Les fidèles de la communauté Ohalei Yaakov, dans le 19e arrondissement de Paris, ont découvert dimanche matin leur local de prière de la rue Burnouf sens dessus dessous, après l’intrusion nocturne d’un ou de plusieurs individus. Livres de prières, Téfilines et contenu des casiers avaient été jetés à terre et le bureau du Rav mis à sac, mais les Sifrei Torah n’ont pas été touchés. Pour les responsables de la communauté, tout indique une tentative de vol plutôt qu’une profanation, aucun objet n’ayant finalement été dérobé et aucune trace d’effraction n’ayant été relevée.
Hier, lors de la manifestation du #17octobre, une synagogue a été vandalisée à Paris.
La haine et la colère que je ressens en découvrant ces images insupportables…
Comment voulez-vous qu’un Français de confession juive puisse encore envisager un avenir en France ? https://t.co/QJv2E8pZ4m
— Jérémy Benhaïm (@JeremBenhaim) October 18, 2026
Un local de prière découvert sens dessus dessous rue Burnouf
C’est en arrivant pour les prières, dimanche matin, que les fidèles de la communauté Ohalei Yaakov ont constaté l’état de leur local de la rue Burnouf, dans le 19e arrondissement de Paris. Durant la nuit du samedi au dimanche, une ou plusieurs personnes s’étaient introduites dans les lieux et les avaient entièrement retournés. Les livres de prières et les Téfilines gisaient à terre, de même que le contenu des casiers et des placards de la salle de prière, tandis que le bureau du Rav avait lui aussi été mis à sac. Dans ce désordre, un détail a immédiatement retenu l’attention des fidèles : les Sifrei Torah n’avaient pas été touchés.
Un lieu de culte provisoire, sans enseigne sur la rue
Le local de la rue Burnouf n’est pas le lieu de prière habituel de la communauté. La synagogue Ohalei Yaakov se trouve ordinairement rue Henri Murger, dans un immeuble actuellement en travaux, ce qui contraint les fidèles à prier temporairement dans ce local de substitution. Cette installation provisoire ne comporte, à l’extérieur, aucun signe permettant d’identifier la présence d’une synagogue, un élément qui pèsera dans l’analyse des circonstances de l’intrusion.
Le témoignage d’un responsable : la piste du vol
Interrogé par les média, Raphaël, membre du comité de la synagogue Ohalei Yaakov, penche nettement pour une tentative de vol. Selon lui, tout laisse penser que les intrus cherchaient avant tout de l’argent : les Sifrei Torah sont restés intacts et seuls les objets rangés dans les casiers ont été retrouvés éparpillés au sol. L’impression dominante, à ses yeux, est donc celle d’une effraction crapuleuse davantage que d’une profanation à caractère religieux.
Un mobile antisémite évoqué avec prudence
Pour autant, le responsable ne balaie pas entièrement l’hypothèse antisémite. Il souligne que le choix d’un lieu de prière juif ne lui paraît pas fortuit, les auteurs ayant peut-être supposé qu’un tel endroit, parce que fréquenté par des Juifs, abriterait de l’argent. Il relève surtout que le local étant provisoire et dépourvu de toute enseigne, les intrus ont vraisemblablement repéré les lieux au préalable, observant que des fidèles s’y rendaient pour prier avant de passer à l’acte.
Aucun lien établi avec les émeutes de la veille
Raphaël se refuse en revanche à relier cette intrusion aux manifestations violentes qui ont agité la France la veille. Il rapporte un Chabbat parfaitement calme, au cours duquel toutes les prières se sont tenues normalement, sans le moindre trouble à proximité. À ses yeux, le raisonnement se tient : au regard des dégradations commises ailleurs dans la capitale, des individus décidés à mener une attaque antisémite dans le sillage des émeutes se seraient montrés bien plus violents, laissant des inscriptions haineuses ou s’en prenant aux Sifrei Torah, ce qui n’a pas été le cas.
Le comité appelle à la vigilance
Dans un message adressé aux fidèles, le comité d’Ohalei Yaakov a confirmé qu’aucune marque d’effraction n’avait été relevée et a invité chacun à veiller à bien fermer les portes en quittant les lieux le soir. La communauté y décrit une probable tentative de vol, le fait de personnes cherchant sans doute de l’argent, avec plusieurs casiers vidés de leur contenu. Le texte insiste toutefois sur un point essentiel : rien n’a été volé ni vandalisé, et aucune trace d’effraction n’a été constatée.
Un premier récit à nuancer
Dans les heures qui ont suivi la découverte, certaines informations relayées en ligne avaient dépeint une scène bien plus dramatique, évoquant une profanation et des Sifrei Torah jetés à terre en pleine vague d’émeutes. Le récit de la communauté et le message de son comité viennent nettement tempérer ce tableau : les Sifrei Torah ont été épargnés, aucun objet n’a été dérobé et aucune effraction n’a été relevée. À ce stade, l’hypothèse d’une tentative de vol apparaît donc plus solide que celle d’une profanation antisémite liée aux manifestations, même si le mobile exact de l’intrusion reste à établir.
















