Le Richon Letsion, le Gaon Rav David Yossef Chlita, s’est rendu ces derniers jours à Paris à la tête d’une importante délégation de Dayanim et de Rabbanim venus de toute l’Europe. Il a visité les Institutions Beth Menahem Sinaï de Levallois, placées sous la direction du Rav Yossef Its’hak Pevzner Chlita. Parmi les hôtes de marque figurait le nouveau Grand Rabbin de Paris, le Gaon Rav Chlomo Sénior Chlita.
Une visite placée sous le signe de la Torah
Le Richon Letsion, le Gaon Rav David Yossef Chlita, a honoré de sa présence les Institutions Sinaï de Levallois, dirigées par le Rav Yossef Its’hak Pevzner Chlita, directeur général du réseau. Le Grand Rabbin séfarade d’Israël était accompagné d’une délégation prestigieuse de Dayanim et de Rabbanim venus des quatre coins de l’Europe, réunis dans la capitale française à l’occasion du séminaire annuel des Dayanim organisé par le Centre des Rabbins d’Europe.
Le titre de Richon Letsion — littéralement « le premier à Sion » — désigne le Grand Rabbin séfarade d’Israël depuis le dix-septième siècle. Il est aujourd’hui porté par le Rav David Yossef, élu à cette haute fonction en 5784 (2024). Fils du regretté Rav Ovadia Yossef, l’un des plus grands décisionnaires de la Halakha du siècle dernier, il s’inscrit dans une lignée d’exception : son frère, le Rav Its’hak Yossef, avait occupé ce même poste de 5773 (2013) à 5784 (2024). Auteur de la célèbre série halakhique « Halakha Beroura » et à la tête de la Yechiva Yehavé Daat, à Har Nof, le Rav David Yossef est connu de longue date pour sa grande proximité avec le mouvement Habad-Loubavitch.
La présence à ses côtés du nouveau Grand Rabbin de Paris a conféré à cette visite une solennité particulière. Le Gaon Rav Chlomo Sénior Chlita a été élu à cette fonction le 29 avril 2026 par le Consistoire de Paris, succédant au Grand Rabbin Michel Gugenheim. Issu d’une lignée de Rabbanim remontant à quatre générations, le Rav Sénior a notamment dirigé durant vingt-six ans la communauté juive de Créteil. Sa sensibilité spirituelle fut profondément marquée par la figure de son beau-père, le Rav David Bouskila, qui traduisit le Tanya en arabe à la demande du Rabbi de Loubavitch.
Les Institutions Sinaï, fleuron de l’éducation juive parisienne
Les Institutions Sinaï constituent aujourd’hui l’un des plus importants réseaux d’éducation juive de France. Elles ont été fondées par le Rav Hillel Pevzner zatsal, Grand Rabbin de la communauté Loubavitch de Paris, né en 5682 (1922) en Russie et disparu en 5769 (2008). Envoyé en France par le Rabbi de Loubavitch, le Rav Mena’hem Mendel Schneerson, il fut l’un des pionniers qui relevèrent la communauté juive française des cendres de la Choa, contribuant à en faire l’une des plus rayonnantes d’Europe.
À la suggestion du Rabbi, son fils, le Rav Yossef Its’hak Pevzner, rejoignit son père à la direction de cette œuvre éducative. Devenu directeur général, il en a poursuivi et amplifié l’héritage. Le réseau Sinaï regroupe plusieurs grands pôles éducatifs et communautaires, parmi lesquels la Cité de l’Éducation Sinaï, dans le dix-huitième arrondissement, la Cité Heikhal Mena’hem, dans le vingtième, et la Cité Kitov, dans le dix-septième, auxquels s’est ajouté le complexe Beth Mena’hem, inauguré à Levallois, qui accueille à lui seul plusieurs centaines d’enfants, de la maternelle au lycée. Au total, ce sont des milliers de jeunes juifs qui, depuis plus de quarante ans, ont renforcé les rangs de la communauté grâce à ces institutions.
Beth Mena’hem, un écrin moderne inauguré à Levallois
Dernier-né du réseau, le complexe Beth Mena’hem Sinaï, situé au 18, rue Clément Bayard à Levallois, avait été inauguré en 5783 (2023). Cinquième école du réseau fondé par le Rav Hillel Pevzner zatsal, cet établissement, qui réunit école primaire, collège et lycée, peut accueillir plusieurs centaines d’élèves et constitue l’un des points d’orgue de l’œuvre éducative poursuivie par le Rav Yossef Its’hak Pevzner.
L’un des atouts majeurs de cette nouvelle institution réside dans son architecture, à la fois moderne et lumineuse. De vastes salles de classe et des couloirs baignés de lumière naturelle y composent un cadre propice à l’étude comme au bien-être des élèves. Chaque espace a été pensé dans le moindre détail afin de favoriser une atmosphère à la fois sereine et stimulante.
L’établissement bénéficie par ailleurs d’équipements de pointe au service d’un enseignement de qualité. Les salles de classe sont dotées des dernières technologies éducatives — tableaux interactifs, ordinateurs et connexion à haut débit — mises au service d’un enseignement traditionnel solide, dans une parfaite symbiose entre le passé et le présent.
L’école Beth Mena’hem Sinaï de Levallois affiche enfin une véritable ambition d’excellence académique, qui transparaît tant dans le choix d’enseignants hautement qualifiés que dans la conception du programme d’études. Outre le programme de l’Éducation nationale, les élèves y reçoivent un enseignement spécifique centré sur les valeurs et les traditions juives, comprenant l’étude de la Hala’ha, de l’histoire juive et de la langue hébraïque, explique le Rav Yossef Its’hak Pevzner, qui souligne que l’établissement aspire également à former les futurs dirigeants de la communauté. Par son attachement à l’excellence, son enracinement dans les valeurs de la Torah et la qualité de ses installations, Beth Mena’hem Sinaï s’affirme comme un modèle d’éducation intégrée et harmonieuse, et une addition majeure à l’écosystème éducatif de la ville comme de la communauté juive.
Un séminaire des Dayanim au cœur de l’Europe
La venue du Richon Letsion s’inscrivait dans le cadre du séminaire annuel des Dayanim organisé par le Centre des Rabbins d’Europe. Cette institution, dont le siège se trouve à Bruxelles, au cœur même des institutions européennes, et qui dispose d’une antenne à Jérusalem, fédère plus d’un millier de Rabbanim communautaires répartis sur l’ensemble du continent. Ses rencontres permettent aux Dayanim d’approfondir leurs connaissances, de confronter leurs approches et d’harmoniser leurs pratiques sur les questions touchant à la vie familiale, au mariage et au Beth Din.
La présence à Paris d’une telle assemblée de décisionnaires venus de toute l’Europe témoigne du rôle central que joue la communauté juive de France — la plus importante du continent — dans la vie de la Torah européenne. Pour les élèves des Institutions Sinaï, recevoir la bénédiction de ces grandes figures rabbiniques aura constitué un moment d’une rare intensité.
Quand les élèves font chanter la Torah
Au cours de la visite, les élèves de l’école reçurent les bénédictions des géants de la Torah et écoutèrent des paroles de ‘hizouk et d’inspiration. Le point d’orgue de ce moment d’émotion fut offert par les enfants du Heder Sinaï, qui se produisirent devant le Richon Letsion et les Rabbanim en interprétant plusieurs chants. Leurs voix, empreintes de pureté et de ferveur, ajoutèrent une dimension toute particulière à la cérémonie, rappelant que la transmission de la Torah passe aussi par la joie et le chant des plus jeunes.















