ici-bas est bâtie par les Juifs, qui sont appelés « les armées de D.ieu ». Ils reçurent ce nom pour la première fois lors de la sortie d’Egypte, laquelle fait également allusion à la libération des barrières et des entraves imposées par ce monde inférieur. Pour s’en affranchir, il faut effectivement appartenir aux armées de D.ieu.

Le terme hébraïque Tsava reçoit trois interprétations, armée, temps et beauté. Et, de fait, les Juifs, « armées de D.ieu « , possèdent ces trois caractères. Dans une armée, en effet, les soldats offrent leur vie pour le roi et l’officier, qui les commande. Les Juifs possèdent, en outre, la beauté, qui se manifeste précisément quand tous sont réunis. L’interaction entre eux crée alors l’harmonie, car, « leurs opinions divergent ». Enfin, tous les Juifs, depuis les « chefs de tribu « jusqu’aux « puiseurs d’eau « , se tiennent, avec détermination, devant « l’Eternel notre D.ieu « . De la sorte, ils assument pleinement la mission qui leur est confiée et ils le font de façon parfaite, ainsi qu’il est dit: « Et, les enfants d’Israël sortent la main haute « .

Il est souligné que « vous êtes définis comme des hommes, Adam « (20), c’est-à-dire « à l’image du Très Haut « . Ainsi, tout comme les hommes, ici-bas, se regroupent dans les « armées de D.ieu « , il en est de même également pour l’Homme céleste. C’est ce que le Rabbi explique ensuite, au onzième chapitre de son discours. C’est ainsi que, dans les sphères célestes, Tsevaot, les armées, devient un Nom divin, l’un des sept qu’il est interdit d’effacer. Le Midrash Rabba précise, à ce propos: « Qui souhaites-tu connaître? Mon Nom dépend de Mes actions. Lorsque J’entre en guerre contre les impies, Je suis appelé Tsevaot « .

L’impie est celui qui ne suit pas le droit chemin, lequel permet de faire du monde « Mon jardin, le lieu de Mon plaisir « , le plaisir du Saint béni soit-Il. Il est expliqué que « le Saint béni soit-Il conçut l’envie d’une Demeure parmi les créatures inférieures « et il est dit : « Ils garderont le chemin de D.ieu, en faisant la justice et le jugement « . Lorsque ce chemin est détourné, on va à l’encontre de la justice et du jugement et l’on est alors un impie. En pareil cas, D.ieu « entre en guerre contre les impies « , au moyen du Nom Tsevaot.

Le Rabbi poursuit son discours en précisant qu’une guerre, là-haut, pour le Saint béni soit-Il, le Roi céleste, est effectivement comparable à celle qui est menée par un monarque de chair et d’os. En effet, pour vaincre son ennemi, un roi dilapide tous les trésors, dont la plus petite pièce n’avait jamais été utilisée auparavant, pour quelque objet que ce soit. Tout cela est dépensé afin d’obtenir la victoire au combat.

Dans une telle situation, on adopte l’organisation suivante. Pendant le combat, on ouvre les trésors et on les met à la disposition des soldats. Et, il en est donc de même, là-haut. Le Saint béni soit-Il ouvre les trésors et Il les transmet aux « armées de D.ieu « , c’est-à-dire à chaque Juif et à chaque Juive menant Son combat, emportant la victoire et bâtissant pour Lui une demeure ici-bas.

Chapitre 3

On pourrait poser la question suivante. Les trésors auxquels il est fait allusion ici n’ont jamais été utilisés, sont restés cachés et voilés, de sorte qu’au préalable, personne n’a pu les voir ou, a fortiori, les dilapider. On peut donc se demander pourquoi ils sont utilisés pour la guerre et dépensés, à cet effet. Le Rabbi en donne la raison. Le roi souhaite obtenir la victoire et ce désir va au-delà de toutes les autres préoccupations de son royaume. Pour ces dernières, il n’aurait donc pas dilapidé les trésors. Il le fait, en revanche, pour gagner la guerre.

