C’est dans une atmosphère empreinte de ferveur et d’émotion que la yechiva Tom’hei Temimim d’Anvers, en Belgique, a ouvert son « Zman Elloul », le semestre d’étude qui inaugure la nouvelle année. Devant près de cent Ba’hourim venus de toute l’Europe, la direction de l’institution a accueilli les plus jeunes Temimim faisant leur entrée en première année. La cérémonie a été rythmée par les allocutions des dirigeants et par une étude commune réunissant, dans une même ferveur, les pères et leurs fils.

 

 

 

La rentrée du mois d’Elloul revêt, dans le monde des Yechivot Loubavitch, une signification toute particulière : elle coïncide avec la période d’introspection qui précède les fêtes de Tichri et avec l’anniversaire de la fondation de Tom’hei Temimim, la yechiva instituée par le Rabbi Rachab. C’est dans cet esprit que l’établissement anversois a donné le coup d’envoi de son « Zman Elloul », un moment attendu autant par les élèves que par leurs familles.

Un accueil chaleureux pour les nouveaux Temimim

La direction de la yechiva a reçu avec chaleur les jeunes Temimim arrivés pour étudier en shiour aleph, aux côtés des élèves plus anciens des shiourim beth et guimel. Chacun a été invité à trouver sa place au sein d’une institution qui se veut à la fois exigeante et bienveillante, où l’accompagnement personnel occupe une place centrale.

Fondée il y a une dizaine d’années à l’initiative de Rav Mena’hem Mendel Tverdovitz, la yechiva Tom’hei Temimim d’Anvers s’est imposée comme une véritable pépinière pour les fils de Chlou’him disséminés à travers l’Europe. Comptant désormais près de cent Ba’hourim, elle offre à ces enfants de familles émissaires un cadre où grandir dans l’étude de la Torah et de la ‘Hassidout, loin parfois de leurs communautés d’origine, tout en préservant le lien vivant avec la mission de leurs parents.

Les paroles d’ouverture de Rav Chabtaï Slavaticki

La cérémonie d’inauguration s’est ouverte par des paroles de bénédiction et d’orientation prononcées par le président des institutions et Machpia général, Rav Chabtaï Slavaticki. Figure de premier plan de la vie ‘hassidique européenne, il a exhorté les jeunes gens à mesurer la portée du chemin qui s’ouvrait devant eux et à aborder ce Zman avec sérieux et enthousiasme.

Chalia’h en chef du Rabbi pour la Belgique depuis la fin des années soixante-dix, Rav Slavaticki est également un Machpia et un conférencier de renom, dont l’enseignement rayonne bien au-delà d’Anvers. Sa présence à l’ouverture du Zman a conféré à l’événement une dimension particulière, plaçant d’emblée les élèves dans la continuité d’une transmission ininterrompue.

La mission du Tamim à notre époque

Prenant la parole à son tour, le Roch Yechiva, Rav Mena’hem Mendel Tverdovitz, s’est adressé directement aux Temimim. Il leur a présenté le programme d’étude de l’année et s’est longuement arrêté sur ce que signifie être un Tamim à notre époque : non pas seulement un élève assidu, mais un jeune homme appelé à incarner, dans sa conduite quotidienne comme dans son étude, l’idéal fixé par les fondateurs de la yechiva.

Pères et fils autour de la Massekhet Pessa’him

Après ces paroles d’ouverture, les élèves se sont plongés dans l’étude en commun. Dans un même élan, pères et fils ont abordé avec émotion et une grande vitalité la Massekhet Pessa’him, le traité talmudique retenu cette année comme fil conducteur de l’étude à la yechiva. Cette séance inaugurale, où se mêlaient les générations penchées sur une même page de Guemara, a donné le ton d’une année placée sous le signe de la profondeur et de la joie de l’étude.

Un encadrement renforcé

Cette année, la yechiva a connu une croissance sensible et a étoffé son équipe pédagogique en s’adjoignant de nouveaux Ramim. L’objectif affiché est clair : offrir à chaque élève une attention personnelle et un accompagnement optimal, afin de lui permettre de développer pleinement l’ensemble de ses capacités. Ce renforcement de l’encadrement traduit la volonté de la direction de ne laisser aucun Tamim de côté et de faire de la réussite individuelle une priorité collective.

Le yiddish, « la langue du Rabbi »

Parmi les nouveautés de l’année figure une initiative qui a retenu l’attention : les élèves du shiour guimel étudient désormais la ‘Hassidout en yiddish. La direction de la yechiva a expliqué accorder une grande importance à l’apprentissage de cette langue, qu’elle désigne comme « dem rebbin’s shprach », la langue du Rabbi. Avec l’aide de D.ieu, cet enseignement doit permettre à l’ensemble des élèves de comprendre et de s’exprimer en yiddish, renouant ainsi avec un vecteur historique de la transmission ‘hassidique.

Ainsi s’est ouvert, à Anvers, un « Zman Elloul » placé sous le signe de la ferveur, de la transmission et de l’espérance — celle de voir grandir une nouvelle génération de Temimim, fidèles à l’idéal de leurs pères.

Cet article a été rédigé et enrichi à partir d’une dépêche en hébreu diffusée par les canaux d’information de la communauté Habad-Loubavitch, complétée par des éléments de contexte issus de sources communautaires publiques.