Un Beth Habad ouvert il y a à peine deux semaines dans la station balnéaire de Hiriketiya, au Sri Lanka, a été la cible d’attaques violentes et de harcèlement antisémite au cours de Chabbat. Les Chlou’him et un groupe de touristes israéliens se sont retrouvés bloqués à l’intérieur du bâtiment tandis que la situation dégénérait à l’extérieur. La police a finalement dû intervenir pour disperser les émeutiers.
Sur la côte sud du Sri Lanka, dans la petite ville balnéaire de Hiriketiya, ce qui devait être un havre de paix pour les voyageurs juifs s’est transformé en scène de tension et de peur. Le Beth Habad, inauguré tout récemment par le Rav Yossi Gabai, était rapidement devenu une destination prisée des touristes israéliens et juifs de passage dans cette île de l’océan Indien, réputée pour ses plages fréquentées par de nombreux Européens. En quelques jours à peine, il est devenu la cible d’une campagne d’incitation aussi soudaine que virulente.
Dès que la nouvelle de l’ouverture s’est répandue, des individus animés d’une hostilité assumée ont commencé à propager de fausses rumeurs sur le lieu, prétendant que le centre était illégal et que la présence de touristes israéliens ferait fuir les visiteurs internationaux. Sur les réseaux sociaux locaux, une vague de publications inflammatoires et de commentaires antisémites a rapidement enflé, accompagnée d’appels à examiner, voire à révoquer, les autorisations d’exploitation du site.
Une campagne organisée et financée
Les organisateurs ne se sont pas arrêtés aux réseaux sociaux. Selon plusieurs témoignages, des groupes de manifestants ont été acheminés sur place en tuk-tuks, mégaphones à la main, pour menacer les Israéliens ainsi que les employés locaux du Beth Habad. La protestation aurait été menée en partie par des moines bouddhistes, dans ce pays multiconfessionnel à majorité bouddhiste où cohabitent plusieurs communautés religieuses.
« La plupart des Sri Lankais ne sont pas hostiles aux Israéliens », a tenu à préciser le Rav Gabai auprès des médias israéliens. « Mais malheureusement, il y en a un certain nombre qui nous cherchent. » Le responsable du Beth Habad estime que les circonstances trahissent une mobilisation organisée et financée, possiblement liée à des tensions politiques internes au Sri Lanka.
Une soirée de Chabbat sous les projectiles
Le vendredi soir, alors que des dizaines de voyageurs israéliens et juifs se réunissaient au Beth Habad pour le repas de Chabbat, la situation a basculé. Un important rassemblement de manifestants locaux — environ deux cents personnes selon le Rav Gabai — s’est massé aux abords du bâtiment et a commencé à intimider ceux qui tentaient d’entrer. Une trentaine de convives, majoritairement israéliens, avaient pris place à la table du repas.
« Au début, ils ont cherché à effrayer les gens qui arrivaient et ont commencé à les menacer », a raconté le Rav Gabai. « Certains ont fait demi-tour, ne voulant pas entrer. Mais lorsqu’ils ont vu que nous ne cédions pas et que nous n’avions pas peur, ils ont commencé à lancer des pétards dans l’enceinte, puis des pierres qui ont brisé les fenêtres. » Des Israéliens en chemin vers le repas ont été arrêtés par les manifestants, sommés de rebrousser chemin, tandis que des pétards éclataient à proximité des invités pour les dissuader d’approcher.
Aucun blessé n’a été à déplorer, mais le responsable du lieu a décrit un épisode extrêmement effrayant. Avec des personnes à l’intérieur et des pierres traversant les vitres, le danger était bien réel pour l’ensemble des présents. La police, appelée sur les lieux, a fini par disperser les manifestants ce soir-là.
Une escalade à l’issue de Chabbat
Le répit fut de courte durée. À l’issue de Chabbat, le groupe est revenu en nombre encore plus important, menaçant à nouveau les personnes présentes et lançant des objets en direction du bâtiment, tout en poursuivant son incitation au mégaphone. Selon le Beth Habad, plusieurs Israéliens qui quittaient les lieux ont même été menacés à coups de bâton.
Le Rav Gabai rapporte également qu’une fausse plainte a été déposée contre lui auprès de la police locale, sur la base d’accusations mensongères relayées sur les réseaux sociaux. Il souligne par ailleurs que le gouvernement sri lankais actuel entretient des relations étroites avec Israël et se montre favorable à l’État hébreu, ce qui rend d’autant plus incompréhensible la passivité face à ces débordements.
Un appel pressant à l’intervention diplomatique
Face à la gravité de la situation, le Beth Habad de Hiriketiya lance un appel à l’aide en direction du ministère israélien des Affaires étrangères, de l’ambassade d’Israël et des autorités sri lankaises. « La clé, ici, se situe au niveau gouvernemental », insiste le Rav Gabai. « Nous supplions un haut responsable israélien de contacter d’urgence son homologue au sein du gouvernement et des forces de sécurité du Sri Lanka, afin que la police locale reçoive pour instruction d’assurer une protection permanente du Beth Habad, d’arrêter ceux qui financent et attisent ces manifestations, et de calmer la situation avant que cela ne finisse en tragédie. »
Le député israélien Avi Maoz a lui aussi pris la plume, adressant au ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar un courrier réclamant une intervention immédiate auprès des autorités sri lankaises. Mettant en garde contre une possible dégradation de la situation, il a exhorté la diplomatie israélienne à agir avant que quiconque ne soit blessé.
Dans sa lettre, Avi Maoz a rappelé le rôle déterminant que jouent les Chlou’him du Rabbi pour les voyageurs juifs à travers le monde, en particulier dans les pays dépourvus de présence israélienne permanente. « Les Chlou’him de Habad viennent concrètement en aide aux Israéliens et constituent pour eux une adresse centrale », a-t-il écrit, appelant le gouvernement israélien à tout mettre en œuvre pour protéger les émissaires et leur permettre de poursuivre leur mission en toute sécurité.
À l’heure où l’antisémitisme resurgit jusque dans des contrées éloignées de tout foyer de tension habituel, l’histoire de ce petit Beth Habad du bout du monde rappelle avec force la vulnérabilité — mais aussi la résilience — de ceux qui, envoyés par le Rabbi, portent la lumière juive là où nul ne les attendait.
Que D.ieu protège Ses envoyés, où qu’ils se trouvent, et hâte le jour où la lumière dissipera définitivement les ténèbres.
Cet article a été rédigé et adapté en français à partir d’une dépêche du reporter d’Anash.org, complétée par des informations recueillies auprès de Ynet, JNS, du Jerusalem Post et de Jewish News.

