Le Rabbi énonce ensuite l’explication de tout cela dans les sphères célestes en citant le Chaareï Ora, du Rav Y. Gagin, selon lequel le Nom divin Tsevaot est lié à l’Attribut de la victoire, Nétsa’h. Or, la source de Nétsa’h est plus haute que celle des autres Sefirot, comme nous le montrerons. C’est ce que le Rabbi suggère, au moyen de la parabole dont il fait mention. En effet, le roi ne fait pas que dilapider les trésors. Il offre également sa vie, car sa victoire, liée à Nétsa’h, est encore plus importante pour lui que son existence. Il en est ainsi précisément parce que la source spirituelle de Nétsa’h, y compris pour le roi, est plus profonde, plus déterminée non seulement que toutes les autres préoccupations du royaume, mais aussi que la vie proprement dite du roi.

L’explication est la suivante. La guerre peut être comparée à un désert, antithèse du verset: « La gloire de l’homme se révèle quand il prend place dans sa maison « . Mon beau-père, le Rabbi, dont nous célébrons la Hilloula, mentionne l’explication de l’Admour Hazaken, au nom du Baal Chem Tov, à propos du verset: « Mon âme a soif de Toi et, combien plus, ma chair, en une contrée aride, épuisée, sans eau. Que je T’observe ainsi dans la sainteté « , dont il donne cette lecture : « Puisse D.ieu faire que je T’observe ainsi dans la sainteté « , formulant ainsi le vœu d’obtenir la perception du Divin, à l’époque du Temple, « dans la sainteté « , de la manière dont l’âme et la chair ont soif, quand elles se trouvent dans une contrée aride, épuisées et sans eau, c’est-à-dire dans le désert, là où il est nécessaire de se battre, ainsi qu’il est dit: « Il te conduit dans ce désert grand et redoutable, où se trouvent des serpents, des vipères et des scorpions « . C’est dans cet endroit qu’il faut lutter contre les impies et c’est là que se constituent les armées. A ce propos, le Baal Chem Tov dit : « Puisse D.ieu faire que je T’observe ainsi dans la sainteté « .

En effet, la guerre est la révélation du stade le plus élevé, là où l’Attribut de Nétsa’h prend sa source. Car, le désert, contrée aride, où l’on est épuisé et sans eau, suscite la soif, le désir le plus intense. C’est précisément cet appel de l’homme qui provoque la révélation divine, le dévoilement de l’Essence du Roi, transcendant même son existence.

Chapitre 4

Il nous faut maintenant comprendre ce qu’est ce Trésor céleste. Nous citerons, à ce sujet une explication du Maguid. Il est bien clair, en effet, que l’or et l’argent ne sont pas dignes de constituer le trésor d’un roi. Pour lui, ceux-ci sont insignifiants. Dans ce trésor, on doit trouver la valeur la plus précieuse, qui est, en fait, la crainte, celle que le roi inspire à tous les pays. C’est le sens du verset: « La crainte de D.ieu est Son trésor « et nos Sages soulignent que « tout est dans les mains de D.ieu, sauf la crainte de D.ieu « . Ce sentiment est inspiré par la grandeur de D.ieu, de laquelle il est affirmé: « La crainte de D.ieu est sagesse « , liée à la Ye’hida. Il s’agit de la Crainte supérieure.

De ce fait, la dilapidation des trésors doit être effectuée précisément pour les soldats. Au sens le plus simple, un soldat se caractérise par son abnégation, par le don de lui-même auquel il consent et qui est lié à sa crainte de D.ieu plutôt qu’à sa peur de la punition. De fait, cette crainte lui est inspirée par la grandeur de D.ieu, face à laquelle il ressent de la honte. Et, une telle forme de crainte est bien la plus parfaite. Quand les soldats luttent et obtiennent la victoire, grâce à leur abnégation, l’appel qui est, de cette façon, lancé par les hommes suscite la réaction céleste et, de façon similaire, les trésors d’en haut se dévoilent.

Un soldat offre son existence, sa vie, mettant ainsi en évidence le trésor qu’il porte en son âme, lequel est pour lui, plus précieux, que sa propre existence. Et, il en est donc de même pour D.ieu, Qui dévoile Son Attribut de Nétsa’h. En pareil cas, le roi fait don de sa vie.

