Dans l’immensité gelée de la vallée de Mat-Su, où un millier de Juifs vivent dispersés sur un territoire grand comme la Virginie-Occidentale, la vie juive organisée n’existait pas il y a encore onze ans. Grâce à plus de trois cent cinquante donateurs, juifs et non-juifs, le premier Mikvé jamais construit en Alaska en dehors d’Anchorage a ouvert ses portes le 30 juin. Un an après le premier coup de pelle, l’inauguration a rassemblé toute une communauté autour d’une même conviction : la vision du Rabbi demeure bien vivante.
Une vallée grande comme un État, presque sans vie juive
La vallée de Matanuska-Susitna s’étend sur près de soixante mille kilomètres carrés de petites villes, de fermes isolées et de longues routes, une superficie comparable à celle de la Virginie-Occidentale. C’est la région qui connaît la croissance la plus rapide de l’Alaska, avec une population dépassant les cent vingt mille habitants, parmi lesquels vivent environ mille Juifs éparpillés. Avant l’arrivée du Rav Mendy et de Chaya Greenberg, il y a onze ans, aucune vie juive organisée n’existait dans la vallée. Ceux qui souhaitaient participer à un Séder de Pessa’h ou aux offices des fêtes de Tichri devaient se rendre jusqu’à Anchorage, à quelque soixante-dix kilomètres, sur des routes que l’hiver pouvait rendre périlleuses.
Onze années pour bâtir une communauté
Les Greenberg, qui dirigent le Beth Habad de Mat-Su, ont édifié une communauté à partir de ce point de départ : rassemblements de Chabbat et de fêtes, camp d’été, cours pour adultes. Pourtant, durant toutes ces années, quiconque avait besoin d’un Mikvé devait encore prendre la route d’Anchorage. « Il était temps que nous en construisions un là où nous vivons », confie le Rav Greenberg.
Un don venu du fonds du Rabbi
En 2025, le Rav Greenberg s’est tourné vers le Keren Hachomesh, un fonds créé par le Rabbi pour les causes touchant aux femmes et aux jeunes filles juives. « C’est un véritable honneur de recevoir de l’argent du fonds du Rabbi », dit-il. « Nous avons le sentiment d’en avoir été bénis. » Des bénévoles de la région ont creusé les fondations. En une semaine et demie, le béton était coulé, avant les fêtes de Tichri. La construction du bâtiment proprement dit a débuté en février. Aux côtés des centaines de donateurs juifs et non-juifs de la communauté locale, des soutiens venus du monde entier se sont joints à l’effort. Parmi les principaux figuraient George et Pamela Rohr, le Rav Mendel et Ne’hama Lichtenstein, ainsi que le Rav Dovid Derly, qui fut le premier à s’engager pour le projet.
Un chantier suivi par toute la communauté
« Il n’existe pas de meilleure manière de faire découvrir cette Mitsva que de la bâtir sous les yeux de notre communauté durant une année entière », explique le Rav Greenberg. Les habitants ont vu le chantier prendre forme et ont appris à en mesurer l’importance avant même son ouverture, des visites étant organisées tout au long des travaux. Un an après que la première pelletée de terre eut été retournée, le Mikvé était achevé.
Une inauguration et une lettre venue de 1974
L’inauguration, le 30 juin, a réuni plus de cent personnes. Une lettre du Rabbi de Loubavitch a été lue devant l’assistance : elle avait été écrite en 1974 à Israel Haber, aumônier militaire juif en poste à la base aérienne d’Elmendorf, à l’époque où le tout premier Mikvé d’Alaska y avait été construit grâce aux Rabbanim que le Rabbi avait envoyés pour cette mission. Les maires du borough de Mat-Su, de Palmer et de Wasilla, Edna DeVries, Jim Cooper et Glenda Ledford, ont tour à tour pris la parole pour souligner l’importance du Mikvé pour la communauté, rappelant le principe de la Halakha selon lequel la construction d’un Mikvé précède celle d’une synagogue, et même l’écriture d’un Sefer Torah. Les parents du Rav Greenberg, le Rav Yossef et Esther Greenberg, directeurs régionaux de Habad en Alaska, ont eux aussi pris la parole lors de l’événement. « Personne n’aurait imaginé qu’un Mikvé serait un jour construit à Mat-Su », conclut le Rav Greenberg. « Nous voyons combien, aujourd’hui plus que jamais, la vision du Rabbi est vivante. »