C’est pour cela que le Tanya, se basant sur les écrits du Ari Zal souligne que l’âme n’est pas descendue ici-bas pour parvenir à sa propre perfection, mais bien pour transformer le monde matériel et grossier, afin d’y bâtir une Demeure pour D.ieu, au sein des créatures inférieures. Ce monde est grossier ou, tout au moins, matériel et, pour y construire cette Demeure, il est nécessaire de lutter, de faire reculer « l’autre côté « . C’est ainsi que l’on révèle « l’honneur du Saint béni soit-Il « . Par la suite, l’obscurité se transforme en lumière et l’amertume en douceur. Ainsi, le mensonge du monde, Chéker, devient une poutre, Kérech, soutenant le Sanctuaire. Dès lors, tout ce qui constitue le monde participe à cette Demeure de D.ieu, parmi les créatures inférieures.

Chapitre 5

Tel est le sens du verset: « La justice de Sa prodigalité en Israël ». Nos Sages expliquent: « Ne lis pas Pirzono, Sa prodigalité, mais Pizrono, Sa dissémination. Le Saint béni soit-Il accorda un bienfait à Israël en le disséminant parmi les nations « . L’Admour Haémtsahi, dans le Torat ‘Haïm, à la Parchat Bechala’h et la séquence des discours ‘hassidiques prononcés à l’occasion du mariage de celui dont nous célébrons la Hilloula expliquent que cette prodigalité se manifeste précisément parce que les Juifs sont disséminés parmi les nations. C’est ainsi qu’il est dit : « Jérusalem restera ville ouverte « . Et, ces textes citent également l’affirmation de nos Sages selon laquelle : « Nétsa’h, c’est la construction de Jérusalem « .

Or, on peut s’interroger sur cette dernière interprétation. Quelle relation y a-t-il entre la construction de Jérusalem et l’Attribut de Nétsa’h? Nous le comprendrons d’après ce qui a été dit au préalable, à propos de la dilapidation du trésor par le roi afin d’obtenir la victoire au combat. Les Tossafot, citant le Midrash, disent que le nom de Jérusalem est la contraction de deux noms qui lui furent donnés, l’un par notre père Avraham, l’autre par Chem, le fils de Noa’h. Le premier l’appela Irea, la crainte et le second Chalem, entier. Il en résulte que Jérusalem est l’intégrité de la crainte.

Nous avons vu que la perfection de la crainte conduit à offrir sa vie, de manière concrète et, de la sorte, à révéler l’Attribut divin de Nétsa’h. En menant avec abnégation les combats des « armées de D.ieu « , afin de bâtir pour Lui une demeure parmi les créatures inférieures, on peut donc révéler le Nom divin Tsevaot, que D.ieu porte quand Il lutte contre les impies. De la sorte, on fait reculer l’autre coté, jusqu’à transformer l’obscurité en lumière.

De ce fait, le Tséma’h Tsédek explique que Nétsa’h émane d’un niveau particulièrement élevé, se mettant en éveil uniquement quand l’opposant entre en lutte. Dans la parabole qui a été énoncée, l’attribut de Nétsa’h conduit le roi à faire don de sa vie et il en est de même, dans les sphères célestes, où Nétsa’h prend sa source dans l’Essence. Comme on l’a indiqué, en citant le Maguid, le trésor du roi est la crainte qu’il inspire. Celle-ci est à la base même de son existence, ainsi qu’il est dit: « Tu placeras au dessus de toi un roi « et nos Sages précisent: « afin que tu Le craignes ».

Il résulte de tout cela que la royauté se révèle dans toute sa perfection précisément quand la crainte est intègre, c’est-à-dire quand on l’éprouve face à la grandeur de D.ieu, parce que l’on ressent de la honte devant Lui.

Chapitre 6

Toutefois, on peut encore se poser la question suivante. Comment parler de victoire, là-haut? Cette notion ne prend-elle pas un sens uniquement pour un homme qui souhaite vaincre son prochain? En revanche, quelle signification a-t-elle pour D.ieu ? Qui pourrait se dresser contre Lui, qu’Il devrait vaincre? Il est le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il et qui Lui dicterait Sa conduite? Tous les événements malencontreux ne sont-ils pas insignifiants, devant Lui?

Le Rabbi Maharach explique, dans un discours ‘hassidique intitulé « La justice de Sa prodigalité », de 5626, qu’il est dit, à ce propos : « L’Eternité d’Israël ne mentira pas et ne se dédira pas ». Ce verset parle bien de l’éternité, Nétsa’h, d’Israël, car c’est précisément pour Israël que la victoire est obtenue.

Ainsi, les Juifs reçoivent la victoire ici-bas et ils sont appelés « hommes », Adam, justement parce qu’ils sont « à l’image du Très Haut ». De ce fait, bien que la victoire semble n’avoir aucun sens pour D.ieu, les Juifs la suscitent également dans les sphères célestes, de sorte que celle-ci « ne ment pas et ne se dédit pas « .

L’explication de tout cela est la suivante. Différents textes établissent que ce verset, « L’Eternité d’Israël ne mentira pas « , fut énoncé à propos de la royauté de la maison de David, qui est liée à l’Attribut de Nétsa’h et qui, de ce fait, est immuable et céleste. Cette qualité de la royauté de David lui permet de surpasser même celle de Chaoul, bien que celui-ci ait été appelé « oint de D.ieu » et reçu l’onction par l’huile parfumée d’Aparsemon, comme le rapporte le traité Horayot.

En effet, c’est uniquement la royauté de David qui est liée au Nétsa’h d’Israël, lequel suscite une révélation émanant d’un stade encore plus élevé que l’existence du roi. Pourquoi en fut-il ainsi précisément pour David? On peut le comprendre en fonction du verset : « Parole de l’homme placé au dessus », c’est-à-dire de « celui qui rétablit le joug « . L’apport de David était donc bien la soumission.

C’est pour cela que David était plus élevé que Chaoul, lui-même comparé au « large fleuve », c’est-à-dire à la compréhension, à l’approche intellectuelle, alors que David se distinguait par sa soumission. Il dépassa donc la compréhension de Chaoul, ainsi qu’il est dit: « L’obéissance est préférable à un sacrifice, la docilité à la graisse des béliers « . C’est en étant soumis que l’on obtient la révélation céleste. De la sorte, il est établi que « l’Eternité d’Israël ne mentira pas et ne se dédira pas ». De ce fait, la royauté de la maison de David est vraie, à l’image de la Royauté céleste.

Chapitre 7

On peut préciser l’application de ce qui vient d’être dit au service de D.ieu d’après ce qu’explique le Rabbi Rachab, dans la séquence de discours ‘hassidiques de 5672. Ce texte précise que l’attribut de Nétsa’h souligne aussi la nécessité de se vaincre soi-même, d’accomplir ce que l’on est, naturellement, enclin à ne pas faire ou même d’aller à l’encontre de sa propre nature. Bien plus, il ne suffit pas d’aller contre son intellect, contre ses sentiments, contre tous ses autres traits de caractère. On doit également agir à l’encontre de la nature que l’on a reçue du Saint béni soit-Il, celle de l’âme divine.

C’est de cette façon que l’on se libère de l’Egypte, de ses entraves et de ses limites, y compris de celles qui appartiennent au domaine de la sainteté. Et, c’est là le véritable don de soi-même. Ceci fait également le lien avec la sortie d’Egypte, lorsque les enfants d’Israël devinrent « les armées de D.ieu « . Quand les entraves et les limites disparurent, là-haut, elles furent également supprimées ici-bas. Dès lors, ils purent quitter l’Egypte, au sens le plus littéral.

C’est de cette façon qu’il faut comprendre l’affirmation de nos Sages selon laquelle « le Saint béni soit-Il éprouva l’envie qu’une Demeure Lui soit bâtie parmi les créatures inférieures « . Car ce sont ces créatures inférieures elles-mêmes qui doivent être cette Demeure, révéler ici-bas le dévoilement céleste le plus élevé. A ce propos, l’Admour Hazaken remarque: « On ne pose pas de question sur une envie « . En effet, une envie transcende toute interrogation, n’appartenant pas au monde des questions, au domaine de leur existence, à tout ce qui a trait au questionnement et au voile qu’il suscite.

C’est précisément là ce qu’il convient de révéler ici-bas, aux créatures inférieures, jusqu’à la plus basse. Car, ce qui s’applique à tous les mondes concerne également l’homme, capable de mettre ce niveau en évidence jusque dans ses forces les plus basses, dans son attribut de Nétsa’h. Parmi les Sefirot célestes, Nétsa’h se trouve « à l’extérieur du corps ». C’est pourtant lui qui révèle le niveau le plus haut, comme l’indique le Tséma’h Tsédek, commentant la prière : « D.ieu élevé, Qui promulgue des bienfaits positifs « . Il précise, en effet, que « D.ieu élevé « correspond à Ari’h Anpin, lequel promulgue des bienfaits qui sont Nétsa’h, Hod et Yessod. Le Tséma’h Tsédek souligne, dans ce texte, que la source de Nétsa’h est particulièrement élevée. Son nom est, en effet, à rapprocher de Métsa’h, le front. Il est donc le Front céleste, soit Atika Kadicha et Mo’ha Stimaa.

Si l’on applique tout cela au service de D.ieu, comme on l’a dit, cela signifie que l’on doit s’élever au dessus de la nature que l’on a reçue du Saint béni soit-Il, au dessus de la nature de « la seconde âme d’Israël, qui est une parcelle de Divinité véritable ». Pour y parvenir, cette âme doit descendre ici-bas, ainsi qu’il est dit: « Il m’a installé dans l’obscurité ». Dès lors, se réalisent les termes du verset: « Attire-moi, nous courrons vers Toi », nous au pluriel, soit à la fois l’âme divine et l’âme animale.

C’est pour cela que l’âme est descendue « d’une cime élevée vers une fosse profonde », afin de connaître l’élévation. Elle peut ainsi se hisser vers un stade qui transcende les notions de descentes et d’élévations. Dès lors, D.ieu possède effectivement une Demeure parmi les créatures inférieures, là où se trouvait, au préalable, Sa résidence essentielle. Or, un homme réside dans sa maison, non seulement par la partie révélée de sa vie, mais aussi par l’essence même de sa personne, comme cela est expliqué par ailleurs, à propos des quatre coudées qui constituent le domaine de l’homme. Ce qui est dit, à leur propos, s’applique, a fortiori, à la maison et à la résidence de l’homme, qui est protégée par les Lumières qui l’entourent.

Chapitre 8

Grâce à nos actions et nos accomplissements, pendant le temps de l’exil, en n’étant pas affecté par les raisonnements, les limites et les entraves, en n’ayant pas honte devant les moqueurs, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour servir D.ieu en Le craignant, en éprouvant la crainte qui est inspirée par Sa grandeur, celle qui résulte de la honte que l’on ressent, face à Lui. Dès lors, la Crainte inférieure et la Crainte supérieure ne formeront qu’un seul et même niveau et nous parviendrons à l’intégrité de cette crainte.

De la sorte, nous pourrons reconstruire Jérusalem, dans sa dimension spirituelle. Ce sera l’édifice de la crainte parfaite, puis il y aura sa reconstruction au sens le plus littéral, car l’acte est essentiel. Il s’agira alors véritablement de Jérusalem et, à proprement parler, de sa construction. Par la suite, « Jérusalem restera ville ouverte ».

Tout ceci résulte de « la justice de Sa prodigalité », du « bienfait que fit le Saint béni soit-Il en les disséminant parmi les nations ». Là, les Juifs mènent les combats de D.ieu et ils emportent la victoire, grâce à l’attribut de Nétsa’h, lié au Nom divin Tsevaot. De la sorte, il sera établi que « l’Eternité d’Israël ne mentira pas et ne se dédira pas « par l’intermédiaire de la royauté de la maison de David, de laquelle émanera notre juste Machia’h, lors de la délivrance véritable et complète.

Ceci se passera très bientôt, très vite et réellement de nos jours. Alors, « l’honneur de D.ieu se révélera et toute chair ensemble verra », car « le règne sera D.ieu », très bientôt et réellement de nos jours.

Maamar Bati Legani - Youd Chevat 5741